Confiné mais content !

Par Alexandre Sarranle 5 avril 2020

C’est aujourd’hui notre quatrième culte délocalisé. Le début d’une quatrième semaine de confinement. J’imagine que pour un certain nombre d’entre vous, ça commence à vous peser. Levez la main si vous êtes content d’être confiné ! Pas sûr qu’on soit nombreux à être content d’être confiné. Et s’il y en avait qui l’étaient au début, il y en a peut-être de moins en moins. On aimerait sortir et reprendre une vie normale. On aimerait revoir des gens pour de vrai. On aimerait ne plus être coincé chez soi avec son conjoint et ses enfants, ou avec ses frères et sœurs, ou avec son chien ou son chat, qui nous tapent sur les nerfs !

Content d’être confiné, peut-être pas. Mais content malgré le confinement, peut-être qu’il y en a ? En tout cas il y en a un dans la Bible, c’est l’apôtre Paul. Il y a une lettre en particulier que Paul a écrite à des chrétiens de son époque ; il l’a écrite, cette lettre, depuis la prison où il était incarcéré à cause de sa foi ; et cette lettre, les spécialistes l’appellent « la lettre de la joie » (l’épître de la joie), parce qu’elle est tellement pleine d’optimisme !

Paul est en prison, et au lieu de se lamenter ou de se plaindre, il exprime sa reconnaissance, il se réjouit, il relativise ses circonstances, il dit qu’il est comblé, et il encourage les autres à l’amour et à la persévérance. Il est tranquille et joyeux. Mais comment il fait ? Comment est-ce qu’on peut être confiné, mais content ? Il y a des indices dans le texte qu’on va lire dans un instant ! Mais la leçon générale est la suivante : il y a une positive attitude qui découle de l’évangile. Positiver, ce n’est pas juste un concept de développement personnel séculier, c’est aussi un principe de vie chrétien !

1/ Positif par rapport au monde (v. 4-5)

Alors je suis probablement une des personnes les moins bien placées pour prêcher ce message aujourd’hui. Je suis d’un naturel mélancolique, pessimiste, dépressif, renfermé sur moi-même et désagréable, et le confinement ne m’aide pas. Certains jours, je transpire la négativité, je laisse échapper des paroles stupides ou tranchantes qui blessent mes proches, à commencer par ma femme et mes enfants. Ils sont là, ils peuvent en témoigner. D’ailleurs il n’y a qu’eux qui sont là, en ce moment ; le verdict serait unanime et sans appel !

Je suis une des personnes les moins bien placées pour vous expliquer comment avoir la positive attitude. Je n’ai aucune crédibilité en la matière. Mais mon job c’est d’étudier la Bible et d’essayer de vous transmettre ses enseignements. C’est elle qui va nous faire la leçon, et c’est à moi qu’elle va la faire en premier. Sentez-vous libre d’écouter si vous le voulez.

Alors ce passage arrive près de la fin de la lettre, et Paul veut donner des conseils aux chrétiens pour qu’ils sachent reproduire l’attitude qui est la sienne dans les épreuves. Il vient de leur dire : « Soyez mes imitateurs » (3.17). Et là, de manière concise, l’apôtre Paul les incite à être—comme lui—positifs dans trois directions : par rapport au monde, par rapport à Dieu, et par rapport à soi-même. D’abord, positifs par rapport au monde.

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche » (v. 4-5). Pour bien comprendre le sens de cette exhortation, il faut comprendre que Paul s’exprime ici dans un contexte d’adversité. Les circonstances ne sont pas faciles. Pourtant, il dit qu’on peut avoir une attitude caractérisée par la joie, et par la douceur qui est le fruit de cette joie.

Comment se réjouir quand les circonstances sont difficiles ? Paul le dit : ce n’est pas une joie artificielle, fabriquée, contrefaite, ce n’est pas une joie forcée, une joie de façade. Non, on se réjouit dans le Seigneur. Le Seigneur est proche. Parce qu’il est proche, on peut être doux, et cette douceur sera connue de tous les hommes, même de ceux qui nous maltraitent. La clef, c’est la relation qu’on a au Seigneur. Voilà ce qui change tout.

En fait, dans la vie de tous les jours, on sait déjà ce que la relation à quelqu’un peut changer à notre attitude et à notre comportement, surtout quand cette personne est présente. Je suis tous les jours insolent envers mes parents—mais quand mon amoureuse est en visite à la maison, je deviens un enfant modèle, respectueux et serviable. Ce n’est pas seulement parce que j’ai envie de faire bonne impression sur elle—même s’il y a de ça. Mais c’est peut-être et surtout parce que sa présence me réjouit. Elle me met de bonne humeur, on pourrait dire. J’ai du stress, de la négativité, de la colère en moi ; mais quand je me rappelle que mon amoureuse m’aime, ça réchauffe mon cœur, ça me réjouit et ça m’apaise. Et quand elle est proche, alors ma douceur est connue de tous les hommes !

