Combattre l'inquiétude

Par Denis Blumle 2 juin 2019

Comment gérez-vous le stress et l’anxiété dans votre vie ? Comment réagissez-vous lorsque vous êtes inquiets face à une situation, face à votre avenir, face à des décisions ?

Figurez-vous que la Bible parle de ce sujet, parce que l’anxiété fait partie de l’expérience humaine ordinaire, et Dieu veut nous aider à lutter contre ces émotions qui peuvent nous paralyser, et nous pourrir la vie.

Dans un discours adressé à ses disciples, Jésus leur a enseigné comment lutter contre l’inquiétude, et c’est le texte que nous allons méditer aujourd’hui en Luc 12.

Mais avant de regarder le passage proprement dit nous allons regarder le contexte dans lequel Jésus donne cet enseignement.  Nous sommes dans une section du livre de Luc, où Jésus monte progressivement à Jérusalem pour y être crucifié, et il fait sur le chemin un certain nombre de discours. Et le chapitre 12 comprend une série d’avertissements, contre l’hypocrisie, le matérialisme, le manque de bon sens et de discernement, et contre l’inquiétude des v.22 à 34.

Juste avant le discours de Jésus sur l’inquiétude, il avait mis en garde la foule contre le danger du matérialisme : le danger de l’avarice et de la cupidité (le désir de posséder toujours plus). Il leur avait raconté une parabole qu’on appelle la parabole du riche insensé : L’histoire d’un homme, qui après avoir fait des récoltes agricoles très abondantes, décide de bâtir de grands greniers pour les stocker, et qui s’exclame alors (v19-21) : « Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. »

Jésus présente un homme insensé qui a tout investi dans des choses éphémères, sans se préoccuper une seconde de sa destinée éternelle et du salut de son âme. Quel aveuglement ! Quelle folie !

Après avoir donc dit à la foule de ne pas chercher à posséder du superflu comme ce riche insensé, Jésus reprend son discours en s’adressant cette fois en aparté à ses disciples pour leur dire, de ne même pas se préoccuper de ce qui est nécessaire à la vie, et de ne pas s’inquiéter.

Jésus commence son propos en donnant à ses disciples un commandement : « Ne vous inquiétez pas » (v.22). Et dans la suite de son discours Jésus va expliquer pourquoi et comment ne pas s’inquiéter.

Comment combattre l’inquiétude qui nous gagne si facilement ?

En considérant que Dieu pourvoit à nos besoins (v.22-26)

Il explique en premier à ses disciples que l’inquiétude est parfaitement inutile puisque Dieu pourvoit à nos besoins. Jésus leur dit de ne pas s’inquiéter pour leur vie de ce qu’ils vont manger, ni pour leur corps de quoi ils seront vêtus. Il s’agit de nos besoins primaires. S’il y a une chose dont nous avons besoin pour survivre, c’est au minimum de manger et de boire, et pour vivre en société d’avoir un vêtement. Mais même ces éléments essentiels à la vie ne doivent pas constituer un sujet d’inquiétude pour le croyant. Et Jésus nous en donne la preuve logique au verset 23 : « la vie est plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ». Il faut noter que le terme grec qui a été traduit par « vie », c’est le terme psuche, qui correspond en fait au souffle de vie, à l’âme. Son argument c’est donc de dire, si Dieu vous a donné la vie, s’il a fait de l’homme un être animé, s’il a accompli une telle prouesse, il pourra facilement pourvoir à son entretien, à ce qui est nécessaire à sa subsistance. La vie c’est bien plus que la nourriture.

Quand vous achetez une imprimante, vous savez que c’est un outil complexe qui a demandé la compétence et l’intelligence de plusieurs ingénieurs et informaticien. Et vous savez très bien que puisqu’ils ont réussi à créer une machine aussi perfectionnée et qu’en plus elle fonctionne, vous n’avez pas d’inquiétude à avoir sur le fait qu’ils ont aussi réussi à produire les cartouches d’encre pour l’alimenter. La difficulté à produire la cartouche d’encre est dérisoire par rapport à la complexité de la machine dans sa globalité.

C’est la même chose avec Dieu. S’il a réussi par un mot de sa bouche à donner à l’homme la vie, à combien plus forte raison peut-on lui faire confiance pour pourvoir à ce qui permet d’entretenir cette vie et ce corps qu’il nous a donné.

