Un message surnaturel

Par Alexandre Sarranle 10 mars 2019

Comment se fait-il qu’on a un rapport à la Bible qui peut être très, très différent en fonction des gens ?

Il y a des gens pour qui la Bible est un recueil de légendes complètement dépassé et inintéressant ; ils n’en ont strictement rien à faire et n’ont même pas envie de l’ouvrir. Il y a des gens qui ont déjà lu quelques extraits de la Bible, et qui ont détesté ce qu’ils ont lu ; ils ont trouvé ça obscurantiste, violent, misogyne, dangereux même. Et puis il y a des gens qui ont lu peut-être d’autres extraits de la Bible, et qui ont trouvé ça mignon, poétique, philosophique ; mais ça n’a pas non plus changé leur vie. Il y a aussi des gens qui ont lu toute la Bible, qui la connaissent assez bien, et qui en ont fait un objet d’étude ou d’enseignement intéressant—voire passionnant, mais sans pour autant souscrire à son message.

Il y a aussi des gens qui ont ouvert la Bible, et quand ils ont découvert son contenu, ils ont été bouleversés et ils l’ont dévorée comme s’ils avaient découvert l’élixir de jouvence ! Il y a des gens qui connaissent assez bien la Bible et qui croient sincèrement que c’est un livre complètement unique et utile pour apprendre à connaître Dieu, mais qui se sont un peu lassés de la lire, et qui l’étudient maintenant de manière sporadique, et peut-être même à contrecœur. Et puis il y a des gens qui ont feuilleté un peu la Bible, ils ont pas mal entendu parler de la foi chrétienne, peut-être qu’ils ont grandi en allant à l’église, et ils ont l’impression de déjà tout savoir, et donc ils ne voient pas trop l’utilité de lire la Bible encore aujourd’hui.

Vous voyez ? Un rapport à la Bible très différent en fonction des gens ! Et quel est votre rapport à la Bible ? Quel est votre rapport à son message, à son contenu ? Quel est votre rapport à ce que les auteurs de la Bible veulent vous transmettre ? Indifférence, lassitude, mépris, dégoût, ou peut-être condescendance, témérité, ennui ?

Dans un instant on va lire un passage de la Bible où l’apôtre Paul s’adresse à des chrétiens de son époque pour susciter chez eux la bonne attitude face aux enseignements de la Bible. En fait, les chrétiens auxquels Paul s’adresse ont un problème d’arrogance intellectuelle qui fait qu’ils s’élèvent les uns au-dessus des autres (ce qui crée des problèmes dans l’église), et même au-dessus de l’apôtre Paul qui a été chargé par le Seigneur Jésus de leur transmettre, justement, ses enseignements. Et Paul veut leur redonner un peu d’humilité intellectuelle.

Il veut les rendre plus attentifs et plus respectueux par rapport à son message. Il veut leur rappeler les limites de l’intelligence humaine et la supériorité absolue du message biblique, qui est centré sur la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Le but, c’est de les rendre enseignables. Et comment va-t-il faire ? Il va leur communiquer une idée toute simple, mais lourde de conséquences : c’est que le message de la Bible est un message surnaturel qui se reçoit surnaturellement.

Un truc incroyable (v. 6-9)

Si on prend les choses dans l’ordre, la première chose que ce texte veut nous faire comprendre, c’est que le message chrétien est un truc littéralement incroyable.

La dernière fois, on avait vu que Paul avait mis en opposition la sagesse de Dieu et la sagesse des hommes, et il avait dit que le message chrétien, qui correspondait à la sagesse de Dieu, eh bien aux yeux des hommes, ça ressemblait plutôt à une « folie ». Et Paul avait dit que ça ne l’avait pas dérangé de paraître « faible » et « fou » en annonçant ce message aux gens, parce qu’il voulait que les gens entendent ce message dans sa simplicité et son authenticité, sans artifices, sans édulcorants, sans glaçage qui le rendrait plus attrayant selon la sagesse naturelle des hommes. Il a donc prêché Jésus-Christ crucifié, « folie » et « scandale » pour les gens (1 Co 1.23).

Mais maintenant (v. 6-9), il ajoute que cet évangile, ce message chrétien, qui semble être une folie et un scandale pour les gens, est en fait véritable « sagesse », et même « la sagesse de Dieu ». Sauf que cette sagesse « n’est pas de ce siècle » (v. 6), elle est « mystérieuse et cachée » (v. 7), elle n’a « pas été connue » (v. 8), et elle était même impensable naturellement pour les hommes (v. 9).

