Fuyez l'inconduite !

Par Alexandre Sarranle 16 juin 2019

« Si les personnes sont adultes et consentantes, je ne vois pas où est le mal à se faire du bien ! » Voilà, en une phrase, comment on pourrait résumer, à peu près, la morale sexuelle de beaucoup de gens aujourd’hui.

Et c’est ce puissant message, un message plutôt attirant et persuasif, même, qui est véhiculé sans relâche par plein d’émissions de TV et de radio, par plein de journaux et de magazines, par plein de publications sur les réseaux sociaux, par plein de sites internet et de blogs, par plein de paroles de chants populaires et de clips de musique, et surtout, par plein de séries télévisées dont nous nous gavons grâce aux merveilleuses plateformes de streaming (ou de vidéo à la demande) qui ont pris le pouvoir dans nos maisons et dans nos emplois du temps.

« Si les personnes sont adultes et consentantes, je ne vois pas où est le mal à se faire du bien ! » Qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous êtes d’accord ? Est-ce que vous êtes tenté d’être d’accord ? Est-ce que vous n’êtes intuitivement pas d’accord, mais vous ne savez pas vraiment comment répondre à ce point de vue ?

Aujourd’hui, on va aborder un passage intéressant mais difficile—ou plutôt, délicat. C’est un passage qui parle d’immoralité sexuelle, que la Bible appelle aussi inconduite, débauche, fornication, ou encore dans certaines vieilles traductions : « paillardise ». (Peut-être que pour détendre l’atmosphère je devrais utiliser le mot paillardise tout au long de cette prédication).

Et j’ai conscience qu’aujourd’hui, le lendemain de la marche des fiertés qui a réuni quelques milliers de personnes à Lyon sur la place Bellecour, la lecture biblique que je vais faire dans un instant peut nous mettre mal à l’aise. N’empêche que c’est dans la Bible, et à ce titre, on devrait au moins s’y intéresser. Si en plus, on croit que la Bible nous a été donnée de la part de Dieu pour notre instruction dans la foi, alors il n’est pas question de sauter les passages qui nous mettent mal à l’aise.

Dans ce passage, donc, vous allez voir que l’apôtre Paul conclut toute la première partie de sa lettre, où il a passé du temps à dénoncer et à corriger les défauts des chrétiens de Corinthe. Ils sont divisés, arrogants, indisciplinés, immatures et égocentriques ; et maintenant pour terminer, Paul veut revenir un peu plus en détail sur quelque chose qu’il a déjà mentionné, à savoir, l’inconduite qui était présente et pratiquée dans l’église.

Paul va pointer le problème, c’est que les chrétiens de Corinthe ne luttent pas avec beaucoup de conviction contre le mal (en général) dans leur vie et dans leur église, et notamment contre l’inconduite. Et il veut leur adresser ce message tout simple : c’est qu’un chrétien authentique ne devrait avoir aucune complaisance pour l’immoralité sexuelle !

Ma foi et le péché (v. 9-11)

L’apôtre Paul commence par souligner un principe fondamental, qui devrait nous sembler être une évidence : c’est qu’il y a un gros problème si on vit dans la pratique du mal, tout en se disant chrétien.

Paul dit que les « injustes » n’ont pas de place dans le royaume de Dieu, et il explique ce qu’il veut dire en donnant des exemples de gens qui ont certaines pratiques : les débauchés (pornoi), ce sont ceux qui ont des relations sexuelles en-dehors du mariage ; les idolâtres, ce sont ceux qui adorent quelque chose d’autre que le vrai Dieu ; les adultères, ce sont ceux qui sont mariés et qui trompent leur conjoint ; les dépravés et les homosexuels, ce sont deux termes en grec qui désignent les deux partenaires masculins d’une relation homosexuelle ; les voleurs, c’est facile à comprendre ; les cupides, ce sont littéralement des « convoiteurs », ceux qui convoitent, qui désirent ce qui ne leur appartient pas ; les ivrognes, ce sont les gens qui s’enivrent ; les insulteurs, ce sont les gens qui blessent les autres par des paroles méchantes ; et les accapareurs, ce sont les requins insatiables, les fourbes avides d’argent, peut-être une référence aux gens qui « dépouillaient » les autres (1 Co 6.8).

