Égaux mais visiblement différents

Par Alexandre Sarranle 29 septembre 2019

On va parler d’un sujet particulièrement sensible aujourd’hui. Il s’agit de la relation entre les hommes et les femmes, particulièrement dans l’Église. Difficile d’aborder ce sujet sans avoir l’impression de marcher sur des œufs, entre d’un côté le féminisme d’aujourd’hui qui s’offense qu’un homme puisse tenir la porte à une femme, et de l’autre côté le machisme qui dénigre les femmes et qui les réduit bien souvent à des objets sexuels ou à des esclaves domestiques.

Alors pour détendre l’atmosphère : c’est l’histoire de deux femmes qui défilent dans une manifestation féministe. Chacune tient une pancarte. La première : « Les hommes sont lâches, égoïstes et immatures ! » La seconde : « La femme est l’égale de l’homme ! »

Et en fait, c’est un très bon point de départ pour nous aujourd’hui. C’est même de la très bonne théologie : hommes et femmes sont égaux en lâcheté, en égoïsme et en immaturité. On est égaux en stupidité, égaux dans le mal, pourrait-on dire. Et ce diagnostic du cœur humain (hommes et femmes confondus), c’est un point essentiel de la Bible et de la pensée de l’apôtre Paul.

Mais il y a autre chose qui est essentiel dans la Bible et dans la pensée de Paul : c’est que non seulement il n’y a pas de ségrégation dans le péché, mais il n’y a pas non plus de ségrégation dans la grâce. Indépendamment de notre sexe (et de notre âge, de notre origine ethnique ou de notre condition sociale), on peut être pardonné de nos fautes et réconcilié avec Dieu, par la foi en Jésus. Ça veut dire que les hommes n’ont pas plus de chances d’être sauvés que les femmes ; ils n’ont pas une longueur d’avance par rapport aux femmes pour aller au paradis.

Et ce concept de notre égalité dans le mal et dans la grâce—qui est un concept biblique—, ça a révolutionné le rapport entre les hommes et les femmes dans l’Église chrétienne, au premier siècle, alors que la société, elle, maintenait justement une forme de ségrégation. Chez les Grecs et les Romains, les femmes avaient un statut inférieur en termes de droits et de privilèges ; mais dans l’Église, les hommes et les femmes avaient un accès égal à Dieu. Et c’est ce qui fait dire à l’apôtre Paul :

« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Christ-Jésus. » (Galates 3.28)

Quelle révolution, et quelle liberté extraordinaire pour les chrétiens ! Un Juif peut prier à côté d’un non-Juif. Un esclave à côté d’un maître d’esclaves. Une femme à côté d’un homme. Le même Saint-Esprit est répandu sur tous. Quelle liberté !

Oui mais. Sous prétexte de liberté, on ne peut pas non plus faire n’importe quoi. Il y a quelque chose de plus important que notre liberté : la gloire de Dieu et l’édification des autres (1 Co 10.23, 31). Et en fait, c’est ce principe que Paul va appliquer à une question précise, qui est celle de la tenue vestimentaire des chrétiens (surtout des femmes) dans les réunions de l’Église.

C’est un passage compliqué et certainement très choquant en surface, mais l’idée principale, c’est que selon Dieu, il y a une égalité, certes, mais aussi une différence entre les hommes et les femmes, et cette réalité devrait être assumée visiblement dans la communauté des croyants.

Une question d’honneur (v. 2-6)

On va prendre les choses dans l’ordre. Vous avez remarqué que pour commencer, Paul félicite les chrétiens de Corinthe, parce qu’ils se souviennent de lui et retiennent ses instructions (v. 2). Il faut se rappeler que Paul est en train de répondre à une lettre que ces gens lui ont écrite. Il est donc sûrement en train de faire référence à quelque chose qu’ils lui ont dit, et j’imagine qu’ils lui ont dit un truc du genre : « Paul, il y a des gens parmi nous qui sont un peu choqués parce qu’il y a des femmes qui se découvrent la tête pendant le culte. Mais nous on se rappelle ce que tu nous as dit, c’est qu’on est libre en Christ, que les femmes sont émancipées en Christ, et même qu’il n’y a plus ni homme ni femme dans l’église : du coup, ce n’est pas grave si les femmes font comme les hommes dans le culte, et prient Dieu la tête non couverte ? »

Et Paul leur dit : « D’abord, bravo, vous retenez bien mes instructions. C’est vrai que les femmes ont accès à Dieu tout autant que les hommes et qu’elles ont toute leur place dans les réunions de l’église. Je veux cependant que vous le sachiez : il y a quand même une différence entre les hommes et les femmes. »

Paul est en train de dire : « C’est vrai qu’il n’y a plus ni homme ni femme, mais en même temps il ne faut pas exagérer. Je n’ai jamais voulu dire qu’en devenant chrétien on arrêtait d’être des hommes et des femmes. Comme si chrétien, ça désignait un troisième sexe ! » Il y a quand même une différence, et cette différence, Paul la décrit… en termes de qui est le « chef » de qui (ou la tête, v. 3).

