L'intérêt supérieur de l'Évangile

Par Alexandre Sarranle 11 août 2019

Quand on croit vraiment à quelque chose, d’habitude ça se voit.

José Bové est un député européen qui croit vraiment à l’écologie ; c’est pour cette raison qu’il s’est manifestement engagé, tout au long de sa vie, sur le plan syndical, politique, médiatique, et qu’il est même allé en prison pour avoir démonté un MacDo et pour avoir détruit des plants de riz et de maïs transgénique.

Nasrin Sotoudeh est une avocate iranienne qui croit vraiment aux droits de l’homme ; c’est pour cette raison qu’elle a défendu des membres de l’opposition au régime, et des femmes qui se sont montrées sans voile en public, et qu’elle a été, par conséquent, deux fois arrêtée et condamnée à de la prison et à des coups de fouet pour propagande, conspiration et incitation à la débauche. Aujourd’hui elle est derrière les barreaux, séparée de son mari et de ses deux enfants, en train de purger une peine de 33 ans d’emprisonnement.

Quand on croit vraiment à quelque chose, d’habitude ça se voit. Et nous, est-ce qu’on croit vraiment… à l’évangile ?

L’évangile, étymologiquement, ça veut dire « bonne nouvelle », et c’est la « bonne nouvelle » qui concerne la personne et l’œuvre de Jésus. Et cette bonne nouvelle, c’est que « Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » (1 Co 15.3-4). Autrement dit, Jésus est venu de la part de Dieu dans notre monde pour nous sauver par sa mort et sa résurrection. Il a fait ça pour que tous ceux qui lui font confiance soient délivrés des liens du mal et de la mort et qu’ils reçoivent l’assurance d’être réconciliés avec Dieu pour toujours, dans cette vie et dans l’au-delà.

Est-ce qu’on y croit vraiment ? Est-ce qu’à l’Église Lyon Gerland, on croit vraiment à l’évangile, au point que ça se voit, en pratique, dans nos choix et nos priorités ? C’est la question qui est soulevée dans le texte qu’on va lire dans un instant.

L’apôtre Paul est en train d’exhorter ses destinataires (les chrétiens de Corinthe) à faire quelque chose de difficile : renoncer à certains de leurs droits dans le but d’encourager les autres dans la foi. Mais le problème, c’est que Paul sait qu’un certain nombre d’entre eux contestent son autorité et son influence dans leur église. Ils résistent à son enseignement, et refusent de lâcher leurs privilèges.

Du coup, Paul va maintenant parler de lui-même assez longuement, et son but en faisant ça, ce n’est pas d’attirer l’attention sur lui, mais c’est de les renvoyer indirectement à leur propre cœur. Pour le dire simplement, il va parler de lui dans le but de les humilier par son exemple—ou au moins de les faire réfléchir. Ah, ils ont du mal à renoncer à certains de leurs droits ? Eh bien qu’est-ce qui les motive vraiment au fond : l’évangile, ou leurs intérêts personnels ?

Et la leçon que Paul veut leur transmettre (et à nous par la même occasion), c’est que si on croit vraiment à l’évangile, alors la cause de l’évangile devrait, en pratique, occuper une place extrêmement importante dans notre vie. Au-dessus même de nos intérêts personnels. C’est ce que j’ai appelé « l’intérêt supérieur de l’évangile ».

Un soutien nécessaire (v. 1-14)

Pour commencer, Paul nous parle d’un soutien nécessaire (v. 1-14). Si l’évangile est un message si important, on devrait avoir envie d’en soutenir financièrement la diffusion. Paul consacre une partie importante de ce passage à démontrer qu’il est normal que les chrétiens paient (ou rémunèrent) les gens qui travaillent à la diffusion de l’évangile.