Et c’est pour cette raison que Paul exhorte à la joie et à la douceur en rappelant la relation des croyants au Seigneur, et en rappelant la présence (ou la proximité) du Seigneur. Si je deviens un modèle de gentillesse quand mon amoureuse est à côté de moi, si je suis tendre et patient envers mes enfants quand des amis de l’église sont en visite à la maison, si je suis content et débonnaire le jour de mon anniversaire parce qu’on m’a offert l’intégrale des commentaires bibliques de Jean Calvin, à combien plus forte raison…

À combien plus forte raison peut-on se réjouir en tout temps dans le Seigneur qui s’est offert lui-même pour nous, qui a pris sur lui la peine de nos fautes pour nous en délivrer pour toujours, qui est ressuscité en vainqueur et qui nous réserve une place au paradis, qui a vaincu le mal, le diable et la mort, et qui nous garantit perpétuellement la faveur de Dieu ?

À combien plus forte raison peut-on se montrer doux envers tous, tout le temps, parce que ce Seigneur, notre Seigneur, est proche, il est tout près de nous, il ne nous abandonne jamais, même si on est indigne et stupide et incrédule, il reste quand même auprès de nous, et il nous aime, et il nous défend, et il compatit à nos faiblesses, et il intercède pour nous.

On traverse des choses difficiles. Le confinement pour les uns, la maladie pour les autres, et pour d’autres encore, le chômage, la pauvreté, l’isolement, la dépression… Peut-être même pour certains la guerre, la persécution, le deuil, et encore bien d’autres souffrances indicibles (et incompréhensibles au privilégié que je suis). Être positifs par rapport au monde, ce n’est pas faire semblant que ces choses n’existent pas, et ce n’est pas non plus les minimiser. Ce n’est pas être jovial quand on est en train de souffrir.

Paul parle d’une joie et d’une douceur qui transcendent les difficultés—pas qui les font disparaître. Se réjouir dans le Seigneur, c’est se laisser imprégner (baptiser, si j’ose dire !) par la grâce du Seigneur. Par sa grâce manifestée à la croix et au tombeau vide. Et en faire le socle de sa vie, et y trouver là, fondamentalement, le contentement.

On peut être positif par rapport au monde, malgré les circonstances, parce qu’on est tellement aimé de Dieu ! On est tellement en sécurité. On est tellement compris. On est tellement pardonné. Si ma vie quotidienne, mon rapport au monde qui m’entoure, n’est pas caractérisée par ces maîtres-mots, le contentement et la douceur (la débonnaireté) ; si je transpire la négativité, et si je perds patience, et si je suis susceptible et irascible, c’est tout simplement parce que mon cœur incrédule ne connaît pas assez l’amour de Dieu.

Tu veux commencer à être positif par rapport au monde ? Tu veux connaître la joie dans tes difficultés ? Tu veux grandir en douceur envers ton entourage, même quand ton entourage n’est pas agréable envers toi ? Rappelle-toi ta relation au Seigneur qui t’aime au point de s’être livré aux mains de ses bourreaux pour toi. Rappelle-toi qu’il est proche, qu’il est tout près de toi. Pense à lui, écoute-le, reçois l’amour qu’il t’exprime dans sa Parole.

Voilà la positivité que Paul nous incite à avoir par rapport au monde. Être joyeux dans le Seigneur, et doux devant les hommes, parce que le Seigneur est proche. La clef, c’est la relation qu’on a au Seigneur.

2/ Positif par rapport à Dieu (v. 6-7)

Deuxièmement, l’apôtre Paul nous incite à être positifs par rapport à Dieu. Regardez la suite du passage (v. 6-7). « Ne vous inquiétez de rien ; mais, en toutes choses, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Christ-Jésus. »

Encore une fois, le contexte, c’est l’adversité. Il y a plein de raisons de s’inquiéter. Mais Paul explique comment remédier à ses inquiétudes : il faut en parler à Dieu, avec reconnaissance. Paul nous dit de prier Dieu au sujet de nos besoins (qui génèrent notre inquiétude), et de le faire en lui disant merci. C’est un élément important de ce que dit Paul : il veut qu’on se discipline à dire merci à Dieu même quand on traverse l’adversité. Il sous-entend ici qu’il y a toujours des raisons de dire merci à Dieu.