A l’époque, ils avaient de quoi s’inquiéter pour la nourriture. S’il ne pleuvait pas suffisamment par exemple, c’était la famine et ils mourraient. Le problème de la nourriture était une question de vie ou de mort. Dans nos sociétés occidentales on ne s’inquiète plus trop pour la nourriture et le vêtement, et nos sujets de préoccupations ne se limitent pas à ce qui est nécessaire à la vie. On va qu’inquiéter de trouver une crèche pour notre enfant, de notre prochaine destination de vacances, de si on aura assez d’argent pour faire des travaux dans son logement, ou pour acheter un vêtement de marque.

Prenez quelques secondes pour réfléchir à ce qui vous inquiète en ce moment.

Il y a de grandes chances que ce qui vous inquiète ne soit pas un problème de nourriture et de vêtement. Mais si Jésus nous a demandé de ne pas nous inquiéter pour le nécessaire, à combien plus forte raison ne doit-on on pas non plus nous inquiéter de ce qui est superflu pour notre vie.

Ce qui cause notre inquiétude ne sont pas que des choses mauvaises en soi, mais elles ne doivent pas être une source de préoccupation sachant qui est Dieu, sachant qu’il prend soin de nous, qu’il est un Père généreux qui nous est propice.

Regardez les corbeaux (v.24) : est-ce qu’ils s’inquiètent de l’avenir ? Ils ne sont pas capables de produire leur nourriture. Ils ne pensent même pas à en faire des stocks. Ils vivent au jour le jour. C’est tout l’inverse du riche insensé, qui produisait sa subsistance et qui la conservait dans des grands greniers. Regardez les oiseaux du ciel, c’est Dieu qui les nourrit (v24). Il nourrit même des animaux impurs, comme l’étaient les corbeaux dans la loi de l’ancien testament. A combien plus forte raison Dieu se souciera-t-il des êtres humains qu’il a créé et établi au-dessus de sa création. « Combien ne valez-vous pas plus que les oiseaux ! » (v.24). Jésus nous rappelle là la supériorité et la prééminence de l’Homme sur les animaux, et la valeur de l’Homme aux yeux de Dieu.

Faisons un arrêt sur image. Dieu nourrit les corbeaux. Mais de quelle manière ? Qui a déjà vu un corbeau adulte le bec grand ouvert en direction du ciel en attendant que quelque chose tombe dedans ? Personne ! Chaque jour le corbeau doit se démener pour trouver sa nourriture et pour nourrir ses petits. Dans ce discours, Jésus ne nous invite pas à la paresse, à ne pas travailler et à attendre dans un transat la bouche ouverte que la nourriture tombe du ciel. Pourtant, Dieu a la puissance de nous nourrir de cette manière s’il le voulait. Il a nourri ainsi le prophète Elie en 1 Rois 17. Des corbeaux (encore eux !) lui amenaient chaque jour du pain et de la viande. Dieu peut agir exceptionnellement de cette manière, comme avec les hébreux dans le désert, qui recevaient chaque jour de la manne pour leur subsistance. Mais de manière ordinaire, c’est à la sueur de notre front que nous devons obtenir ce que Dieu nous donne.

Je reprends l’image de l’imprimante : Dieu n’a pas seulement créé l’imprimante. Il pourvoit aussi aux cartouches pour l’alimenter, mais il faut tout de même se démener pour les obtenir. Le problème c’est que lorsque l’on a travaillé pour obtenir un bien, par exemple une cartouche d’imprimante, on est tenté de considérer que c’est grâce à nous que nous avons pu l’obtenir. Mais si on se trouvait face à l’ingénieur qui a produit l’imprimante et la cartouche, on arriverait facilement à un dialogue de sourd :

- C’est moi qui ai acheté cette cartouche d’imprimante

- Oui mais c’est moi qui l’ai produite (répondrait l’ingénieur)

- Oui mais c’est moi qui ai réussi à l’obtenir grâce à l’argent que j’ai gagné.

- Encore une fois, c’est moi qui l’ai produite (répondrait l’ingénieur)

C’est la même chose avec Dieu. On pourrait lui dire :

- C’est moi qui ai travaillé pour gagner l’argent qui m’a permis d’acheter ce repas.

Et Dieu répondrait : - Oui, mais c’est moi qui ai créé tout ce que tu es en train de manger. C’est moi qui te le donne, c’est moi qui te nourris en fait.

Vous voyez l’idée ? Puisque Dieu a tout créé, le monde et tout ce qui s’y trouve (l’imprimante et les cartouches), cela veut dire que c’est lui qui pourvoit dans sa providence à tous nos besoins.

