L'horreur du péché

Par Alexandre Sarranle 7 janvier 2018

En ce premier dimanche de l’année 2018, notre Dieu tout-puissant vous présente ses vœux. Il vous souhaite… de pleurer sur vos péchés. Il ne vous souhaite pas le bonheur, la réussite, « et la santé, surtout, hein, la santé ! », mais aujourd’hui en tout cas, à travers le texte qu’on va lire et étudier ensemble, Dieu vous souhaite de comprendre un peu mieux combien vous êtes indigne de sa faveur.

Pardon, mais le texte d’aujourd’hui n’est pas destiné à nous flatter. Ce n’est pas un texte qui va nous dire combien on est beau, intelligent et fort. Ce n’est pas un texte qui va donner un coup de boost à notre estime de soi pour qu’on puisse attaquer cette nouvelle année du bon pied, plein de peps, d’ambition et de détermination pour accomplir toutes nos bonnes résolutions ! Vous êtes déçu ? Je suis vraiment désolé.

Enfin, pas vraiment. Parce qu’en étudiant ce texte depuis plusieurs jours, et même depuis plusieurs semaines, je me suis rendu compte d’un truc. C’est que : où qu’on en soit dans notre marche avec Dieu, à moins qu’on soit déjà en enfer, on n’a toujours pas pris toute la mesure de la gravité de cette réalité morbide et puante qui nous habite tous, et que la Bible appelle « le péché ». Et je pense honnêtement que pour progresser dans notre marche avec Dieu, il est important, d’abord, que nous devenions de plus en plus horrifiés par le péché. Horrifiés par la condition de notre cœur et par le mal qui est en nous ! Dans la providence de Dieu, c’est comme ça qu’on va commencer la nouvelle année.

Ce n’est peut-être pas ce qu’on a envie d’entendre. Les pubs pour les salles de sport l’ont bien compris, en nous sortant de nouveaux refrains positivistes tous les mois de janvier : « Une nouvelle année, une motivation intacte », « Deviens une bombe ! », « Libérez votre potentiel », « Le fitness nous rend meilleurs », ou mon préféré : « Vous êtes gros, vous êtes moches ; payez 19€90 et soyez seulement moches ! ».

Le peuple d’Israël avait pris une bonne résolution au chapitre 24 du livre de l’Exode, après que Dieu a libéré le peuple de l’esclavage en Égypte et qu’il lui a parlé depuis le Mont Sinaï : « Nous exécuterons tout ce que l’Éternel a dit et nous obéirons » (Ex 24.7). Moïse monte alors en haut de la montagne pour recevoir des instructions de la part de Dieu concernant la façon dont cette relation privilégiée va se passer, entre Dieu et son peuple élu. Il s’apprête à redescendre. Enfin, le projet de Dieu pour réparer le monde, pour rétablir son royaume, et pour bénir les nations va commencer à se matérialiser ! Regardons comment ça se passe…

1. Nous devrions être confus (31.18 – 32.6)

La première chose que ce texte veut produire en nous, c’est la honte, ou la confusion. Moïse a mis par écrit cet « incident » du veau d’or, pour rappeler au peuple d’Israël l’échec le plus cuisant et le plus emblématique, sans doute, de son histoire. Ce qui se passe est extrêmement humiliant pour les Israélites. Mais nous qui lisons ce texte bien des siècles plus tard, nous devons comprendre que c’est notre nature humaine qui s’exprime ici. Qu’est-ce qu’il se passe ? Les Israélites ont vu des miracles ; ils ont été au bénéfice de multiples interventions spectaculaires de Dieu : les dix plaies d’Égypte, la traversée de la mer Rouge, l’eau douce et la manne dans le désert, la victoire sur Amalec, le tonnerre et la nuée sur le Mont Sinaï, et ils ont même entendu Dieu leur donner les Dix Commandements de vive voix ! Les anciens du peuple ont même eu « une vision de Dieu » (Ex 24.11) ! Mais à peine 40 jours plus tard… ils s’organisent pour enfreindre les trois premiers commandements (Ex 20.1-7). Ils veulent d’autres dieux que l’Éternel. Ils se font une statue pour lui rendre un culte. Ils attribuent à cette statue l’œuvre de l’Éternel. Et pour couronner le tout, ils associent l’Éternel à leur idolâtrie et à leur débauche, ce qui est une façon de prendre son nom en vain. Tout ça, avec la complicité de celui qui était pressenti pour être le premier souverain sacrificateur : Aaron !