Paul commence par rappeler qu’il est apôtre : c’est un titre et un statut très importants ! C’est aussi une mission et une fonction très importantes. Et parce qu’il est apôtre, il serait parfaitement logique et normal que les chrétiens de Corinthe non seulement se soumettent à son autorité et à son enseignement, mais en plus qu’ils soutiennent sa vocation financièrement. Si Paul est apôtre, c’est qu’il est, au moins, un administrateur de l’église (1 Co 4.1-2), un manager, un cadre supérieur, et c’est quand même bizarre d’imaginer une entreprise où le patron travaillerait de manière bénévole, sans même recevoir le remboursement de ses frais de déplacement !

Mais par une série de questions rhétoriques et d’arguments tirés de l’Ancien Testament et du bon sens, Paul démontre qu’en fait, « le Seigneur a établi comme règle que ceux qui annoncent l’Évangile vivent de l’Évangile » (v. 14), c’est-à-dire que les chrétiens devraient pourvoir aux besoins des gens qui travaillent à la diffusion de l’Évangile, et de leur famille (v. 5).

Alors bien sûr, Paul va aussi dire qu’il n’a pas lui-même usé de ce droit (on va y venir). Mais dans un premier temps, il veut pointer ce qui se passe dans le cœur des Corinthiens. Si Paul se donne tant de mal, dans ce texte, pour montrer qu’il est normal et bon de payer les prédicateurs, c’est parce qu’il y en a un certain nombre chez les Corinthiens qui ne voulait pas le faire. Et pourquoi ? Sans doute parce qu’ils ne sont pas convaincus de l’importance de ce métier.

Normalement, quand on a de l’argent, on le dépense sur des choses qui nous semblent importantes. Et des fois, on n’est pas obligé de payer, mais on le fait volontairement parce qu’on apprécie ce qu’on a reçu. Par exemple, un pourboire dans un restaurant. Une pièce ou un petit billet dans la casquette d’un artiste de rue. Parfois, on a pu bénéficier d’un service gratuitement, et on va commencer à payer parce qu’on veut continuer de bénéficier du service—normalement, parce qu’on apprécie ce service. Les abonnements aux chaînes de TV payantes, ou à certaines revues, ou à certains services bancaires, par exemple.

On est disposé à payer, alors qu’à la base on n’est pas obligé, parce qu’on apprécie le service et qu’on veut le maintenir. Et donc ce que Paul dit aux Corinthiens, c’est : « J’ai semé pour vous des biens spirituels, mais il vous semble excessif que je reçoive de votre part des biens matériels. Ça pourrait sous-entendre que vos biens matériels valent plus pour vous que les biens spirituels que je suis en mesure de vous donner ! Vraiment ? Est-ce que l’évangile, la parole de vie, ne vaut pas pour vous au moins quelques sesterces—pour ne pas dire quelques drachmes ou quelques deniers ? »

Vous voyez comment Paul est en train de pointer un problème qui se trouve dans le cœur des Corinthiens ? C’est qu’ils ne sont pas convaincus, finalement, de l’importance de l’évangile, au point de vouloir dépenser de l’argent pour soutenir des gens qui vont leur enseigner cette parole.

Et si je vous demandais à votre tour combien vous pensez que vaut le service de la parole, c’est-à-dire le travail que réalise un pasteur consciencieux pour expliquer et transmettre le plus fidèlement possible la révélation de Dieu consignée dans les Saintes-Écritures ? Combien seriez-vous prêts à le payer, et pourquoi ?

« Que les anciens [les responsables de l’église] qui président bien, soient jugés dignes d’un double honneur [d’un double salaire], surtout ceux qui prennent de la peine à la prédication et à l’enseignement. Car l’Écriture dit : Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain, et : L’ouvrier mérite son salaire. » (1 Tm 5.17-18)

En fait, ça n’a pas de prix, de faire connaître l’évangile ! Si l’évangile est un message si important, on devrait naturellement avoir envie d’en soutenir financièrement la diffusion. Bien sûr que ça vaut toujours le coût de dépenser des biens matériels si c’est pour semer et récolter des biens spirituels en retour !

