Le rebelle de Babylone

Par Alexandre Sarranle 21 octobre 2018

À quel point est-ce que vous vous intéressez à Dieu ? Ça peut sembler bizarre comme question, surtout à l’occasion d’un culte un dimanche après-midi ! Mais c’est une question sérieuse. Est-ce que vous vous sentez redevable à Dieu en-dehors du dimanche après-midi (c’est-à-dire dépendant de lui et subordonné à lui) ? Est-ce que vous avez conscience d’être en relation avec Dieu, que Dieu est votre Roi et vous son sujet, quand par exemple vous faites vos emplettes au supermarché, ou quand vous êtes en cours à la fac, ou quand vous changez des couches à la maison, ou quand vous êtes sur la route des vacances, ou quand vous faites un foot avec les copains, ou quand vous bossez à l’usine, ou quand vous allez à la fête des voisins ?

Alors peut-être qu’il y en ici a qui ne croient pas en Dieu, du coup pour vous la réponse est facile ! Vous vivez votre vie plutôt tranquilou à ce niveau-là, quelles que soient les circonstances, sans vous inquiéter de ce que Dieu en pense… puisqu’il n’existe pas ! Ou du moins, puisque vous n’avez pas de relation avec lui. Pour les croyants, c’est plus compliqué. On croit qu’il y a un Dieu, et qu’on peut le connaître. Mais on vit dans une société tellement sécularisée, qu’on a l’impression que cette croyance en Dieu n’a pas tellement sa place. Et il se passe un truc, c’est que notre foi devient quelque chose de discret. On s’intéresse à Dieu le dimanche, et puis peut-être de temps à autre en semaine s’il y a quelque chose qui nous y fait penser. Mais le reste du temps, finalement, notre foi c’est un peu comme un grain de beauté surdimensionné qu’on aurait dans le cou ; c’est une originalité, les gens le remarquent des fois, on vit avec, mais on n’y pense pas vraiment.

Et la question que le texte d’aujourd’hui veut nous faire poser, c’est la suivante : est-ce que c’est correct de vivre comme ça ? C’est-à-dire est-ce que c’est correct de vivre sa vie sans s’intéresser beaucoup à Dieu, voire pas du tout ? Parce que le texte qu’on va lire, c’est l’histoire, justement, d’un gars qui ne s’est pas assez intéressé à Dieu. En fait, il s’en fichait complètement de Dieu, et je l’ai appelé le rebelle de Babylone ! Son nom est Belchatsar, et il était en charge du royaume de Babylone où les Israélites vivaient en captivité il y a environ 2500 ans. Et à travers son histoire, le texte veut nous apprendre une leçon : c’est qu’il faut toujours être attentif à Dieu !

Même à Babylone, l’Éternel est Dieu (v. 1-9)

Premier point : Dieu a juridiction sur tout. Même à Babylone, l’Éternel est Dieu. Cette histoire commence par une scène choquante. Il faut comprendre que Belchatsar a été mis en charge du royaume en l’absence du vrai roi, son père Nabonide, qui a dû s’éloigner de Babylone pour sa propre sécurité (Belchatsar n’est pas littéralement le fils de Neboukadnetsar, mais un de ses successeurs sur le trône).

Donc ce jeune prince irresponsable organise une fête, et une fois qu’il a un peu bu, il dit à ses amis : « Eh, qui c’est qui est cap de boire son whisky-coca dans un des vases sacrés que Naboukadnetsar a piqués dans le temple des Israélites ? Allez, venez, on le fait ! ». Ils le font, et comme si cette profanation ne suffisait pas, ils vont en plus faire un petit culte à leurs idoles. Seulement, tout d’un coup, il se passe un truc paranormal. Une main-fantôme apparaît dans la pièce et écrit un message sur le mur, et Belchatsar est épouvanté. Il est littéralement dans un état de choc (v. 6-9). On n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que Belchatsar a fait un truc profondément blasphématoire contre l’Éternel, le Dieu d’Israël, et que l’Éternel vient d’intervenir, au sein-même du palais de Babylone, pour rappeler Belchatsar à l’ordre.