Alors attention, voilà le genre de langage qui nous choque. Mais Paul n’est pas en train de décrire un rapport de domination ! C’est un rapport de position. Il a plu à Dieu d’attribuer des positions différentes à l’homme et à la femme dans sa création, et il n’y a pas une position qui vaut mieux que l’autre. Si on vous demandait ce que vous préféreriez, vous choisiriez plutôt qu’on vous ampute votre corps ou qu’on vous ampute votre tête ? Donc si Paul dit que l’homme est la tête de la femme, ça ne veut pas dire que l’homme est habilité à dominer sur la femme et à l’exploiter et à la maltraiter, puisqu’une tête ne fait jamais ça à son propre corps, ce serait absurde.

Paul est juste en train de rappeler l’ordre que Dieu a mis dans sa création à l’origine, et c’est juste une façon de dire : un homme ça reste un homme, et une femme ça reste une femme, même quand on est chrétien ! (Et ce n’est absolument pas une différence de valeur, ou de dignité, ou de pouvoir.)

Mais Paul rappelle cet ordre naturel que Dieu a voulu dans sa création, pour qu’on se rende compte de combien ce serait inapproprié que nous, surtout nous les chrétiens, on brouille cette réalité dans nos réunions.

Et d’après Paul, dans le contexte des Corinthiens, un homme qui se couvre la tête pour prier, ou une femme qui se couvre la tête pour prier, ça brouille cette réalité. Pourquoi ? Eh bien les versets 5-6 nous font comprendre qu’il y a quelque chose de complètement inapproprié à faire ça, socialement. Comprenez bien qu’à cette époque, les femmes décentes et honnêtes portaient habituellement, dans la vie quotidienne, quelque chose qui leur couvrait la tête: un voile, un foulard, un châle… Le fait de ne rien porter sur la tête était plutôt perçu comme une vulgarité, voire comme de l’exhibitionnisme. C’est pourquoi Paul dit que c’est une honte pour une femme de se découvrir (v. 6), surtout à l’église ; et inversement, c’est une honte pour l’homme de se couvrir la tête, puisque ça reviendrait à porter un habit de femme.

Donc Paul est tout simplement en train de dire : « Tenue correcte exigée, appropriée aux hommes et appropriée aux femmes. » C’est une question d’honneur.

Vous vous rappelez peut-être la petite polémique qu’il y a eue le 14 juillet dernier autour de la porte-parole du gouvernement, Mme Sibeth Ndiaye. Elle s’est présentée en tribune officielle à côté de plusieurs membres du gouvernement, vêtue d’un T-shirt et d’un pantalon à carreaux rouge et blanc qui ressemble à mon pyjama. On lui a reproché d’avoir déshonoré sa fonction. Elle ne s’est pas habillée de manière appropriée à sa position.

De même, ce texte nous demande d’honorer autant que possible, dans la communauté chrétienne, et notamment à travers notre habillement, notre position d’homme ou notre position de femme. Alors je sais que c’est très relatif tout ça. Mais prenons quelques exemples extrêmes. Sous prétexte de liberté chrétienne, est-ce que ce serait approprié pour moi de prêcher en talons aiguilles ? Ou pour Denis de conduire le culte en jupe et en portant du rouge à lèvres ? Qu’est-ce que vous penseriez de Maïlys ou de Caryn avec une coupe à la brosse, en costume cravate ou en veste militaire et Rangers ? Il y a quelque chose qui nous dérange.

Ce sont des exemples extrêmes, et il nous appartient de réfléchir, en conscience devant Dieu, à comment placer le curseur entre le truc hyper ridicule et le truc hyper légaliste. Mais la liberté chrétienne, en tout cas, ne nous autorise pas à enfreindre notre position et à brouiller la différence que Dieu a voulue entre les hommes et les femmes. C’est une question d’honneur.

