La "folie" et la "faiblesse" de Dieu

Par Alexandre Sarranle 10 février 2019

« Voici ma bénédiction : au-dessus de toutes choses comme son propre Ciel rester debout, comme son dôme, comme sa cloche d’azur et son éternelle sécurité ; et bienheureux qui de la sorte bénit ! Car à la source d’éternité reçoivent toutes choses leur baptême et par-delà bien et mal ; mais bien et mal ne sont eux-mêmes qu’ombres qui passent et moites tribulations et nuées errantes. »

Vous avez compris quelque chose ? Moi non plus. Mais qu’est-ce que ça sonne bien ! Le mec qui a écrit ça, il a l’air super intelligent ; je n’y comprends rien, mais il doit y avoir du vrai dans ce qu’il dit. Bon. C’était du Nietszche, tiré de son poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra, sous-titre : « Un livre qui est pour tous et qui n’est pour personne. » (Nietszche, Ainsi parlait Zarathoustra (Folio essais), 1996 [1885], p. 207.)

Il faut avouer qu’on est assez naturellement impressionné, et fasciné, et même attiré, par les gens qui parlent bien, et qui ont plein de connaissances. À la radio et sur les plateaux TV, on aime bien les gens qui ont de la répartie, et de la culture, et de la perspicacité intellectuelle. Qu’est-ce qu’on peut répondre à des gens qui sont capables de se référer par cœur à des romanciers et à des poètes, qui ont un vocabulaire très développé, et qui citent Sénèque en latin et Arcésilas de Pitane en grec ?

Dans une société aujourd’hui qui mise beaucoup sur la communication, voilà à quoi on va naturellement accorder du crédit : au discours à la fois raffiné, éloquent, cultivé, profond, émouvant, intellectuel et complexe. « Je ne comprends pas ce qu’il raconte, mais c’est tellement impressionnant qu’il doit avoir raison. »

Le truc, c’est qu’on a non seulement tendance à penser comme ça, mais du coup, on a aussi tendance à vouloir fonctionner comme ça nous-mêmes. « Je suis plus intelligent, éduqué et cultivé que mon prochain, donc on devrait m’écouter plutôt que lui. » Une posture qui peut très bien se répercuter dans l’église, dans nos relations et nos échanges entre chrétiens. Ou bien à l’inverse : « Je ne suis pas quelqu’un de très intellectuel, et je n’arrive pas très bien à m’exprimer, donc il vaut mieux que je reste dans l’ombre et que je me contente de mon statut d’infériorité dans la société et peut-être même dans l’église. »

Alors ça, ce sont des tendances qui nous sont naturelles, et qui sont alimentées par la société dans laquelle on vit. Mais dans le texte qu’on va lire, l’apôtre Paul s’adresse aux chrétiens pour leur dire qu’en fait, ce n’est pas du tout comme ça qu’on doit fonctionner en tant que chrétiens. Il veut nous mettre en garde, en fait, contre notre façon naturelle de penser ; et il veut nous faire comprendre tout simplement que ce que nous prenons naturellement pour de la sagesse ou de l’intelligence, est un leurre (ou un piège) qui peut nous faire passer complètement à côté de ce qui est vraiment important.

Pour le dire encore plus simplement : ce n’est pas parce qu’on paraît plus intelligent que les autres… qu’on est vraiment plus intelligent que les autres !

Christ crucifié : sagesse de Dieu (1.18-25)

Premier point : ce que nous prenons pour de l’intelligence est en fait contraire à notre véritable intérêt.

Au début de ce passage (v. 18-25), l’apôtre Paul met en opposition deux choses : l’intelligence naturelle des hommes (qu’il appelle « la sagesse du monde », v. 20-21) et l’intelligence de Dieu (ou la sagesse de Dieu). Les deux sont tellement opposées que la sagesse de Dieu apparaît comme une « folie » aux hommes, et vice-versa. Pourquoi ? Parce que les hommes, s’ils se fient à leur intelligence naturelle, ne vont pas rechercher ce dont ils ont besoin en réalité.