Paul est en train de dire à son auditoire : « Arrêtez de vous croire intelligents. Vous êtes en train de mesurer votre intelligence selon les critères de votre nature et du monde qui vous entoure ; mais cette intelligence-là n’a pas été capable de reconnaître le Christ quand il est venu ! Même les plus grands de ce monde n’ont pas capté la sagesse de Dieu. Ils ont même crucifié le Seigneur ! Reconnaissez donc que le message chrétien, ce n’est pas un truc que vous avez réussi à découvrir par votre propre intelligence. C’est un truc qui ne monte pas naturellement au cœur de l’homme (v. 9). Vous verrez, au XXIe siècle, ils auront une expression, ils diront que c’est un truc de fou. C’est un truc littéralement incroyable ! »

Ce que Paul veut dire, c’est que dans le plan de Dieu, la venue de Jésus, et son œuvre, étaient annoncées d’avance, mais pas de manière explicite et complète. C’était annoncé de manière suffisante pour que les gens qui avaient foi en Dieu sachent que Dieu allait faire quelque chose pour délivrer les croyants du mal et les réconcilier avec lui-même pour l’éternité. Ils pouvaient donc placer leur confiance en Dieu et être sauvés.  Mais en même temps, le Nouveau Testament nous dit que cette bonne nouvelle était expliquée sous la forme d’images et d’ombres « des réalités célestes » (Hé 8.5), ou « des choses à venir » (Col 2.17).

Imaginez que vous alliez assister à un ballet, comme Le Lac des Cygnes, sur une musique de Tchaïkovski, mais le problème c’est que le rideau reste fermé, et que vous ne pouvez voir que les ombres des danseurs. Ce serait peut-être assez esthétique, la musique serait quand même jolie et il y aurait de jolis mouvements d’ombres sur le rideau. Mais il vous serait difficile de vraiment savoir ce qui se passe, d’identifier les différents personnages (la princesse Odette, le sorcier Rothbart, le prince Siegfried…), et d’apprécier toute la finesse des chorégraphies (et la substance et la réalité de la pièce). Imaginez maintenant votre surprise et votre émerveillement si le rideau se lève enfin au milieu du spectacle !

De la même façon, la personne et l’œuvre de Jésus-Christ sont annoncées comme à travers un rideau dans l’Ancien Testament, mais de manière suffisante pour en apprécier le sens et la valeur. « On peut faire confiance à Dieu parce qu’il va envoyer quelqu’un pour nous sauver. »

Mais dans le Nouveau Testament, le rideau se lève, Jésus est né d’une vierge, il grandit, il enseigne, il vit dans l’obéissance parfaite à Dieu, et il s’offre en sacrifice pour payer la rançon de notre délivrance du mal et de la mort. Il ressuscite le troisième jour. Non seulement ça, mais il est Dieu lui-même incarné (c’est-à-dire qui a pris la nature humaine). Non seulement ça, mais il déverse sur les croyants, et dans les croyants, son Esprit, qui est l’Esprit de Dieu. Tous ceux qui lui font confiance sont pardonnés de leurs péchés (et c’est déjà bien !), mais en plus, ils entrent en communion spirituelle avec Dieu (1 Jn 1.3), ils sont faits participants de la nature divine (2 Pi 1.4), ils sont adoptés comme enfants de Dieu (Rm 8.16), ils sont nés de nouveau spirituellement (2 Co 5.17), ils vont ressusciter au dernier jour et vivre pour toujours avec Dieu dans une nouvelle création purgée de tout mal et de toute souffrance.

Un truc de fou, je vous dis ! Personne ne pouvait deviner tout ce qu’il y avait derrière le rideau. Et c’est la raison pour laquelle on a le Nouveau Testament pour nous expliquer tout ça. Dans un autre passage, Paul dit :

« J’ai été chargé par Dieu de vous annoncer pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et à toutes les générations, mais dévoilé maintenant à ses saints, […] c’est-à-dire : Christ en vous, l’espérance de la gloire. » (Col 1.25-27)

Et donc ce message chrétien est un truc littéralement incroyable, parce que même les plus grands spécialistes de la religion à l’époque de Jésus, et les disciples-même de Jésus (qui à l’inverse étaient plutôt en bas de l’échelle socio-religieuse), personne n’a vraiment capté ce qui se passait quand Jésus est venu. À l’apogée de son agonie sur la croix, au moment où le sort de l’univers se jouait, il n’y avait pas un être humain (à part Jésus) pour comprendre et « apprécier » ce qui se passait. Et on ne ferait mieux pas de croire que si on avait été là, nous au moins on aurait compris.