Une question d’autorité (v. 7-12)

Donc les hommes restent des hommes, et les femmes restent des femmes, et la différence devrait se voir, surtout dans la communauté des croyants. C’est aussi, deuxièmement, une question d’autorité.

Aux v. 7-12, Paul en rajoute une couche sur cette question de la différence entre les hommes et les femmes, en remontant à l’origine même de l’humanité. Paul rappelle que l’homme a été créé à l’image de Dieu, pour la gloire de Dieu. Bien sûr que c’est l’être humain (homme et femme) qui est l’image et la gloire de Dieu et pas seulement l’homme (Gn 1.27). Mais Paul rappelle que c’est quand même l’homme qui a été créé en premier, qui a été placé dans le jardin d’Éden pour le garder et le cultiver, et que la femme a été créée ensuite, tirée du flanc de l’homme, pour lui être « une aide qui sera son vis-à-vis » (Gn 2.18).

Donc il y a une différence de position, mais il y a aussi une légère différence de vocation, non ? Même si l’homme et la femme existent tous les deux pour la gloire de Dieu, et même s’ils doivent tous les deux cultiver la terre (Gn 1.28), ils n’abordent pas cette mission exactement sous le même angle. D’après le récit des origines, l’homme est le principal responsable, et la femme est sa collaboratrice indispensable.

L’homme et la femme forment une équipe, mais comme dans toute bonne équipe, il y a un capitaine. Je me souviens quand on formait des équipes en cours d’EPS à l’école, le coach désignait d’abord le capitaine d’une équipe, et ensuite il désignait les autres membres de l’équipe. Tout le monde jouait pour gagner. Tout le monde jouait pour la gloire de l’équipe. Tous les membres de l’équipe étaient indispensables. Mais chacun avait son rôle, et il y avait un capitaine.

Dans le travail d’équipe, c’est toujours important qu’il y ait un leader, un responsable, un chef. Pensez au Tour de France. Chaque équipe a son sponsor, son leader, et ses équipiers. Les équipiers roulent pour le leader qui roule pour le sponsor. Mais les équipiers roulent aussi pour le sponsor : ils ont son maillot sur les épaules. Donc le leader est la gloire du sponsor. Et les équipiers sont la gloire du leader, qui est la gloire du sponsor. Et toute l’équipe dans une belle cohésion travaille ensemble en visant le même objectif. Par contre il y a des problèmes quand un des équipiers se dit : « Ah ben non, flûte alors ! Pourquoi ce n’est pas moi le leader ? » Et quand ça arrive, ça jette la confusion dans l’équipe, ça nuit au fonctionnement de l’équipe, et en fin de compte, ça déshonore le sponsor.

Et Paul dans notre texte dit que l’homme est le leader, et la femme la coéquipière. Ce n’est pas du tout pour dire que la femme sert les intérêts de l’homme, pas du tout ! Puisque Paul dit que l’homme roule pour Dieu ! Donc l’homme n’est pas la gloire de lui-même, il est la gloire de Dieu. Et la femme est la gloire de Dieu en étant la gloire de l’homme. La femme est « la gloire de la gloire » de Dieu. C’est un compliment, en fait ! Aujourd’hui, on dirait peut-être que c’est « la crème de la crème » ! On dit parfois que Dieu a créé la femme en deuxième parce qu’il a voulu faire un brouillon d’abord.

Pensez encore à un gâteau. Ma mère fait des gâteaux extraordinaires. Ils sont très bons. Mais non seulement ils sont très bons, mais en plus, ma mère les couvre d’un glaçage extraordinaire : de la pâte d’amande, un nappage de sucre parfaitement lisse, et plein de décorations colorées finement sculptées. Le gâteau en soi est déjà la gloire de ma mère ; mais le glaçage aussi est la gloire de ma mère, et le glaçage est en même temps la gloire du gâteau qui est la gloire de ma mère. Vous avez suivi ?

Ce qui est certain, c’est que Paul n’est pas en train de rabaisser la femme dans ce passage. Il est simplement en train de rappeler qu’il y a une légère différence de vocation entre les hommes et les femmes, qui remonte à la création du monde. Dieu l’a voulu ainsi pour le bon fonctionnement de l’équipe et pour la réussite de notre mission. Il ne peut pas y avoir deux conducteurs dans une voiture.

