Honorez Dieu !

Par Denis Blumle 21 mars 2021

Comment devrions-nous rendre un culte à Dieu ? Comment devrions-nous glorifier Dieu dans nos vies ? Comment pouvons-nous rendre à Dieu l’honneur qui lui est dû ?

Voilà des questions auxquelles va répondre le texte que nous allons lire dans le livre du prophète Malachie. C’est le dernier livre de l’Ancien Testament, et il a été écrit environ en 450 avant J.-C., dans une période où le peuple d’Israël était revenu de l’exil à Babylone. Le peuple avait reconstruit le temple de Jérusalem, ainsi que la ville et ses murailles mais il se détournait déjà de Dieu. Et Dieu va faire une sorte de bilan de leur état spirituel, le bilan de l’alliance qu’il avait conclu avec le peuple d’Israël, et on va voir que ce n’est pas glorieux. Dieu se présente dans le livre de Malachie comme un Dieu fidèle à son alliance face à un peuple ingrat.

Si vous avez suivi la première prédication sur Malachie qui portait sur les 5 premiers versets, vous vous souvenez peut-être que Dieu affirmait son amour inconditionnel envers le peuple d'Israël qu'il avait choisi. Cette élection de Dieu était à la fois un privilège mais aussi une énorme responsabilité. Lorsqu'un président est élu par une nation, il lui est conféré un privilège important et des honneurs, mais également une responsabilité vis-à-vis de ses électeurs auxquels il doit rendre des comptes. Après avoir affirmé son amour électif, Dieu demande des comptes au peuple sur la mission qui lui était confiée, et c’est l’objet des versets que nous allons lire.

Ces versets ne sont pas vraiment agréables à lire et certains sont même choquants à certains égards. Et il faut faire attention à ne pas plaquer sur ce texte notre regard et nos lunettes de lecteur occidental du vingt-et-unième siècle, car il a été écrit il y a plus de 2500 ans dans un contexte culturel qui n'est plus du tout le nôtre aujourd'hui. Il y a donc un travail de transposition culturelle à opérer.

Je disais que ce texte n'est pas agréable à lire parce qu'il est assez typique des textes prophétiques, c'est à dire des paroles d'un homme envoyé par Dieu pour réveiller son peuple pour le ramener sur une voie juste et droite, pour l'amener à la repentance quand il s’est détourné de Dieu et de sa loi. Et ce passage est grosso modo une série de reproches et de condamnations envers les responsables religieux du peuple : les sacrificateurs (ou les prêtres).

Mais je vous propose de regarder positivement ce texte pour voir ce qu’il nous enseigne sur Dieu et sur la manière de l'adorer, de lui rendre un culte, de l’honorer et de le glorifier dans nos vies. Et nous allons voir que Dieu demande à son peuple une consécration totale, sur le fond et sur la forme, aussi bien dans leur cœur que dans les manifestations visibles de l’honneur qu’ils devaient rendre à Dieu dans le culte et dans leurs vies.

(Lecture de Malachie 1.6-2.9)

1/ Honorer Dieu dans le culte (1. 6-14)

Nous allons commencer par nous attarder sur les versets 6 à 14 du chapitre 1, qui parlent de l’honneur dû à Dieu dans le culte. Dieu va leur dire pourquoi ils doivent l’honorer, et comment ils doivent le faire.

Pourquoi honorer Dieu ?

Premièrement parce que Dieu est un père, et c’est comme cela qu’il se présente au v. 6. Ce lien père-fils que l’on retrouve dans l’Ancien Testament traduit le lien personnel intense créé par l’alliance entre Dieu et son peuple (voir Exode 4.22, Jérémie 3.19, 31.9, Psaume 103.13, Ésaïe 43.6-7). Et la loi enseignait aux Israélites à honorer leurs parents, c’est le 5e des 10 commandements, qui est assorti d’une bénédiction : Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne (Exode 20.12).

Ce n’est plus vraiment une préoccupation de notre société, que les enfants honorent leurs parents, mais c’était quelque chose de très important dans la culture orientale, et pour Dieu aussi. Et ce commandement était tellement important que le Lévitique prévoyait la peine de mort pour celui qui maudissait son père ou sa mère (Lévitique 20.9 : Si un homme quelconque maudit son père ou sa mère, il sera puni de mort ; il a maudit son père ou sa mère : son sang retombera sur lui).

 Aujourd’hui, une telle condamnation nous paraît excessive, mais il faut se replacer dans le contexte de l’époque, et voir que la peine de mort sanctionnait les infractions extrêmement graves à la loi de Dieu, dans la théocratie qu’était Israël. En prévoyant une sanction si importante, Dieu voulait enseigner au peuple que ce commandement était très important, mais aussi que le péché (le non-respect de la loi) conduisait à la mort, la mort physique et la mort spirituelle. Et c’est encore une réalité aujourd’hui : le salaire du péché, c'est la mort (voir Romains 6.23), la mort éternelle, la séparation d’avec Dieu, la privation de la vie éternelle.

