Servez comme vous êtes

Par Alexandre Sarranle 14 juillet 2019

J’imagine qu’il nous arrive à tous, parfois, de ne pas être satisfaits de notre vie. D’aspirer à quelque chose de plus.

J’ai remarqué que c’était souvent le cas chez des jeunes chrétiens. Ils viennent de se convertir, et tout d’un coup, toute leur vie passée, leur histoire, leur éducation, leur culture, leur famille, leurs études, leur formation professionnelle… tout passe au second plan, et maintenant ils veulent quelque chose de plus pour leur vie. Ils veulent servir Dieu, ils veulent avoir une vie qui compte ! Et ils n’ont pas l’impression de pouvoir faire ça dans les circonstances qui sont les leurs à ce moment-là.

Ou bien vous êtes chrétien depuis longtemps, et vous avez l’impression que vous ne grandissez pas spirituellement, et que ce sont toutes ces préoccupations mondaines qui vous ralentissent dans votre marche avec Dieu : votre métier, vos loisirs, peut-être même votre conjoint et votre vie familiale. Ah là-là, si on pouvait s’élever au-dessus de tout ça ! Si on pouvait s’en détacher !

« Je pourrais tellement mieux servir Dieu—et même tout simplement grandir dans ma foi—si je n’avais pas ce fichu métier ! Ou si j’avais fait des études différentes ! Ou si j’étais français, plutôt qu’étranger ! Ou si j’avais pu grandir dans une famille chrétienne ! Ou si je ne m’étais jamais marié ; mais quelle erreur, quelle erreur ! » Vous voyez, on peut avoir des raisons très spirituelles ou religieuses de ne pas se sentir satisfait de sa vie.

Et au premier siècle, il y avait des chrétiens qui pensaient un peu pareil. Ils se disaient même que ce monde terrestre, matériel, était carrément mauvais. Et que l’idéal pour un chrétien, du coup, c’était de s’en détacher un maximum. Ils avaient donc de la suspicion par rapport à tout ce qui appartenait à l’ordre terrestre, c’est-à-dire à ce bas-monde : par exemple le mariage et les relations conjugales, la culture et les origines ethniques, et le statut dans la société. Ils se disaient que pour être un bon chrétien, il fallait s’élever au-dessus de tout ça, s’en détacher, et devenir un peu comme des anges ou des esprits désincarnés ; mais comme c’est compliqué à faire, eh bien ils le vivaient mal !

Et du coup, ils ont demandé à l’apôtre Paul ce qu’il en pensait. « Est-ce que pour être un bon chrétien, il faut quitter son conjoint pour se consacrer à Dieu ? Est-ce qu’on doit renier ses origines et tout faire pour effacer son passé et pour se détacher de la société ? Et comment faire pour élever son âme, si on est lié professionnellement à des choses bassement matérielles ? » Et la réponse de Paul : « Détendez-vous ! En fait, Dieu vous appelle à le servir précisément là où vous êtes et comme vous êtes. »

Dieu ne veut pas qu’on dévalorise forcément ce qui relève de notre condition terrestre actuelle ; il veut plutôt qu’on investisse notre situation présente pour lui, fidèlement, paisiblement et sans complexe.

Servir Dieu dans sa situation matrimoniale (v. 10-16)

L’apôtre Paul commence par nous parler du mariage. Le mariage est une vocation importante pour Dieu, qu’on doit honorer.

Regardez le texte (v. 10-16). Paul dit aux croyants que s’ils sont mariés, ils ne doivent pas se séparer de leur conjoint, même si le conjoint est non-croyant. Il faut bien comprendre que Paul dit cela à des gens qui voudraient divorcer non pas pour des motifs égoïstes et charnels, mais pour des motifs religieux et spirituels. Ce sont des gens qui pensent que c’est mieux pour un chrétien d’être célibataire (et donc chaste) plutôt que marié. Voilà pourquoi ils voudraient répudier leur conjoint. Mais Paul dit non. Il leur rappelle ce que Jésus a enseigné clairement, à savoir que le lien du mariage ne doit pas être rompu (Mt 19.3-9) ; et il ajoute une précision (qui n’était pas explicite dans les paroles de Jésus), c’est que ce lien est si important que même si on est marié avec un non-croyant, ce n’est pas une raison pour le quitter.