L’intelligence naturelle recherche ce qui lui plaît naturellement : pour les Juifs, ce sont les miracles (c’est-à-dire des signes et des prodiges) ; pour les Grecs, c’est la sagesse (c’est-à-dire la profondeur philosophique et le talent oratoire). Mais les gens n’ont pas besoin de ça. Ils ont besoin d’être pardonnés pour leurs fautes et d’être réconciliés avec Dieu leur Créateur. Voilà ce dont on a besoin fondamentalement ! Et puisque c’est ça dont on a besoin fondamentalement, c’est ça que Dieu nous présente dans sa sagesse : c’est la « parole de la croix » (v. 18), c’est « Christ crucifié » (v. 23).

Jésus est venu de la part de Dieu pour supporter en lui-même, sur la croix, la peine de nos fautes (de nos péchés). C’est ahurissant de simplicité pour ceux qui recherchent la complexité intellectuelle ; et c’est choquant et scandaleux pour ceux qui pensaient que le messie serait un conquérant politique ou militaire. Quelqu’un vient se faire punir à notre place pour qu’on ne soit pas puni. Dieu se fait homme pour prendre sur lui le châtiment que méritent les hommes ! C’est complètement dingue !

Et justement : c’est une folie pour notre intelligence naturelle. C’est la « folie de Dieu », dit l’apôtre Paul avec beaucoup d’ironie, car la « folie » de Dieu est en fait la véritable sagesse. Tandis que notre intelligence naturelle est en fait la véritable folie. Pourquoi ? Parce que ce que nous prenons pour de l’intelligence est en fait contraire à notre véritable intérêt. Ce que nous prenons pour de l’intelligence ne nous rapproche pas de la croix, où se trouve notre salut, mais nous en détourne et nous en éloigne.

C’est un peu comme si on vous présentait sur un plateau deux assiettes. Dans une des assiettes, vous avez une tranche de pâté en croûte champion du monde à 39 euros la tranche, juste magnifiquement présentée, incroyablement appétissante, et vous avez très faim. Et dans l’autre assiette, vous avez une pilule bleue. Et vous devez choisir entre les deux. (Alors il y en a ici qui sont assez perspicaces pour se dire que c’est peut-être un piège !) Mais si vous ne déviez écouter que votre appétit, je crois que le choix serait vite fait. Or il se trouve que peut-être, ce dont vous aviez vraiment besoin, c’était la pilule bleue. Peut-être que vous étiez gravement malade, et que c’était même un besoin vital, de prendre cette pilule. Voilà au moins une situation où votre appétit naturel n’était pas fiable.

Et notre intelligence naturelle, c’est un peu comme notre appétit naturel. Dans l’assiette de gauche, on a des choses comme le pouvoir, l’argent, l’influence, la célébrité. On a peut-être aussi le confort, la santé, le travail, une famille. On a l’éducation, la culture, les loisirs. On a les miracles. Plein de choses appétissantes ! Et on a très faim. Et puis dans l’assiette de droite, on a Jésus en agonie sur la croix. Ce n’est pas très appétissant. Ce n’est pas très attrayant. Ce n’est pas très gratifiant. Mais c’est ce qui correspond à notre besoin vital. Et le texte nous dit ici que c’est ce truc qui nous paraît un peu dingue, qui ne nous attire pas naturellement, qui est en fait la puissance de Dieu pour notre salut !

Notre intelligence naturelle ne nous amènerait jamais à Christ crucifié, parce que c’est tellement contre-intuitif pour nous ! Ça ne satisfait pas du tout ce qu’on recherche naturellement ! On doit donc prendre du recul et être intelligent concernant notre propre intelligence. Il faut qu’on soit lucide et prudent. Il faut même qu’on se méfie de soi-même. Parce que ce que nous prenons naturellement pour de l’intelligence est en fait contraire à notre véritable intérêt. C’est le premier point.