D’après une étude qui a été réalisée en 2014, les causes les plus soutenues financièrement en France sont : 1/ la recherche médicale et la santé, 2/ la protection de l’enfance, 3/ l’aide aux personnes en difficulté. Les causes les moins soutenues sont : 1/ le sport, 2/ les mouvements religieux, 3/ la culture (source Le Figaro). Les gens soutiennent plus ou moins ce qui est plus ou moins important pour eux.

Et nous ? Est-ce qu’on croit vraiment à la cause de l’évangile, au point de vouloir soutenir des étudiants en théologie et des pasteurs, avec leur famille, de façon à ce qu’ils soient à l’abri du besoin et qu’ils puissent se consacrer à ce service qui est d’une valeur inestimable ?

Un service volontaire (v. 15-18)

Il y a donc un soutien nécessaire. Mais il y a aussi, deuxièmement, un service volontaire (v. 15-18). Si l’évangile est un message si important, on devrait non seulement avoir envie d’en soutenir financièrement la diffusion, mais on devrait aussi se mettre volontiers à son service. Au service de l’évangile.

Dans le texte, Paul a beaucoup insisté sur le fait que normalement, ses destinataires devraient avoir envie de prendre en charge les besoins matériels des prédicateurs et des pasteurs ; mais il dit aussi que lui-même n’a pas voulu « user de ce droit » (v. 12). Et il donne deux raisons pour cela. D’abord, il n’a pas voulu « créer d’obstacle à l’Évangile », c’est-à-dire qu’il n’a pas voulu qu’il y ait la moindre suspicion sur ses motivations, ni la moindre ambiguïté concernant la gratuité du message de l’Évangile. Il a voulu annoncer gratuitement un évangile vraiment gratuit. C’est la première raison.

La seconde, c’est qu’il se sent déjà satisfait et récompensé, du simple fait d’accomplir sa vocation ! S’il était payé pour annoncer l’évangile, ce serait comme si le fait d’annoncer l’évangile devenait, pour lui, une responsabilité professionnelle, ou une « charge »—mais il ne veut pas ça (v. 17). Pour le dire simplement : Paul a tellement envie d’annoncer l’évangile que si on le payait pour le faire, ça lui gâcherait le plaisir.

C’est un peu compliqué, mais imaginez que l’apôtre Paul soit un babysitter. Vous lui demandez de venir garder vos enfants un soir, et vous lui demandez son tarif. Vous êtes prêts à payer cher, parce que vous avez conscience que vos enfants sont vraiment difficiles à garder. Mais à votre grande surprise, l’apôtre Paul vous dit : « Ah non ! Vos enfants sont tellement adorables que je refuse d’être payé ! C’est un tel plaisir et une telle satisfaction pour moi de les garder que c’est plutôt moi qui devrais vous payer pour pouvoir le faire ! »

C’est ça que Paul veut dire quand il dit qu’il n’a aucun mérite à évangéliser, puisque la « nécessité » lui en est imposée (v. 16). Il ne peut pas s’en empêcher ! « Malheur à moi si je n’évangélise ! », autrement dit : « Il faudrait me payer pour que je n’évangélise pas ! » ou encore : « C’est moi qui serais prêt à payer pour pouvoir évangéliser ! »

Vous voyez que Paul inverse complètement le rapport à cette activité qu’est l’annonce de l’évangile. Il dit que l’évangile est si important que ça devrait être parfaitement naturel de vouloir servir les intérêts de cette cause sans rien espérer en contrepartie. Il est en train de prendre son exemple pour pointer indirectement le cœur de ses interlocuteurs, comme s’il disait : « Et vous ? Quelle est la place de l’évangile dans votre vie ? ». L’évangile est si important que ça devrait être un privilège de pouvoir servir les intérêts de l’évangile.