Quelle catastrophe. Je ne pense pas qu’on puisse exagérer la gravité de ce qui se passe, ici. En l’espace de six versets, le peuple d’Israël est tombé au fond du trou. Et à ce stade du récit, on est censé être vraiment choqué, scandalisé, désespéré. C’est comme quand on met beaucoup d’effort dans la réalisation d’un projet, et qu’il arrive un incident qui nous oblige à tout recommencer. Vous êtes en train de réaliser une pièce montée pour un mariage, vous avez presque fini, et un enfant passe par là et renverse le gâteau. Vous êtes en train de rédiger votre mémoire de Master, vous en êtes à la page 74, et votre ordinateur se plante, et votre dernière sauvegarde remontait à la page 26. Vous êtes en train d’assembler la maquette complexe et délicate d’un navire du XVIIIe siècle, vous avez presque fini, et elle vous glisse des mains et s’écrase sur le carrelage, en mille morceaux…

Et c’est ce genre de catastrophe qui se passe ici. Mais c’est infiniment plus grave, parce que ce qui se joue ici, c’est… le salut du monde ! La presse de l’époque aurait titré : « Coup de tonnerre dans le projet rédempteur de Dieu : le peuple élu, vecteur de la bénédiction des nations, ne tient pas quarante jours avant de cracher au visage de l’Éternel et de se vautrer dans l’idolâtrie et la débauche. Tous les détails dans notre édition du mercredi ». C’est horrible. Mais c’est inscrit dans les annales de l’histoire d’Israël, et dans notre Bible, pour que nous, le peuple de Dieu, nous soyons confus, pour que nous ayons honte. Honte, parce que le cœur des Israélites, ici, c’est notre cœur.

Le texte nous montre ici ce dont nous sommes capables ; et non seulement ce dont nous sommes capables, mais ce que nous faisons couramment. Nous sommes au bénéfice de tant de grâces de la part de Dieu, n’est-ce pas ? Et pourtant, nous avons tellement de facilité à faire le mal ! Nous qui invoquons le nom de l’Éternel, nous qui faisons partie de son Église ! Nous rentrons du culte où nous avons écouté la parole de Dieu et pris la sainte-cène, et déjà nous nous disputons avec notre conjoint, ou avec nos enfants, ou avec nos parents. Déjà nous déployons notre orgueil et notre suffisance en médisant de telle ou telle autre personne. Déjà nous allumons l’ordinateur ou le smartphone pour nous livrer à l’immoralité. Déjà nous retournons au travail ou à l’école en fondant notre identité sur nos mérites, sur notre argent, sur nos performances, sur notre réputation, sur notre look, sur notre intelligence, plutôt que sur Dieu.

Et le pire, c’est que nous associons Dieu à notre idolâtrie. Je me souviens d’un pseudo-prédicateur chrétien qui prenait des stupéfiants à la gloire de Dieu. Il y a des gens qui défendent la pratique homosexuelle au nom de Jésus. Il existe même un mouvement de libertinage chrétien. Mais sans aller jusque-là, nous en sommes tous déjà à rationaliser nos péchés, à les excuser, et à les recouvrir d’un joli camouflage religieux. Mais ce texte nous rappelle à l’ordre ; il nous met devant le miroir. Notre cœur est tellement corrompu que même si nous avions fréquenté le grand prophète Moïse, vu ses miracles, traversé la mer Rouge à pied sec, et entendu la voix-même de Dieu de nos propres oreilles… nous continuerions de nous livrer au mal. « Malheureux que je suis ! », s’écrie l’apôtre Paul, « Qui me délivrera de ce corps de mort ? […] Par ma chair, je suis esclave de la loi du péché » (Rm 7.24-25). Voilà le genre de honte et de confusion que ce texte devrait produire dans un premier temps.