On peut tout-à-fait comprendre ces croyants qui se disent : « Ben on est devenu des chrétiens. Mais notre conjoint ne s’est pas converti. Or on sait très bien ce que dit la Bible sur le fait de ne pas se marier avec des non-croyants. Il y a un monde d’écart entre nous ! Dans la loi de Moïse, les non-croyants sont impurs alors que les croyants sont mis à part pour Dieu. Du coup, puisque Dieu nous appelle à une vie sainte, il faut qu’on se sépare de notre conjoint qui n’est pas saint. »

Mais Paul réfute cette idée. Il dit que le lien du mariage est si fort qu’il « sanctifie » le conjoint non-croyant, c’est-à-dire qu’il le légitime en tant que conjoint d’un croyant. Il ne faut pas le considérer comme impur mais comme saint, c’est-à-dire propre à continuer d’être le conjoint, avec tout ce que cela implique (notamment les relations sexuelles). (En précisant que c’est si on est déjà marié avec lui, puisque d’autres passages montrent qu’il ne faut pas qu’un croyant se marie en connaissance de cause avec un non-croyant, cf. 2 Co 6.14-15 ; Né 13.25-27, etc.)

En passant, il est intéressant de noter que l’argument principal de Paul pour justifier cette position, c’est le statut des enfants. Dans son raisonnement, il présuppose que tout le monde est d’accord sur le fait que les enfants d’un croyant ne sont pas « impurs », même si l’un des géniteurs n’est pas croyant. Il n’a pas besoin de le justifier : tout le monde est déjà d’accord que les enfants d’un croyant doivent être traités comme des membres de la famille de Dieu et non comme des étrangers. Et donc ça veut dire que l’incrédulité du conjoint non-croyant est moins puissante que le lien « allianciel » du mariage (et que la sainteté est plus « contagieuse » que l’impureté !).

Bon, tout ça est un peu compliqué, mais l’idée principale de ces quelques versets, c’est surtout que le mariage est une vocation importante pour Dieu, qu’il faut honorer. Vouloir vivre une vie plus spirituelle ou plus sainte pour Dieu, ça ne justifie pas de quitter, de répudier ou de divorcer de son conjoint, même s’il est non-croyant. Les seules situations d’après la Bible qui permettent à un croyant de divorcer (mais qui ne l’obligent pas !), c’est l’adultère dont on serait victime (Mt 19.9), et l’abandon dont on serait victime (1 Co 7.15), ce qui inclut a fortiori la maltraitance physique dont on serait victime, qui est un abandon poussé à l’extrême.

Bref. Le mariage est un truc super important pour Dieu. C’est un truc que Dieu a inventé lui-même et qui existe depuis avant même qu’on parle de croyants et de non-croyants. C’est un lien solennel qui unit un homme à une femme pour toute la vie. Ce n’est pas un obstacle à la vie chrétienne, au contraire, c’est un cadre propice au service de Dieu (comme il en existe d’autres, de cadres propices au service de Dieu) !

Le mariage, c’est comme le soleil : ça remonte à la création du monde. Et il ne viendrait à l’esprit de personne de dire que le soleil est un obstacle au service de Dieu. On peut très bien servir Dieu au soleil, et on peut très bien servir Dieu… à l’ombre ! Ou en habitant sur la base antarctique Amundsen-Scott, tout près du pôle Sud, où il est possible de passer six mois sans voir le soleil. Et pourtant le soleil c’est génial !

