L'église prétentieuse réformée évangélique

Par Alexandre Sarranle 12 mai 2019

Imaginez notre église dans cinq ans. On est 350 au culte chaque dimanche. On a acheté des locaux super bien situés, qu’on a réaménagés et qu’on a rendus super confortables. Notre groupe de louange fonctionne super bien. Il y a plein d’activités pour les enfants. On a une super réputation dans le quartier. Même Madame Picot, le maire du 7ème arrondissement (qui a été réélue), vient au culte de temps à autre.

Votre pasteur est devenu très connu. Il a composé des dizaines de cantiques, il a écrit plusieurs livres, il participe à des conférences internationales et il est même parfois invité sur les plateaux de télévision. Ses livres sur le baptême, en particulier, rencontrent un vif succès.

Notre église est en train de rayonner ! On est sur le point de lancer trois églises-filles dans d’autres quartiers du Grand Lyon, on en est à cinq personnes employées à temps plein, et on est en train de mettre en place toute une panoplie de services rendus à la population : aide aux devoirs, cours d’anglais, soutien aux réfugiés, nurserie, chorale, expos, conférences, etc. ! Ça vous dit ? Si je vous propose de faire tout ça d’ici cinq ans, vous signez ?

Mais voici surtout la question que je veux vous poser : si tout ça se réalise, est-ce que vous diriez qu’on a réussi ? Est-ce que vous vous diriez : « Clairement, on est sur le bon chemin ; clairement, Dieu est avec nous ; clairement, on doit être une bonne église et de bons chrétiens pour en être arrivés là ! » ? Eh bien c’est toute la question qui est soulevée dans le texte qu’on va lire dans un instant. À quoi devrait-on mesurer la réussite de notre marche avec Dieu ? Que ce soit individuellement ou collectivement.

Le truc, c’est qu’on est tenté de se fier naturellement à certaines choses qui ne sont pas les critères de Dieu ; et ces choses peuvent nourrir notre assurance et notre confiance, et on peut commencer à s’auto-féliciter et à se sentir un peu trop sûr de soi (« Ah oui, qu’est-ce qu’on est bon, qu’est-ce qu’on est fort pour Dieu ! »), tout en se détournant de plus en plus de la véritable vocation chrétienne, et en devenant de plus en plus aveugles à des choses qui, en fait, ne vont pas du tout chez nous ! On peut être les meilleurs chrétiens de Lyon, et en fait être les pires chrétiens de Lyon.

Et c’était un problème notamment dans l’église de Corinthe au premier siècle. Les chrétiens de cette église fondaient leur assurance sur les mauvaises choses, ils étaient devenus très fiers, et du coup, par fierté, ils ne voyaient pas (ou refusaient de voir) les problèmes graves qu’il y avait chez eux.

Dans le passage qu’on va lire, l’apôtre Paul continue donc d’essayer de leur montrer ce qui ne va pas. Et toute la leçon qu’il veut leur dire maintenant, c’est : attention à comment vous allez mesurer votre réussite spirituelle ! Assure-toi, église de Corinthe, et assure-toi aussi, Église Lyon Gerland, assure-toi de mesurer ta réussite spirituelle aux critères de Dieu et pas à autre chose. Et on va voir dans un instant vers quels « critères de Dieu » l’apôtre Paul veut attirer notre attention.

La bonne norme (v. 6-7)

Premièrement, ça peut paraître un peu basique, mais justement, c’est basique : si tu veux mesurer ta réussite spirituelle aux critères de Dieu et pas à autre chose, demande-toi pour commencer si la norme de ta vie c’est la Bible et rien que la Bible.

Regardez ce que dit Paul aux versets 6-7. Il rappelle ce qu’il a dit concernant Apollos et lui : c’est-à-dire qu’ils sont tous les deux des ouvriers au service de Dieu, chargés d’annoncer sa parole. L’un a planté, l’autre a arrosé, mais c’est Dieu qui fait croître (1 Co 3.6-9). Ils ont bâti tous les deux sur le même fondement (1 Co 3.10-17). Ils sont des serviteurs et non des maîtres, des administrateurs et non des propriétaires (1 Co 4.1-2).