Christ crucifié : gloire de Dieu (1.26-31)

Deuxième point : ce que nous prenons naturellement pour de l’intelligence peut se transformer en insulte à l’œuvre de Dieu.

Dans la suite du texte, Paul dit aux chrétiens de se regarder dans le miroir. Il leur dit : « Parmi vous, il n’y a pas beaucoup de gens intelligents ou puissants selon le monde. Il y en a, mais pas beaucoup. Ça prouve que Dieu ne sauve pas les gens parce qu’ils sont plus intelligents ou plus puissants que les autres. En fait, en sauvant des gens que le monde méprise, Dieu veut déclarer très clairement aux humains que leurs critères de performance, de qualité, de supériorité, de puissance, ne valent rien du tout à ses yeux. »

Et donc Paul rappelle que l’œuvre de Dieu consiste à sauver des gens par pure grâce—c’est-à-dire pas du tout en fonction des capacités des gens. C’est ce qu’il dit ailleurs :

« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Ép 2.8-9)

La grâce de Dieu est telle qu’il n’y a rien en moi qui pouvait disposer Dieu à me sauver plutôt que quelqu’un d’autre. Pour me sauver, Dieu m’a attaché spirituellement à Jésus, de façon à ce que toutes les qualités de cet homme parfait me soient attribuées ou imputées. J’étais mort, j’étais perdu, j’étais coupable, j’étais aveugle et fou aux yeux de Dieu, mais Jésus « a été fait pour nous sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption » (v. 30). J’étais nul, mais Dieu a fait de moi un champion en Jésus.

Est-ce que j’avais des raisons de me vanter avant de devenir un chrétien ? Non, pas du tout, parce que je n’avais rien du tout à faire valoir aux yeux de Dieu. Est-ce que je peux me vanter maintenant que je suis devenu un chrétien ? Non, pas du tout, parce que tout ce que j’ai gagné, ça m’a été donné par grâce. Donc si on veut être fier, c’est du Seigneur qu’on doit être fier ; c’est dans le Seigneur qu’on doit se glorifier (v. 31). Ce sont ses actes à lui qu’on doit exalter, son amour, sa grâce, sa sagesse, ses mérites et ses performances, bref, c’est son œuvre qu’on doit magnifier et non pas la nôtre.

Imaginez que je me présente à un examen ou à un concours. Et je n’ai pas du tout révisé. Je découvre les consignes de l’examen, et je n’y comprends rien. Le vide sidéral. Tout mon avenir est en jeu et c’est complètement de ma faute. Je rends une feuille blanche avec mon nom, ma classe et la date en haut à gauche. Une semaine plus tard, je découvre ma note : 20/20 ! Comment est-ce possible ? Eh bien il se trouve que le professeur a eu pitié de moi. Il a récupéré ma copie, et il l’a remplie lui-même. C’est toujours mon nom en haut à gauche, mais ce sont les mérites du professeur qui me sont attribués. Il a été fait pour moi sagesse, et aussi justice, sanctification et rédemption ! J’ai vraiment un 20/20, mais je n’ai aucune raison de m’en vanter. Vous comprenez ? Tout ce que je peux vanter, c’est la grâce du prof.

Maintenant imaginez que ce prof a un cahier des charges un peu particulier. Son but, ce n’est pas de produire des lauréats super intelligents, mais de faire connaître sa grâce merveilleuse. C’est un peu curieux pour un prof, mais c’est comme ça ! Eh bien une fois que vous avez reçu ce 20/20, vous n’allez pas essayer de vous rattraper. « Ah zut, j’ai eu 20/20 par pure grâce. Maintenant il faut que j’essaie de repasser cet examen et de faire mieux par moi-même ». Si vous faisiez ça, ce serait une insulte à la grâce du prof !

Vous voyez ? Ce que nous prenons naturellement pour de l’intelligence, et que nous recherchons naturellement comme étant l’intelligence, peut se transformer en insulte à l’œuvre de Dieu. Parce que ce que nous prenons naturellement pour de l’intelligence sert naturellement à nous élever nous-mêmes.

