Dieu a tout prévu !

Par Alexandre Sarranle 30 décembre 2018

La vie, c’est compliqué. Des fois, c’est franchement difficile. Et on a beau être croyant, on n’est pas toujours convaincu que Dieu est vraiment là et qu’il est vraiment en train d’accomplir son fameux projet bienveillant pour nous et pour le monde… Je ne sais pas vous, mais moi, des fois, je me sens un peu comme cet enfant qui a perdu de vue ses parents dans le hall d’une gare bondée de voyageurs ou dans les rayons d’un supermarché le dernier samedi avant Noël. Je ne sais pas où est passé le Seigneur ! Et je ne sais plus vraiment où donner de la tête. Et j’ai l’impression d’être un peu livré à moi-même et de ne plus savoir ce que ça change, en fait, d’être un chrétien.

La réalité, c’est que la vie ici-bas, en gros, est une succession de circonstances difficiles. Peut-être que je suis juste dans un mauvais jour aujourd’hui, mais c’est aussi ce que dit ce grand philosophe de l’Ancien Testament, qu’on appelle l’Ecclésiaste : la vie ici-bas, c’est pénible et frustrant ! Et si on est croyant, il faut le reconnaître : notre foi a besoin d’être soutenue. Moi, ma foi, j’ai l’impression qu’elle flanche facilement quand les choses vont mal. Un peu comme quand je fais de l’escalade, et que j’arrive dans le dévers, à sept ou huit mètres du sol, et que la peur du vide me fait perdre tout d’un coup tous mes moyens et que je n’arrive plus à tenir les prises. J’ai besoin de sentir que la corde est bien tendue et qu’il y a quelqu’un qui est là et qui me tient.

À cause des circonstances de cette vie, notre foi a besoin d’être soutenue, n’est-ce pas ? Est-ce que votre foi a besoin d’être soutenue aujourd’hui ? Est-ce que vous pensez qu’elle aura besoin d’être soutenue en 2019 ? Eh bien c’est ce que Dieu veut faire dans le texte qu’on va lire aujourd’hui. Il veut soutenir la foi des croyants.

On est dans la suite du livre du prophète Daniel. Beaucoup d’Israélites sont très angoissés parce que leur désir d’occuper de nouveau la terre sainte et de reconstruire Jérusalem et le temple, après 70 ans passés en exil à Babylone, rencontre de sérieux obstacles. Ça ne se passe pas bien. Leurs ennemis continuent de les entraver dans leurs projets. Et donc Dieu veut rassurer Daniel et les Israélites, en leur montrant qu’il contrôle tout-à-fait la situation.

À travers l’ange glorieux qui est apparu à Daniel au chapitre précédent, Dieu veut faire connaître aux Israélites la suite de l’histoire, pour leur montrer d’une part que ça va être difficile, et que ça va prendre du temps (cf. 10.1), mais en même temps pour les encourager, en leur montrant que l’histoire avance quand même vers un but (vers une fin) qui leur sera favorable. C’est un passage qui ne va pas vous paraître extrêmement passionnant, à mon avis, et pourtant ce texte veut nous enseigner quelque chose de très bienfaisant et de très actuel. C’est que malgré les difficultés de la vie, on peut faire confiance à Dieu, parce qu’il a tout prévu.

Jamais pris à l’improviste

La première chose que ce passage nous montre, c’est que rien ne prend jamais Dieu au dépourvu. Il n’est jamais impressionné, dépassé, ou mis dans l’embarras par ce qui se passe dans notre vie ou dans le monde. Quand on lit ce passage, on devrait tout de suite être frappé par le caractère très détaillé des prédictions qu’on y trouve. En fait, à travers le prophète Daniel, Dieu fait un survol de pratiquement six siècles d’histoire du Moyen-Orient, à compter de l’an 530 av. J.‑C., et il le fait de façon à ce qu’on reconnaisse cette histoire au moment où elle se réalise. On ne va pas passer en revue tous les événements qui sont prédits dans ce passage, mais je vais quand même vous souligner les grands tournants de l’histoire.