Et on voit dans ce passage que pour Paul, il est important que cette différence soit visible. Et c’est ce qui explique le verset 10 (le cœur de ce passage, en fait), où Paul dit littéralement que la femme doit avoir « une autorité sur la tête ». On n’est pas sûr de ce qu’il veut dire quand il ajoute : « à cause des anges », mais ce qui est certain, c’est que Paul veut que la différence de vocation entre l’homme et la femme soit communiquée visiblement. Pour Paul, il est important qu’on puisse distinguer sans ambiguïté qui est le leader de l’équipe, surtout dans les réunions de l’église.

C’est une question d’autorité, vous voyez ? Non pas au sens de « pouvoir », mais au sens de « rôle dans l’équipe ». Et pour être sûr qu’on ne se trompe pas sur ce sens, Paul rappelle tout de suite cette vérité chrétienne : c’est que « dans le Seigneur, la femme n’est pas sans l’homme, ni l’homme sans la femme » (v. 11). On est interdépendants ! L’idée n’est pas du tout de prendre le pouvoir sur l’autre, mais de former une équipe et de réussir ensemble, pour la gloire de Dieu.

Une question de bienséance (v. 13-16)

Mais du coup, il reste une question (et j’en arrive à mon troisième et dernier point). On a été assez théorique jusqu’à maintenant. Hommes et femmes ont des positions différentes et des rôles différents, tout en étant parfaitement égaux en dignité, et cette différence devrait se voir, notamment dans l’église. Mais comment est-ce que ça devrait se voir ? Eh bien je vais vous étonner, mais à mon avis, ce texte ne nous dit pas comment.

Dans tout ce passage, l’application pratique est constamment sous-entendue par Paul. Il parle beaucoup d’avoir la tête « couverte » ou « découverte », mais il ne dit jamais « couverte par quoi ». Il parle beaucoup du principe de la différenciation des positions et des vocations des hommes et des femmes, mais la façon dont ça se traduit exactement au niveau vestimentaire est implicite. Paul renvoie ses interlocuteurs à la bienséance de l’époque, en fait. Et c’est ce qu’il fait de manière assez claire dans la fin du passage (v. 13-16), à travers des formules rhétoriques. « Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable… Cela ne vous semble-t-il pas naturel que… Reconnaissez que ce n’est pas la coutume des églises, de… »

Finalement, dans la continuité de tout ce que Paul vient de dire dans les chapitres précédents sur l’importance de tenir compte de la culture dans l’exercice de notre liberté chrétienne, Paul veut surtout, ici aussi, qu’on réfléchisse aux codes culturels de notre contexte, et qu’on se demande si, par tel ou tel comportement, par tel ou tel habillement, par telle ou telle attitude, on est plutôt en train de contribuer à la déconstruction des positions et des rôles que Dieu a voulus pour les hommes et les femmes dans sa création (et a fortiori dans l’église et dans les familles chrétiennes), ou bien est-ce qu’on est plutôt en train de les préserver et de les valoriser.

Les chrétiennes de Corinthe qui se permettaient de se découvrir la tête à l’église faisaient quelque chose d’indécent culturellement. Tout comme ceux qui mangeaient des viandes sacrifiées aux idoles, elles faisaient un mauvais usage de leur liberté : parce que cette liberté qu’elles se permettaient, ça envoyait un message qui n’était pas bon, dans leur contexte.

La preuve, à mon avis, que Paul renvoie ses interlocuteurs à leur propre culture, c’est ce qu’il dit sur l’homme qui aurait des cheveux longs (v. 14). Il est impossible de dire d’un point de vue biblique que c’est absolument une honte pour l’homme de porter de longs cheveux, puisque dans l’Ancien Testament, les gens qui faisaient un vœu particulier de consécration à Dieu (appelé vœu de naziréat) devaient justement se laisser pousser les cheveux (Nb 6.5). Paul renvoie donc ses interlocuteurs à ce qui leur semble naturel.

Et donc je ne pense pas que la leçon de ce passage, ce soit un ordre absolu et universel. Est-ce que dans les réunions de l’église, les hommes ne doivent rien avoir sur la tête, même s’ils font un culte en plein hiver dans les Cévennes et que le chauffage du temple est en panne ? Est-ce que les femmes doivent impérativement avoir quelque chose sur la tête, même si c’est juste un mouchoir ou une paire de lunettes ? Je ne pense pas qu’on puisse tirer une telle conclusion de ce passage.