Dieu questionne donc son peuple au verset 6 : « Si je suis père, où est l’honneur qui m’est dû ? », parce qu’en ne défendant pas l’honneur, la dignité et les intérêts de Dieu, ils manifestaient leur insoumission, leur manque de respect, leur manque d’amour, et finalement leur mépris pour Dieu.

Dieu se présente aussi comme un maître (v. 6). Et ce rapport serviteur-maître souligne clairement que l’un doit l’obéissance et le respect à l’autre. En tant que serviteur de Dieu, le peuple d’Israël, et a fortiori ses responsables religieux, devaient respecter et obéir fidèlement à ce maître qui leur avait notamment donné des instructions précises concernant les sacrifices qu’ils devaient offrir.

Dans l’Ancien Testament, les sacrifices servaient à racheter les fautes et les péchés. Les fautes des Israélites étaient comme transférées sur les animaux offerts et sacrifiés. Et comme le salaire du péché, c’est la mort, c’était finalement l’animal qui mourait, et pas l’être humain. L’animal se substituait à l’être humain, et c’est l’animal qui mourait à sa place. Les sacrifices devaient être offerts régulièrement comme une sorte de programme antivirus qu'il faut tout le temps mettre à jour parce qu’on continue en permanence à être confronté au même problème insoluble, celui du péché.

Et les animaux devaient être sans défauts pour être offert à l’Éternel (voir Deutéronome 15.21, Nombres 28.31), parce qu’ils préfiguraient l’agneau parfait, Jésus-Christ, le Fils de Dieu venu sur terre comme un simple homme (voir 1 Pierre 1.18-19). Il n’a jamais commis de péché, il était pur, sans défaut, et il s’est offert pour nous en sacrifice à la croix. Si nous plaçons notre confiance en lui, aux yeux de Dieu, la condamnation de nos péchés a comme été transférée sur ses épaules, et c’est lui qui est mort à notre place.

Vous voyez donc l’importance qu’avaient les sacrifices effectués dans le temple de Jérusalem. Ils préfiguraient ce sacrifice parfait et suffisant de Jésus. Vous comprenez pourquoi il était si important que la bête n’ait pas de défaut apparent.

Les prêtres de l’époque de Malachie ne tenaient pas compte de la loi de Dieu. Ils acceptaient de sacrifier des animaux malades et donc impurs par rapport aux prescriptions rituelles de la loi, ce qui témoignait de leur indifférence et de leur mépris envers Dieu. Ils n’ont pas conscience de la grandeur de Dieu, et ils prennent leur mission à la légère. Ils s’en fichent un peu. Mais ils ont quand même le culot de contredire Dieu en lui répondant : « En quoi avons-nous méprisé ton nom ? » (v. 6), « En quoi t’avons-nous profané ? » (v. 7). Ils se comportent comme un enfant qui a le visage barbouillé de gelée de myrtille et qui vous assure qu’il n’a pas touché au pot de confiture. Dieu leur répond donc de manière très factuelle : « Vous offrez des bêtes aveugles (v. 8), vous amenez ce qui est dérobé, boiteux ou infirme (v. 13), n’est-ce pas mal ? »

Par leur désobéissance au maître, les sacrificateurs portaient gravement atteinte au culte de Dieu, et comme le dit le commentateur Théophane Chary :

« Toute atteinte à l'intégrité du culte touche Dieu dans son honneur. »

C’est l’honneur de Dieu qui était en jeu.

Et nous parlons de Dieu ! Il n’est pas seulement un père et un maître, il se présente aussi comme un grand roi (v. 14), le Tout-Puissant, le Seigneur de l’univers, l’Éternel des armées (v. 6, 8, 9, 10, 11, 13, 14…). Malachie est le prophète qui utilise le plus ce terme : « Éternel des armées ». Dans son livre, il utilise 24 fois ce terme, pour 55 versets (soit presque un verset sur deux).

C’est pour proclamer la souveraineté de Dieu que Malachie utilise avec insistance ce qualificatif, car le nom Éternel des armées évoque la toute-puissance de Dieu. Toutes les armées sont à son service : l'armée des anges, et toutes les forces de l'univers. Il tient tout dans sa main et rien n'échappe à sa volonté.

C’est pourquoi Dieu proclame la grandeur de son nom dans ces versets : « Mon nom est grand parmi les nations » (v. 11), « Mon nom est redoutable parmi les nations » (v. 14). C’est parce que Dieu est un grand Dieu, parce qu’il est un grand roi (v. 14), parce qu’il est le Seigneur de l’univers, qu’il est digne de recevoir de notre part un culte, une adoration, des louanges, des prières.