Les versets 2 à 4 nous amènent du règne de Cyrus (le moment présent pour Daniel) jusqu’à la division du royaume d’Alexandre le Grand entre ses principaux généraux qui se sont disputés sa succession. Les versets 5 à 20 annoncent d’avance les conflits qui vont opposer deux royaumes principalement : celui du sud fondé par Ptolémée (basé en Égypte), et celui du nord fondé par Séleucus (basé en Mésopotamie).

Ces deux royaumes représentent deux dynasties (ptolémaïque et séleucide), qui vont se faire la guerre pendant 150 ans malgré des tentatives d’alliance, comme au verset 6, où la fille de Ptolémée II, qui s’appelle Bérénice, est offerte en mariage à Antiochus II, mais l’ex-femme d’Antiochus II se venge quelques années plus tard en empoisonnant Bérénice, Antiochus II, et l’enfant qu’ils ont eu ensemble. La même année, le père de Bérénice meurt, et c’est un des frères de Bérénice qui récupère le trône, Ptolémée III ; et celui-ci part faire la guerre à Séleucus II (qui a récupéré le trône d’Antiochus II), pour venger sa sœur. On est aux versets 6-7, soit en l’an 246 av. J.-C. ! Et ainsi de suite, au fil de ce que les historiens appellent « les guerres de Syrie », jusqu’au verset 20 (175 av. J.-C.).

Au verset 21, on a un nouveau « roi du nord » qui est présenté, c’est Antiochus IV, que l’on connaît sous le nom d’Antiochus Épiphane. Une longue section du texte lui est consacrée (v. 21-35), parce que c’est quelqu’un qui va s’attaquer très violemment aux Israélites (il a été question de lui notamment au chap. 8, dans la vision du bélier et du bouc).

Les versets 36 à 39 parlent alors du roi du nord (ou du royaume du nord) sous l’angle de la religion. Le royaume du nord va innover en matière de religion, à la fois par de terribles blasphèmes mais aussi par l’introduction d’un nouveau dieu. Il s’agit en fait du dieu des Romains, le dieu Jupiter, auquel Antiochus Épiphane va vouer un culte au lieu des dieux des Séleucides. Cette observation de nature théologique, dans le texte, sert de transition vers la venue sur le devant de la scène de l’empire romain, puisque la mort d’Antiochus Épiphane en l’an 164 av. J.-C. et le déclin de la dynastie séleucide coïncident avec la montée en puissance des Romains, qui deviennent le nouveau « roi du nord ».

En 146, les Romains prennent Carthage, en Afrique du Nord, et à partir de là (v. 40) ils commencent à étendre leur domination tout autour de la Méditerranée, malgré la résistance des Ptolémées en Égypte et notamment de Cléopâtre, qui sera battue par le premier empereur romain, le fameux Octave Auguste (v. 42-43). Au premier siècle, l’empire romain aura du mal à étendre sa domination à l’orient et au nord (à cause de la résistance des Parthes, des Germains et des… Calédoniens, v. 44), mais il s’installera en tout cas « entre les mers » (v. 45), c’est-à-dire dans la région qui concerne le plus les Israélites, entre les mers Méditerranée, Rouge, Persique et Noire (le Moyen-Orient).

C’est bon, vous avez tout retenu ? Et encore, on n’a fait qu’effleurer le détail de tout ce qui est prédit dans ce passage. Ce qu’il faut surtout remarquer, c’est que Dieu annonce d’avance à Daniel environ six siècles d’histoire de façon à ce qu’on reconnaisse cette histoire au moment où elle se réalise. Dieu voulait que les Israélites de cette époque soient rassurés et qu’ils se sentent en sécurité, en reconnaissant dans leurs circonstances des choses que Dieu avait annoncées d’avance.

