Jésus : fable ou fiable ?

Par Jonah Haddadle 17 février 2019

À notre époque qui est celle de l’informatique, où règnent les réseaux sociaux, on nous dit souvent de faire attention aux « fake news » (aux fausses informations). Pour être bien informé il faut consulter des sources différentes et il faut examiner ce qu’on lit et ce qu’on entend avec un esprit critique. Il est sage, face à l’information, de toujours se poser la question suivante : fable ou fiable, faux ou vrai ? Ce que je crois est-il la vérité ?

Et en fait, concernant la foi chrétienne, il y a beaucoup de fake news qui circulent. Parmi ces fake news il y a l’idée que Jésus n’était pas le fils de Dieu, mais plutôt un grand sage ; ou l’idée selon laquelle le Nouveau Testament serait une arnaque religieuse inventée par l’Église bien après l’époque des apôtres ; ou encore que la science moderne n’est pas compatible avec ce à quoi les chrétiens croient, et que les découverts scientifiques réfutent le christianisme. Il y a aussi l’idée que les philosophes des Lumières ont prouvé que la croyance en Dieu était irrationnelle. Ou bien selon d’autres fake news, toutes les religions sont pareilles. On n’a pas besoin d’être chrétien pour avoir la vie éternelle. Ou encore, on peut être chrétien même en adoptant toute la morale pourrie de la société autour de nous. Ou encore, on devrait mettre à jour la Bible pour qu’elle soit compatible avec notre vision post-moderne de la sexualité, du genre, de la famille et de la politique. En fait, les chrétiens sont confrontés tous les jours à des fake news qui concernent leurs croyances.

Et avec toutes ces fake news qui nous entourent, c’est bien de revenir aux questions de base : la résurrection de Jésus est-elle une fable, ou est-elle fiable ? Le témoignage des apôtres, fable ou fiable ? Le salut par la grâce, fable ou fiable ? La Bible et tout ce que les chrétiens croient, fable ou fiable ?

Nous sommes confrontés tous les jours à des fake news. Et de la même manière, l’Église à l’époque de l’apôtre Pierre a été confrontée aussi à des fake news. C’est pourquoi Pierre prend du temps pour rappeler aux chrétiens que la bonne nouvelle concernant Jésus n’est pas une fable mais une vérité transmise fiablement. Pierre est en train d’affirmer ceci : bien que vous croyiez, je veux vous rappeler pourquoi vous croyez, et m’assurer que vous restiez attachés à cette croyance.

Ici, la vérité est attaquée par l’erreur, et Pierre veut repousser l’erreur. Pierre est en pleine vitupération―il nous livre un discours passionné qui défend la vérité de la bonne nouvelle de Jésus contre des faux docteurs qui prêchent un faux évangile. Avant de lancer sa polémique contre les fausses doctrines dans le chapitre 2, il commence par nous rappeler la vérité.

L’évangile est une vérité historique (v. 12-15)

La première chose que Pierre nous rappelle, c’est que l’évangile (ou la bonne nouvelle concernant Jésus) est une vérité historiquement vérifiable et digne d’être reçue et méditée encore et encore. La formulation de son instruction, écrite à l’origine en grec, donne l’impression qu’il veut que ce texte soit lu et relu. Il dit : « Je vais toujours vous rappeler ces choses. » Pierre veut que ses écrits perpétuent sa voix même après qu’il sera mort. Cette lettre est adressée de façon générale à tous les chrétiens, Et donc, Pierre nous invite, nous l’Église, à nous rappeler la foi qui nous permet de connaître Dieu et de marcher dans ses voies. Tout ce qui a été mentionné dans les versets précédents sur l’importance de connaître Dieu par la foi en Jésus, tout ça nous mène à la croissance spirituelle selon Pierre, et il veut nous rappeler ces choses.