Une bonne manière d’exprimer notre reconnaissance, et de ne pas oublier que tout nous vient de lui, c’est de le remercier par exemple avant chaque repas. Prier avant les repas est un bon moyen (parmi d’autres) de se rappeler avant de manger, que cette nourriture vient de Dieu, même si c’est nous qui l’avons acheté au supermarché avec de l’argent que nous avons gagné. Il faut par contre veiller à ce que la prière avant le repas ne soit pas juste une tradition et une loi, que ce ne soit pas juste une manière évangélique de se dire bon appétit, mais que ça reste bien un moyen par lequel nous reconnaissons que tout nous vient de Dieu : « la vie, le mouvement, et l’être » (Actes 17.28) et tout ce qui est nécessaire à son entretien.

Si Dieu pourvoit à tous nos besoins, alors pourquoi nous inquiéter ? C’est justement la question que pose Jésus au v.25 et v.26 pour souligner à quel point l’inquiétude est inutile et même nuisible

« Qui peut par ses inquiétudes ajouter une coudée [un instant] à la durée de sa vie ? » (v25) Vous avez peut-être dans votre traduction « une coudée à sa taille ».  Dans les deux cas ça reste une question rhétorique. La réponse est évidente : personne ne peut allonger sa taille ou son espérance de vie. Ecclésiaste 8.8 : « L'homme n'est pas maître de son souffle pour pouvoir le retenir, et il n'a aucune puissance sur le jour de la mort. » Jésus utilise l’ironie pour montrer l’inutilité de l’inquiétude, et montrer que seul Dieu gouverne le destin des humains, comme celui du riche insensé de la parabole qui précède.

Les soucis sont inutiles, inefficaces et même nuisibles pour le corps et pour l’âme. Le médecin que je suis peut vous dire que l’anxiété diminue l’espérance de vie, par l’apparition de certaines maladies qui sont favorisées par le stress. C’est dans notre intérêt de ne pas céder à l’inquiétude et de la combattre.

Mais nous avons souvent l’impression de subir l’anxiété, le stress ou les inquiétudes.

Et quand nous entendons Jésus nous dire « Ne vous inquiétez pas » (v22) ou « Pourquoi vous inquiétez vous ?» (v.26). On est tenté de rétorquer pour se justifier, en disant que si nous nous inquiétons c’est à cause des circonstances extérieures à nous, et que l’inquiétude est quelque chose que l’ont subi, et dont on n’est pas responsable.

Mais Jésus nous dit l’inverse, et il souligne que l’on peut choisir de ne pas s’inquiéter. Comment y arriver ? En remettant Dieu dans l’équation, en nous replaçant dans la perspective d’un monde créé par un Dieu qui prend soin de ces créatures et qui pourvoit à leurs besoins.

Voilà la première clé pour combattre l’anxiété : se souvenir de qui est Dieu.

Les enfants ne s’inquiètent pas de savoir ce qu’ils vont manger. Ils connaissent leurs parents et ils savent qu’ils vont pourvoir à leurs besoins. Nous sommes dans la même situation avec notre Père céleste.

L’anxiété est en premier un problème de compréhension de qui est Dieu, mais aussi un problème de foi.   Et c’est ce que dit Jésus dans les versets qui suivent.

2/ En ayant confiance en la souveraineté de Dieu (v.27-30)

Jésus met en contraste l’attitude que devrait avoir les disciples, avec celle d’un païen. Vous avez peut-être dans votre traduction au verset 28 « les nations du monde » ou « les membres des autres peuples du monde ». C’est la même idée, Jésus parle d’une personne qui vit loin de Dieu et qui ne reconnait pas qui est Dieu, qui ne reconnait pas le Créateur derrière la création, et qui ne reconnait pas la providence de Dieu. Une telle personne va nécessairement se confier dans ses propres forces pour pourvoir à ses besoins, ce qui génère de l’inquiétude. Mais les chrétiens (moi le premier) se comportent bien souvent de cette manière.