Paul énumère donc tous ces « péchés » (des pratiques qui sont contraires à la volonté morale de Dieu), mais ce n’est pas une liste exhaustive. C’est la liste des péchés qui concernent en particulier les chrétiens de Corinthe.

Et Paul n’est pas en train de dire que ceux qui ont déjà commis ce genre de péché n’ont aucune chance d’entrer au paradis. Puisqu’il dit juste après qu’un chrétien, c’est quelqu’un qui, justement, a pu pratiquer ces choses mais qui a été lavé (rendu pur), sanctifié (consacré à Dieu), et justifié (rendu juste aux yeux de Dieu). Ce que Paul veut dire, par contre, c’est qu’il est impossible à la fois de vivre en pratiquant ces choses-là et d’être sauvé. Par un effet de style, Paul est en train d’obliger ses lecteurs à se positionner entre les versets 9-10 (les injustes) et le verset 11 (les justifiés).

C’est comme si vous étiez en train de faire la queue pour entrer dans un stade ou dans une grande salle de concert, et que le service de sécurité s’adresse à la foule qui attend dehors : « Mesdames-messieurs, ne vous y trompez pas : nous vous rappelons que toute personne en possession d’un objet tranchant, d’un objet en verre, d’une bouteille de plus de 50 centilitres, d’une bouteille avec un bouchon, d’un engin pyrotechnique, d’un parapluie à manche métallique, d’une batterie externe ou d’un quelconque objet susceptible de servir de projectile, de constituer une arme ou de mettre en péril la sécurité du public se verra refuser l’entrée au match ou au spectacle. Et c’est là ce que plusieurs d’entre vous aviez sur vous, mais vous avez été prévenus bien à temps, et vous avez eu la possibilité de passer aux poubelles ou à la consigne. » L’annonce publique vous oblige à vous examiner vous-mêmes. Et normalement c’est bon. Mais si vous avez dissimulé un objet interdit dans la poche intérieure de votre manteau, vous êtes censé comprendre que ce n’est pas du tout acceptable et que vous êtes un intrus, un imposteur dans cette foule. Et que vous n’allez pas pouvoir entrer.

Et de même dans notre texte : il y a un gros problème si on vit dans la pratique du mal, tout en se disant chrétien. Ce n’est pas du tout acceptable, et en fait, on ne va pas pouvoir entrer. Le texte nous oblige à notre tour à nous examiner et à nous positionner. Et le choix n’est pas entre « être parfait » et « être perdu », mais plutôt entre « vouloir lutter contre ce que Dieu désapprouve dans ma vie », et « ne pas vouloir vivre en conformité avec l’œuvre de Dieu », ce qui va révéler en fait ma vraie relation à Dieu—et donc à son royaume.

Ça, c’est donc le premier point. Est-ce que je suis déterminé aujourd’hui au moins à appeler « péché » et injustice ce que Dieu appelle « péché » et injustice ? L’adultère et le vol ? Facile ! Les insultes et l’ivrognerie ? Mouais… La convoitise et l’avidité ? OK. L’idolâtrie et la débauche ? Je peux faire un effort. Et les relations homosexuelles ? Hum, ce n’est pas évident de nos jours. Mais si ces choses sont « injustes » selon Dieu : en tout cas en tant que chrétien, est-ce que je suis déterminé à abandonner ces pratiques et à lutter contre ces pratiques dans ma vie ? Parce qu’il y a un gros problème si je vis dans la pratique du mal, tout en me disant chrétien.

Ma foi et le corps (v. 12-14)

La deuxième chose que l’apôtre Paul veut nous faire comprendre, c’est que la perception chrétienne de la sexualité doit être conditionnée par le fait que Dieu veut nous sauver tout entiers.