Pierre sait que la fin approche et qu’il va être mis à mort à cause de sa foi. C’est pourquoi il dit qu’il va quitter sa tente, qui représente son corps. Il veut dire que sa vie sur terre va bientôt prendre fin, et que son esprit (son âme) partira de son corps pour vivre dans la présence de Dieu. C’est sûr que Pierre se souvient des mots de Jésus que l’on trouve dans Jean chapitre 21, verset 18, où Jésus annonce que Pierre sera crucifié à cause de sa foi.

Pierre sait que la fin approche et il veut attester encore une fois que l’évangile est vrai. Il veut nous raconter l’histoire une fois de plus avant qu’il ne soit trop tard. Même s’il l’a déjà racontée mille fois, il veut le faire encore.

Comme votre grand père qui raconte toujours les mêmes histoires sur sa jeunesse ou qui vous raconte toujours les mêmes blagues, Pierre se répète. Ou peut-être que c’est plutôt comme un bon cadre en entreprise, qui veut bien former son remplaçant avant de prendre sa retraite. Pierre veut s’assurer que nous sommes sur le bon chemin qui mène à la réussite spirituelle. Ou encore, c’est comme un homme qui attend son exécution imminente, et qui écrit ses dernières volontés. Pierre explique la bonne doctrine chrétienne une dernière fois. Il nous met en garde contre les faux docteurs une dernière fois. D’une certaine manière, il nous rappelle une dernière fois que nous devons nous attacher à la parole Dieu afin de mieux connaître le Sauveur qui a donné sa vie à la croix comme rançon pour les élus. Pierre veut que nous nous familiarisions avec la bonne doctrine en nous attachant à la Bible. Il veut que notre Bible deviennent usée, que ses pages commencent à se détacher, que sa couverture s’abîme et que nos notes remplissent ses marges parce que nous la lisons sans cesse.

Ce que Pierre est un train de dire, c’est que l’évangile (la bonne nouvelle d’après laquelle Jésus a donné sa vie pour nous, afin de nous sauver de nos péchés et de la mort), cet évangile est destiné aux chrétiens autant qu’il est destiné aux non-croyants. L’évangile est ce qui nous établit dans la vérité, et c’est ce qui fait en sorte que nous restions établis dans la vérité. Pierre veut dire, dans les versets 12-15 : vous êtes dans la vérité, ne bougez pas de là. Comme une antenne connectée à la télé, si elle est bien réglée pour que la réception fonctionne correctement, il vaut mieux ne pas la toucher. Si l’appareil photo de votre portable est bien focalisé sur votre beau visage, il vaut mieux ne pas bouger jusqu’à ce que la photo soit prise. Si votre enfant vous a fait un dessin, il vaut mieux ne pas essayer de l’améliorer. Si Dieu nous a donné la vérité selon sa sagesse, il vaut mieux de ne pas ajouter notre propre sagesse à ce qu’il a dit. Ce qu’il nous a dit est fiable. Si on est bien placé il vaut mieux ne pas bouger.

L’évangile est attesté par des témoins oculaires (v. 16-18)

Mais ensuite, les versets 16-18 nous disent que les apôtres ont vu la gloire de Jésus de leurs propres yeux. Ces versets nous disent que l’évangile est attesté par des témoins. Et quand Pierre nous dit que l’évangile est attesté par des témoins oculaires, il anticipe notre hésitation naturelle par rapport au fait de croire quelque chose sans avoir de justification (ou de raison) perceptuelle. Ce que je veux dire, c’est qu’il nous est plus facile d’adopter une croyance en quelque chose si on a vu cette chose de nos propres yeux. La connaissance fondée sur des témoignages est perçue comme une connaissance secondaire. Mais Pierre veut nous rassurer ici que ceux qui ont vu Jésus peuvent présenter un témoignage fiable. À travers son discours, Pierre condamne les sophismes des faux enseignants qui nient les témoignages apostoliques et qui nient la résurrection, la glorification et le retour de Jésus.