Pourtant le chrétien est quelqu’un qui reconnait sa dépendance à Dieu, et en premier en ce qui concerne son salut. Nous reconnaissons notre dépravation, notre rébellion contre Dieu. Nous reconnaissons aussi notre incapacité à payer nous-même pour nos fautes. Et nous avons placé notre foi en Dieu pour le salut de notre âme et pour le pardon de nos péchés. Nous avons accepté la grâce de Dieu qu’il nous offre gratuitement et qu’il a manifesté en envoyant Jésus, son Fils, mourir à la croix à notre place pour payer nos fautes. Voilà ce qu’est un chrétien. Mais un chrétien inquiet c’est finalement quelqu’un qui pense que Dieu peut le sauver, le racheter, qu’il peut l’arracher au royaume des ténèbres pour lui donner la vie éternelle. Mais il a du mal à croire que Dieu peut s’occuper de lui au quotidien, qu’il peut pourvoir à tous ces besoins, et qu’il contrôle toutes les circonstances. Il fait confiance à Dieu pour le plus grand de tous les dons (la vie éternelle), mais pas pour les petits (notamment ceux qui permettent d’entretenir la vie). Et pourtant comme le dit ce proverbe :  qui peut le plus, peut le moins. Si Dieu peut accomplir une œuvre tellement extraordinaire, une preuve d’amour poussée à son paroxysme (mourir pour ses ennemis à la croix), à combien plus forte raison pourvoira-t-il aux petits besoins du quotidien. Romains 8.32 : « Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? »

Jésus souligne que notre inquiétude provient d’un manque de confiance en Dieu, d’un manque de foi en la souveraineté de Dieu, et qu’à ce titre l’inquiétude est un péché.

Georges Müller est vraiment un exemple de foi et de confiance en Dieu. Emu par le sort des orphelins en Angleterre au XIXe siècle, il a fondé plusieurs orphelinats et nourrit près de 10.000 enfants sans avoir jamais rien demandé à qui ce soit, si ce n’est à Dieu, qui a toujours pourvu aux besoins de tous ces enfants. Vous pouvez lire sa biographie qui s’appelle L’audace de la foi. Et il disait ceci :

« Là où la foi commence l’inquiétude cesse, là où l’inquiétude commence la foi cesse »

La foi et l’inquiétude ont un rapport inversement proportionnel.

Pour combattre l’inquiétude, il ne suffit pas seulement de reconnaître que Dieu existe, mais de croire en sa toute-puissance, de croire qu’il est capable de tout, qu’il contrôle tout, que rien ne lui échappe.

Est-ce que c’est ce que nous croyons quand nous considérons la situation actuelle de notre église, en particulier en ce qui concerne nos locaux.

Cette situation m’a permis de faire une mise en pratique immédiate de ce texte de la Parole de Dieu. Et je vous propose de le faire également. Après avoir commencé par m’inquiéter, je me suis rappelé qui était Dieu et qu’il était souverain sur sa création, et sur son église. Oui nous avons besoin d’un local, mais c’est Dieu qui gère son église, et il est totalement souverain sur les circonstances, faisons lui confiance.

« Considérez les lis des champs, ils ne travaillent ni ne filent, cependant je vous dis que Salomon même dans toute sa gloire n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui dans les champs et qui demain sera jeté au four, » (v.27) à combien plus forte raison, ne donnera-t-il pas un petit local à son église qui est son peuple, qu’il a racheté au prix de la vie de son Fils. La situation que nous traversons est une épreuve pour notre foi. Serons-nous des « gens de peu de foi » (v.28) au travers de ses circonstances ?

Quand nous sommes saisis par l’inquiétude, même s’il elle est liée à des circonstances externes, nous sommes responsables de la manière dont nous la gérons. Martyn Lloyd-Jones écrit dans son livre sur la dépression spirituelle : « Avez-vous réalisé que la plus grosse partie de votre malheur dans la vie vient du fait que vous vous écoutez vous-mêmes au lieu de vous parler à vous-mêmes ? » Oui, nous nous laissons bien souvent guider et maîtriser par nos émotions, par nos ressentis, alors que nous pouvons avoir l’attitude de David dans le Psaumes 42 et 43 : « Pourquoi t'abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ; Il est mon salut et mon Dieu. » David se prêche à lui-même, il rappelle à son âme, à son cœur, à son esprit qui est Dieu. Nous pouvons nous aussi parler à notre âme, pour lui rappeler la providence de Dieu et la souveraineté de Dieu sur ces circonstances. Souvenez-vous de ce qu’il a déjà fait dans votre vie. Oui nous l’affirmons avec force et avec foi : rien, rien, rien n’échappe à la souveraineté de Dieu, rien n’échappe à son contrôle. Dieu n’est jamais surpris par ce qui arrive. Alors ne soyons pas inquiet.