Et c’est ça que Paul veut nous dire dans un premier temps : cette sagesse de Dieu, elle nous est complètement étrangère et incompréhensible selon notre intelligence naturelle. Un peu d’humilité, donc, devant la Bible !

Un miracle nécessaire (v. 10-13)

Le deuxième point découle du premier : pour comprendre et recevoir le message chrétien, il faut un miracle.

Dans le texte, Paul a fait allusion à des gens pour qui la sagesse de Dieu est bel et bien reconnue comme sagesse. Il les a appelés « les parfaits » (v. 6). Et il revient là-dessus à partir du v. 10. Il dit que si des gens reconnaissent le Christ et croient à l’évangile (à la bonne nouvelle de qui est Jésus et de tout ce qu’il est venu faire pour les croyants), c’est seulement parce que Dieu lui-même est intervenu, par une œuvre spéciale de son Esprit, pour éclairer l’intelligence de ces gens pour les rendre capables de comprendre et de croire.

Et Paul dit que c’est logique, parce que c’est impossible pour des humains de « connaître ce qui concerne Dieu » (v. 11). En revanche, ce n’est pas impossible pour Dieu de se faire connaître aux hommes d’une manière compréhensible. Puisqu’il est Dieu, lui est capable de s’accommoder des faiblesses et des limites des hommes (s’adapter), mais l’inverse est impossible. Et donc l’Esprit de Dieu, qui est omniscient et omnipotent, intervient pour changer le cœur d’une personne et renouveler son intelligence, pour lui faire connaître « ce que Dieu lui a donné par grâce » (v. 12). Cette œuvre spéciale du Saint-Esprit, c’est le miracle dont on a besoin pour comprendre et recevoir le message chrétien.

C’est comme si vous receviez par la poste une lettre qui vous est adressée, mais qui est écrite en coréen. La lettre a l’air passionnante, il y a des petits cœurs dessinés dans la marge, et la personne qui l’a écrite a manifestement mis un peu de son parfum sur le papier. Alors vous êtes vivement intéressé, mais vous n’y comprenez rien. Heureusement que Google fait des miracles aujourd’hui ! Vous scannez votre lettre, vous la rentrez dans l’application de traduction, et—miracle !—vous pouvez enfin comprendre le contenu, et vous n’êtes pas déçu.

Ou bien imaginez un autre miracle. Il y a des ondes invisibles dans l’air qui transportent de l’information. Vous le savez, mais vous êtes incapables par vous-mêmes de capter cette information. Mais il y a des fabricants de miracles dans notre monde aujourd’hui, qui s’appellent Samsung, Apple, Panasonic, Orange, Sony, et plein d’autres, qui peuvent vous équiper en écrans et en antennes et en décodeurs, pour que vous puissiez recevoir et comprendre toute cette information imperceptible !

De la même façon, si j’ose dire, le message chrétien est imperceptible à notre intelligence humaine naturelle. Pour être plus précis, il est imperceptible à notre cœur, qui est notre for intérieur, notre être profond. On peut comprendre, peut-être, le langage de la Bible. On peut comprendre les mots qui sont écrits sur la page. On peut comprendre intellectuellement certains concepts. On peut saisir certaines informations. Mais pour notre cœur, c’est du coréen (du russe, du chinois, de l’arabe, du breton) !

Et il nous faut un miracle pour que ce cœur de pierre que nous avons par nature se change en cœur de chair qui soit sensible à la voix de Dieu. Pour que cette terre desséchée, toute dure et craquelée sur laquelle tombe la semence de la parole de Dieu, soit changée en terreau humide et fertile. Parce que cette transformation, on ne peut pas la réaliser par nous-mêmes, en exerçant nos forces et notre intelligence. Impossible.

Le Petit Catéchisme de Westminster dit :

« L’Esprit de Dieu […] nous convainc de notre péché et de notre misère, illumine notre esprit par la connaissance du Christ, et renouvelle notre volonté ; il nous persuade et nous rend capables d’accepter Jésus-Christ, qui nous est librement offert dans l’Évangile. » (Q31)

C’est pourquoi l’apôtre Paul dit que les réalités spirituelles qui concernent Dieu ne sont perceptibles qu’aux « hommes spirituels » (v. 13), c’est-à-dire à ceux qui ont été touchés et transformés par le Saint-Esprit (ce qu’on appelle en théologie la régénération, ou la nouvelle naissance). Et ce sont ces gens-là que Paul appelle les « parfaits » (v. 6), dans le sens de gens qui sont « complets », c’est-à-dire qu’ils ont été rachetés par Dieu, ils sont nés de nouveau spirituellement, et ils ont l’Esprit de Dieu en eux. Tout simplement, ça désigne les croyants authentiques, ceux qui ont placé toute leur confiance en Dieu, qui aiment Dieu et qui désirent le connaître plus que tout autre chose.

