Le corps qu'on aura au paradis

Par Alexandre Sarranle 16 février 2020

Quand vous entendez parler de la résurrection à venir des morts, vous vous dites peut-être que ça semble complètement absurde. C’est une chose de ranimer un homme qui est en arrêt cardiaque depuis 45 secondes ou une minute ; mais c’en est une autre de faire revenir à la vie quelqu’un qui serait mort, enterré, et décomposé, depuis 3000 ans ! Comme le roi David par exemple, qui pourtant a écrit ceci, en s’adressant à Dieu :

« Même mon corps repose en sécurité. Car tu n’abandonneras pas mon âme au séjour des morts […], tu me feras connaître le sentier de la vie. » (Ps 16.9-11)

Son corps repose en sécurité, dit-il. Vraiment ? Même une fois qu’il est retourné à la poussière, et qu’il a été mangé et digéré par des vers ? Et que dire des gens dont le corps… a été déchiqueté par une bombe ? Ou de ceux qui ont péri dans un incendie ou qui ont été brûlés au bûcher comme beaucoup de chrétiens dans l’histoire ? Pensez à Blandine, qui a été exécutée ici à Lyon au IIe siècle : après qu’on l’a égorgée, on a brûlé son corps, puis on a jeté les cendres dans le Rhône ! Comment est-ce qu’elle va ressusciter ?

Et que dire de ceux qui ont été dévorés par des bêtes sauvages ? Et qu’en est-il de ceux dont on aura prélevé tous les organes pour les greffer sur une demi-douzaine de patients différents ? Comment est-ce qu’ils vont ressusciter ? Ça semble compliqué, pour ne pas dire complètement absurde !

Et pourtant. Dans le texte qu’on va lire, on va voir justement que ce genre d’objection ne date pas d’hier. Une des raisons pour lesquelles certaines personnes à l’époque de l’apôtre Paul ne croyaient pas à la résurrection des morts, c’était justement que ça leur semblait très farfelu. « Ressusciter avec un corps ? N’importe quoi ! En plus, le corps, c’est quand même un boulet qu’on se traîne toute la vie, un truc défaillant, sale, contraignant et qui vieillit mal. Vivement qu’on en soit libéré pour pouvoir accéder, par notre esprit, à un niveau d’existence supérieur ! Penser que Dieu veuille ressusciter notre corps pour nous enfermer de nouveau dedans, et pour l’éternité, quelle idée absurde et horrible ! »

Mais c’est une façon de penser qui est complètement à côté de la plaque. D’après l’apôtre Paul, on va ressusciter, c’est sûr ; mais quand on va ressusciter, ce n’est pas juste notre ancien corps qui va revenir à la vie—ce ne sera pas juste une réanimation ! Ce ne sera pas juste : « On récupère les morceaux et on les recolle ensemble », un peu comme le T-1000 dans Terminator II. On le fait exploser en mille morceaux, et il se réassemble tout de suite après, comme par magie !

Non, ce qui va se passer, c’est beaucoup plus impressionnant que ça. C’est vrai que Dieu va faire un miracle pour nous rendre notre corps, mais il va nous le rendre en mille fois mieux. Ce sera un corps nécessairement glorifié afin d’être adapté au paradis.

Un corps véritable (v. 35-41)

Premièrement, le corps qu’on aura au paradis sera un corps véritable. Si vous regardez le texte, vous allez voir que Paul veut d’abord nous montrer (v. 35-41) que ce n’est pas absurde de penser que le corps qu’on aura à la résurrection sera un corps fait de matière comme celui qu’on a aujourd’hui.

Il est évident que dans la vie éternelle (dans le paradis), si on est croyant, on va exister dans un environnement et des conditions inimaginables. Mais ce n’est pas parce que notre condition sera « inimaginablement » merveilleuse qu’on ne pourra plus avoir de corps. Ce n’est pas contradictoire. Et pour nous en convaincre, Paul nous invite à observer le monde autour de nous, pour voir que déjà, une même matière, une même substance, peut exister dans des conditions de « gloire » différentes.

Un arbre, par exemple ! Entre la petite graine qu’on met dans la terre et l’arbre de huit mètres de haut qui peut exister quelques années plus tard, on a à la fois des différences incroyables, et en même temps, c’est le même organisme et le même code génétique. Prenez les êtres vivants comme les hommes, les animaux, les oiseaux, les poissons… À la base, tout ça, c’est de l’oxygène, du carbone et de l’hydrogène. Et pourtant quelle diversité en termes de formes et de gloire (v. 39). Prenez encore les « corps terrestres » et les « corps célestes » (v. 40), par exemple un caillou et le soleil. Quelle différence de gloire entre les deux, et pourtant c’est tout de la matière.