On ne sait pas encore ce qui est écrit sur le mur, mais il est déjà clair que Belchatsar ne peut pas blasphémer contre l’Éternel impunément, même en étant bien au chaud chez lui dans son palais, entouré de ses petits dieux « d’or, d’argent, de bronze, de fer, de bois et de pierre », à Babylone ! Même à Babylone, l’Éternel est Dieu ; il est le vrai Dieu, qui a juridiction sur tout.

La juridiction, c’est le pouvoir d’appliquer la loi et de rendre la justice. Un jour, aux USA, j’étais en voiture avec Suzanne et on s’est fait rentrer dedans par derrière par une autre voiture. Pare-chocs cassé. Les gens derrière se sont excusés, et on est remonté dans nos voitures pour aller sur le parking d’un centre commercial juste à côté pour appeler la police pour qu’ils dressent un constat. Un policier est arrivé, et quand on lui a expliqué ce qui était arrivé, il nous a dit : « Ah mais je suis désolé, d’après ce que vous me dites, l’accident ne s’est pas produit dans ma juridiction mais dans le comté d’à-côté. Je ne peux pas dresser le constat. Il va falloir que j’appelle le shérif. » Il se trouve qu’en nous déplaçant du lieu de l’accident jusqu’au parking, on avait changé de comté, et donc de juridiction, sans le savoir !

Et notre ville, notre pays, et notre monde, sont divisés en toutes sortes de juridictions différentes, à l’échelle humaine. Mais le premier point de notre texte, ici, c’est que Dieu a juridiction sur tout. Alors on n’a aucun mal à se dire que Dieu a juridiction sur l’église. C’est sa parcelle, c’est son comté. Même les non-croyants vont généralement faire preuve d’un certain respect intuitif, spontané, quand ils vont se trouver dans une église ou dans un rassemblement religieux.

Mais en réalité, Dieu a aussi juridiction… sur l’espace public ! Ça a l’air un peu islamique ce que je dis, mais Dieu (je n’ai pas dit l’Église !) a juridiction sur le palais de l’Élysée. Il a juridiction sur votre lieu de travail, sur votre fac, sur votre supermarché, sur le terrain de foot, et sur la table à langer ! Ça veut dire que dans l’absolu, je suis tenu de respecter Dieu, de l’honorer, de le servir, de lui obéir, partout et tout le temps, et même si je ne crois pas en lui (cf. Belchatsar) ! Ce n’est pas parce que je suis dans la cour de l’école, ou au bureau, ou en vacances, ou en train de faire du sport, que je peux me permettre de faire comme si Dieu n’existait pas, ou comme s’il ne s’intéressait pas à ce que je fais.

Si je vous montrais ici-même un poster satanique blasphématoire et vulgaire, portant une insulte contre Jésus, vous seriez sans doute choqué. Est-ce que vous seriez légèrement moins choqué de voir ça dans la rue, ou sur un panneau d’affichage dans votre fac ? Sans doute ! Mais est-ce que c’est correct ? Et si je faisais figurer l’horoscope dans le bulletin du culte chaque dimanche, vous en penseriez quoi ? Et pourtant, l’horoscope est diffusé chaque jour dans plein de journaux, sur la radio et sur les écrans du tramway. Et si on prévoyait sur le site internet de l’église un encart publicitaire avec des femmes en petite tenue ? Choquant ! Mais sur les abribus, ou à la TV, ça passe.

Est-ce que vous avez remarqué la diffusion, en ce moment, dans les stations de métro, de petites vidéos qui nous rappellent que les êtres humains résultent d’une évolution aveugle des espèces, complètement indépendante de Dieu, sur des centaines de millions d’années, et que nous sommes les cousins des araignées, des homards, et des kangourous ? Alors on se dit : « C’est normal, on est à Babylone ! ». Oui, mais même à Babylone, on ne se moque pas impunément de Dieu (je précise tout de suite que cela ne veut pas dire que nous sommes appelés à venger Dieu, et le reste du livre de Daniel, comme de la Bible, atteste clairement de cette vérité !).

En tout cas, vous voyez pourquoi on ne peut pas se permettre de considérer que dans certaines situations, ça ne sert à rien de s’intéresser à Dieu ? Si Dieu a vraiment juridiction sur tout, alors c’est déjà une bonne raison de lui être toujours attentif ! Même à Babylone, l’Éternel est Dieu !