Et le mariage c’est pareil. On peut très bien servir Dieu en étant célibataire. Et on peut très bien servir Dieu en étant marié. Et si on est marié, on ne doit pas le regretter. On ne doit pas dévaloriser son mariage, ni le mépriser, ni le négliger. On doit s’investir dedans pour Dieu. Même si notre conjoint n’est pas encore chrétien. On ne doit pas le quitter, parce que le mariage est important pour Dieu, et qui sait si le conjoint non-croyant ne va pas finir par croire ? Comme le dit l’apôtre Pierre : « [Votre conjoint non-croyant peut être gagné] sans parole, par [votre] conduite, en voyant votre conduite pure et respectueuse » (1 Pi 3.1-2).

Mais si le non-croyant, lui, se sépare, le croyant est libéré de ses engagements ; car qui sait si le conjoint non-croyant va finir par croire ?

Servir Dieu dans sa situation culturelle (v. 17-20)

Donc Paul a commencé par nous parler de notre situation matrimoniale, pour nous montrer que même dans le mariage, on est appelé à servir Dieu là où on est, et comme on est. Ensuite, deuxièmement, il veut nous montrer que notre situation culturelle non plus n’est pas un obstacle à la vie chrétienne. Aux versets 17-20, il nous dit qu’on est tous héritiers d’un passé et d’une culture, et que ce n’est pas grave !

Regardez ce qu’il dit. Il vient de parler du mariage, et maintenant il élargit son propos en établissant un principe de base (qui est un peu la leçon de tout ce passage) : c’est qu’on est tous dans des situations un peu différentes, et qu’on ne doit pas chercher forcément à changer de situation pour Dieu (v. 17). D’ailleurs, c’est ce que Paul ordonne « dans toutes les églises », et Dieu sait que ces églises sont diverses en termes de contextes ethniques, politiques, économiques, religieux et culturels ! Il y a des églises essentiellement composées de personnes riches, d’autres de personnes jeunes, d’autres de Juifs convertis, d’autres de Grecs, etc. Et à toutes, Paul dit : « Détendez-vous, c’est cool ! Vous n’avez pas besoin de forcément renier votre culture pour être fidèle à Dieu ! »

Et Paul prend la circoncision comme exemple emblématique de marqueur culturel. Il dit : « Si tu étais circoncis, c’est-à-dire juif, quand tu t’es converti à Christ, c’est cool ! Ne renie pas cet héritage, ne fais pas semblant de ne pas avoir ce passé et cette culture. Et si tu n’étais pas juif, quand tu t’es converti, c’est cool ! Ne renie pas non plus ta culture, et ne va pas chercher maintenant à ressembler à un Juif ! » Et Paul explique pourquoi : c’est parce que ces choses-là ne sont pas déterminantes dans notre relation à Dieu et dans notre vocation chrétienne. La circoncision ou l’incirconcision ? Peu importe (v. 19). Ce qui compte, c’est l’observation des commandements, c’est-à-dire la vraie foi en Dieu, une foi personnelle et vivante qui est fondée sur les saintes Écritures, et qui se traduit par des actes. Cette fidélité à Dieu transcende la culture, en fait !

C’est comme si vous arriviez dans un nouveau pays et que vous demandiez la naturalisation. Dans un pays civilisé ordinaire, on vous dirait : « OK, voici une présentation des valeurs de notre pays, voici quelques examens qu’on va vous faire passer pour vérifier que vous connaissez la langue et les lois du pays, et voici les engagements que vous devrez prendre qui concernent votre respect des lois, et votre amour et votre solidarité avec notre pays. » Mais normalement personne ne vous demanderait de renier votre famille, de modifier vos goûts culinaires, d’éradiquer complètement votre accent étranger, ou de changer de couleur de peau. Qu’est-ce qui compte vraiment ? C’est votre loyauté à votre nouveau pays ; et ça, ça transcende la culture. Et c’est pareil dans le royaume de Dieu. Ce qui compte vraiment, c’est notre loyauté à Dieu ; et ça aussi, ça transcende la culture.

On peut être loyal à Dieu en étant blanc, noir, marron, jaune ou rouge. On peut servir Dieu avec un accent étranger et un sens de l’humour bizarre. On peut le servir efficacement même si on a des tatouages et des piercings. Même si on aime le métal. Même si on a un prénom arabe. Même si on n’a jamais eu son bac. Même si on est végétarien. Même si on est supporter de Saint-Étienne. Même si on est baptiste ! Parce que la circoncision et l’incirconcision, ce n’est rien ; ce qui compte, c’est l’observation des commandements de Dieu.