Le but de toutes ces images était de montrer que ce ne sont pas ceux qui enseignent qui sont importants, mais c’est l’objet de leur enseignement qui est important. Et l’objet de leur enseignement, ce sont les Écritures saintes. Voilà ce qui doit rester au centre. Voilà le dénominateur commun. Voilà à quoi les croyants doivent s’attacher par-dessus tout autre chose : ce qui est écrit, et rien que ce qui est écrit.

Et le problème que Paul pointe chez les Corinthiens, c’est qu’ils sont allés « au-delà de ce qui est écrit » (v. 6). Ils se sont dit : « Les Écritures, c’est bien beau, mais nous on veut plus. On veut un leader charismatique. On veut des prédicateurs éloquents. On veut des signes et des prodiges. On veut une connaissance mystique. » Et ils obtenu certaines de ces choses, et ils en sont devenus très fiers. Et puis ça a aussi entraîné des divisions, puisque tout le monde n’avait pas tout-à-fait les mêmes préférences ou les mêmes priorités.

Mais Paul leur dit : « Stop ! Vous êtes en train de vous égarer ! Ce qui devrait être le plus important pour vous, ce sont les Écritures et rien d’autre. Tout le reste, ce n’est pas forcément mauvais en soi : peut-être que vous allez avoir un pasteur éloquent, ou peut-être que certains d’entre vous allez accomplir des miracles. Mais c’est du bonus, ce sont des dons de la grâce ou de la providence de Dieu. Que ces choses ne deviennent pas votre claim to fame, c’est-à-dire votre titre de noblesse, votre sujet de gloire, ou votre marque de fabrique ! Non, ce qui doit vous caractériser en tant que chrétiens, c’est votre attachement aux Écritures, ces Écritures qui sont centrées sur la personne de Jésus-Christ et sur son œuvre (cf. 1 Co 2.2) ! »

Vous voyez ? Paul ne veut pas que les Corinthiens prennent des choses secondaires (et même parfois facultatives) et en fassent des choses premières, au détriment des choses qui devraient, en fait, être premières. Et la chose première, c’est « ce qui est écrit ». Rien d’autre que la Bible ne devrait être la norme de ta vie.

Imaginez une entreprise qui existe à l’origine pour fournir un service précis. Un fast-food. Sa marque de fabrique ? Le meilleur hamburger du monde. Mais face à la concurrence, il faut se diversifier. Alors on aménage des aires de jeux pour les enfants. On commence à proposer des cafés gourmets. On commence à servir directement aux tables. Mais dans tout ce processus, il y en a qui ne sont pas d’accord avec les priorités. Ils pensent que ce serait plus stratégique d’organiser des jeux concours. De rénover les restaurants. D’augmenter la carte des desserts. Et d’autres ont encore d’autres priorités. Et du coup, la chaîne de fast-food se divise. Les managers partent et lancent de nouvelles enseignes, avec des spécificités différentes : ici, on a une carte de fidélité ! Ici, on sert du vin ! Ici, on propose des massages aux clients ! Mais le problème, c’est qu’au bout du compte, et c’est un comble : plus personne ne sait comment faire un bon hamburger, parce que dans cette course au succès, on a négligé ce qui était à l’origine la marque de fabrique de l’entreprise.

Et l’apôtre Paul met en garde les chrétiens contre le même danger. Le danger de s’identifier en tant que chrétiens à des choses secondaires ou facultatives, et ensuite de s’enorgueillir de ces spécificités au détriment de l’essentiel.

Par exemple : « Qu’est-ce qu’elle est bien notre liturgie à l’Église Lyon Gerland—clairement les autres églises devraient en prendre de la graine. » Ou bien : « Moi, je vais à l’église de [insérez le nom de votre prédicateur préféré]—tu devrais venir aussi, tu vas voir, c’est un super prédicateur. » Ou bien : « Maintenant qu’on fait le culte dans la salle de conférences de ce grand hôtel confortable, qu’est-ce qu’on est bien ! J’aime trop aller à l’église, maintenant. » Ou bien : « Dans mon église, on a une super louange ; dans mon église, on cite beaucoup Jean Calvin ; dans mon église, on pratique la génuflexion ; dans mon église, on promeut l’école à la maison ; dans mon église, on a des séances de délivrance ; dans mon église, on vote à droite, ou à gauche, ou au milieu, etc., et c’est pour ça que je vais dans cette église. »

Est-ce que ces choses sont forcément mauvaises en soi ? Non, pas du tout. Mais est-ce que ces choses devraient être la marque de fabrique des chrétiens ? Non plus. Paul nous dit ici de veiller à ce que notre marche avec Dieu soit centrée sur, et conditionnée par, les saintes Écritures, et pas plus.

