Comment s'en sortir ?

Par Alexandre Sarranle 19 mai 2019

Le genre humain va mal, vous avez remarqué ?

« Toulouse : une femme condamnée en appel à 10 ans de prison pour avoir tué et emmuré son compagnon. Dans l’Aisne, un couple en pleine séparation qui ne voulait plus de ses enfants les abandonne sur le trottoir. Lons-le-Saunier : le commandant de la compagnie de gendarmerie se suicide avec son arme de service. Dans les Hauts-de-Seine, Laura est terrorisée depuis que son ex-conjoint est sorti de prison. Vosges : un homme brise la vitrine d’un commerce d’un coup de poing et se vide de son sang. Calais : un lycéen frappé, humilié et menacé par plusieurs camarades dans des vidéos… » Juste un jour comme un autre dans l’actualité française !

Le genre humain va mal, et on en sait tous quelque chose. On voit bien autour de nous les crimes, les guerres, l’exploitation des vulnérables, la pollution, le traitement inhumain des animaux… Mais au plus proche de nous, on sait aussi par l’expérience ce que c’est qu’une trahison, un conflit, un mensonge, une humiliation, une maltraitance, et bien sûr, toute la colère et la culpabilité qui vont avec.

Ça ne va pas très bien parmi les humains, et ça fait des millénaires que ça dure. Quel espoir y a-t-il qu’on s’en sorte ? Que nous faudrait-il pour qu’on s’en sorte ? Encore quelques années de progrès scientifique ? Un résultat favorable aux élections européennes ? Un nouveau manuel de développement personnel ? Que nous faudrait-il donc pour qu’on s’en sorte ? C’est la question qui est posée en filigrane (de manière sous-jacente, implicite) dans le texte qu’on est sur le point de lire.

C’est un texte très ancien qui s’adresse à un groupe de personnes tout-à-fait désespérées. Ce groupe de personnes, ce sont les Israélites de l’Antiquité, à peu près 600 ans avant la naissance de Jésus. Et à cette époque, les Israélites sont vraiment au fond du trou. Leur société s’est complètement effondrée. Il y a eu beaucoup d’injustice, beaucoup d’exploitation, beaucoup de divisions, et tout ça s’est tellement accumulé au fil des années, et même des siècles, que finalement la société des Israélites s’est complètement écroulée, jusqu’à se faire envahir et renverser par une nation étrangère. Et le pire, d’après la Bible, c’est qu’ils étaient censés être une société-modèle pour le reste du monde !

Alors imaginez que vous soyez un Israélite de cette époque. Vous vous faites sûrement du souci, et vous vous demandez : « Mais que nous faudrait-il pour qu’on s’en sorte ? » Et là, il y a un gars qui se présente, et qui prétend avoir un message à vous transmettre de la part de Dieu, et qui vous dit : « L’humanité va vraiment mal ; mais on peut compter sur Dieu pour vraiment la réparer. D’ailleurs, voici ce qu’il vous dit… »

Une opération de sauvetage (v. 24, 28)

Pour bien comprendre ce que ce texte veut dire, il faut déjà comprendre le contexte. Et le contexte, c’est le suivant : depuis les origines de l’humanité, Dieu a lancé une opération de sauvetage du monde, mais les humains n’arrêtent pas de tout gâcher.

C’est très simple : Dieu a créé le monde. Les humains ont tourné le dos à Dieu pour vivre comme bon leur semblait. Ça a créé plein de problèmes. Alors Dieu dit : « Je vais quand même réparer ce que vous avez gâché ». Dieu invite les gens à lui faire confiance et à croire à ses promesses. Dieu commence à reconstituer une nouvelle société qui est censée mieux fonctionner, parce qu’elle est basée sur cette relation qui est rétablie avec Dieu.

Mais ça ne se passe quand même pas bien. Malgré les interventions et les promesses que Dieu n’arrête pas de renouveler, les gens continuent de faire n’importe quoi. Et à l’époque d’Ézéchiel, cette société qui est censée être un modèle pour le monde, c’est la société des Israélites, mais malheureusement, ils se sont tellement éloignés de Dieu qu’ils ont été exactement l’inverse. Ils ont « souillé leur pays par leur conduite et par leurs œuvres » (Éz 36.17). Ils ont humilié Dieu aux yeux du monde.

Du coup, Dieu qui est saint, malgré sa grande patience, ne peut pas juste laisser faire. Et il envoie des nations étrangères renverser le pays d’Israël et emmener les Israélites en exil (Éz 36.16-19).