Et donc, puisqu’il faut un miracle pour qu’un être humain puisse comprendre et recevoir le message chrétien, ça devrait, d’une part, nous rappeler à cette humilité intellectuelle qui faisait défaut aux chrétiens de Corinthe. On devrait être humble devant la Bible, parce que si notre cœur peut la comprendre, c’est seulement en vertu de l’œuvre du Saint-Esprit en nous. Et donc à chaque fois qu’on veut lire ou étudier la Bible, on devrait prier pour que Dieu nous vienne en aide, et que son Saint-Esprit éclaire notre intelligence et guide nos réflexions pour qu’on puisse saisir ce qui nous est imperceptible selon notre nature humaine.

Mais d’autre part, ça devrait nous inciter à prier pour les autres, notamment pour nos amis non-chrétiens. Parce qu’on aurait beau maîtriser tous les arguments imaginables pour défendre la foi chrétienne et pour établir sans conteste la crédibilité du message de l’évangile, ça ne servirait à rien si Dieu n’intervient pas, par son Esprit, dans le cœur de nos interlocuteurs. Un peu d’humilité, donc, devant la Bible ! Surtout qu’il y a un troisième point.

Une norme suprême (v. 14-16)

Et ce troisième point c’est le suivant : le message chrétien est à considérer avec crainte et tremblement.

Dans la conclusion de ce passage, l’apôtre Paul dit un truc un peu curieux, qu’on pourrait comprendre de travers. Il dit que l’homme naturel (en grec, l’homme « psychique ») ne peut pas recevoir la parole de Dieu (c’est ce qu’on a déjà dit : si le Saint-Esprit n’intervient pas, on ne peut pas comprendre et recevoir le message chrétien), mais il ajoute ensuite que l’homme spirituel (en grec, l’homme « pneumatique », le vrai croyant, donc) « juge de tout et n’est jugé par personne » (v. 15). Ça peut sembler un peu contradictoire avec l’humilité que Paul veut susciter chez son auditoire !

Mais en fait, Paul est en train de dire que le vrai croyant, qui reçoit les choses de Dieu en vertu de l’action du Saint-Esprit, est formidablement équipé pour examiner et comprendre tout le reste. Le terme « juger », ici, veut dire « exercer le discernement ». Ce que dit Paul, c’est que tout est soumis au discernement des vrais croyants par le moyen de la parole de Dieu qui leur a été rendue compréhensible. Ce n’est pas que les croyants sont supérieurs aux autres gens ; c’est la parole de Dieu qui est supérieure au reste du monde.

C’est simple. Imaginez que vous jouiez à un jeu de société. Et autour de la table, vous n’êtes pas tous d’accord sur les règles. Il s’ensuit une dispute. Mais il y a un joueur qui a entre les mains les règles du jeu, et lui, on peut dire qu’il « juge de tout, et qu’il n’est lui-même jugé par personne ». Ce n’est pas qu’il est plus intelligent que les autres ; c’est juste qu’il a le privilège d’avoir les règles du jeu entre les mains. Et personne ne va contester ou corriger ces règles. Elles se reçoivent et elles s’acceptent, point final. Ce sont ces règles qui corrigent les erreurs des gens, et non l’inverse.

Imaginez encore qu’avec une équipe de collègues vous essayiez de faire fonctionner une machine complexe que votre entreprise vient d’acheter. Personne n’arrive à comprendre les instructions en japonais. Mais heureusement il y a un collègue qui parle couramment le japonais, et il vous interprète le manuel. C’est lui, du coup, qui « juge de tout et qui n’est lui-même jugé par personne ». Et ce n’est pas parce qu’il a en lui-même une meilleure compréhension de la machine que les autres ; simplement il est capable de vous transmettre la parole du fabricant. Et encore une fois, personne ne va contester ou corriger la parole du fabricant. C’est cette parole qui instruit, qui explique, qui guide les actions des utilisateurs de la machine, et non l’inverse.