L’antidote à l’inquiétude, c’est la confiance en Dieu et en sa souveraineté.

Voilà la 2e clé que Jésus nous donne.

3/ En vivant dans la perspective de l’éternité (v.31-34)

Nous allons voir dans une 3e partie que Jésus poursuit ce discours avec un troisième moyen de combattre l’inquiétude dans notre vie, c’est de s’attacher aux choses éternelles, de replacer notre vie dans la perspective de l’éternité, et de vivre notre vie en investissant dans le royaume de Dieu, qui durera éternellement et qui ne sera jamais détruit. Jésus nous propose de remplacer notre inquiétude par de saines préoccupations, qui auront un poids éternel de gloire (2 Corinthiens 4.18) « parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. »

Ceux qui vivent sans Dieu s’inquiètent sur cette terre parce que leur monde se limite au monde visible, au monde matériel. Mais ils ne s’inquiètent pas de ce qui est invisible, le monde spirituel. Pourtant, ils feraient mieux de s’inquiéter de leur destinée éternelle et de se tourner vers Dieu pour être réconcilié avec Lui, pour ne pas terminer comme le riche insensé.

Ceux qui ont placé leur foi en Dieu et dans l’œuvre de Jésus à la croix pour le pardon de leurs péchés, sont invités à « chercher en premier le royaume de Dieu » (v.31). Voilà quelle doit être la saine préoccupation du chrétien : chercher à faire progresser le règne de Dieu. Et son royaume progresse quand des âmes sont « délivrés de la puissance des ténèbres [le monde] et sont transportés dans le royaume de son Fils bien-aimé [Jésus], en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés » (Colossiens 1.13-14).

C’est cela qui doit être notre préoccupation principale. Dieu ne veut pas que l’on perde notre temps à chercher du confort matériel dans un monde éphémère. Quelle tristesse sera la nôtre lorsque nous réaliserons au ciel que nos pensées et nos préoccupations concernaient les choses terrestres, bien loin de l’œuvre que Dieu nous a confié de faire connaitre au monde la bonne nouvelle du salut, et de faire de toutes les nations des disciples. Le reste est secondaire. Et tout le reste (les choses matérielles) nous sera donné par-dessus. (v.31)

Regardons l’exemple de Salomon. Lorsqu’il est devenu roi après son père David, Dieu Lui est apparu en songe et lui a dit « Demande ce que tu veux que je te donne ? » (1 Rois 3.5). Qu’auriez-vous répondu à cette question ? Probablement par ce qui est une source de préoccupations pour vous aujourd’hui : un emploi, une maison plus grande, un local pour l’église. Salomon a répondu « de la sagesse et de l’intelligence pour juger le peuple avec justice » (1 Rois 3.9). Cela plut à Dieu qui lui donna ce qu’il demandait et dit aussi : « Je te donnerai, en outre, ce que tu n'as pas demandé, des richesses et de la gloire, de telle sorte qu'il n'y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton pareil. » (1 Rois 3.13)

Je ne suis pas en train de prêcher un évangile de la prospérité. Ce que je dis c’est que si l’on s’occupe des choses de Dieu, du royaume de Dieu, il s’occupera de nous.

Jésus rassure ses disciples. Vous êtes un petit troupeau, vous êtes peu nombreux, vous êtes comme des brebis au milieu des loups (Matthieu 10.16). Mais Dieu a trouvé bon de vous donner le royaume en héritage, et ça doit vous suffire. Et Jésus se présente comme le berger qui conduit et qui prend soin de son troupeau. C’est également ce qu’il dit à l’église Lyon Gerland : Ne crains pas petit troupeau de savoir dans quel local tu te réuniras en juillet, car Dieu a trouvé bon de te donner le royaume. Il nous donne l’assurance que nous passerons l’éternité dans sa présence. Que voulons-nous de plus ? Ça ne veut pas dire que l’on ne cherche pas une issue à notre situation. Nous ne sommes pas en train d’attendre la bouche ouverte qu’une solution nous tombe tout cru dans le bec. On s’active en coulisse pour trouver un local, et nous avons eu l’occasion de prier et de jeûner en église pour ce sujet. Mais nous nous efforçons de ne pas nous inquiéter pour des considérations matérielles.