C’est souvent quand des gens sont allés « au-delà de ce qui est écrit » que des sectes sont nées. C’est quand on commence à se regrouper autour de traditions humaines et non autour de « ce qui est écrit » que la concurrence commence à exister dans l’église, que des divisions se produisent, et que des chrétiens commencent à se taper dessus.

Première question, donc : est-ce que la norme de ta vie c’est la Bible, et rien que la Bible ?

La bonne priorité (v. 8-13)

Mais deuxième question maintenant, si tu veux mesurer ta réussite spirituelle aux critères de Dieu et pas à autre chose : est-ce que tu recherches la fidélité plus que la satisfaction personnelle ?

Regardez ce qui se passe dans le texte à partir du verset 8. L’apôtre Paul se met à ironiser de manière très cinglante sur les prétentions des Corinthiens. Apparemment, les chrétiens de cette église pensent qu’ils sont en train de connaître le succès dans leur marche avec Dieu, parce qu’ils connaissent une certaine prospérité. Ils sont sûrement nombreux, ils ne sont pas particulièrement inquiétés par les autorités, ils sont plutôt riches matériellement, ils ont des prédicateurs capables de déployer une grande sagesse et une grande éloquence. Et puisque c’est comme ça, ça veut sûrement dire qu’ils sont plus avancés que les autres dans leur marche avec Dieu ! Clairement, le règne de Dieu se manifeste plus chez eux que chez les autres !

Mais Paul veut détruire cette pensée, et il le fait en leur disant : « Ah bon ! Alors si c’est comme ça qu’on mesure notre progression dans la foi, ça veut dire que nous, les apôtres, on est complètement à côté de la plaque ! Parce que nous, notre quotidien, c’est plutôt la persécution, l’opprobre, la faiblesse, le dénuement, les souffrances et la mort ! Vraiment, je vous félicite les Corinthiens ! Heureusement que vous êtes là parce que nous les apôtres du Seigneur, clairement on a des leçons à recevoir de votre part ! » Vous voyez l’ironie ?

Il y a pas très longtemps j’ai pu regarder un film qui racontait l’histoire d’un grand champion d’escalade qui a ouvert la voie la plus difficile du monde, la seule voie à ce jour cotée 9c. Le but, c’était de partir du sol et d’arriver à un point qui était 45 mètres plus haut. Et moi j’entends ça, et je me dis : quoi de plus facile ? Je me loue un petit camion avec une nacelle, et hop ! Le tour est joué ! Et le champion d’escalade me dirait peut-être : « Mais suis-je bête ! Pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ? Je me serais économisé toutes ces années de préparation et de souffrance, et tout cet entraînement douloureux, et tous ces échecs. Tout ce temps à me fatiguer, alors que je pouvais juste monter avec une nacelle. Heureusement que tu es là Alex, moi le champion du monde d’escalade, qu’est-ce que je ferais sans toi ? »

Vous comprenez l’ironie ? L’apôtre Paul a la même attitude, dans le texte. Paul est en train de démontrer aux Corinthiens qu’ils sont en train de rechercher des choses qui ne sont pas du tout des critères de réussite spirituelle. Il ne suffit pas d’arriver en haut. Ce n’est pas le but en soi. Le but c’est de surmonter les difficultés en respectant les règles. Dieu appelle les croyants à la fidélité ; et non simplement à arriver à une destination particulière quitte à tricher pour y arriver.

C’est sûr que c’est agréable quand on se trouve en haut de la voie. C’est agréable en tant que chrétiens d’être nombreux, d’être riches, d’être en sécurité, de se faire du bien chaque dimanche avec un beau spectacle et un bon repas—mais ce n’est pas du tout à ça que Dieu nous appelle ! Malheureusement, on est tenté de rechercher la satisfaction personnelle, et de se justifier quand on l’obtient, plutôt que de mettre ça de côté et de rechercher avant tout, et quel qu’en soit le prix, la fidélité à Dieu.