La conclusion qu’on doit en tirer, en revanche, c’est qu’on doit tenir compte de ce que veut dire ce qu’on fait. Si je viens à l’église en jogging et en pantoufles, qu’est-ce que ça veut dire ? Si je viens en mini-jupe et en décolleté plongeant, qu’est-ce que ça veut dire ? Si je mets une cravate, qu’est-ce que ça veut dire ? Si je porte un voile sur la tête, qu’est-ce que ça veut dire ? Si je n’en porte pas, qu’est-ce que ça veut dire ? Et c’est sûr qu’entre la France, l’Iran, le Japon et le Groenland, ça ne voudra pas forcément dire la même chose.

Ce que ce texte nous apprend en pratique, c’est finalement à nous poser ce genre de question. Honnêtement, puisque ce texte ne nous dit pas comment, précisément, les hommes et les femmes dans la communauté chrétienne doivent manifester la différence de position et de rôle qui existe entre eux, on n’a pas à notre tour l’autorité pour dire aux filles : « Voici exactement comment tu dois être féminine à l’église. Tu dois mettre quelque chose, n’importe quoi, sur ta tête. Tu dois porter une jupe. Tu dois te laisser pousser les cheveux. Tu dois marcher cinq mètres en retrait de ton mari. Tu dois servir le café avant le culte et faire le ménage après… » Horreur.

Je préfère ce que dit Calvin sur ce passage :

« Pour toute règle, il n’y a ici qu’à regarder à bienséance ; si elle est sauvegardée, Saint Paul ne requiert rien de plus ! »

Plutôt que de faire de la casuistique légaliste, ce qu’on doit faire, que ce soit à titre personnel, ou sur le plan communautaire en tant qu’église, c’est plutôt nous poser la question, en conscience, devant Dieu et en tenant compte des codes culturels de notre contexte, de savoir comment on peut le mieux possible, au niveau vestimentaire, au niveau comportemental et au niveau institutionnel, promouvoir visiblement dans la communauté des croyants et aux yeux des anges et du monde l’égalité et la différence qui existent entre les hommes et les femmes, et cela pour la gloire de Dieu et l’édification du prochain.

Pour terminer. Toute l’idée de ce texte, finalement, c’est la suivante : selon Dieu, il y a une égalité, certes, mais aussi une différence entre les hommes et les femmes, et cette réalité devrait être assumée visiblement dans la communauté des croyants.

Je vous le dis sincèrement, c’est sur la base de ces convictions que nous pensons, à l’église Lyon Gerland, que les fonctions de pasteur, de prédicateur, d’ancien, de président de culte, sont réservées à des hommes qualifiés—même si c’est une conviction difficile à tenir de nos jours. Mais ce n’est absolument pas pour des raisons sexistes. Les hommes et les femmes sont parfaitement égaux en dignité, mais il y a une légère différence de position et de rôle que Dieu a voulue dans sa création entre les hommes et les femmes, et c’est pour le bien de l’équipe. Ce n’est pas du tout pour que les uns dominent sur les autres.

En fait, ce texte nous montre aussi que toute forme de sexisme, qu’il soit misogyne (contre les femmes) ou misanthrope (contre les hommes), est antichrétienne. La complémentarité des sexes n’a pas pour but l’intérêt et la gloire d’un des sexes par-dessus l’autre. Cette complémentarité a pour but la gloire de Dieu qui nous a créés ainsi. Elle a pour but la réussite de l’équipe, au service de Dieu, pour le faire connaître jusqu’aux extrémités du monde.

Et pourquoi est-ce qu’on devrait être motivé à rechercher ça par-dessus tout le reste, par-dessus nos intérêts propres, par-dessus notre confort personnel, par-dessus nos préjugés culturels ? Parce que nous étions tous, sans discrimination, des coupables aux yeux de Dieu, par nature, tant hommes que femmes. Mais sans discrimination non plus, Dieu nous présente en Jésus-Christ son pardon. Jésus l’être humain parfait s’est offert volontairement sur la croix pour nous délivrer de ce qui nous séparait de Dieu. Il a payé le prix de nos fautes pour nous en délivrer. Et nous tous, tant hommes que femmes, nous pouvons nous confier en lui pour être pardonnés et pour être réconciliés avec Dieu pour toujours.

Et c’est comme ça qu’on devient des hommes et des femmes rachetés et réconciliés en Christ, et libres de le servir, avec joie et reconnaissance et foi, non pas en devenant des espèces d’êtres religieux bizarres appartenant à un troisième sexe, mais au contraire en étant rétablis et réparés dans notre condition originelle d’homme ou de femme.

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