Donc ce n’est pas absurde de penser que notre corps peut exister matériellement dans une condition de gloire « inimaginablement » supérieure tout en restant un vrai corps fait de vraie matière.

En fait, on n’y pense pas souvent, mais ce genre de chose est déjà arrivé à notre corps. Justin Martyr (IIe siècle) nous dit :

« Oubliez un instant ce que vous êtes et votre origine. Si quelqu’un, vous montrant d’un côté [de la semence humaine] et de l’autre l’image d’un homme, vous disait, vous affirmait que ceci peut produire cela, le croiriez-vous, avant de l’avoir vu ? Non, personne n’oserait le contester. C’est ainsi que pour n’avoir pas vu encore d’homme ressuscité, vous ne croyez pas à la résurrection. » (1ère apologie, 19.2-3)

Il se trouve qu’il y a quelques mois, j’ai acheté des graines de piment sur internet. J’ai reçu, depuis l’Allemagne, dix petites graines de 2 millimètres de large, dans un tout petit sachet plastique. Je les ai gardées sur mon bureau pendant des semaines. La semaine dernière, je les ai enfin mises en terre, et tenez-vous bien, j’ai assisté à un miracle. Une semaine plus tard, deux de ces graines ont déjà germé, et l’une des plantules, qui ne fait même pas trois centimètres de haut, a déjà deux petites feuilles ! Cette plantule ne ressemble en rien à la graine que j’ai plantée… pourtant c’est la même substance. Le même organisme.

Vous voyez ? Dieu sait faire ce genre de chose. Il peut faire ça avec notre corps aussi. Il peut, et il va, nous ressusciter ; et le corps qu’on aura sera le nôtre, mais il aura le même rapport à notre corps actuel que l’arbre à la graine. Ce sera un corps « inimaginablement » plus glorieux, mais ce sera quand même un corps véritable, et ce sera le nôtre.

Et puisque ce sera un corps véritable, on aura, dans le paradis, au moins toutes les aptitudes physiques ordinaires qui viennent avec un corps en bonne santé. On aura au moins l’usage de nos cinq sens : la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher—et les croyants qui ont des déficiences ici-bas ou des infirmités en seront débarrassés au paradis, et y retrouveront au moins le plein usage d’un corps physique véritable et fonctionnel.

Ce qui veut dire par exemple qu’on aura la possibilité de nous voir les uns les autres, et de nous reconnaître. Et par la vue, on pourra admirer toutes choses belles et agréables à regarder. On aura la capacité de se parler et de s’entendre parler. On pourra s’écouter, et écouter les sons de la nature, et écouter de la musique pour notre plus grand plaisir. On pourra sentir les odeurs du paradis, l’odeur des fleurs et de la vie. On pourra manger et boire, et apprécier le goût délicieux de la nourriture et du vin. On pourra se toucher les uns les autres, et percevoir toutes les différences de textures qui continueront d’exister entre l’eau, l’huile, le granit, l’herbe, la farine, l’écorce, la peau, les cheveux, le verre, le papier, le métal, la laine ou le velours…On pourra se déplacer. Avoir chaud et avoir froid.

En fait, on pourra faire tout ce qui nous permet normalement d’avoir un rapport physique à un monde physique.

Un corps spirituel (v. 42-53)

Mais on ne sera pas exactement dans le même monde physique que maintenant, ce qui nous amène au deuxième point. Le corps qu’on aura au paradis sera un corps véritable, mais ce sera aussi ce que l’apôtre Paul appelle un corps spirituel. Ça peut sembler bizarre, et même contradictoire. Comment est-ce qu’on peut avoir un corps… spirituel ?

Eh bien il faut bien comprendre que Paul n’oppose pas « spirituel » à « corporel » ou à « physique », mais il l’oppose à « naturel ». Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais au début de sa lettre aux Corinthiens, Paul avait déjà comparé « l’homme naturel » à « l’homme spirituel » (1 Co 2.14-15). Et il ne voulait pas dire d’un côté un homme matériel et de l’autre un fantôme ! Il voulait dire d’un côté l’homme qui ne connaît pas Dieu, de l’autre celui qui connaît Dieu. Les non-croyants et les croyants, si vous préférez.