En fait, être positif par rapport à Dieu, c’est prendre l’habitude de toujours discerner les bienfaits de Dieu dans notre vie. On peut se laisser facilement submerger par les problèmes—mais même quand il y a beaucoup de problèmes, Paul veut qu’on trouve des raisons de remercier Dieu. Et qu’on formule ces remerciements dans nos prières. Pourquoi ? Tout simplement parce que le fait de dire merci augmente notre reconnaissance.

On s’imagine parfois qu’on dit merci parce qu’on est reconnaissant. Ce n’est pas faux. Mais bien souvent, on devient reconnaissant parce qu’on dit merci. La plupart des parents apprennent à leurs enfants à dire merci. En leur apprenant à dire merci, ils leur enseignent la reconnaissance. Ils les entraînent à voir les raisons pour lesquelles ils peuvent—et devraient—être reconnaissants. « Dis merci pour le repas—il n’est pas apparu par magie dans ton assiette. » « Dis merci à ton frère de t’avoir prêté son ballon—il n’était pas obligé de le faire. » « Dis merci à ta grand-mère pour ton cadeau d’anniversaire—elle s’est donné de la peine pour te tricoter ce pull rose et vert. »

Apprendre à dire merci, c’est apprendre à reconnaître les grâces qu’on reçoit dans la vie. Et le fait de dire merci, ça a un caractère hautement relationnel. Quand on prend le temps d’écrire une carte de remerciement, quand on prend le téléphone, quand on écrit un e-mail, ou quand on se tient tout simplement devant la personne pour lui dire : « Merci pour ce que tu as fait pour moi—ou pour ce que tu m’as donné », ça nous rapproche de l’auteur de cette grâce, ça contribue puissamment à la relation.

Donc Paul dit qu’il faut prier et supplier Dieu avec des actions de grâces. C’est ça être positif par rapport à Dieu. On ne s’approche pas de Dieu seulement avec nos besoins, avec notre longue liste de courses. On ne s’approche pas de Dieu seulement pour se lamenter—même si c’est tout-à-fait légitime de le faire. On devrait en même temps lui dire merci. On devrait se sensibiliser aux bienfaits de Dieu dans notre vie—et il y en a toujours.

« Seigneur, je suis inquiet pour mon travail et pour mes revenus. J’ai peur d’être au chômage et de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de ma famille. Mais merci parce que tu connais ma situation, tu connais mon avenir, tu gouvernes le monde avec puissance. Merci parce qu’aujourd’hui je me suis levé de mon lit en bonne santé et j’ai pu embrasser mes enfants. Merci parce que j’ai des amis chrétiens qui se soucient de moi et qui me soutiennent. »

« Seigneur, je stresse dans ce confinement. Viens s’il-te-plaît au secours de mon anxiété. J’ai peur de tomber malade et de mourir. J’ai peur d’être séparé de mon conjoint ou de mes enfants. Mais merci parce que tu t’es fait connaître à moi. Merci parce que tu m’aimes et que tu ne m’abandonneras jamais. Merci parce qu’aujourd’hui, ma famille et moi on est vivant, on ne vit pas dans un pays en guerre, et on a une bonne assurance maladie. Merci surtout parce que tu m’as pardonné mes fautes et que tu m’as donné la vie éternelle en Jésus. »

Et Paul dit que quand on fait ça, quand on fait connaître à Dieu nos demandes, mais avec actions de grâces, Dieu va nous accorder sa paix, une paix qui « surpasse toute intelligence ». C’est une paix qui « défie l’entendement », parce qu’elle est reçue, justement, dans l’adversité. Il y a des choses qui ne vont pas, on traverse les difficultés, on a plein de raisons de s’inquiéter, et pourtant on est en paix. Ce n’est pas naturel !

Mais encore une fois, ce n’est pas une paix artificielle, forcée. Ce n’est pas la paix de la fameuse chanson de Bobby McFerrin : Don’t Worry Be Happy (« Ne vous inquiétez de rien, soyez heureux ! »). Quand on traverse la vallée de l’ombre de la mort, ça ne sert à rien de siffloter et de chanter ces paroles. L’apôtre Paul nous dit comment on reçoit la paix de Dieu : c’est quand nos cœurs et nos pensées s’attachent à Christ-Jésus (v. 7).