Même à Babylone, l’Éternel se révèle (v. 10-24)

Mais deuxième point : n’importe qui peut connaître Dieu. Même à Babylone, l’Éternel se révèle. Dans le texte, on voit que la reine-mère conseille à Belchatsar de faire appel à Daniel, un Israélite fidèle à son Dieu, qui avait déjà agi dans l’histoire du royaume en tant que porte-parole de l’Éternel. Le roi fait donc appeler Daniel, et celui-ci commence par lui rappeler l’expérience d’un de ses prédécesseurs sur le trône. Neboukadnetsar s’était enorgueilli contre le vrai Dieu, et le vrai Dieu l’avait humilié de façon à ce qu’il reconnaisse sa puissance. Et Belchatsar connaissait cette histoire, et pourtant, il ne l’a pas prise à cœur pour en tirer les bonnes conséquences pour sa propre vie.

Autrement dit : à Babylone, on avait des gens comme Daniel, un Israélite et un prophète qui exerçait son service gratuitement (v. 17) et qui rendait témoignage aux autres prophètes de l’histoire d’Israël (comme à Jérémie par ex., cf. Jr 50-51). On avait aussi des histoires de comment Dieu lui-même était déjà intervenu de manière spectaculaire à Babylone. Et la reine-mère elle-même, une Babylonienne, a été touchée par tout cela, puisqu’elle reconnaît la sagesse supérieure de Daniel et l’Esprit qui est en lui. Donc même à Babylone, il y a moyen de connaître Dieu, si on veut !

Et donc les Israélites qui entendent raconter cette histoire, sont censés se dire : « Mais on n’a pas d’excuse pour ne pas continuer à servir Dieu, même ici dans ce pays étranger. Dieu continue de se révéler, même auprès des païens ! ». Et les païens, eux, sont censés se dire : « Ben la reine-mère a l’air plus sage que Belchatsar. C’est vrai qu’on a entendu parler de ce fameux Daniel, et de ce qui est arrivé à Neboukadnetsar ; on devrait peut-être s’y intéresser un peu plus et chercher à comprendre de quoi il retourne. »

Ça me fait penser à un autre voyage qu’on a fait aux USA, où on a eu la chance de visiter le parc national de Yellowstone. Un endroit vraiment dangereux : on peut mourir dévoré par un grizzli, ou bien encorné par un bison, ou encore ébouillanté dans un cratère volcanique. Du coup, les responsables du parc s’assurent que des instructions et des avertissements sont facilement disponibles pour les visiteurs : il y a des panneaux, des dépliants, des barrières, des numéros de téléphone qu’on peut appeler, des sites internet qu’on peut consulter, des maisons du parc qu’on peut visiter, et même des employés du parc qu’on peut interroger. Heureusement, n’est-ce pas ? Ce serait de la folie de se dire qu’on va ignorer tout ça et partir à l’aventure et faire ce qu’on veut. Mais il y en a qui font ça, et tous les ans il y a des accidents : il y a ceux qui essaient de se prendre en selfie avec un bison ; ou ceux qui vont se promener de l’autre côté de la barrière et qui passent à travers la fine croûte de soufre et qui disparaissent dans l’eau bouillante…

C’est un peu ce qu’a fait Belchatsar dans le texte, lui qui est présenté comme un mauvais exemple. Il n’a pas cherché à savoir comment il devait vivre devant Dieu. Il n’a pas regardé les panneaux. Or, le vrai Dieu a juridiction sur Babylone, et comme on dit en latin : nemo censetur ignorare legem. Nul n’est censé ignorer la loi. Ou encore : ignorantia juris non excusat. L’ignorance de la loi n’est pas une excuse. Belchatsar n’a pas pris à cœur les moyens qu’il avait pourtant de connaître le vrai Dieu, il a vécu dans l’ignorance de ces choses, il n’a pas montré d’intérêt pour ces choses, et il a complètement gaffé !