Bien sûr, la loyauté à Dieu peut avoir des conséquences parfois très importantes au niveau pratique dans notre vie. Il peut y avoir des habitudes qui doivent changer, des choses qu’on serait peut-être tenté d’excuser comme étant seulement « culturelles » mais auxquelles on doit quand même renoncer parce qu’elles contredisent les commandements de Dieu.

Mais globalement, on est tous héritiers d’un passé et d’une culture, et pour Paul ce n’est pas grave ! On peut assumer pour Dieu qui on est et d’où on vient ; et l’église doit être prête à assumer à son tour cette diversité dans l’amour.

Servir Dieu dans sa situation socioprofessionnelle (v. 21-24)

Paul nous a parlé de notre situation matrimoniale ; il nous a parlé de notre situation culturelle ; pour nous montrer que fondamentalement, on est appelé à servir Dieu là où on est, et comme on est. Et maintenant, dernièrement, il nous parle de notre situation socioprofessionnelle, et il nous dit que quelle qu’elle soit, cette situation, qu’on soit en haut ou en bas de l’échelle sociale, notre situation n’est pas à rejeter, mais à relativiser.

Regardez encore le texte, et rappelez-vous que le souci de Paul c’est qu’on ne soit pas dans l’insatisfaction ou le rejet par rapport à notre condition terrestre actuelle, mais plutôt qu’on investisse notre situation présente pour Dieu. Et au verset 21, il prend un exemple emblématique encore une fois : l’exemple d’un esclave. « Si tu es esclave et que tu es chrétien, ne t’inquiète pas ! Esclave ou pas, tu vas servir le Seigneur de toute façon. Bien sûr, si tu peux devenir libre, vas-y ! Mais si tu ne peux pas, ne t’inquiète pas pour ça—de toute façon tu appartiens à Jésus. »

Esclave ou libre, le croyant a de toute façon été racheté à un grand prix, pour une vocation exceptionnelle qui consiste à servir Dieu. Qu’on soit tout en haut ou tout en bas de l’échelle sociale, si on est un être humain, de toute façon on est fondamentalement à égalité devant Dieu. « Il n’y a pas de distinction [entre les hommes] : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », dit Paul dans un autre passage, « et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption [rachat] qui est dans le Christ-Jésus » (Rm 3.23-24).

Ça veut dire qu’esclave ou propriétaire d’esclave, de toute façon, par nature on est séparé de Dieu et on est destiné à vivre éternellement éloigné de lui (ce qui est horrible). Mais Jésus s’est livré lui-même à l’agonie de la croix, comme rançon pour racheter tous ceux qui lui font confiance. Du coup, tous ceux qui croient en lui, indépendamment de leur situation socioprofessionnelle (ou matrimoniale ou culturelle) connaissent un changement de statut devant Dieu absolument radical, et un changement de destinée dans l’éternité absolument radical lui aussi. De perdu, on devient sauvé. De mort spirituellement, on devient vivant spirituellement. D’ennemi de Dieu, on devient enfant de Dieu.

Voilà ce que Paul veut dire quand il dit que les croyants ont été « rachetés à grand prix » (v. 23). Par conséquent, on appartient à Dieu, il est notre Sauveur et notre Maître bienveillant, et on veut le servir lui par-dessus tout autre chose. Finalement, je peux assumer sans insatisfaction, sans inquiétude, sans regret ou détresse, ma situation socioprofessionnelle parce qu’il y a quelque chose de beaucoup plus important dans ma vie : c’est l’appel que Dieu m’a adressé à le servir, lui !