Paul va parler spécifiquement de l’inconduite, mais pour ça, il doit nous parler de la place de notre corps par rapport à notre foi. Et pour bien comprendre ce que dit Paul ici, il faut comprendre que les chrétiens de cette époque étaient influencés par une hérésie qu’on appelle le gnosticisme, et qui disait, en gros, que le salut, c’est un truc essentiellement spirituel. Dieu est esprit, et il nous a sauvés en esprit, et finalement, le salut consiste surtout à être délivrés du monde matériel, y compris de notre corps qui appartient à ce monde matériel. Et si c’est le cas, alors ça veut dire que ce qu’on fait de son corps est tout simplement indifférent. « On peut coucher avec qui on veut, quand on veut, comme on veut : qu’est-ce que ça fait ? Puisque de toute façon tout ça va disparaître ! »

Et c’est cette vision des choses qui influençait les chrétiens de Corinthe dans leur compréhension de la « liberté chrétienne ». Ils se disaient : « Dieu nous a lavés en esprit, sanctifiés en esprit, justifiés en esprit, c’est bon ! On est sauvés en esprit ; on peut faire ce qu’on veut de notre corps qui de toute façon sera détruit. Tout est permis ! »

Mais Paul réfute clairement cette idée. Il dit d’une part : « Oui c’est vrai que les chrétiens peuvent profiter du monde matériel, mais par nécessité, pas pour s’en rendre esclaves ! On est des êtres spirituels et physiques, donc c’est normal de manger, par exemple, et on est libre de manger de tout ce qui existe comme nourriture. Mais on ne devrait quand même pas se rendre esclaves de la nourriture, puisque c’est Dieu notre maître. » (Esclaves par l’absorption de nourriture ou par le refus de son absorption).

Mais d’autre part, Paul affirme quelque chose de plus fondamental encore : il dit que « le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps » (v. 13). C’est-à-dire que Dieu veut sauver les hommes spirituellement et physiquement, et donc que notre corps est important pour Dieu, et pas seulement notre esprit ! La preuve ? Dieu va nous ressusciter au dernier jour pour qu’on vive éternellement, corps et âme réunis (v. 14). C’est dire que notre corps est important pour Dieu !

Imaginez que pour la fête des pères, vous imprimiez une superbe photo que vous avez prise de votre papa. Vous la faites imprimer par un professionnel, sur un papier haute qualité. Et puis à côté de ça, vous fabriquez vous-même un magnifique cadre photo sur-mesure. Vous prenez un bois noble que vous sculptez vous-mêmes, vous l’ornez, vous le gravez, vous le vernissez. Et vous mettez la photo dedans. Le jour venu, votre papa reçoit votre cadeau, et imaginez qu’il vous dise « Ah quelle photo magnifique ! » Et qu’il enlève la photo du cadre et qu’il jette le cadre à la poubelle. Ou à l’inverse, imaginez qu’il vous dise : « Quelle cadre photo magnifique ! » Et qu’il jette la photo à la poubelle ! Vous seriez un peu… déçu, non ? Parce que les deux vont ensemble, les deux sont inséparables, les deux sont importants pour vous, les deux ensemble sont le cadeau que vous vouliez faire à votre papa (et non deux cadeaux).

Et de même, l’être humain est unifié. Chacun de nous est un être humain corporel et spirituel. Dieu nous a créés comme ça, et il veut nous sauver comme ça. Ce qui veut dire que la perception chrétienne de notre corps, et de l’usage qu’on va faire de notre corps, et donc de la sexualité, doit être conditionnée par le fait que Dieu veut nous sauver tout entiers. On ne peut pas faire n’importe quoi de notre corps en tant que chrétiens. « Le corps n’est pas pour la paillardise » (v. 13) !

Et ça, c’est le deuxième point. Est-ce que j’ai conscience que mon corps est important pour Dieu ? Si mon corps est important pour Dieu, je devrais peut-être chercher auprès de Dieu à savoir quel usage de mon corps est conforme à son intention, et quel usage de mon corps va, au contraire, insulter celui qui a créé mon corps (et qui veut aussi le sauver). Est-ce que, du coup, je suis déterminé à honorer Dieu dans mon corps, par toutes les pratiques que je vais faire dans mon corps ou à mon corps (vivant ou mort), et notamment dans le domaine de la sexualité ?

(Je ne peux évidemment pas, dans une prédication, entrer dans tous les détails ; mais si vous vous posez des questions dans ce domaine, je vous encourage vivement à trouver un conseiller chrétien digne de confiance. Si vous êtes un garçon, parlez-en à un responsable de l’église ou à un homme mûr dans la foi, si possible un homme marié. Vous êtes un jeune garçon ? Parlez-en à votre père s’il est chrétien et si vous vous sentez à l’aise de lui en parler. Si vous êtes une fille, cherchez conseil auprès de votre maman si elle est chrétienne, ou auprès d’une autre femme mariée et mûre dans la foi.)