Il reste la difficulté du verset 33. Ces verbes sont des impératifs (vendez, donnez), pour autant il me semble qu’il ne faut pas les comprendre comme des absolus, mais comme des encouragements. Ne craignez pas d’agir ainsi si c’est dans l’intérêt du royaume. Soyez prêt à vous dépouiller, soyez prêt à renoncer aux biens matériels, si c’est dans l’intérêt de l’œuvre de Dieu. Par ce détachement des biens matériels nous manifestons que notre vrai trésor est d’ordre spirituel, et que c’est la vie éternelle.

Certains croyants de l’église primitive ont manifesté de manière très concrète là où était leur cœur et leurs priorités. Certains ont vendu leurs biens pour répondre aux besoins de ceux qui n’en avait pas (Actes des Apôtres 2.44-45, 4.32-37).  Mais ce commandement du verset 33 n’est pas une interdiction de posséder, comme certains l’ont pensé dans l’histoire du christianisme. Quand Ananias et Saphira ont menti sur le prix auquel ils avaient vendu leur champ en Actes 5, l’apôtre Pierre (qui avait reçu l’enseignement de Jésus que nous lisons en Luc 12) leur a répondu en leur signifiant clairement qu’ils n’avaient pas été obligé de vendre leur champ. La vente et la mise en commun des biens dans l’église primitive, étaient optionnelle. Il n’y avait pas d’impératif à le faire.

Et notez également que Jésus parle ici à des gens qui ont déjà le royaume. Il n’est donc pas question dans ces 2 derniers versets de mérites personnels qui ouvriraient les portes du ciel. Ces bonnes œuvres n’ont aucun impact en ce qui concerne le salut, mais elles découlent de notre attachement à Dieu et elles témoignent de nos nouvelles priorités quand nous faisons parti de son royaume. Nos priorités et nos préoccupations témoignent de là où est notre cœur. « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (v.34).

Jésus nous invite et nous encourage à investir dans le service de l’œuvre du Seigneur, car c’est un investissement durable, éternel et indestructible. Nous sommes appelés à investir dans le royaume, et l’expression visible du royaume de Dieu sur terre, c’est l’église, qui n’est pas un bâtiment, mais qui est le peuple de Dieu, l’assemblée des sujets du royaume. Investir dans le royaume, cela veut dire mettre notre vie au service de Dieu et de son église, que ce soit par nos dons (dons musicaux, dons d’organisation etc …), nos compétences, notre temps ou notre argent, car tout cela nous vient de Dieu.

En conclusion nous allons revenir à la question que je posais en introduction :

- Comment gérez-vous le stress dans votre vie ?

- Est-ce que vous gérez votre anxiété par des techniques de respiration ou de développement personnel, par du sport, ou des médicaments ?

Tout ce que je viens de citer, ce sont des traitements symptomatiques qui peuvent apporter une aide mais qui ne le résolvent pas en profondeur. Et vous savez en médecine on veut toujours agir sur la cause de la maladie, parce qui si on traite la cause, la maladie disparait.

Si vous alliez voir un médecin parce que vous souffrez de la tuberculose : vous toussez depuis des mois, vous avez de la fièvre, vous crachez du sang, vous avez perdu du poids. Si le médecin vous donne pour seul traitement un sirop contre la toux, vous seriez content de ne plus tousser, mais la maladie serait toujours là, en train d’épuiser vos forces et votre corps. Alors que vous pourriez guérir si le médecin faisait le bon diagnostic et qu’il vous donnait le traitement spécifique contre la bactérie à l’origine de cette maladie (qui est le Mycobacterium tuberculosis).

Vous trouverez des milliers de conseils et de traitements symptomatiques contre le stress, l’anxiété, et l’inquiétude. Mais si la source du problème est spirituelle (un manque de foi et de confiance en Dieu), le traitement doit aussi être spirituel.

Et ce traitement contre l’anxiété que propose Jésus, commence en devenant disciple de Jésus, en étant réconcilié avec Dieu le Père pour l’éternité, par le pardon qu’il nous offre pour nos fautes, grâce à l’œuvre que Jésus a opéré sur la croix.

Et Jésus enseigne dans ce discours à ceux qui sont ses disciples, que lorsque l’inquiétude pointe à la porte, nous pouvons la combattre (1) en nous souvenant de qui est Dieu, ce Père généreux qui prend soin de nous et qui pourvoit à tous nos besoins, (2) en se souvenant avec foi que nous pouvons avoir confiance en sa souveraineté sur les circonstances, et enfin (3) en remplaçant notre inquiétude par de saines préoccupations, en investissant dans les réalités éternelles et durables, en vivant aujourd’hui notre vie dans la perspective de l’éternité.

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