Et de même, si la prédication de l’apôtre Paul vient vraiment de Dieu, et si toute la Bible est vraiment inspirée de Dieu (« soufflée » de Dieu, 2 Tm 3.16), eh bien ce message a vocation d’être reçu et accepté sans réserve, parce que personne ici-bas ne peut logiquement corriger, critiquer, contester, améliorer, nuancer, adapter, ou tout simplement contredire « la pensée du Seigneur » (v. 16). Le message chrétien est une folie pour ceux qui n’ont pas le Saint-Esprit, mais si on est croyant, ce message se reçoit humblement, et ensuite, ce message devient la norme suprême qui nous permet d’examiner et de comprendre tout le reste.

Pour le dire simplement : « nous avons la pensée de Christ » (v. 16), et c’est la Bible, et il n’y a rien de supérieur à ça pour interpréter notre propre vie et le monde entier qui nous entoure.

Et Paul dit ça aux chrétiens de Corinthe, non pas pour les flatter ou pour souligner leur supériorité, mais au contraire pour leur ramener les pieds sur terre et les inciter à être humbles et respectueux, notamment par rapport à son propre enseignement en tant qu’apôtre. Ils devraient arrêter de faire les fanfarons et juste reconnaître qu’on devrait tout simplement s’incliner devant la pensée du Seigneur. D’ailleurs juste après, Paul va leur faire remarquer qu’ils devraient moins faire les intéressants, parce que justement, ils n’ont pas vraiment la marque de gens spirituels, puisqu’ils sont plein de rivalités et de divisions (1 Co 3.1-3).

Pour conclure. Je posais la question, au début, de notre rapport à la Bible. De notre rapport à son message et à son contenu. Et c’est vrai que nous, comme les chrétiens de Corinthe, on a peut-être tendance à avoir une forme d’arrogance intellectuelle qui nous fait snober la Bible, snober la prédication, snober l’instruction qu’on peut recevoir par notre étude personnelle de la Bible et par les activités de l’église. Ça nous fait même snober les autres gens qui, à notre avis, n’ont pas une aussi bonne connaissance des choses de Dieu que nous.

Mais ce texte a voulu nous remettre un peu à notre place, et nous rappeler combien nous sommes dépendants de l’œuvre de Dieu pour vraiment comprendre « les réalités spirituelles » (v. 13), « les choses de l’Esprit de Dieu » (v. 14), « ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (v. 9), « ce que Dieu nous a donné par grâce » (v. 12), bref, « la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu avait prédestinée avant les siècles, pour notre gloire » (v. 7) !

Le message chrétien est un truc littéralement incroyable ; pour comprendre et recevoir ce message, il faut l’intervention miraculeuse du Saint-Esprit ; et si on l’a reçu, ce message, maintenant on doit le considérer avec crainte et tremblement. En résumé : le message de la Bible est un message surnaturel qui se reçoit surnaturellement.

La semaine dernière, à l’occasion d’une excellente prédication sur l’histoire de Marthe et Marie qui reçoivent le Seigneur dans leur maison, Denis nous a vivement encouragés à consacrer du temps à la lecture et à l’étude personnelle de la Bible. Aujourd’hui, cette prédication nous rappelle de venir à la Bible avec humilité—comme Marie qui s’est assise aux pieds de Jésus pour recevoir sa parole, la parole de la vie éternelle, le véritable élixir de jouvence, si j’ose dire ! La parole de Dieu, c’est « l’épée de l’Esprit » (Ép 6.17), c’est-à-dire l’outil par excellence, le moyen efficace par lequel le Saint-Esprit nous régénère, nous change et nous équipe pour la vie.

On doit donc être attentifs au message de la Bible, qui est centré sur la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. On doit s’y intéresser ardemment, à ce message et à tout ce que Dieu veut nous communiquer. On doit prier pour comprendre les enseignements de la Bible avec l’aide du Saint-Esprit. On doit croire ce qu’on découvre et le recevoir avec foi et reconnaissance. On doit tenir en haute estime ce livre précieux qui nous fait connaître les choses de Dieu.

À votre tour, est-ce que vous vous trouvez enseignable en face du message de la Bible ? Est-ce que vous vous inclinez devant la puissance du Saint-Esprit qui peut et veut vous communiquer la pensée du Seigneur ? Est-ce que vous désirez non pas grandir dans votre intelligence propre et naturelle, mais grandir en foi, au niveau de votre cœur, dans votre relation personnelle avec notre grand Dieu ?

Eh bien nous pouvons nous tourner vers lui dans la prière, et lui confesser librement notre arrogance intellectuelle et spirituelle, et lui demander d’agir puissamment en nous par son Saint-Esprit.

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