Pierre a pu voir beaucoup de choses que Jésus a faites. Il a été témoin de nombreux miracles. Il a été témoin de l’enseignement de Jésus. Il était présent quand Jésus est apparu plusieurs fois après sa résurrection. Mais ici, Pierre se concentre sur ce qu’on appelle la transfiguration de Jésus―lorsque Jésus a montré sa gloire divine. C’était là que le ministère de Jésus, qui consistait à être sauveur et sacrifice pour le peuple, a été déclaré par le Père. Marc, chapitre 9, raconte que pendant la transfiguration glorieuse de Jésus, Moïse (le médiateur de la loi) et Elie (la voix prophétique) se sont manifestés à côté de Jésus, ce qui signifie que Jésus a accompli la loi et les prophètes. Pierre a vu la gloire de Jésus-Christ et il était prêt à mourir pour cette conviction.

Et donc, Pierre nous donne ici un témoignage formel et officiel de ce que lui et les apôtres ont vu et entendu. S’il avait été dans un tribunal, Pierre aurait pu prêter serment et jurer que ce qu’il a vu est véridique. Pierre ne ment pas.

Alors, nous sommes tous d’accord qu’il y a des gens qui mentent. Il y en a d’autres qui sont même prêts à mourir pour un mensonge. Mais personne ne meurt pour ce qu’il sait être faux. Autrement dit, les apôtres ont cru de tout leur cœur à la mort et à la résurrection de Jésus. Pierre croyait de tout son cœur qu’il a vu le Christ glorifié. Ils n’avaient rien à gagner aux yeux du monde, mais ils avaient tout à perdre.

Et en fait, d’un point de vue humain, les apôtres ont tout perdu, y compris leur vie. Selon la tradition de l’Église :

Matthieu a été tué par l’épée en Éthiopie ;

Marc est mort après avoir été trainé par des chevaux dans les rues d’Alexandrie en Égypte ;

Luc a été pendu en Grèce ;

Pierre a été crucifié la tête en bas ;

Jacques le frère de Jésus a été battu à mort à Jérusalem ;

Jacques le fils de Zébédée a été décapité par Hérode ;

Barnabas a été lapidé ;

Barthélémy a été battu à mort en Turquie ;

André a été crucifié en Grèce ;

Thomas a été poignardé en Inde ;

Matthias a été lapidé et ensuite décapité ;

Jude a reçu des flèches dans la poitrine ;

Et Paul a été décapité par Néron à Rome.

Seul Jean, le frère de Jacques, est décédé de causes naturelles en exil.

Pour les apôtres, la bonne nouvelle n’était pas du fake news. C’était une réalité plus réelle que toutes les autres. Encore une fois, Pierre veut nous dire : vous croyez, et ça c’est bien, mais rappelez-vous pourquoi vous croyez. Soyez affermis dans la vérité présente.

L’évangile est prophétisé dès le commencement (v. 19-21)

Les prophéties garantissent et valident les paroles des apôtres. C’est ce qu’on voit dans la suite de ce texte. Dans les versets 19-21, la prophétie est comparée à une lumière qui brille dans un lieu obscur. Pierre emprunte cette image à l’Ancien Testament, où dans les Psaumes, nous lisons que la parole de Dieu est une lampe à nos pieds et une lumière sur notre sentier (Psaume 119.105). Cette parole brillante des prophètes a été accomplie en Jésus, la lumière du monde. Et de plus, cette prophétie n’a pas des origines humaines, nous dit Pierre. L’esprit humain n’est pas à l’origine de l’inspiration des prophéties. La créativité humaine n’est pas à l’origine de l’accomplissement des prophéties. Selon Pierre, le travail d’un prophète est de redire ce que Dieu a dit―de transmettre la révélation de Dieu sans rien ajouter et sans rien enlever.