Et les croyants sont dits spirituels parce que Dieu les a sauvés, il les a éclairés, il les a régénérés (fait naître de nouveau), et maintenant Dieu habite en eux par le Saint-Esprit. Et de la même façon ici, le « corps naturel », ça désigne le corps qu’on a tous ici-bas, dans sa condition naturelle (croyants et non-croyants), tandis que le corps spirituel, c’est le corps des croyants tel qu’il sera après la résurrection.

Écoutez bien. Paul dit qu’on a un corps naturel en raison de notre lien avec Adam, le premier homme (v. 45). Dieu a façonné Adam à partir de la poussière du sol, et il lui a insufflé la vie—il s’agit de la vie naturelle, que nous avons tous « en Adam ». Mais le « dernier Adam », c’est-à-dire Jésus, est devenu « un esprit vivifiant ». C’est-à-dire que Jésus donne aux croyants la vie spirituelle.

Paul nous a déjà expliqué la différence entre Adam et Jésus (cf. 1 Co 15.22) : Adam a désobéi à Dieu, s’est coupé de la source de la vie, et du coup, nous tous avec lui, nous sommes, dans notre condition naturelle, séparés de Dieu et destinés à mourir et à subir la peine de nos fautes. Dans cette condition naturelle, notre corps lui-même est en proie à toutes sortes de défauts et de souffrances.

Jésus en revanche a parfaitement obéi à Dieu, il est mort en prenant sur lui les fautes des croyants, et il est ressuscité en vainqueur sur le mal et sur la mort. Et en lui—si nous plaçons notre confiance en lui—, nous sommes réconciliés avec Dieu, pardonnés de nos fautes, et destinés à ressusciter et à vivre éternellement au paradis. Nous avons déjà la vie de Dieu en nous spirituellement, mais quand on ressuscitera, on aura la vie de Dieu en nous corporellement aussi. On portera corporellement l’image de « l’homme céleste » qu’est Jésus ressuscité et glorifié. Ça veut dire qu’il y aura une différence spectaculaire entre notre corps aujourd’hui et notre corps ce jour-là !

« Tous nous serons changés », dit Paul (v. 51). Autant les croyants qui seront morts, que ceux qui seront encore vivants, « à la dernière trompette » (v. 52), c’est-à-dire le jour du retour de Jésus. Le corps naturel, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est « corruptible, méprisable, faible, et mortel ». Mais le corps spirituel, n’aura plus ces défauts. Il sera « incorruptible, glorieux, fort et immortel ».

Encore une fois, si notre corps naturel c’est l’équivalent d’une graine, le corps spirituel, c’est l’arbre, c’est le corps qui a atteint sa pleine maturité, son plus haut potentiel, c’est le corps maximal, qui a été amené par le Saint-Esprit à sa perfection en tant que corps. En fait, ce sera notre corps qui aura été amené par la puissance du Saint-Esprit à un état « d’éclosion » ultime qui lui permettra de fonctionner de manière optimale pour toute l’éternité dans le paradis !

Et c’est vraiment ça l’idée qu’il y a derrière ce concept de « corps spirituel » : ce sera le corps qui nous permettra de profiter comme il faut du paradis. Paul dit même que si on a seulement un corps naturel (la « chair et le sang »), on ne peut pas « hériter le royaume de Dieu » (v. 50).

En fait, si on entrait au paradis avec le corps qu’on a actuellement, même si on le récupérait en pleine santé, on serait très frustré. On serait un peu comme Suzanne qui vient à l’église chaque dimanche, depuis trois mois, avec une envie profonde de chanter… mais qui n’y arrive pas. Parce qu’elle est handicapée de la voix en ce moment à cause de la coqueluche qui a partiellement paralysé ses cordes vocales. Ses capacités physiques sont limitées ; elle arrive à l’église, les instruments commencent à jouer, il y a l’émotion qui monte, l’envie d’exprimer sa louange, elle prend une respiration et ouvre la bouche… mais elle n’y arrive pas ! Quelle frustration !

Et si nous, on arrivait au paradis avec notre corps actuel, même en parfaite santé, eh bien nos capacités physiques seraient trop limitées pour qu’on puisse satisfaire nos aspirations et nos désirs. Notre corps en parfaite santé serait quand même handicapé pour le paradis ! On arriverait et l’orchestre des anges se mettrait à jouer, la nouvelle création se remplirait d’une musique sublime, et une émotion extraordinaire s’éveillerait en nous, et on aurait un désir fervent de joindre nos voix à la chorale céleste pour louer la gloire de notre grand Dieu et Sauveur que nous verrions dans son éclat indicible, et on prendrait une grande respiration et on ouvrirait la bouche… mais ce qui en sortirait ne serait pas à la hauteur !