Et dans l’église de Corinthe, ça créait des problèmes, puisque les gens se prétendaient plus spirituels et plus importants les uns que les autres parce qu’ils se trouvaient plus intelligents et plus éloquents les uns que les autres. Or c’est un comble de se comporter comme ça, quand Dieu lui-même nous a sauvés par un mécanisme inverse et dans un but inverse. Il ne nous a pas du tout sauvés parce qu’on était plus intelligents que les autres ; et il ne nous a pas du tout sauvés pour qu’on se vante après de notre intelligence.

On doit donc encore une fois prendre du recul par rapport à nos capacités intellectuelles, par rapport à notre éducation, à notre culture, à notre éloquence… Ces choses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais bien malgré nous, ces choses peuvent nous amener à penser qu’on est quand même un peu supérieur aux autres dans la foi ; ou bien, parce qu’on ne les a pas, qu’on est quand même un peu inférieur aux autres dans la foi. Or Dieu ne veut pas qu’il y ait la moindre ambigüité concernant sa grâce. Il nous a sauvés dans notre faiblesse extrême et commune à nous tous, afin que nulle chair ne se glorifie devant lui (v. 29).

Christ crucifié : puissance de Dieu (2.1-5)

Troisième et dernier point : ce que nous prenons naturellement pour de l’intelligence, en fait, est en rivalité avec la véritable puissance de Dieu.

Dans la suite et la fin de notre passage, Paul se prend lui-même comme exemple. Il rappelle aux Corinthiens que quand il est allé les voir la première fois pour leur parler de Jésus, il n’a pas fait preuve d’une grande intelligence ou d’une grande éloquence. En fait c’était tout le contraire ! Paul était faible, intimidé et il avait peur. Imaginez quelqu’un à la TV qui ne parlerait pas très fort, et qui tremblerait un peu, et qui serait tout hésitant. C’est justement à Corinthe que Jésus était apparu à Paul dans un songe et lui avait dit : « Sois sans crainte, mais parle et ne te tais pas » (Ac 18.9), comme si Paul était vraiment en proie au doute et qu’il pensait peut-être se taire et s’en aller.

Mais dans cet état de faiblesse, Paul a fait une chose toute simple : il a annoncé Jésus-Christ crucifié. Il a tout simplement parlé de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, sans artifice, sans éloquence, sans philosophie, sans diplômes, sans répartie, sans argumentation implacable, et même sans miracles. Il a discuté avec les gens et il a expliqué du mieux possible la parole de Dieu (voir Ac 18.4-5, 11). « Jésus a été puni pour pas qu’on soit puni ». « On peut être pardonné ». « Jésus est celui qui est venu de la part de Dieu pour nous sauver ».

Et en fait, le récit de ces événements nous apprend que beaucoup de gens se sont convertis à l’écoute de Paul (Ac 18.8-10) ! Et je pense que c’est à cela que Paul fait allusion quand il dit que sa prédication a reposé « sur une démonstration d’Esprit et de puissance » (v. 4). Il ne veut pas dire qu’elle reposait sur des signes et des prodiges (comme des guérisons et des exorcismes spectaculaires), ce qui semblerait contredire ce qu’il a dit plus tôt sur le fait que les Juifs, de par leur sagesse naturelle, « demandent des miracles » (1.22). Dieu ne leur a pas donné ce qu’ils demandaient ; il leur a donné plutôt la folie de la prédication et le scandale de la croix. Et c’est là justement la véritable puissance de Dieu qui doit fonder la foi (v. 5). Dès le début de notre passage, Paul avait dit : « la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieu » (1.18).

Et Paul veut vraiment que la foi des croyants soit fondée là-dessus, sur la « parole de la croix », sur « Jésus-Christ crucifié », et pas sur « la sagesse des hommes », c’est-à-dire sur ce qui plaît à notre intelligence naturelle.