Quand on y pense, on a tous des activités qu’on aime beaucoup, beaucoup faire ; et je suppose que vous n’avez pas besoin qu’on insiste beaucoup pour que vous les fassiez ! « Allez, fais un effort : écoute ta musique préférée, va faire ton sport préféré, mange ton plat préféré… Voyons, qu’est-ce que je pourrais te donner pour que tu joues à ton jeu préféré avec tes amis préférés dans ton lieu préféré ? » Vous comprenez l’absurdité ? On n’a pas besoin de vous motiver à faire ce que vous aimez faire ; et quand vous le faites, vous ne le faites pas en traînant les pieds et en réfléchissant à ce que vous pourriez en tirer.

De la même façon, Paul nous dit que si l’évangile est un message si important pour nous, on devrait se mettre volontiers à son service. Comme Paul l’a fait. Il ne réfléchit pas à ce qu’il pourrait tirer comme avantage personnel de l’annonce de l’évangile ; il réfléchit plutôt à comment il peut contribuer le plus possible, et sans contrepartie, aux intérêts de l’évangile.

Et les chrétiens de Corinthe, et ceux de l’Église Lyon Gerland, devraient aussi réfléchir à ça. Est-ce que je viendrais plus facilement à l’église si on me payait pour ça ? Est-ce que je m’investirais plus dans la vie de mes frères et sœurs si je pouvais en tirer un intérêt personnel ? Est-ce que je me porterais plus souvent volontaire pour aider à la garderie ou à l’accueil si j’en recevais quelque chose en échange ? Est-ce que je témoignerais plus hardiment à mes voisins et à mes collègues si je recevais une prime de résultat ?

Et si, en fait, mes intérêts personnels étaient insignifiants comparés aux intérêts de l’évangile, qui est une cause incroyablement importante ? Et si prendre part à cette cause, c’était déjà en soi une récompense extraordinaire pour moi ?

Un dévouement salutaire (v. 19-23)

L’évangile, c’est important. Ça implique un soutien nécessaire, et un service volontaire. Mais Paul nous parle aussi, troisièmement, d’un dévouement salutaire (v. 19-23). Si l’évangile est un message si important, on devrait chercher résolument à le rendre audible. Pour que le plus grand nombre de gens puissent être sauvés.

Paul explique dans la dernière partie du texte qu’on a lu, qu’il a accepté de renoncer à plein de choses pour éviter au maximum qu’il y ait le moindre obstacle qui empêche des gens d’entendre et de comprendre l’évangile. Il a respecté les coutumes des Juifs pour ne pas les choquer ; et il a respecté les coutumes des non-juifs pour ne pas les choquer. Bref, il s’est adapté, il s’est mis au service de ces différentes catégories de personnes—et pourquoi ? « Afin de gagner [ou de sauver] le plus grand nombre, et d’avoir part à l’évangile » (v. 19, 20, 21, 22, 23).

Paul cherche résolument à rendre audible, c’est-à-dire compréhensible, intelligible, recevable, le message de l’évangile, parce qu’il sait très bien que ce message est de la plus haute importance et qu’il est « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec » (Rm 1.16).

Paul est en train de faire le lien, ici, avec ce qu’il a dit au chapitre précédent, à savoir que ce n’est pas une mauvaise chose de renoncer à une liberté si c’est pour encourager quelqu’un dans la foi—ou mieux encore, pour encourager quelqu’un vers la foi.

On en parlait la semaine dernière : il y a toutes sortes de choses indifférentes en soi par rapport à notre relation à Dieu—il y a des trucs qu’on est libre de faire ou de ne pas faire. Mais la question que Paul se pose, c’est : « En faisant ou en m’abstenant de ces choses indifférentes, est-ce que je vais ajouter ou enlever des obstacles à la communication de l’évangile auprès de mon prochain ? » Et Paul préfère clairement renoncer à ses intérêts propres si ça peut aider quelqu’un à entendre l’évangile.

Le pasteur Tim Keller écrit ceci, dans son livre Une Église centrée sur l’Évangile : « Si tel ou tel aspect d’une culture donnée ne met pas en péril le message de l’évangile et peut vous rendre plus accessible à vos interlocuteurs, il n’y a aucune raison de ne pas vous adapter à cet élément, par courtoisie et par amour, même si ce n’est pas votre préférence. Autrement, l’évangile pourrait bien, à cause de vous, leur paraître inutilement étranger. » (Center Church, chap. 9, traduction libre)

Autrement dit, les gens pourraient se dire, à cause de nous, que l’évangile n’est pas pour eux.