J’ai déjà utilisé cette illustration dans le passé, mais c’est comme quand on fait l’expérience d’un accouchement. Si on ne sait pas du tout à quoi s’attendre dans un accouchement, eh bien quand ça arrive, on aurait des raisons de paniquer. Pourquoi mon ventre se contracte ? Pourquoi ça fait si mal ? Pourquoi ça recommence toutes les trois minutes ? Pourquoi j’ai envie de pousser ? Mais si on est préparé, si on est au courant de comment se passe normalement un accouchement, ça ne fait pas forcément moins mal, mais au moins on est rassuré. J’ai mal, mais ce n’est rien d’inquiétant, c’était prévu comme ça.

Les Israélites qui vivent pendant cette période, et qui sont attentifs à la révélation de Dieu, peuvent donc reconnaître ce qui se passe. Ils ont des repères immanquables pour suivre la progression de l’histoire, et ils se rendent compte, malgré des circonstances difficiles pour eux, que tout se passe comme Dieu l’avait prévu. Rien ne prend jamais Dieu au dépourvu.

Et pour nous aujourd’hui qui pouvons regarder en arrière, et étudier l’histoire, et vérifier maintenant que toutes ces choses se sont bel et bien passées entre l’époque de Daniel et l’époque de l’empire romain au premier siècle, on a ici un indice exceptionnel de la fiabilité de la Bible. Quand Dieu parle à travers ses prophètes, c’est absolument fiable. C’est complètement digne de confiance. Et donc si notre foi a besoin d’être soutenue aujourd’hui, et en 2019, on peut déjà se rappeler que rien ne prend jamais Dieu au dépourvu, et qu’on peut se fier sans réserve aux Saintes Écritures qui nous révèlent qui il est, comment il est, qui nous sommes, où nous sommes, d’où nous venons, et où nous allons. C’est déjà bien, non ?

Toujours très, très attentif

Mais regardons encore le texte. La deuxième chose que ce passage nous apprend, c’est que les croyants sont le centre du monde pour Dieu. Pourquoi à votre avis Dieu annonce, dans ce passage, tous ces conflits qui vont opposer les rois du nord aux rois du sud pendant ces six siècles d’histoire ? Eh bien parce qu’entre les deux, entre la Mésopotamie et l’Égypte, il y a… la terre sainte, bien sûr !

Si vous regardez bien le détail de ces révélations, bien souvent les conflits entre les Ptolémées et les Séleucides ne concernent les Israélites qu’indirectement, juste parce que tout le monde veut occuper la Palestine qui est stratégiquement très bien située entre l’Asie et l’Afrique. Les Israélites sont souvent des victimes collatérales, si vous voulez, de ces fameuses « guerres de Syrie ». Mais c’est pour ça, justement, que ces guerres sont importantes pour Dieu. Elles sont importantes par rapport à ce qu’elles font subir à son peuple. Dieu ne dit rien ici sur l’avènement de l’empire chinois pendant la même période, ou sur les conquêtes des Mayas en Amérique du Sud. Ça ne « l’intéresse pas », si j’ose dire !

Ça ne l’intéresse pas, parce que ça ne concerne pas son peuple. Mais dans cette révélation, ici, Dieu ramène continuellement ces événements à ce qu’ils vont entraîner pour les Israélites. Au v. 14, Dieu prédit que des Israélites tenteront, en vain, de repousser le roi du sud (comme pour forcer l’accomplissement du projet de Dieu). Au v. 16, Dieu annonce que le roi du nord va envahir « le plus beau des pays », c’est-à-dire la terre sainte, en repoussant le roi du sud. C’est Antiochus III, de la dynastie séleucide, qui ensuite offrira sa fille en mariage à Ptolémée V, pour tenter de gagner sa faveur, mais sa fille finalement se ralliera à la cause des Ptolémées (v. 17). C’est important, parce qu’au cœur de ces tractations, il y a le sort des Israélites, vous comprenez ?