2. Nous devrions être contrits (32.7-14)

Mais ensuite, deuxièmement, ce texte veut aussi produire en nous la contrition. La contrition, ce n’est pas juste la honte par rapport à la condition de notre cœur. La contrition, c’est un esprit brisé (du latin conterere, qui veut dire « écraser, broyer, réduire en poudre »). La honte devrait venir quand on observe avec lucidité ce qu’il y a dans notre cœur. Mais la contrition vient quand on observe la réaction de Dieu par rapport à ce qu’il y a dans notre cœur. Qu’est-ce qui se passe dans le texte ? C’est très simple. Dieu annonce qu’il va exterminer le peuple. Moïse intervient pour demander à Dieu de ne pas le faire. Dieu finalement décide de ne pas le faire. Très simple. Mais extrêmement significatif. Un commentateur est même allé jusqu’à qualifier ces quelques versets de « révolution théologique[1] » ! Pourquoi ? Parce que c’est la première fois depuis le début de la Bible que Dieu semble changer d’avis suite à l’intercession d’un homme. Évidemment, le but du texte n’est pas de nous faire croire que Dieu est capricieux ou irréfléchi, et qu’il se laisse ramener à la raison par l’intervention d’un être humain. Le but est plutôt de nous faire comprendre les mécanismes de la grâce de Dieu par rapport à notre péché. Dieu agit exprès, ici, de telle sorte à mettre en valeur, très clairement, le rôle de Moïse. Et c’est très frappant. Dieu dit à Moïse : « On va laisser tomber ce peuple. Ils ont la nuque raide, ils sont trop incrédules et endurcis. Mais toi ; laisse-moi faire de toi une grande nation ! ». Et Moïse, plutôt que de dire : « OK ! Ça me va bien comme idée ! », il repousse cette proposition, et intercède au contraire pour les pécheurs.

Le seul homme juste dans cette histoire, le seul digne, repousse la bénédiction de Dieu pour sauver ce peuple d’ingrats. Et Dieu accepte. Et c’est justement ça qui doit réduire notre cœur en miettes. Parce que, qu’est-ce qui est plus humiliant que de faire le mal ? Faire le mal à l’encontre de quelqu’un qui continue de nous aimer. Imaginez que je sorte d’une soirée bien arrosée, que je prenne le volant avec 2 grammes d’alcool dans le sang, et que je renverse un homme dans la rue, et qu’il meure. Bien sûr que j’ai honte, j’ai du remord. Je m’en veux terriblement, et je vais en prison, et ce n’est que justice. Maintenant imaginez qu’avant de quitter cette soirée, mon hôte m’avait demandé de ne pas boire autant, et ensuite, il m’a supplié de ne pas prendre le volant. Mais je n’ai pas voulu écouter. Je suis parti avec 2 grammes dans le sang, et dans la rue devant chez lui, j’ai renversé sa petite fille de six ans, et elle est morte. Et à la sortie du tribunal où je viens d’être condamné, il vient me voir et il me prend dans ses bras et au milieu des larmes qui coulent sur ses joues, il me dit qu’il me pardonne, et que je serai toujours son ami. Là, ce que j’éprouve, ce n’est plus simplement de la honte et du remord, vous voyez ? Mon esprit est brisé sous l’effet combiné du mal que j’ai fait et de la grâce qu’on me fait.

Et le texte est censé produire cet effet aussi sur nous, en voyant non seulement que nous avons un cœur corrompu, mais qu’il y a quelqu’un comme Moïse qui sacrifie ses propres intérêts pour que nous ne subissions pas toutes les conséquences logiques et justes de nos péchés. Le peuple d’Israël qui se souvient de ce qui s’est passé doit se dire : « Merci Éternel pour ta grâce. Merci d’avoir établi Moïse comme notre médiateur. Merci pour ses mérites à lui, pour le fait qu’il n’a pas regardé à son propre intérêt, mais au nôtre, et à l’accomplissement de ton projet en dépit de notre incrédulité et de notre idolâtrie et de nos affronts abjects et diaboliques. » Le problème, c’est que Moïse est mort dans le désert. Et toute la section de la Bible qu’on appelle « la Loi de Dieu » s’achève sur ce constat :

« Il ne s’est plus levé en Israël de prophète comme Moïse, que l’Éternel connaissait face à face. » (Dt 34.10)

Les Israélites qui sont venus après se posent donc la question : qui sera notre Moïse ? Et tous les croyants qui lisent ce texte doivent aussi se poser la question : qui sera notre Moïse ?