Ma foi et l’inconduite (v. 15-20)

Mais troisièmement et dernièrement, l’apôtre Paul veut faire une application très précise à la question de l’immoralité sexuelle (ou de l’inconduite). Il veut nous faire comprendre tout simplement que l’immoralité sexuelle chez un chrétien n’est rien de moins qu’une profanation.

Après nous avoir dit que notre corps était important pour Dieu, Paul va plus loin et affirme que le corps d’un chrétien est un membre de Christ (v. 15). Il dit aussi un peu plus loin que le corps d’un chrétien est le temple du Saint-Esprit (v. 19). Quand on lit ça, on est censé trembler un peu.

Paul est en train de faire référence à la nature de la relation qu’un chrétien authentique a avec Jésus. Quelle est cette relation ? C’est une « union mystique », comme on dit en théologie. C’est-à-dire que quand on a la vraie foi en Jésus, on est uni corps et âme à lui. On était perdu, corps et âme. Séparé de Dieu pour toujours à cause de nos fautes. Mais Jésus a accompli ce qu’on ne pouvait pas accomplir : le Fils de Dieu s’est fait homme (corps et âme), il a vécu une vie parfaite, et ensuite il s’est offert volontairement en sacrifice pour payer le prix de nos fautes, et ensuite il est ressuscité corporellement en vainqueur.

En gros, Jésus a fait tout ce qu’il fallait pour nous sauver, corps et âme. Et quand on place sans réserve sa confiance en Jésus, on devient associé à lui dans sa vie, sa mort et sa résurrection, comme si c’était nous qui avions vécu avec lui, qui étions morts avec lui, et qui étions ressuscités avec lui. C’est en vertu de cette « union mystique » qu’on peut être sûr : 1. d’être lavés, sanctifiés et justifiés, 2. que le Saint-Esprit de Dieu habite en nous, et 3. qu’on va ressusciter un jour pour vivre éternellement avec Dieu, corps et âme réunis.

Alors là, je viens de vous décrire un truc incroyable. Le Catéchisme de Heidelberg (un catéchisme protestant du 16ème siècle) décrit cette réalité de la manière suivante, et c’est la toute première question du catéchisme :

« Quelle est ton unique assurance dans la vie comme dans la mort ? C’est que, dans la vie comme dans la mort, j’appartiens, corps et âme, non pas à moi-même, mais à Jésus-Christ, mon fidèle Sauveur… »

Est-ce que vous êtes attachés à Jésus par la foi ? Est-ce que vous aimez Jésus et désirez qu’il vous sauve ? Alors « vous n’êtes pas à vous-mêmes », dit l’apôtre Paul, « car vous avez été rachetés à grand prix » (v. 19-20).

Maintenant, si c’est votre cas, regardez vos mains. Vos bras. Votre ventre. Vos cuisses. Vos genoux. Vos pieds. Tout ça : votre corps est un membre, c’est-à-dire un organe, de Christ ! Et l’Esprit de Dieu habite dedans ! « Prendrais-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d’une débauchée (une femme qui se livre à la débauche, une pornè) ? Certes non ! » (v. 15)

Si je suis chrétien, mon corps est à Christ, et les seules relations sexuelles que Christ veut et permet pour moi, ce sont les relations sexuelles au sein de mon mariage monogame, hétérosexuel, légitimement contracté. Comme il est écrit, depuis le commencement :

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » (Gn 2.24)

Le mariage est le cadre légitime de l’union des deux en une seule chair ; mais l’immoralité sexuelle (porneia), « certes non », ce n’est pas un cadre légitime ! C’est un point que Paul va d’ailleurs développer un peu plus, juste après (ch. 7).

Hier, lors de la marche des fiertés à Lyon, on a pu voir une grande banderole où il était écrit ceci : « PMA [procréation médicalement assistée], GPA [gestation pour autrui], prostitution : nos corps, nos choix ! » C’est un slogan qu’aucun chrétien authentique ne peut scander. Parce que nos corps… « sont les membres de Christ ».