Mais heureusement que Dieu va nous donner un corps spirituel, un corps maximal, qui aura été amené par le Saint-Esprit à sa perfection en tant que corps.

On aura une bouche spirituelle capable de chanter dignement les louanges du Dieu trois fois saint. On aura des yeux spirituels et des oreilles spirituelles capables de percevoir, d’absorber, d’apprécier toute la beauté du paradis. On aura des jambes solides capables de parcourir et d’explorer toute la nouvelle création.

J’ai fait le calcul : si je voulais explorer toutes les terres émergées du monde actuel, à raison de 10km² par jour, il me faudrait 40 822 ans pour le faire ! J’ai hâte d’avoir un corps spirituel qui ne sera plus ni corruptible, ni méprisable, ni faible, ni mortel ! Je pourrais prendre le temps, découvrir une vallée à la fois, un massif montagneux à la fois, suivre les ruisseaux, explorer les forêts, traverser les plaines, observer, contempler, apprendre, m’émerveiller, me réjouir, à la gloire de Dieu, pendant 40 822 ans, puis recommencer parce qu’après 40 822 ans j’aurai oublié les endroits que j’aurai visité au début !

Ce sera génial d’avoir un corps qui sera débarrassé de toutes ses fragilités présentes : un corps qui se s’abîmera pas, qui ne vieillira pas, qui ne déclinera pas, qui ne tombera pas malade, qui ne pourra pas attraper des infections, qui ne pourra pas devenir impur, qui ne sera pas vulnérable, qui ne sera jamais frustré dans son fonctionnement—un corps complet, optimal et immortel !

Un corps libre (v. 54-58)

Mais vous savez quoi ? Ce n’est même pas ça qui nous procurera la plus grande joie. J’en viens au dernier point de ce texte. Au paradis, on aura un corps véritable, qui sera un corps spirituel, et ce sera un corps libre. Libre de la mort, du péché, et de la loi. C’est là-dessus que finit l’apôtre Paul dans ce passage (v. 54-58).

Lorsque notre corps aura revêtu cette incorruptibilité et cette immortalité, alors la victoire sera complète. La mort ne sera plus, elle sera « jetée dans l’étang de feu » (Ap 20.14) où elle n’embêtera plus personne. Et Paul compile deux passages de l’Ancien Testament (És 25.8 et Os 13.14) pour en faire un chant de triomphe sur la mort et sur la tyrannie que la mort exerce encore actuellement sur nous.

C’est comme si Paul disait : « On aura ta peau, ô mort ! On ne sera plus tes esclaves et tu ne pourras plus nous tourmenter ! Tu n’auras plus ni armes, ni puissance, tu seras détruite à jamais ! » Et cette arme que manie la mort, c’est le péché, dit Paul, et la mort manie l’arme du péché avec la puissance de la loi. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Eh bien ce qu’il faut imaginer, c’est que la mort nous a capturés et nous a mis dans une cage. Parce qu’on est de la famille d’Adam, on est des êtres mortels, et donc on est né, en fait, dans une cage. Dans notre condition naturelle, on est emprisonné, parce qu’on ne peut pas échapper à la mort. Mais ce n’est pas tout. Dans cette cage, on se prend des coups de lance : la mort nous a capturés, et en plus elle introduit cette lance par les barreaux de la cage pour nous piquer avec et nous tourmenter ! Cette lance, ou cet aiguillon, dit Paul, c’est le péché. C’est-à-dire tout ce qu’on fait, dit ou pense qui est contraire à la volonté de Dieu. Et la force avec laquelle cette lance nous pique, c’est « la loi ». C’est-à-dire la loi de Dieu, la révélation de sa volonté morale pour nous. Cette loi de Dieu nous révèle combien nos péchés sont graves. Donc on est coincé dans cette cage, on se prend des coups de lance, et ce sont des coups d’autant plus violents qu’on est en permanence accusé par la loi de Dieu. C’est notre condition naturelle d’êtres humains : mortels, pécheurs et condamnés.

« Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! » (v. 57)

Paul nous renvoie en fait à ce qu’il a dit au début du chapitre. La bonne nouvelle, c’est que Jésus est mort pour nos péchés, et qu’il est ressuscité le troisième jour. Il a subi la peine de nos péchés à notre place sur la croix, et il est ressuscité en vainqueur sur le mal et la mort. Il a neutralisé notre ennemi et il nous a ouvert la cage. Et le jour de notre résurrection (le jour du retour glorieux de Jésus), ce triomphe de Jésus sur tous les ennemis de Dieu et des croyants sera parachevé.