Enfin arrive Antiochus IV (v. 21), et là, le texte va souligner tout particulièrement les souffrances que vont subir les Israélites (v. 28-35), parce qu’il arrivera un moment où Antiochus Épiphane va vraiment s’acharner contre eux. Ces conflits nous sont rapportés dans les livres des Maccabées. Sous Antiochus Épiphane, il y a aura vraiment des conséquences graves pour les Israélites. Ce roi du nord va piller le temple (parce qu’il a besoin d’argent), mais des Israélites vont organiser une résistance. Alors le roi du nord va vraiment s’énerver et il va profaner le sanctuaire, et abolir le culte de l’Éternel. Il va soudoyer les Israélites et chercher à faire disparaître toute trace de la loi de Moïse. Le texte insiste sur toutes ces choses, parce que c’est le cœur de la préoccupation de Dieu dans ce passage.

Quand je lis ce texte, j’ai l’impression de regarder l’histoire de cette région, et de cette époque, à travers un radar. Sur le radar, on a des points et des formes qui s’agitent. Les forces du nord qui attaquent les forces du sud. Les forces du sud qui contre-attaquent. Mais au milieu de tout ça, on a, un peu comme dans un radar à détection infrarouge, des formes de couleur très vive qui se détachent du reste. Ce sont les croyants. Ils sont ballotés à droite, à gauche. Ils sont envahis, ils souffrent, ils sont parfois persécutés, et surtout sous Antiochus Épiphane. Mais ils retiennent toute l’attention de Dieu. Le radar est constamment dirigé sur eux. Depuis son poste de commandement, Dieu ne les lâche pas du regard, « voici, il ne sommeille ni ne dort celui qui garde Israël » (Ps 121.4).

En fait, le texte indique même que Dieu est tellement attentif et impliqué dans ce qui se passe dans l’histoire des Israélites, qu’il prend soin des croyants et qu’il utilise même ces épreuves pour leur faire du bien. Au v. 33, Dieu dit que ces difficultés seront une occasion d’instruction pour le peuple, au moyen des croyants qui vont témoigner de cette révélation de Dieu auprès des autres. Et au v. 35, Dieu dit que quelques croyants vont souffrir afin d’être « épurés », c’est-à-dire pour que leur foi en ressorte plus forte qu’avant. C’est Dieu qui est en train d’administrer ses bons traitements à son peuple. Clairement donc, même quand les croyants traversent les plus grandes difficultés, ils font toujours l’objet de toute l’attention bienveillante de Dieu, qui veille sur eux, et qui continue d’œuvrer en leur faveur.

Notre foi a besoin d’être soutenue aujourd’hui ? Rappelons-nous que les croyants sont le centre du monde pour Dieu. Il y a des difficultés dans notre vie, et il y a de grands conflits dans notre monde, et tout ça, ça correspond à des conflits spirituels dans le monde invisible (au verso de la réalité, comme on l’a vu il y a 3 semaines), mais nous pouvons rester convaincus, parce que la Bible le dit et qu’elle est parfaitement digne de confiance, que Dieu est toujours avec les croyants, il ne nous abandonne jamais dans le supermarché (même si nous, de notre côté, on le perd de vue parce qu’on ne fait pas très attention) ; il poursuit l’accomplissement de son grand projet qui nous est favorable. Et c’est ce qui nous amène au dernier point.

Sur le point de tout finir

La troisième chose en effet que ce passage nous apprend, c’est que le projet de Dieu est tout près d’être achevé. Je ne sais pas si vous avez remarqué, quand on a lu le texte, mais toutes ces prédictions nous amènent à un moment dans l’histoire qui est appelé, aux v. 27, 35 et 40, « la fin ». Ou plus précisément, « le temps de la fin qui arrivera au temps fixé » (v. 35). Quel est ce temps de la fin ? C’est celui qui est décrit à partir du v. 40, c’est-à-dire le temps où l’empire romain se sera déployé et sera solidement établi tout autour de la Méditerranée, et notamment « entre les mers » (v. 45), c’est-à-dire dans toute la région où se concentrent les Israélites au premier siècle de notre ère.