Le problème. C’est que maintenant, le projet de Dieu, il n’en reste pas grand-chose ! Dieu voulait réparer le monde en constituant une nouvelle société qui fonctionnerait selon Dieu, mais on dirait bien que c’est un échec !

Or Dieu ne baisse pas les bras pour autant. Encore une fois, Dieu dit : « Je vais quand même réparer ce que vous avez gâché ». Pourquoi ? Parce que son propre honneur est en jeu. Maintenant que les Israélites sont disséminés parmi les nations, les gens se moquent de leur Dieu en s’imaginant que c’est juste un petit dieu parmi d’autres, qui n’a pas vraiment la puissance d’accomplir ses projets. Et Dieu dit : « Ah oui ? Vous allez voir qui est le seul vrai Dieu, quand j’aurai accompli mes projets malgré les bêtises et l’entêtement des hommes, y compris de mon propre peuple ! » (Éz 36.20-23).

Et ce que cette histoire nous apprend, c’est que les humains sont foncièrement (fondamentalement, profondément) incapables de faire ce que Dieu voudrait, donc Dieu va tout faire lui-même.

On a tous déjà vu dans des films ou dans des bandes dessinées ce genre de situation où quelqu’un est en proie à un terrible danger ; et au lieu de garder son sang-froid, cette personne commence à paniquer, ce qui ne fait qu’empirer sa situation. Imaginez quelqu’un qui serait tombé à la mer et qui serait en train de couler, par exemple. Et puis un héros se précipite à son secours, et essaie de calmer la victime pour pouvoir la sauver ; mais ça ne marche pas. Finalement qu’est-ce qui se passe ? Le héros doit assommer la victime pour pouvoir lui porter secours. La victime ne contribue rien du tout à son salut et c’est le héros qui prend tout sur lui.

Et c’est ça, le contexte du passage qu’on a lu. Depuis les origines de l’humanité, Dieu a lancé une opération de sauvetage du monde, mais les humains n’arrêtent pas de tout gâcher. Du coup, Dieu va tout faire lui-même.

Vous avez vu, aux versets 24 et 28 : Dieu va rassembler de nouveau les Israélites qui ont été dispersés ; il va les ramener dans leur territoire ; ils seront son peuple et il sera leur Dieu. Ce n’est pas qu’ils le méritent ou qu’ils en sont capables par eux-mêmes ; mais Dieu va le faire quand même. Il va poursuivre son projet qui consiste à réparer le monde et à reconstituer une société qui marche selon Dieu.

Et dans un instant on va voir ce qu’il va faire plus précisément pour accomplir ça, mais d’abord, une petite application pratique pour nous. La Bible nous explique le monde dans lequel on vit. La Bible nous dit d’où on vient, où on va, qui est Dieu, quel est son projet, où on en est de son projet, et ce que Dieu attend de nous. C’est plutôt intéressant, non ? Ça devrait nous motiver à lire la Bible, surtout si on n’est pas très satisfait de l’état du monde ou de l’état de notre vie.

Plusieurs dans notre église suivent le même plan de lecture de la Bible en un an ; c’est un super moyen pour se familiariser avec le contenu de la Bible. Et si vous n’avez jamais lu la Bible, dans notre église on vous propose aussi un « Parcours Découverte de la Bible » pour comprendre son contenu et son message à partir de 12 passages-clefs. N’hésitez pas à m’en parler dès la fin du culte si ça vous intéresse !

Une opération de nettoyage (v. 25)

Mais passons au deuxième point. Qu’est-ce que Dieu dit qu’il va faire pour sauver les humains, qui sont tellement incapables, coupables, et entêtés dans leurs bêtises ? Eh bien, verset 25 : les humains sont très sales, ils sont mêmes complètement infectés, mais Dieu promet de complètement nettoyer ceux qui lui font confiance.

On a vu que les Israélites s’étaient « souillés » par leur conduite et par leurs œuvres (Éz 36.17). Cette idée de la « souillure » provient des règles qui encadraient la religion des Israélites dans l’Ancien Testament depuis l’époque de Moïse (800 ans avant Ézéchiel). Et quand on étudie ces règles, on se rend compte que c’est tellement facile de se souiller et de devenir impur ! C’est tellement facile qu’on devient impur sans le vouloir ; il suffit de toucher sans le faire exprès quelque chose d’impur, et on devient impur (Lv 11-15).