Et si Belchatsar était inexcusable… À combien plus forte raison pensez-vous que nous le sommes, habitants de la France au 21ème siècle ? Moi, je suis pasteur ; je suis un « professionnel » de la foi (si j’ose dire !). Et pourtant si vous saviez le mal que j’ai à ouvrir ma Bible chaque jour pour lire quelques lignes pour apprendre à mieux connaître le vrai Dieu ! Alors que cette révélation spéciale, complète, surnaturelle, est diffusée à des milliards d’exemplaires dans le monde, pour une bouchée de pain, et contient tout ce que Dieu a jugé utile de nous dire pour qu’on puisse le connaître vraiment, personnellement, et pour qu’on sache comment vivre dans ce monde sans se faire dévorer par le diable ou tomber dans l’étang de feu !

Non seulement on a la Bible, mais on a des livres de théologie, des livres d’édification, des commentaires, des pasteurs, des amis chrétiens, on a des radios chrétiennes, des associations d’étudiants chrétiens, des facs de théologie… Si Belchatsar était inexcusable, et si les Israélites qui vivaient en captivité étaient eux aussi inexcusables, à combien plus forte raison pensez-vous que nous le sommes !

Que vous soyez croyant depuis longtemps, croyant depuis peu, peut-être en recherche, ou tout simplement un non-croyant, nemo censetur ignorare legem. Nul n’est censé ignorer la loi ; mais heureusement, n’importe qui peut la connaître. N’importe qui peut connaître celui qui a juridiction sur tout, et voilà une autre raison d’être toujours attentif à Dieu. Même à Babylone, l’Éternel se révèle !

Même à Babylone, l’Éternel est souverain (v. 25-30)

Et troisième et dernier point : Dieu accomplit de toute façon son projet. Même à Babylone, l’Éternel est souverain. On arrive à la chute de l’histoire. On découvre ce qui est écrit sur le mur, et ce que ça veut dire. « Compté, compté, pesé, divisé ». C’est le message, ou plutôt la sentence, que Dieu adresse à Belchatsar. « Compté », parce que les jours de Belchatsar sont comptés ; le jour de sa fin, et de la fin de Babylone est fixé. « Pesé », parce que Belchatsar ne fait pas le poids ; Dieu l’a mis sur la balance de sa justice, et il a échoué. Et « divisé », parce que Dieu a décidé de distribuer le royaume de Babylone à d’autres gens ; il en a déjà fait le partage par son décret divin, et le royaume de Babylone sera divisé en 120 provinces gouvernées par les 120 satrapes dont il est question juste après, sous le règne de Darius (6.2).

Belchatsar est très impressionné et il donne à Daniel le salaire que Daniel avait pourtant refusé (peut-être pour s’acheter les faveurs du Dieu de Daniel). Mais « cette même nuit », le roi est tué, et son royaume est donné à un autre. Voilà qui fait froid dans le dos, n’est-ce pas ? Le décret de Dieu est tellement irrésistible que la nuit-même, la chose s’accomplit. Comme le dit le psalmiste :

« Que toute la terre craigne l’Éternel ! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui ! Car il dit, et la chose arrive ; il ordonne, et elle existe. » (Ps 33.8-9)

Si vraiment nous vivons dans un univers où il y a un Dieu comme ça, vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’en fin de compte nous n’avons pas le contrôle de notre vie ! La volonté de Dieu, seule, est irrésistible. Il est capable de renverser le royaume de Babylone littéralement « du jour au lendemain ». Il est capable de mettre un terme soudainement à la vie de Belchatsar.

Il existe une chanson du célèbre groupe Metallica, dont le titre est « Rebel of Babylon », le rebelle de Babylone. Dans cette chanson, le groupe ironise sur le comportement d’une star du rock qui s’imagine avoir le contrôle de sa vie, et qui boit et qui se drogue, tout insolent et insouciant, en revendiquant le titre de « rebelle », comme s’il pouvait lui-même décider du sort de sa vie, du moment de sa mort, et même de sa résurrection. Voici un extrait des paroles :

« Je vais mourir jeune, je vais vivre pour toujours, tuez-moi encore une fois ! [Eh bien] Qu’il se relève, le rebelle de Babylone ! Ce renégat se livre à un combat qui est perdu d’avance. Il cherche une couronne d’épines pour se percer la peau ; il grimpe sur son crucifix et il attend le petit matin ; il perd connaissance, et l’illusion perdure. »

Je ne sais pas si le « rebelle de Babylone » de cette chanson s’inspire de Belchatsar, mais ça lui ressemble. En fait, ça nous ressemble. Nous ne sommes pas du tout disposés à accepter que c’est Dieu qui tient les commandes de notre vie, plutôt que nous !