Dans le contexte du livre de Daniel, le « temps de la fin » désigne naturellement l’époque de l’histoire où le messie apparaîtra. Toutes les visions et les prédictions précédentes de Daniel convergent à peu près vers cet événement tant attendu : l’avènement du « fils de l’homme » (cf. 2.44 ; 7.13-14 ; 9.25…). Et en effet, sous le règne de César Auguste, le Christ est né, et quand il a commencé à prêcher, il disait : « Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche » (Mc 1.15).

Jésus, le Christ, est venu établir le royaume de Dieu, et il l’a fait, non par une conquête politique ou militaire, mais par une conquête spirituelle (ce qui est bien plus efficace !). Il a établi le royaume de Dieu par sa mort et sa résurrection, au premier siècle. Il est mort à la place des croyants, en prenant sur lui le poids de nos fautes qui nous séparaient de Dieu et qui attiraient sur nous la malédiction ; et il est ressuscité pour les croyants, en triomphant de nos fautes et de la malédiction de la mort, de façon à ce que tous ceux qui croient en lui entrent au bénéfice de cette victoire et soient délivrés du mal et de la mort, et soient destinés à vivre éternellement avec Dieu dans le paradis.

Et donc dans notre texte, Dieu donne aux Israélites des éléments qui leur permettent de voir où ils en sont dans l’histoire en attendant la venue de ce messie qui va les délivrer du mal. Et le fait d’avoir ces éléments identifiables, ces repères dans l’histoire en attendant le « temps de la fin » (qui est en fait le temps de leur délivrance), c’est ce qui fortifie leur foi et les aide à patienter, en les aidant à placer leurs espoirs en l’avenir.

C’est comme quand vous écoutez une prédication vraiment barbante et que vous n’attendez qu’une chose, c’est le « temps de la fin ». Le temps de votre délivrance ! Eh bien ce qui peut vous aider à patienter, ce qui peut diriger vos attentes et vos espoirs vers cette fin qui vous est promise, c’est le plan de la prédication, qui figure à l’intérieur du feuillet du culte ! Vous pouvez vous repérer dans la progression de la prédication, et plus facilement patienter par la foi. Vous comprenez ?

C’est comme ça en montagne, aussi. Quand on veut atteindre un sommet et que le chemin semble interminable, heureusement qu’on a la carte, ou le topo, qui nous indique toujours où on en est, et le chemin qui reste à parcourir. Et on arrive à continuer, parce que notre foi est fortifiée. Même si c’est dur, on sait que la fin approche, le temps de notre délivrance.

Et c’est pareil dans le texte. Les Israélites se repèrent grâce à ces prédictions. Pour beaucoup d’entre eux, ils ne seront plus vivants lorsqu’arrivera le temps de la fin ; mais au moins, ils savent que ce temps arrive, le temps de la venue du messie et de son œuvre et de sa victoire sur le mal, et du coup, ils peuvent placer leurs espoirs en lui, par la foi.

Et nous alors ? Eh bien pour nous, la fin est déjà arrivée. C’est-à-dire que le messie est déjà venu, « lorsque les temps furent accomplis » (Ga 4.4), et il a gagné la victoire décisive qui garantit la délivrance et le salut éternel de tous les croyants, aussi bien ceux qui ont vécu avant lui que ceux qui vivront après lui. La fin est arrivée, et c’est pourquoi le Nouveau Testament dit que depuis l’époque où Jésus est venu, nous vivons maintenant dans « les derniers jours » (Hé 1.2), « la fin des temps » (1 Pi 1.20), ou encore « la fin des siècles » (Hé 9.26).