La réponse : Jésus, le Christ, le messie, celui que Dieu a envoyé comme médiateur parfait, infiniment supérieur à Moïse, puisqu’il est le Fils-même de Dieu, Dieu fait homme, venu du ciel pour nous délivrer. Il est lui-même l’objet de nos offenses, celui que nous offensons par le mal que nous commettons ; mais il a fait comme Moïse, renonçant à ses intérêts, il s’est interposé entre nous et le juste châtiment de Dieu.

« Au lieu de la joie qui lui était proposée, il a supporté la croix. » (Hé 12.2)

Il a pris nos péchés sur lui. Nous lui avions craché au visage, et il a souffert pour nous. Nous ne voulions pas de lui, et il a tout donné pour nous. Et aujourd’hui encore, nous continuons de nous détourner de lui si facilement, nous nous faisons de faux dieux, nous associons Dieu à nos péchés, nous refusons de voir la réalité en face ; mais si nous lui appartenons par le lien de la foi (si faible soit-elle, cette foi), si nous l’aimons (aussi imparfait soit-il, cet amour), la réalité, c’est qu’il est mort et ressuscité pour nous, et qu’il continue inlassablement de nous défendre et de plaider pour nous auprès du Père. Et parce qu’il n’y a pas de tension ou de rivalité ou de contradiction entre la volonté du Père et du Fils, nous pouvons être certains que nous avons la faveur de Dieu malgré l’horreur de notre péché. Et cela devrait nourrir perpétuellement notre humilité et notre contrition.

3. Nous devrions être en colère (32.15-29)

Mais l’histoire n’est pas terminée. Et la dernière partie de ce texte est celle qui a peut-être le potentiel de nous déranger le plus. Quelle est la troisième et dernière chose que ce texte devrait produire en nous ? La colère. La colère… contre le péché ! En fait, là où on s’est arrêté de lire, l’histoire ne finit pas bien. Tout ce qu’on sait, c’est que par l’intervention de Moïse, Dieu décide de ne pas exterminer le peuple d’Israël. On ne sait pas encore quel est l’avenir d’Israël, ni l’avenir du projet de Dieu pour le monde. Moïse descend de la montagne, et ce qu’on découvre dans cette dernière partie, c’est un champ de ruines. Et c’est le résultat malheureux, mais normal, du péché. Les tables du Témoignage sont détruites, ce qui nous fait comprendre que l’alliance est brisée. Le veau d’or est détruit lui aussi, et utilisé comme moyen de jugement contre les Israélites (une « ordalie »). Le sacerdoce qui normalement devait être confié à Aaron est détruit, Aaron s’étant complètement décrédibilisé (il y a un parallèle avec Adam, ici, dans sa réponse au reproche de Moïse). Enfin le peuple lui-même est en « désordre » (v. 25), et la seule façon de le sortir de sa stupeur est par l’infliction d’un châtiment terrible. Tout ce passage est là pour nous montrer combien le péché est coûteux. Maintenant que l’alliance est brisée, que l’idole nous tord les entrailles, que notre leader s’est complètement fourvoyé et que trois mille de nos frères, de nos enfants, et de nos amis sont morts, le péché nous a l’air beaucoup moins attrayant.