Hier soir par exemple, j’ai ramassé le cadavre d’un papillon de nuit, à mains nues, pour le mettre à la poubelle. C’était après le coucher du soleil, du coup, d’après la loi de Moïse, je ne pourrais pas être ici aujourd’hui parce que je serais « impur » et il faudrait que je me tienne à l’écart jusqu’à ce soir. Et si c’est si facile de devenir impur, à combien plus forte raison est-on impur si on a fait exprès de se souiller ; par exemple en rendant un culte à des idoles ou en versant le sang de son prochain !

Et dans la loi de Moïse toujours, pour se purifier après une souillure, on devait pratiquer certains rites, dont notamment le fait de s’appliquer de l’eau pour symboliser le fait qu’on devenait « propre » de nouveau (cf. Nb 19). Mais le cas des Israélites était tellement désespéré, ils étaient tellement souillés, que c’était comme s’ils ne pouvaient plus se purifier juste avec les rites ordinaires de leur religion. D’ailleurs, la loi de Moïse disait que pour recevoir l’aspersion rituelle en vue de la purification, il fallait la recevoir de la part de quelqu’un qui était pur (Nb 19.19) ; et si ça se trouve, plus personne n’était pur parmi les Israélites ! Comment faire ? Comment s’en sortir ?

Ceux qui ont une cheminée chez eux savent ce que c’est d’essayer de nettoyer la vitre de la cheminée—c’est une cause désespérée. On a beau appliquer des produits, frotter, gratter, il en reste toujours ! Ou bien le fameux plat à gratin qui est resté un peu trop longtemps au four… comment enlever les traces de brûlé ? On essaie de le laisser tremper, on met du vinaigre, de l’eau bouillante, on le passe dix fois à la machine, on y va avec l’éponge qui gratte jusqu’à se faire une tendinite, on fait tout ce qu’on peut, et pourtant, le plat reste irrémédiablement taché !

Imaginez encore : votre métier, c’est agent d’entretien des égouts de Lyon et vous devez faire une intervention sous terre pour déboucher une canalisation complètement obstruée par les excréments de trois immeubles entiers. Vous y passez toute l’après-midi, et tout d’un coup, vous vous rappelez que vous êtes invités dans vingt minutes à manger chez Paul Bocuse avec l’amour de votre vie, et vous n’avez pas le temps de prendre une douche et de vous changer ! Catastrophe !

Et c’est d’autant plus catastrophique pour les Israélites dans le texte, et pour tous les humains, parce que notre impureté nous empêche, non pas d’entrer chez Bocuse, mais d’entrer chez Dieu. Et c’est si facile de devenir impur !

Jésus a expliqué à quel point tous les hommes étaient impurs et souillés, quand il a dit :

« Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui le rend impur. Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, prostitutions, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchanceté, ruse, dérèglement, regard envieux, blasphème, orgueil, folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l’homme impur. » (Mc 7.20-23)

C’était déjà compliqué de ne pas se souiller quand il fallait éviter le contact avec certains animaux, certains objets ou certaines personnes, mais quand l’impureté se trouve dans notre cœur, qu’est-ce qu’on peut faire ? Et Dieu répond : « Je ferai sur vous l’aspersion d’une eau pure, et vous serez purifiés. »

Dieu annonce qu’il va faire un truc absolument extraordinaire. Les humains sont très sales, ils sont mêmes complètement infectés, mais Dieu promet de complètement nettoyer ceux qui lui font confiance.

Et comment est-ce qu’il s’y est pris pour faire ça ? Écoutez ce que dit l’apôtre Paul dans le Nouveau Testament. Il vient de passer en revue plein d’exemples de ces mauvaises choses qui sortent du cœur de l’homme, et ensuite il décrit la situation de ceux qui font confiance à Dieu :

« Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu. » (1 Co 6.11)

Pourquoi est-ce qu’il fait référence à Jésus ? Parce que Jésus est le remède de Dieu à notre impureté. 600 ans après l’époque d’Ézéchiel, Jésus est venu de la part de Dieu prendre sur lui notre impureté, et en payer le prix à notre place en mourant sur la croix. Si on fait confiance à Dieu, notre souillure est imputée à Jésus, tandis que sa pureté et sa justice nous sont imputées en échange.

Dans un autre passage, l’apôtre Paul dit :

« Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici : toutes choses sont devenues nouvelles. »

Et un peu plus loin, il explique comment c’est possible :

« Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » (2 Co 5.17, 21)

Autrement dit, quand on place sa confiance en Jésus, on est spirituellement uni à lui, de sorte qu’on reçoit la purification intérieure de nos souillures, ce nettoiement radical qu’il nous a acquis par sa mort et sa résurrection. Quand on est attaché à Jésus par la foi, on est enfin, vraiment propre !