Paul, lui, s’est vraiment appliqué à s’adapter, dans l’intérêt supérieur de l’évangile ! Et encore une fois, il se prend comme exemple pour renvoyer ses interlocuteurs à leur propre cœur : « Et vous, alors ? Est-ce que l’évangile est si important pour vous que vous allez accepter de vous rendre serviteurs des autres, afin d’en gagner le plus grand nombre ? »

C’est très poignant, en fait, ce que dit Paul ; c’est sûrement la partie la plus poignante de ce passage. Ça me fait penser au film La Liste de Schindler, qui raconte l’histoire vraie d’Oskar Schindler, un homme d’affaires allemand pendant la deuxième guerre mondiale, qui était membre du parti nazi mais qui a été bouleversé par la persécution des Juifs, et qui a alors commencé à dépenser toute sa fortune pour corrompre les nazis et essayer de protéger un maximum de Juifs de la déportation et de la mort. À la fin du film, il n’a pratiquement plus d’argent, et il est en train de parler avec son comptable, Itzhak Stern.

« J’aurais pu en sauver plus… J’aurais pu en sauver plus… – Oskar, vous avez ici les 1100 personnes qui sont vivantes grâce à vous, regardez-les. – Si j’avais fait plus d’argent… j’ai tellement gaspillé d’argent, vous n’avez pas idée ! Si j’avais pu… – Il va y avoir des générations grâce à ce que vous avez fait. – Je n’en ai pas fait assez. – Vous avez fait tellement. – Cette voiture… Goeth m’aurait acheté cette voiture. Pourquoi j’ai gardé cette voiture ? Dix, dix personnes avec ça. Dix personnes… Dix personnes de plus. Cet insigne, deux personnes. C’est de l’or… Deux personnes de plus. Il m’en aurait donné deux pour ça… Au moins une, il m’en aurait donné au moins une, une de plus… Une personne de plus. Une personne, Stern… J’aurais pu sauver une personne de plus… Et je ne l’ai pas fait. »

Et nous, qu’est-ce que nous sommes prêts à faire… « afin d’en sauver de toute manière quelques-uns » ? Est-ce que l’évangile a vraiment saisi notre cœur, au point que nous sommes prêts à offrir nos richesses, nos talents, notre temps, notre confort, nos libertés, nos droits et nos privilèges, afin de sauver une personne de plus ?

C’est là le dévouement salutaire dont parle Paul dans ce passage :

« Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns. » (v. 22)

Si l’évangile est un message si important, on devrait à notre tour chercher résolument à le rendre audible. Non ?

Alors pour conclure rapidement. L’évangile c’est la bonne nouvelle qui concerne la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Jésus, qui de toute éternité était Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, s’est fait homme, il s’est approché de nous pour nous délivrer des liens qui nous retenaient loin de Dieu. Il s’est offert lui-même, il s’est par excellence « rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre ».

Comme il l’a dit lui-même, il est venu « non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Mt 20.28). Il est mort en prenant sur lui le poids de nos fautes, et il est ressuscité en vainqueur sur le mal et sur la mort. Et si on lui fait confiance, on est réconcilié avec Dieu pour toujours !

Est-ce qu’on y croit ? Est-ce qu’on y croit vraiment, au point que ça se voit, en pratique, dans nos choix et nos priorités ? Dans nos dépenses, dans notre emploi du temps, dans notre attitude ?

Tout ce que ce passage a voulu nous dire, c’est que si on croit vraiment à l’évangile, alors la cause de l’évangile devrait, en pratique, occuper une place extrêmement importante dans notre vie. En fait, qu’est-ce qu’il pourrait y avoir de plus important comme cause dans notre vie ?

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