Quand Pierre dit qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être l’objet d’une interprétation particulière, il veut dire tout simplement que l’accomplissement des prophéties est l’œuvre de Dieu. Notre responsabilité, c’est de rester attentif à ce que Dieu veut faire. La parole prophétique concernant Jésus n’est pas une simple prédiction par rapport à ce qui pouvait arriver. Elle n’est pas une simple conjecture ou une approximation par rapport à ce qui pouvait se produire dans un futur possible. Les prophéties sont des promesses. La parole prophétique est une annonce de ce que Dieu a déjà décidé de faire. Et en fait, la différence entre une prophétie et une prédiction est liée à la personne qui parle. Quand Dieu parle, il parle sur la base de sa prescience et sur la base de sa volonté déclarative—ou « décrétive ». Quand l’homme parle, par contre, on parle sur la base d’une sagesse limitée.

Il existe énormément de fausses prédictions. On ne peut même pas cataloguer toutes les prédictions qui ne se sont jamais réalisées. Il y a plein de prédictions faites sur le climat, faites sur la population mondiale, faites sur les guerres, faites sur les résultats des matchs de foot et ainsi de suite. Peut-être que vous vous souvenez de la prédiction que le bug de l’an 2000 ferait crasher les ordinateurs et provoquerait une crise globale économique. Peut-être que vous vous souvenez de la prédiction faite sur le calendrier maya, qui disait que le monde s’achèverait le 21 décembre 2012. On a tous déjà vu des prédictions sur des voitures volantes, des colonies sur la lune, des nounous robots, des voyages dans le temps, des jetpacks, etc. Mais la prophétie biblique, c’est plus qu’une prédiction qui vient de l’imagination de l’homme. Elle est la parole de Dieu.

Pierre veut nous dire que dès le début, la venue du messie (du Sauveur) a été annoncée. Genèse 3.15 dit que la descendance d’Ève écrasera la tête du diable ; c’est une métaphore qui décrit la victoire du messie à la croix. Ésaïe 52 et 53 raconte la souffrance de Jésus le messie. Exode 12 parle de la nécessité d’un sacrifice sans tache ni défaut, ce qui a été accompli par Jésus. Le Psaume 16 nous parle de la résurrection du messie. Et je n’ai même pas parlé des prophéties qui se trouvent dans Ésaïe 7, Jérémie 31, Daniel 9, Osée 11, Nombre 25, Michée 5, Psaume 22, 2 Samuel 7 et ainsi de suite.

Quand Dieu parle, il faut que nous écoutions. Quand Dieu agit, il faut que nous prêtions attention. Et quand nous sommes confrontés à des mensonges et à des fausses doctrines, il faut que nous ayons le discernement de reconnaître ce qui est fable et ce qui est fiable.

Mieux on connaît la vérité, mieux on peut identifier les fake news concernant Jésus, et mieux on peut leur résister. Regardez comment Pierre développe sa vitupération―son discours passionné. Sa défense de la foi chrétienne ne commence pas par la polémique contre les faux docteurs, mais par une annonce des fondements de la foi chrétienne. La connaissance de la parole de Dieu est notre arme offensive contre les mensonges du monde.

Prenons donc connaissance de la parole de Dieu et faisons connaître à notre tour la parole de Dieu, aussi longtemps que nous serons dans cette tente.

Grandissons aussi dans la connaissance du peuple de Dieu. Les pasteurs et les anciens de l’église sont prêts à répondre à vos questions spirituelles et à écouter vos soucis. Vos frères et sœurs de l’église sont prêts à vous encourager dans la foi et à rendre témoignage de ce que Dieu a fait dans leur vie.

La mort et la résurrection Jésus, son sacrifice à la croix qui a payé la dette de notre péché contre Dieu, et la justice que Jésus nous transmet par la grâce de Dieu, ce n’est pas une fable habilement conçue. C’est une vérité historique, où Dieu, dans son grand amour, est entré dans le temps et dans l’espace pour nous délivrer de notre condition funeste. Ça, ce n’est pas une fausse nouvelle mais une vraie, bonne nouvelle.

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