Et le baptême signifie (représente solennellement) ces bienfaits que Dieu nous présente en la personne et l’œuvre de Jésus, et que quiconque peut recevoir tout simplement en ayant foi en lui. Quelle bonne nouvelle pour tous ceux qui se rendent compte qu’ils sont sales intérieurement ! Quelle bonne nouvelle pour tous ceux qui se sentent coupables, et pour tous ceux qui se savent indignes. Vous pouvez vous confier en Jésus, et vous serez purifiés, parce que c’est Dieu qui va s’en charger !

Une opération de paramétrage (v. 26-27)

Mais il reste encore un point. Parce que Dieu ne veut pas seulement nous purifier. Il ne veut pas seulement nous ramener à la case départ. Il veut aussi réorienter notre vie pour qu’on ne recommence pas comme avant. Mais les humains sont tellement détraqués que pour qu’on change, il faut que Dieu lui-même accomplisse le miracle de notre transformation. Et c’est exactement ce qu’il promet à ceux qui lui font confiance (v. 26-27).

Il dit qu’il va accomplir l’impossible : une transplantation cardiaque ! Le cœur de pierre remplacé par un cœur de chair. C’est une image bien sûr, pour dire que ce cœur mauvais, qui produisait toutes ces choses mauvaises, sera radicalement changé. Le croyant reçoit un cœur neuf, et ce cœur neuf est paramétré par Dieu lui-même qui l’alimente de son Esprit.

Le cœur, dans la pensée hébraïque, c’est l’être intérieur. Et l’esprit, c’est le souffle vivifiant, c’est ce qui nous anime. Dieu annonce ici une véritable re-création de l’homme à l’image de la première création de l’homme, lorsque Dieu a façonné Adam à partir de la poussière du sol et qu’il « insuffla dans ses narines un souffle [un esprit] vital, et l’homme devint un être vivant » (Gn 2.7). Maintenant, Dieu dit qu’il va mettre en nous, les croyants, « un esprit nouveau », dont l’effet sera de nous vivifier spirituellement, de nous animer de façon à ce qu’on accomplisse ce qu’on était incapable d’accomplir auparavant : c’est-à-dire vivre selon Dieu.

C’est un peu comme une vieille montre cassée qu’on voudrait remettre en état de marche. C’était peut-être la montre de votre arrière-arrière-grand-père. Elle est toute sale et rouillée. Ce qu’il lui faut, ce n’est pas juste d’être nettoyée. Il lui faut aussi une nouvelle pile et un réglage complet. Et c’est seulement un spécialiste qui peut faire ça : remplacer la pile et re-paramétrer la montre pour qu’elle fonctionne de manière optimale. Et nous aussi, les humains, on n’a pas juste besoin d’être nettoyés. On a besoin d’une nouvelle pile et d’un réglage complet, et c’est ce que Dieu, le spécialiste des humains, veut faire chez les croyants.

Ou bien, c’est aussi comme un vieux violon qu’on aurait découvert dans un grenier et qui n’aurait pas servi depuis un siècle. On ne peut pas juste le prendre tel quel et se remettre à jouer avec. Il faut l’intervention d’un luthier. Parce qu’il ne suffit pas de le dépoussiérer et de changer les cordes. Même remplacer le cordier et la mentonnière, et revernir la table d’harmonie ne suffirait pas. Parce qu’il y a une petite pièce très importante dans un violon, à l’intérieur de la caisse de résonance, qui s’appelle… l’âme. Et le réglage de l’âme nécessite plus que tout autre chose l’intervention d’un spécialiste hautement qualifié.

Et quand Dieu dit qu’il va intervenir au niveau de notre cœur et de notre esprit, il est en train de dire qu’il va faire quelque chose qui n’est à la portée de personne d’autre : il va régler notre âme. Il veut réorienter notre vie. Il veut changer ce qui sort de l’homme (comme le son qui sort d’un violon). Il veut changer nos affections, et faire en sorte qu’on aime Dieu, et qu’on aime ses instructions, et qu’on ait le désir de vivre selon lui. Et non seulement il veut nous en donner le désir, mais il veut aussi nous en donner la puissance.

Et tout ça, c’est complètement hors de notre portée ! Et l’histoire du monde, et l’histoire des Israélites, a largement suffi à démontrer qu’on était complètement incapables de vivre selon Dieu. Même des gens idéalement placés, comme les Israélites, qui ont vu Dieu faire des miracles, qui ont reçu des révélations, et qui avaient toute une pratique religieuse sophistiquée centrée sur Dieu, eux-mêmes ont échoué sur toute la ligne.