Et pourtant il suffit de regarder un peu autour de nous… Nous avons une amie dont une des filles est morte dans son sommeil à l’âge de 18 ans, sans que rien ne puisse le laisser présager. Une autre amie, plus récemment, à l’âge de 48 ans à peu près, est morte d’une rupture d’anévrisme sur son lieu de travail. Elle n’a pas eu le temps de dire au-revoir à son mari et à ses enfants. Et vous pouvez sans doute penser à d’autres exemples : maladie foudroyante, accident de voiture, attentat terroriste… Nos jours sont comptés, et c’est Dieu qui tient les commandes, ce n’est pas nous !

Le problème, c’est qu’on voudrait les tenir, ces commandes ; et c’est ça qui nous freine dans l’intérêt qu’on pourrait porter à Dieu. Si vraiment Dieu a juridiction sur tout, et si vraiment Dieu se fait connaître, et si vraiment il accomplit de toute manière son projet, alors si on se met à lui être attentif, on sait bien que ça va vouloir dire des changements dans notre vie. Il va falloir s’incliner devant cette autorité supérieure ! Et qu’est-ce qu’on déteste ça ! Ça va encore le dimanche après-midi pendant une heure et demie, mais après ça…

On préfèrerait être notre propre dieu et notre propre sauveur, comme le rebelle de Babylone de la chanson de Metallica qui veut porter lui-même sa couronne d’épines et monter lui-même sur le crucifix. Mais le grand théologien anglais John Stott a dit :

« L’essence du péché, c’est l’homme qui se substitue à Dieu, tandis que l’essence du salut, c’est Dieu qui se substitue à l’homme. L’homme s’élève contre Dieu et prend la place que Dieu seul mérite ; tandis que Dieu se sacrifie pour l’homme et prend la place que l’homme seul mérite. »

Et en effet, le truc incroyable avec le Dieu de la Bible, le vrai Dieu, le Dieu de Daniel et des prophètes, le Dieu qui a humilié Neboukadnetsar et qui a châtié Belchatsar, ce qui est incroyable avec Dieu, c’est qu’il n’est pas seulement le Dieu suprême et irrésistible ; c’est aussi qu’il est le Dieu sauveur. Il s’est approché de son peuple en exil, conformément à ses promesses de grâce.

C’est dans l’empire romain, un empire païen, que Dieu s’est fait homme en Jésus ; c’est sous Ponce-Pilate qu’il a souffert, qu’il a porté la véritable couronne d’épines et qu’il est « monté sur le crucifix » en supportant le châtiment de notre orgueil à notre place, pour nous en délivrer. Et il est ressuscité, de façon à ce que tous ceux qui déposent leur autonomie à ses pieds, qui se confient en lui sincèrement et sans réserve, reçoivent le pardon de Dieu et soient réconciliés avec lui pour toujours.

Nous sommes des petits Belchatsars qui vivons notre vie plutôt tranquilou sans nous soucier de Dieu ; mais Jésus est un plus grand Daniel qui nous fait entrer en relation intime avec le vrai Dieu.

Et si tout ce que j’ai dit est vrai, alors à quel point pensez-vous qu’on devrait s’intéresser à Dieu ? Même à Babylone—pardon, même en France, l’Éternel est Dieu, il a juridiction sur tout ; il se révèle, n’importe qui peut le connaître ; et il est souverain, il accomplit de toute façon son projet. Et si nous sommes attachés à Jésus son Fils, par la foi, nous sommes partout et tout le temps les enfants bien-aimés de ce grand Dieu, appelés à le servir et à le faire connaître à notre tour, à la maison, à la fac, au bureau, à l’école, dans le bus, au supermarché, sur le terrain de foot, en France, au Brésil, sur la lune et partout dans la création !

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