L’apôtre Paul semble même sous-entendre que d’habitude, quand on « réussit » vraiment dans sa marche avec Dieu, c’est plutôt la souffrance qu’on va rencontrer, et pas la prospérité ou le confort. Et d’autres passages de la Bible semblent aller dans ce sens :

« C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. » (Ac 14.22)

Ou encore :

« Sachez que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. » (1 Pi 5.9)

Ou encore :

« Malheur lorsque les hommes parleront bien de vous, car c’est ainsi que leurs pères agissaient à l’égard des faux prophètes ! » (Lc 6.26)

Et ainsi de suite. Attention donc à tous ceux qui voudraient vous faire croire (à commencer par votre propre cœur) que Dieu nous appelle dès ici-bas à être libérés de la maladie, de la pauvreté, ou de la persécution.

Il existe une certaine eschatologie (une vision de l’avenir) extrêmement optimiste qui nous dit que normalement, les chrétiens devraient progresser vers plus de pouvoir, plus d’influence, plus de richesse, plus de confort, au fil de l’histoire. Et c’est ce que pensaient les Corinthiens, et c’est ce qu’ils utilisaient pour se dire qu’ils étaient sur le bon chemin ! Mais ce n’est pas ce que dit l’apôtre Paul.

« C’est en espérance que vous avez été sauvés. Or l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. » (Rm 8.24-25)

Et donc à ton tour : est-ce que tu recherches la fidélité plus que la satisfaction personnelle ?

La bonne puissance (v. 14-21)

Et si dans ta marche avec Dieu, tu recherches surtout la fidélité, alors, troisième et dernière question : est-ce que tu acceptes d’être bousculé par Dieu ?

Regardez ce que dit Paul à partir du verset 14. Il adoucit un peu son discours et il explique aux Corinthiens que s’il a été un peu cinglant, c’est pour les avertir et les exhorter. Il leur rappelle la relation qui existe entre eux : c’est Paul qui leur a annoncé le premier l’Évangile (v. 15). Et c’est par cet Évangile qu’ils ont été « engendrés » ; c’est-à-dire que leur existence-même en tant qu’église tire son origine de cet Évangile, ce message qui leur a été annoncé.

Et Paul veut les ramener à ça, et il leur dit en quelque sorte : « Rappelez-vous notre histoire commune, rappelez-vous cet Évangile que vous avez reçu ; et à cause de cet Évangile, imitez mon exemple, l’exemple que je viens de vous décrire (v. 9-13), qui est celui de la persévérance malgré les afflictions. Telles sont mes voies en Christ (v. 17). Telle est la véritable puissance du royaume de Dieu (v. 20). Et vous-mêmes, vous ne serez pas des chrétiens en paroles seulement (une église qui fait juste de beaux discours), mais vous connaîtrez vraiment la puissance de Dieu. »

Tout simplement : « L’évangile est censé porter, puissamment, du fruit dans votre vie, mais ce n’est pas ce fruit-là que je vois chez vous en ce moment. »

Pour comprendre ce que Paul veut dire, il faut d’abord comprendre à quoi il fait référence quand il parle de l’Évangile. Il fait référence à ce message qui concerne la personne de Jésus-Christ et ce que Jésus est venu accomplir. Il résume ce message plus loin dans cette même lettre : « Christ est mort pour nos péchés, il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour » (1 Co 15.3-4).

Nous, on était mort spirituellement à cause de nos fautes, séparé de Dieu, et Jésus est venu de la part de Dieu prendre notre place et mourir en prenant sur lui nos fautes, et ressusciter en vainqueur, pour nous « rendre à la vie avec lui » (Ép 2.5). C’est ça, l’évangile ! C’est ce grand échange que Dieu a opéré entre notre culpabilité d’un côté, et la justice de Jésus de l’autre côté : Jésus est devenu coupable aux yeux de Dieu, pour que nous, on devienne juste à ses yeux, par le moyen de la foi en Jésus.