Le texte veut nous faire détester ce qui s’est passé. Je ne sais pas si j’ai vraiment besoin de vous illustrer ce point. Nous n’avons pas trop de difficultés, intellectuellement, à admettre l’idée que le mal entraîne des conséquences néfastes. Le problème que nous avons, c’est que nous sommes comme Aaron, et comme Adam, nous ne voulons pas assumer la responsabilité du mal que produisent nos actes. Imaginez un pasteur qui serait infidèle à sa femme, et qui se ferait découvrir. Sa femme et ses enfants sont effondrés. Son ministère vole en éclat. Son église est détruite. Les adversaires de l’Évangile se réjouissent. De jeunes chrétiens fragiles dans la foi se détournent de Dieu. Conséquences catastrophiques ! « Mais ce n’était pas tellement de ma faute : j’étais sous pression, et puis ma femme ne me montrait pas beaucoup d’attention, et puis c’est cette autre femme qui a vraiment tout fait pour me séduire, hein, et puis après tout, il fallait me donner un assistant qui puisse m’accompagner dans mes visites pastorales ! Finalement, c’est arrivé tout seul, dans la souveraineté de Dieu ! »

Non. Ce texte est là pour nous montrer que le péché est horrible, et que le péché est dans notre cœur. Il ne suffit pas de haïr les conséquences du péché ; il ne suffit pas même de haïr le péché ; mais il faut haïr notre péché. Parce que les conséquences du péché peuvent produire une colère mal dirigée. On peut être tenté, en lisant le texte, d’être en colère contre Moïse : tuer 3000 hommes, en voilà une décision disproportionnée ! Ou bien d’être en colère contre Dieu : ah oui, mais il fallait pas retenir Moïse pendant quarante jours sur la montagne ! Mais personne ne se met en colère comme ça dans le texte. Notre colère doit être dirigée contre notre péché. Et la repentance authentique des Israélites se révèle d’ailleurs dans le fait que les Lévites acceptent la mission épouvantable qui leur est confiée (v. 28-29).

Le péché a des conséquences horribles. Des conséquences morales, spirituelles, relationnelles, physiques parfois, et même légales. Et puisque ce sont les conséquences de nos péchés, nous devons, dans une démarche de repentance authentique, accepter d’assumer la responsabilité de ces conséquences. Le péché fait souffrir. Et cette souffrance doit nourrir ma colère contre mon péché, et me motiver à lutter de toutes mes forces, autant que possible, contre mon péché. La Bible nous dit que Dieu nous vient en aide dans ce combat. Le Saint-Esprit nous est donné pour nous aider à commettre des meurtres :

« Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. » (Rm 8.13)

Ce sont des assassinats ciblés !

« Faites mourir votre nature terrestre : l’inconduite, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité qui est une idolâtrie. […] Rejetez tout cela : colère, animosité, méchanceté, calomnie, paroles grossières qui sortiraient de votre bouche… » (Col 3.5, 8)

Alors pour conclure rapidement. Dieu nous souhaite, en ce début d’année 2018, de pleurer sur nos péchés. Où que nous en soyons dans notre relation avec Dieu, il est important que nous soyons de plus en plus horrifiés par notre péché. Et c’est tout le but de ce texte : que nous ne nous surestimions pas, et que nous ne sous-estimions pas la puissance et la gravité du péché qu’il y a dans notre cœur. Que nous considérions cette histoire catastrophique et emblématique, et que nous nous disions : « Mais c’est nous, dans cette histoire. Jamais nous n’aurions fait mieux que nos pères, témoins oculaires des prodiges de Dieu, et qui n’ont pas tenu quarante jours sans commettre l’apostasie. Merci Seigneur de ne pas nous avoir exterminés. Merci d’avoir envoyé Jésus qui, à notre place, est resté fidèle alors qu’il a été tenté dans le désert pendant quarante jours. Merci pour son sacrifice de substitution, pour l’expiation de nos péchés, et pour son intercession inlassable en notre faveur. Aie pitié de nous, et que ta grâce produise en nous la vraie repentance, la contrition, la haine du péché, la mise à mort de notre ancienne nature, et tous les efforts et toute la discipline nécessaires à notre sanctification. » Pas plus tard qu’hier, je suis tombé sur un article de blog intitulé : « Pourquoi je pense qu’il est possible de passer une semaine sans pécher ». Pardon, mais je préfère ce que dit l’apôtre Paul : « Que celui qui est debout prenne garde de tomber ! ».

[1] James K. Bruckner, New International Biblical Commentary.

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