Est-ce que vous pouvez imaginer ce jour, où notre corps ne sera plus enclin au péché ? Dans un autre passage, l’apôtre Paul décrit son expérience chrétienne, et il dit :

« Je prends plaisir à la loi de Dieu, dans mon for intérieur, mais je vois une autre loi, qui lutte contre la loi de mon intelligence et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7.22-24)

Jésus a dit :

« Si ton œil […] est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. […] Si ta main […] est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne [en enfer]. » (Mt 5.29-30)

Est-ce que vous pouvez imaginer ce jour où on n’aura plus à lutter contre la tentation et les passions « qui guerroient dans [nos] membres » (Jc 4.1) ? Ce jour où on pourra agir librement, parler librement, écouter librement, regarder librement, sans craindre de blesser notre conscience ou celle des autres ? Sans craindre d’offenser ou d’être offensé ? Sans craindre les accusations, les regrets et la culpabilité ? Sans craindre d’enfreindre les saintes exigences de Dieu et d’attrister le Saint-Esprit ?

Quelle victoire et quelle liberté nous aurons en Jésus-Christ, pour toute l’éternité au paradis ! Alléluia !

Alors est-ce que ça vous semble absurde, la résurrection des morts ? Jean Calvin écrit ceci, au XVIe siècle :

« Il n’y a rien qui soit plus contraire à la raison humaine que cet article de foi. Car qui est-ce qui pourra nous persuader, sinon Dieu seul, que les corps qui maintenant sont sujets à la corruption, après qu’ils seront pourris, ou qu’ils auront été consumés par le feu, ou démembrés par les bêtes, non seulement seront remis en entier, mais en une nature bien meilleure ? Tous nos sens ne rejetteront-ils pas cela aussitôt, non seulement comme une fable, mais comme la plus grande absurdité du monde ? »

Vous voyez : la résurrection future des morts, ça semblait absurde aux gens au premier siècle, comme au XVIe siècle, comme c’est encore le cas au XXIe siècle.

Mais peut-être que ça nous semble absurde parce qu’on sous-estime ce que Dieu va vraiment faire ce jour-là. Il va faire un miracle pour nous rendre notre corps, et il va nous le rendre en mille fois mieux. C’est ce qu’on a vu aujourd’hui. Ce sera un corps véritable, spirituel, et libre, qui sera ainsi parfaitement adapté au paradis et à notre vocation ultime qui consiste à glorifier Dieu et à trouver en lui notre bonheur éternel.

On peut être certain de ce salut que Dieu présente aux hommes, et qu’il confère à tous ceux qui placent leur confiance en lui, parce que Jésus est mort pour nos péchés, et qu’il est ressuscité le troisième jour. Notre espérance en tant que croyants est indestructible, et malgré toutes les difficultés et les souffrances de notre vie actuelle, on peut viser la ligne d’arrivée, et demeurer « fermes et inébranlables » (v. 58), et continuer à servir Dieu, parce que notre vie a un sens. Si on est croyant, on va ressusciter, et on va vivre éternellement au paradis avec Dieu. Voilà ce qui compte vraiment, et qui devrait par conséquent conditionner notre vie présente, et ordonner toutes nos priorités.

Si on n’est pas croyant, on devrait immédiatement se tourner vers Dieu, lui demander pardon pour nos fautes, et lui remettre les commandes de notre vie.

Si on est croyant, on devrait prendre soin de notre relation avec Dieu, chercher à le connaître davantage chaque jour et à grandir dans notre foi et notre obéissance. On devrait s’engager dans l’église et s’investir dans la vie des autres croyants, pour nous exhorter mutuellement, « et cela d’autant plus que vous voyez le jour s’approcher » (Hé 10.25). On devrait vivre en chrétien sur notre lieu de travail, à l’école, à la maison, en vacances, et chercher à faire connaître l’auteur de notre merveilleuse espérance.

Puisqu’on va ressusciter, notre vie actuelle devrait être vécue pour Dieu, et ainsi notre travail ne sera pas « vain dans le Seigneur ». Comme le dit aussi Jésus à l’homme riche qui a amassé plein de richesses dans ses greniers :

« Insensé ! Cette nuit-même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, à qui cela servira-t-il ? Il en est ainsi de celui qui accumule des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. » (Lc 12.20-21)

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