Et en étant attaché à lui par la foi, puisqu’il est aussi ressuscité, nous aussi, on peut vivre en nouveauté de vie et on va aussi ressusciter à la fin. Ça veut dire que si on est chrétien, on est entré au bénéfice d’une intervention incroyable de Dieu !

Ça me fait penser aux deux otages français qui ont été libérés cette semaine au Burkina Faso. À quel prix ! Deux soldats français sont morts dans l’opération. Ils se sont sacrifiés pour porter secours à ces otages français qui en plus, avaient été enlevés dans une zone où ils n’auraient pas dû se rendre s’ils avaient pris en considération les avertissements du gouvernement français. Maintenant, évidemment, ces otages doivent se sentir redevables à ces deux vies qui ont été données pour eux. Mais imaginez que ces deux otages, dans leur prise de parole publique, commencent à faire les fanfarons, et qu’ils disent qu’ils n’ont qu’une hâte, c’est de retourner au Bénin pour finir le safari qu’ils avaient commencé. Ce serait absurde et choquant ! Ils sont entrés au bénéfice d’une intervention incroyable de l’armée française, et leur vie ne sera plus la même dorénavant.

Et de la même façon, quand on est chrétien, notre vie ne peut plus être la même dorénavant. Par nature, on s’intéresse au confort, à la prospérité, au pouvoir, à la renommée, à la reconnaissance… Mais ce n’est pas ça que produit l’évangile chez ceux qui le reçoivent vraiment. La vraie puissance de l’Évangile ne s’évalue pas selon les critères du monde ou de ce qui nous est naturel. La vraie puissance de l’évangile, ce n’est pas une mega-church, ce n’est pas un super groupe de louange, ce n’est pas un pasteur qui publie des centaines de livres, ce n’est pas un parti politique chrétien, ce n’est même pas des écoles et des hôpitaux chrétiens—et pourtant toutes ces choses ne sont pas forcément mauvaises en soi, loin de là !

La vraie puissance de l’Évangile, c’est plutôt quand… « insultés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous consolons » (v. 12-13). La vraie puissance de l’Évangile, ce sont des vies radicalement transformées, qui ne recherchent pas ce que le monde recherche, qui ne sont pas des vies étincelantes ou prétentieuses, mais des vies humbles et dociles devant Dieu, qui produisent ce qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi (Ga 5.22-23).

Alors à quoi est-ce qu’on devrait mesurer la réussite de notre marche avec Dieu ? Oui, on est tenté de se fier naturellement à certaines choses qui ne sont pas les critères de Dieu ; et ces choses peuvent nourrir notre assurance et notre confiance, et on peut commencer à s’auto-féliciter et à se sentir un peu trop sûr de soi, comme les Corinthiens !

Et ce texte est là pour nous dire : « Attention ! » Attention à ce que tu vises dans ta marche avec Dieu. Attention à comment tu vas mesurer ta réussite spirituelle ; puisses-tu la mesurer aux critères de Dieu et pas à autre chose.

Et les critères de Dieu vers lesquels ce texte a voulu attirer notre attention, c’est la centralité de la Bible, seule norme infaillible de notre foi et de notre vie, c’est la base ! Ensuite, la fidélité à Dieu, plus importante que notre satisfaction personnelle. Sommes-nous prêts à être faibles mais fidèles, plutôt que confortables mais spirituellement aveugles ? Et enfin, la véritable puissance du royaume de Dieu qui n’est pas spectaculaire au sens où nous l’entendons habituellement ; mais qui est spectaculaire au sens où Dieu l’entend. C’est la puissance de l’évangile qui transforme des vies et qui produit le miracle non pas de la disparition immédiate des afflictions, mais plutôt de la persévérance dans les afflictions.

Qu’est-ce qu’on sera dans cinq ans ? Je ne sais pas. Peut-être 350 personnes dans des supers locaux. Ou peut-être qu’on aura régressé à 25 personnes dans un sous-sol insalubre. Ce texte nous dit : peu importe. Pourvu que Dieu te trouve à marcher humblement avec lui, selon la bonne norme (celle de sa Parole), la bonne priorité (celle de sa gloire), et la bonne puissance (celle de l’évangile).

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