C’est comme si je me disais : « J’ai perdu mon portefeuille, c’est embêtant, mais ce n’est pas grave, parce qu’un ami m’a offert des vacances de rêve aux Seychelles. » Ou bien : « Je me suis cassé une jambe, ça fait mal, mais ce n’est pas grave, parce que je viens d’apprendre que mon cancer était guéri. » Ou bien encore : « J’ai eu une mauvaise note à mon examen, je suis déçu, mais ce n’est pas grave, parce que je viens de retrouver mon père après trente ans de séparation. »

Et donc qu’on soit en haut ou en bas de l’échelle sociale, notre situation n’est pas à rejeter, mais à relativiser, nous dit Paul. Si nous sommes croyants, nous avons été rachetés à grand prix, et nous avons reçu un saint appel (2 Tm 1.9). Si notre situation socioprofessionnelle peut progresser et s’améliorer, tant mieux ! Mais que cela ne devienne surtout pas une condition préalable pour servir Dieu.

Si tu es encore à l’école primaire, par exemple, ou au collège ou au lycée, tu peux déjà placer toute ta confiance en Jésus, et tu peux déjà servir Dieu là où tu es, en parlant de lui à tes amis par exemple, et en apprenant tes leçons.

Si tu es étudiant, c’est pareil, et il existe un certain nombre de groupes d’étudiants chrétiens qui sont là pour t’encourager et te donner (en plus de ton église) des opportunités de service.

Si tu es au chômage, sache que ce n’est pas le cas pour Dieu ; il t’a embauché pour lui et tu peux le servir alors même que tu cherches un emploi ; si tu as du temps, investis-le dans ton église par exemple.

Si tu es un employé dans une entreprise, ou si tu es le patron de cette entreprise, dans les deux cas, là où tu es, Dieu t’appelle aussi à le servir, notamment en traitant avec dignité les collaborateurs et les clients, et en assumant ton travail avec honnêteté et dévouement, au nom du Seigneur.

Les parents au foyer, c’est pareil : tout votre investissement auprès de vos enfants en particulier, c’est une façon exceptionnelle de servir Dieu.

Et les retraités, vous avez de l’expérience et du temps à investir pour Dieu : de l’expérience à partager avec les plus jeunes, et du temps à passer dans la prière ou à consacrer à l’église.

« Vous avez été rachetés à un grand prix », dit Paul, « ne devenez pas esclaves des hommes », c’est-à-dire de tout ce qui est secondaire dans votre vie, mais plutôt servez Dieu avant tout autre chose, dans la situation où vous vous trouvez maintenant.

On peut donc voir ce que Paul veut nous faire comprendre dans tout ce passage. Dieu ne veut pas qu’on cherche forcément à changer notre condition terrestre actuelle ; il veut plutôt qu’on investisse notre situation présente pour lui, fidèlement, paisiblement et sans complexe. C’est ce que Paul veut dire quand il répète par trois fois, en reformulant quelque peu, cette exhortation : « Que chacun demeure devant Dieu dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé » (v. 17, 20, 24). Ce n’est pas un ordre absolu, mais c’est un principe essentiel : Dieu vous appelle à le servir précisément là où vous êtes et comme vous êtes.

Imaginez que vous vous présentiez à un casting pour jouer dans un grand film. Vous faites votre petit numéro avec toutes vos particularités à vous : votre apparence physique normale, votre démarche naturelle, votre élocution habituelle… Et vous êtes pris ! Maintenant, ce serait assez absurde de vous dire : « Eh bien maintenant que j’ai été pris, je vais faire tous mes efforts pour ressembler à Brad Pitt, parce que c’est sûrement ça qu’on attend de moi, c’est comme ça que je serai un bon acteur ! » En fait, si vous avez été choisi, c’est parce que c’est vous qu’on voulait, tel que vous êtes.

Et Dieu aussi, en quelque sorte, est en train d’écrire une grande histoire. Ce monde, du début à la fin, et jusque dans l’éternité, c’est son projet, et dans son projet, il veut toutes sortes d’acteurs différents. Il désire cette richesse. Et du coup, on peut être satisfait de notre condition présente, parce que c’est là et maintenant qu’on peut servir Dieu. On n’a pas besoin d’attendre d’être sous de meilleurs cieux pour le faire.

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