Nous sommes dans l’ultime étape du projet de Dieu pour le monde. Le messie est venu, il a vaincu, et il a établi son règne en étant intronisé au ciel, à la droite de Dieu, « au verso de la réalité », sur toute la création ; maintenant, tout ce qu’on attend, c’est qu’il réapparaisse dans la gloire (Hé 9.28) pour déployer définitivement son règne bienveillant, cette fois au recto de la réalité (sur la terre comme au ciel, ce qui marquera aussi la fin pour toujours de tout mal et de toute souffrance).

Voilà pourquoi on doit vivre aujourd’hui dans l’imminence du retour de Jésus. Dans l’imminence de son apparition glorieuse et du parachèvement de son œuvre. Alors bien sûr, il y en a qui diront que 2000 ans, ça ne fait pas très imminent. Mais est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui a vécu 2000 ans pour pouvoir dire que c’est long et qu’il attend depuis longtemps ? Dans un psaume, Moïse dit que « le nombre de nos années s’élève à 70 ans, et si nous sommes vigoureux, à 80 ans ; [et] cela passe vite » (Ps 90.10). Nous n’avons pas le contrôle de notre vie, et nous pouvons mourir et comparaître devant le Seigneur de manière imprévisible. C’est pourquoi nous devons veiller et prier, car nous ne savons ni le jour ni l’heure (cf. Mt 25.13 ; Mc 13.33).

Contrairement aux Israélites qui ont attendu la première venue du messie, nous n’avons pas de feuille de route pour l’avenir. Mais nous n’en avons pas besoin, en fait ! Parce que les temps sont accomplis, depuis 2000 ans, et le projet de Dieu est tout près d’être achevé. Tout ce que nous avons besoin de savoir est là, consigné dans les Saintes Écritures ; tout ce qu’il fallait qu’il se passe s’est passé lorsque Jésus est venu et qu’il a combattu et vaincu le mal et la mort pour nous. Nous pouvons maintenant attendre la révélation de sa gloire, par la foi, une foi qui est tellement bien fondée ; et nous pouvons sans crainte rendre un culte à Dieu dans la sainteté et la justice, tout au long de nos jours (Luc 1.74-75) ; et nous pouvons proclamer autour de nous, jusqu’au retour du Seigneur, la bonne nouvelle de son règne, en invitant les gens à s’attacher à lui en lui faisant confiance.

Bon. Comment conclure ? Le temps de la fin de cette prédication est arrivé. On disait en introduction que la vie est difficile, et que si on est croyant, notre foi a besoin d’être soutenue. Et ce texte est là pour ça. Dieu nous a rappelé que rien ne le prenait jamais au dépourvu. Que si nous sommes croyants, nous sommes le centre du monde pour lui. Et que son projet pour nous et pour le monde est tout près d’être achevé.

C’est vrai que des fois, on se sent complètement dépassé par les circonstances de la vie, souvent difficiles, souvent douloureuses. Des fois, on ne sait plus où est passé le Seigneur ! On ne sait plus où on va ! Mais la leçon de ce texte, c’est que malgré les difficultés de la vie, on peut faire confiance à Dieu, parce qu’il a tout prévu.

Un jour, j’ai organisé une sortie surprise pour Suzanne. Elle ne savait pas où on allait, comment on y allait, pourquoi on y allait, ce qu’on allait faire, qui c’est qui allait s’occuper des enfants, etc. Elle avait beaucoup de raisons d’être inquiète ! Mais elle ne s’est pas affolée. Pourquoi ? Parce qu’elle était convaincue que je l’aimais et que j’avais tout bien organisé (du moins j’espère qu’elle en était convaincue !). Et nous avons l’impression, même en tant que croyants, d’avancer parfois à l’aveugle, n’est-ce pas ? On a perdu de vue le Seigneur. On ne sait plus trop ce que ça change d’être un chrétien. On ne sait plus où on va. Mais on peut toujours se tourner de nouveau vers la Bible, et se tourner de nouveau vers Dieu dans la prière, et redécouvrir qu’il nous aime d’un amour invincible, et qu’il a « tout bien organisé » selon son bon projet souverain. On peut lui faire confiance, parce qu’il a tout prévu.

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