Imaginez donc. Vous êtes chrétien. Vous n’êtes pas encore marié, mais vous fréquentez une personne du sexe opposé. Vous vous rapprochez, vous grandissez en intimité, et un jour ça devient vraiment dur de résister au désir d’aller plus loin. Il est consentant, elle est consentante. Ça ne fera du mal à personne. Ce n’est pas illégal. Ce n’est pas un viol. Ce n’est pas un adultère. « Je ne vois pas où est le mal à se faire du bien ! » Écoute bien, si tu es chrétien : ton corps est un membre de Christ, et Christ n’est pas consentant !

Que ce soit pour des relations sexuelles en-dehors du mariage, pour des relations homosexuelles, pour de la prostitution, pour du libertinage, pour de la cyber-sexualité et de la pornographie… tu te dis peut-être que les gens sont adultes et consentants, mais si tu es chrétien, ton corps est un membre de Christ, et Christ n’est pas consentant.

Je le dis en frémissant, mais ce n’est pas rien de violer Christ.

C’est la raison pour laquelle l’immoralité sexuelle est présentée comme un péché particulièrement grave par Paul dans ce passage. « Celui qui se livre à l’inconduite pèche contre son propre corps » (v. 18), qui est un membre de Christ et le temple du Saint-Esprit.

C’était le dernier point, et pas des moindres. L’immoralité sexuelle chez un chrétien n’est rien de moins qu’une profanation. Est-ce que j’ai cette perception noble, respectueuse, sainte et pure de la sexualité comme d’un don de Dieu notre créateur, qui a fait de nous des êtres sexuels, et qui veut que cette sexualité vienne sceller, célébrer et sublimer l’union, par les liens du mariage, d’un homme et d’une femme pour la vie ? Ou bien la sexualité est-elle devenue à mes yeux banale et vulgaire, indifférente ou sale ou utilitaire, ou juste ludique, un truc inoffensif qui peut satisfaire l’appétit quand on en a besoin ?

Si la Bible semble avoir un discours très sévère contre les péchés sexuels, ce n’est pas parce que la sexualité est un truc horrible ; au contraire, c’est parce que la sexualité est un truc merveilleux destiné à un cadre merveilleux que Dieu a conçu pour sa gloire et pour notre bonheur.

Pour conclure. L’application la plus évidente et la plus pratique de tout ce qu’on a dit se trouve au verset 18 : « Fuyez l’inconduite » ! Fuir, c’est mettre le plus de distance possible entre soi et la source du danger.

Une fois, Suzanne et moi on s’est fait charger par un troupeau de vaches en Haute-Savoie, à flanc de montagne. On était physiquement crevés, mais tout d’un coup, on a miraculeusement retrouvé toute notre vigueur, et même plus ! On a couru sans regarder en arrière et on s’est jeté sous la clôture électrique pour sortir du pâturage et se mettre à l’abri. On voulait fuir. On voulait se mettre en sécurité. On était incroyablement déterminé.

Est-ce que c’est notre attitude vis-à-vis de l’immoralité sexuelle ? Est-ce qu’on considère l’immoralité sexuelle comme étant si dangereuse qu’on va fuir sans regarder en arrière, qu’on va faire tous les efforts pour se mettre à l’abri ?

On l’a vu à travers ce texte : un chrétien authentique ne devrait avoir aucune complaisance pour l’immoralité sexuelle. Est-ce qu’il y a de la complaisance, sinon dans mes actes, peut-être dans mes pensées ou dans mes regards ? Sinon activement, peut-être passivement ? Nonchalamment ? Mine de rien ? Mais quand la dignité des « membres de Christ » est menacée, et du temple du Saint-Esprit, est-ce que je peux me permettre d’être juste indifférent, ou de minimiser le danger, ou de laisser le monde me dire ce qui est important ou banal ?

Encore une fois : ce texte ne nous enseigne pas à être parfaits ! Il nous enseigne à être sensibles aux mêmes choses que Christ notre Seigneur et Sauveur. À aimer ce qu’il aime, et à détester ce qui lui fait offense. Pourquoi ? Parce qu’il nous a rachetés à grand prix, au prix de son agonie sur la croix, au prix de son corps percé et de son sang versé. « Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (v. 20).

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