Et le fait de prier Dieu avec reconnaissance, ça nous ramène à Christ. D’abord parce que Christ est notre médiateur, c’est par lui qu’on a cette relation filiale à Dieu le Père, c’est par lui qu’on peut s’approcher de Dieu le Père et le prier librement. Et parce que, deuxièmement, Christ est le plus grand bienfait que Dieu nous ait offert, pour lequel on peut dire merci à Dieu perpétuellement, quelles que soient nos circonstances, parce que c’est un bienfait que rien ni personne ne pourra jamais nous enlever.

Être positif par rapport à Dieu, c’est prier Dieu avec reconnaissance, et c’est apaisant parce que ça nous ramène à Jésus-Christ—comme un enfant qui retrouve ses parents après s’être un peu trop éloigné d’eux dans un supermarché.

Et donc si aujourd’hui tu es rongé par les inquiétudes, si tu es stressé, si tu as peur, ça peut sembler tout bête, et je ne dis pas ça pour te culpabiliser, mais honnêtement : est-ce que tu en parles à Dieu ? Est-ce que tu fais connaître à Dieu tes besoins, par la prière ? Est-ce que tu le fais avec reconnaissance, en lui disant merci ? Je pose la question, parce que l’apôtre Paul est clair ici : le remède à l’inquiétude, c’est au moins ça. Ça commence au moins par là.

3/ Positif par rapport à soi-même

Donc pour connaître le contentement dans nos difficultés, Paul nous incite—comme lui—à être positifs par rapport au monde, et positifs par rapport à Dieu. Troisièmement et dernièrement, il nous incite à être positifs par rapport à nous-mêmes.

Regardez encore le texte (v. 8-9). « Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées ; ce que vous avez appris, reçu et entendu, et ce que vous avez vu en moi, pratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous. »

Paul est en train de dire que notre paix, notre contentement dans l’adversité, dépend aussi de notre « alimentation » mentale. La question qu’il veut qu’on se pose, c’est : « De quoi est-ce que je nourris mes pensées ? ». Vous savez bien que la nourriture qu’on prend a un effet relativement durable sur nous. Si tu bois du café dans l’après-midi, tu pourrais avoir du mal à dormir le soir. Si tu manges des sucres lents, tu auras de l’énergie pour toute la journée. Si tu manges des fibres, ça aidera ton transit intestinal.

Parfois je mange du piment, et c’est parfois des piments très forts. J’aime bien le goût et j’aime bien la sensation du piquant. Mais ça peut avoir un effet qui dure. Je risque de finir le repas avec la bouche en feu et ne pas pouvoir apprécier le dessert. Une heure après le repas, il peut m’arriver d’avoir un peu mal à l’estomac, si j’ai abusé. Et mon gastro-entérologue m’a expliqué d’autres effets possibles que je ne mentionnerai pas dans cette prédication.

Et de la même façon, les choses dont on nourrit nos pensées, ça a un effet relativement durable sur nous—positif ou négatif. Paul nous dit : « Nourrissez vos pensées des bonnes choses ! ». Voilà comment lui, en prison, peut quand même connaître la paix. Voilà une des raisons de son optimisme et de sa joie en dépit des circonstances.

C’est un peu comme si on était des grands récipients (des réservoirs). Imaginez des récipients remplis à ras-bord. Si on les secoue ou si on les bouscule, ça va se renverser un peu ; mais ce qui va en sortir, c’est logiquement ce qu’il y avait dedans. Et nous, quand on est secoué ou bousculé, ce qui sort de nous, c’est qu’on a mis dedans.

Qu’est-ce qu’on veut avoir en nous ? Tout ce qui est vrai—la vérité infaillible des saintes Écritures. Tout ce qui est honorable—ce qui plaît à Dieu et qui élève notre âme. Tout ce qui est juste—ce qui correspond à la volonté morale de Dieu. Tout ce qui est pur—ce qui n’est pas sale, avilissant, immoral. Tout ce qui est aimable—ce qui procure un plaisir édifiant. Tout ce qui mérite l’approbation—ce qui est une bonne œuvre selon Dieu. Ce qui est vertueux et digne de louange—ce que Dieu attend de nous, comme la méditation de sa Parole et la recherche du fruit de l’Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi (Ga 5.22-23).

Être positif par rapport à soi-même, c’est veiller à l’alimentation de ses pensées. Et vous pouvez remarquer que Paul fait une corrélation entre la pensée et la pratique. Toutes ces bonnes choses se trouvent, dit-il, dans ce que les Philippiens ont « appris, reçu et entendu » de la part de Paul et des apôtres. Mais tout ça, et ce qu’ils ont vu en lui, ils doivent non seulement y penser, mais aussi le pratiquer (v. 9). Ainsi le Dieu de paix sera avec eux.