J’en reviens à mon analogie avec l’alimentation. Disons qu’un diététicien vous dit qu’il est impératif de bien manger. Ah. Qu’est-ce que ça veut dire, « bien manger » ? Ça veut dire manger beaucoup ? Ça veut dire manger ce qui me plaît ? Ou bien ça veut dire manger ce qui est bon pour moi ? Si je mange beaucoup, ou si je mange ce qui me plaît, c’est peut-être satisfaisant pendant un temps, mais ça peut me tuer. Manger ce qui est bon pour moi, voilà ce qui me permettra d’être durablement en bonne santé.

Et Paul dit ici qu’il est impératif que notre foi soit « bien fondée ». Ah. « Bien fondée », ça veut dire fondée sur le talent oratoire de mon prédicateur favori ? Sur la complexité de la pensée de tel ou tel théologien ? Sur une démonstration philosophique hautement intellectuelle ? Sur une formation théologique académique ? Sur… les émotions que je ressens quand je vais à un concert de louange ? Sur des guérisons miraculeuses ou des délivrances spectaculaires ? Sur l’efficacité des sacrements ? Sur la collection complète des commentaires bibliques de Jean Calvin ? Toutes ces choses ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais si on fonde notre foi dessus, ça va peut-être nous satisfaire pendant un temps, mais ça peut aussi nous tuer.

Une foi « bien fondée », c’est une foi fondée sur la puissance de Dieu, et cette puissance, c’est la parole de la croix. Voilà ce qui est bon pour moi. La puissance de Dieu, ce n’est pas ce que nous pensons ou recherchons naturellement. La puissance de Dieu, c’est Jésus-Christ crucifié. Notre piété personnelle et notre témoignage public, notre vie familiale et paroissiale, notre liturgie et notre prédication, nos groupes de maison et nos weekends d’église, doivent toujours rester fondés et centrés sur ce kérygme (sur ce message solennel qui est au cœur de l’Évangile) :

« Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. » (1 Co 15.3-4)

Tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour dire que ce n’est pas parce qu’on paraît plus intelligent que les autres… qu’on est vraiment plus intelligent que les autres. Ce passage est une mise en garde contre notre intelligence naturelle, ce leurre (ce piège) qui peut facilement nous faire passer à côté de ce qui est vraiment important. Et qu’est-ce qui est vraiment important ? Jésus-Christ crucifié : sagesse de Dieu, gloire de Dieu, et puissance de Dieu.

« Quelles que soient, et quelque exigües qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires. » C’est un extrait de la fameuse dictée réputée la plus difficile de la langue française, composée par Prosper Mérimée au xixe siècle. C’est très impressionnant, on n’y comprend rien mais ce n’est pas grave. « Jésus a été puni à notre place pour pas qu’on soit puni. » Ça ce n’est pas difficile à comprendre, c’est ahurissant de simplicité, mais il n’y a rien de plus sérieux et de plus important.

Je me souviens avoir été très marqué dans mon adolescence par une personne que j’ai rencontrée un jour ; c’était une personne handicapée mentalement. Un homme de quarante ans avec un âge mental d’un enfant de huit ans. (Imaginez Pascal dans le corps de Jonah) J’ai rencontré cet homme dans une réunion chrétienne. Une étude biblique. Et je peux vous dire que je n’ai jamais rencontré quelqu’un de plus authentiquement chrétien que cet homme-là. Un homme qui rayonnait sans filtre de la joie du salut. Un homme qui tenait fièrement sa grosse Bible sous le bras et qui trouvait drôle de finir à voix haute, par cœur, les citations bibliques qui étaient mentionnées au fil de l’étude par le responsable. Comme un enfant heureux, qui prend plaisir à connaître sa poésie ou ses tables de multiplication. Sauf que l’objet du plaisir et de la joie et de la fierté de cet homme, c’était Jésus-Christ crucifié. Sans artifice. Sans complexité. Sans raffinement. Sans éloquence. Juste la splendeur de la « folie » et de la « faiblesse » de Dieu !

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