Les humains sont tellement détraqués que pour qu’on change, il faut que Dieu lui-même accomplisse le miracle de notre transformation. Et c’est exactement ce qu’il promet de faire pour les croyants dans ce passage.

Et 600 ans plus tard, Jésus vient de la part de Dieu. Comme on l’a dit, il meurt et il ressuscite pour que ceux qui placent leur foi en lui soient entièrement purifiés de leurs souillures ; c’est-à-dire pour qu’ils soient pardonnés de tout ce qui les rendaient impurs aux yeux de Dieu et qui les empêchait de s’approcher de lui. Mais ensuite, Jésus monte auprès de Dieu (Ascension) et il fait quelque chose d’autre : il déverse le Saint-Esprit sur les croyants (Pentecôte). Il accomplit la promesse dont parle Ézéchiel. L’Esprit vient habiter dans le cœur des croyants—dans le cœur de tous ceux qui s’attachent sincèrement à Dieu. Et ce Saint-Esprit œuvre inlassablement en nous pour nous transformer de l’intérieur.

Et de la même façon que le baptême chrétien symbolise la purification de nos souillures par « l’aspersion d’une eau pure » ; le baptême symbolise aussi le déversement de l’Esprit de Dieu sur les croyants. L’Esprit de Dieu vient d’en-haut et remplit les croyants pour nous « paramétrer » selon Dieu. Il nous donne la motivation et la capacité de fonctionner de manière optimale en tant qu’êtres humains, à titre individuel, et aussi de constituer en tant qu’église cette nouvelle société qui est censée glorifier Dieu et être un exemple pour le reste du monde. C’est là aussi un bienfait que Dieu nous présente en la personne et l’œuvre de Jésus, et que quiconque peut recevoir tout simplement en ayant foi en lui.

Et par quel moyen Dieu intervient-il sur notre âme pour la régler ? Eh bien c’est comme pour le violon. Pour intervenir sur l’âme il faut passer par un orifice qui s’appelle… l’ouïe ! Et Dieu, pour intervenir sur notre âme, passe d’habitude par notre ouïe, c’est-à-dire par nos oreilles qui se mettent à l’écoute de sa parole : la Bible.

Alors au début, on faisait le constat d’un monde qui allait mal. Le genre humain va mal, et ça fait des millénaires que ça dure. Nous-mêmes, individuellement, on va mal. On a des disputes et des regrets, de la colère et de la culpabilité, de la violence et de la haine, des pensées impures et sombres… Comment s’en sortir ? Et à cette question que se posaient aussi un certain nombre d’Israélites à l’époque d’Ézéchiel, ce texte répond : oui, l’humanité va vraiment mal ; oui, tu vas vraiment mal ! Mais tu peux compter sur Dieu pour vraiment te réparer !

Et toute la Bible te raconte la grande opération de sauvetage lancée par Dieu depuis les origines de l’humanité, et comment Jésus le Sauveur est venu de la part de Dieu pour nous secourir dans la situation désespérée où on était, et comment il a donné sa vie, et comment il est ressuscité, pour réaliser le nettoyage complet de notre vie ! Et comment Jésus, après sa résurrection, a envoyé le Saint-Esprit pour régler notre âme et paramétrer la vie des croyants.

Ce n’est pas rien, ce que Dieu présente aux humains, et qui leur est disponible s’ils font confiance à Jésus ! Ce n’est pas rien, ces promesses de l’Évangile, que Dieu a confiées à l’Église chrétienne pour qu’elle les diffuse dans le monde entier ! Ce n’est pas rien, ce que le baptême de Flora, dans quelques instants, va nous représenter de manière solennelle et visible.

Puissions-nous donc tous ici, comme Flora, nous reposer de tout notre poids sur Dieu, nous confier à lui sans réserve, lui faire entièrement confiance et lui céder notre vie sans rien retenir. Puissions-nous nous passionner (peut-être nous re-passionner) pour la Bible qui nous fait connaître Dieu et qui est l’instrument de notre transformation. Puissions-nous répondre à la grâce puissante et incroyable de Dieu par une vie de prière et de service. Même si nous sommes encore faibles et vacillants, même si nous avons encore des doutes, des états d’âme, des tiraillements intérieurs, puissions-nous nous offrir tout entiers à Dieu, en réponse à son amour, et le laisser nous changer comme il a promis de le faire.

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