Nourris tes pensées des bonnes choses, de façon à ce que ton comportement, tes attitudes, tes paroles, en soient transformés. Et où trouver toutes ces bonnes choses ? Pas d’abord dans les séries TV à succès, dans les chansons et les clips vidéo des chanteurs populaires, ou dans les vidéos plus ou moins humoristiques ou plus ou moins à sensation qu’on peut regarder à l’infini sur YouTube et sur Facebook.

Encore une fois, ce n’est pas pour te culpabiliser, mais la question s’impose quand même à nous : comment cette exhortation de l’apôtre Paul se transpose-t-elle dans notre emploi du temps ? Il veut que toutes ces bonnes choses soient l’objet de nos pensées, de façon à ce que notre vie en soit transformée en pratique—et ainsi le Dieu de paix sera avec nous. Donc si je ne suis pas en paix, si je n’ai pas l’impression que le Dieu de paix soit avec moi, peut-être que tout simplement, je dois commencer par me poser la question de mon alimentation mentale.

Internet occupe de nos jours une place extrêmement importante dans notre vie. Pour le meilleur et pour le pire. Tirons donc le meilleur d’internet, et pas le pire. Pour ça, on a besoin d’une véritable discipline, et souvent on a besoin d’être encouragé et même surveillé par des vis-à-vis qui soient des amis dans la foi. Est-ce que tu as un vis-à-vis comme ça dans ta vie ?

En ce moment tu es confiné chez toi. Si tu as du temps, profites-en, non pas pour te saouler de séries TV ou de jeux vidéo—même si ces choses, d’un point de vue ludique, peuvent avoir leur place. Mais ne gaspille pas ton confinement—rachète plutôt le temps et profite de cette période pour t’instruire dans la foi, pour lire de bons livres en plus de la Bible, pour écouter des prédications, pour méditer et prier.

Les éditions BLF par exemple (maison d’édition chrétienne) offrent 7 livres audio pendant le mois d’avril à tous ceux qui s’inscrivent à leur newsletter. Chaque jour sur Facebook, la page de la Rébellution propose une étude biblique en direct vidéo à 18h—c’est surtout pour les jeunes, et c’est en ce moment sur Philippiens. La page Le Bon Combat propose une étude biblique en direct à 16h, actuellement sur 1 Corinthiens. Pour ceux qui comprennent l’anglais, le site de Ligonier, fondé sur le ministère d’enseignement du Dr Sproul, offre des cours de très grande qualité, gratuitement, pour la période du confinement.

Et il existe encore beaucoup d’autres ressources sur internet, notamment des podcasts en français comme Coram Deo, ou les cousins théologiens, ou « Un pasteur vous répond », qui peuvent servir à nourrir nos pensées des bonnes choses, et à être ainsi encouragés dans la foi. Et si on sortait de ce confinement avec une plus grande maturité dans le Seigneur, avec une meilleure connaissance de Dieu, et en étant plus fermes dans la foi ?

Pour conclure. On n’est pas content d’être confiné. En revanche, on peut être confiné, mais content. Comme l’apôtre Paul en prison. Parce qu’il y a une positive attitude qui découle de l’évangile. On peut positiver, mais non pas à la manière des spécialistes séculiers du développement personnel. À la manière plutôt du spécialiste évangélique de notre relation à Dieu : l’apôtre Paul, qui nous incite à être positifs par rapport au monde, positifs par rapport à Dieu, et positifs par rapport à nous-mêmes.

Et la seule chose qui peut inspirer cette positivité, on l’a dit à plusieurs reprises, c’est l’évangile, c’est-à-dire la bonne nouvelle qui concerne la personne et l’œuvre de Jésus-Christ. Mort et ressuscité par amour pour nous, les croyants. Rien ni personne ne pourra jamais détruire ce qu’il a accompli. Dans toutes nos détresses, il est le rocher, sûr et solide, sur lequel on peut s’appuyer, et qui fonde notre espérance.

Quelles que soient nos circonstances, on peut se réjouir en lui, on peut remercier le Père pour lui, et on peut nourrir nos pensées de son amour. Si bien que notre cœur en sera apaisé. Nos inquiétudes pèseront un peu moins lourd. On aura moins de stress et plus de reconnaissance. Moins d’agressivité et plus de douceur. On sera secoué et bousculé, mais c’est de la grâce qui se renversera et pas du poison.

Allez, je vais m’y mettre, avec le secours du Saint-Esprit. Que Dieu ait pitié de nous et nous transforme pour notre bien, et pour sa gloire.

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