Et pas seulement de la part du peuple d’Israël, mais de la part de toutes les nations. Le v. 11 est un verset extrêmement fort qui pourrait justifier une prédication à lui tout seul, parce qu’il nous parle du grand thème prophétique de l'incorporation des nations (non-juives) dans le royaume de Dieu (voir Ésaïe 2.2-4, Ésaïe 42.1-7, Jérémie 3.17). Dieu annonçait par Malachie qu’un jour, il n’aurait plus besoin du culte hypocrite des Israélites, car il recevrait celui de toutes les nations (le verbe est au présent mais il a une portée future) :

« Car depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant, mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu on brûle de l’encens en l’honneur de mon nom et l’on présente des offrandes pures ; car grand est mon nom parmi les nations, dit l’Éternel des armées. ».

Cette prophétie s’est accomplie par la venue de Jésus dans le monde, car il a offert sa vie pour tous ceux qui placent leur confiance en Lui pour le pardon de leurs péchés, qu’ils soient juifs ou non-juifs, et pour nous aussi en ce jour. Le nom de Dieu est aujourd’hui connu et adoré, d’une extrémité du monde à l’autre, du soleil levant au soleil couchant.

Si nous sommes invités à honorer Dieu encore aujourd’hui, c’est parce qu’il est notre père, notre maître, le Tout-Puissant, un grand roi, il est le Seigneur de l’univers, l’Éternel des armées célestes.

La question qui vient après le pourquoi, c’est comment honorer Dieu.

Comment honorer Dieu ?

On peut commencer par dire qu’on ne peut pas le faire n’importe comment. C’est Dieu qui avait défini les termes de l’alliance avec Israël et avec Levi. Et c’est lui qui a défini la manière de lui rendre un culte. Si vous lisez les livres de l’Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome, vous allez découvrir toutes les ordonnances que Dieu a transmises à son peuple pour qu’il sache comment s’approcher de lui, comment lui rendre un culte dans le tabernacle, puis dans le temple. Dieu est saint et on ne s’approche pas de lui n’importe comment. C’était vrai dans l’Ancien Testament, mais c’est aussi vrai de nos jours.

Il faut reconnaître que nous sommes privilégiés par rapport aux Israélites de l’époque, car par son sacrifice, Jésus a rétabli la relation avec le Père, et l’Épître aux Hébreux nous dit que nous avons à présent un libre accès au sanctuaire par la route nouvelle et vivante que Christ a inaugurée (Hébreux 10.19-22). Et nous n’avons plus besoin aujourd’hui de l’office des prêtres, ni des sacrifices du temple, qui ont donc été abolis. Mais écoutez ce que l’auteur de l’épître dit un peu plus loin (Hébreux 12.28-29) :

« C'est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte, car notre Dieu est aussi un feu dévorant. »

 Dieu n’a pas changé, et il nous demande encore aujourd’hui de lui rendre un culte avec piété et avec crainte.

La crainte de Dieu est l’une des dispositions de cœur qui doit caractériser notre culte, et ceux qui président le culte (qui choisissent les lectures et les chants) s’efforcent de guider notre louange dans la crainte de Dieu, en lui manifestant un saint respect. Le culte n’est pas un concert de louange où l’on doit chauffer la salle pour qu’il y ait une bonne ambiance. Le dimanche, nous venons adorer le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, et on devrait s’approcher de lui avec crainte et respect, et avec beaucoup de joie aussi. Quelle était notre disposition de cœur en venant aujourd’hui à l’église ?

Les sacrificateurs de l’époque de Malachie ne témoignaient pas d’une crainte et d’un respect de Dieu dans leur office. Dieu est tellement offensé par leur attitude qu’il préférerait qu’ils arrêtent toute célébration. Puisqu’elles ne lui rendent pas honneur, elles sont une offense, et dans ces conditions Dieu voudrait que le culte cesse. Regardez le verset 10, Dieu demande que quelqu’un ferme les portes du temple :

« Lequel de vous fermera les portes, pour que vous n’allumiez pas en vain le feu sur mon autel ? Je ne prends aucun plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, et les offrandes de votre main ne me sont point agréables. »

Et on pourrait se dire que Dieu exagère, qu’ils font tout de même des efforts et des sacrifices, et que même si ce ne sont pas les meilleures bêtes, c’est déjà pas mal. Mais ce n’est pas l’avis de Dieu. C’est une offense pour lui, c’est une forme de rébellion, on salit son nom en ne respectant pas sa loi. On lui manque de respect en apportant des offrandes pourries.

Les sacrificateurs n’auraient jamais osé amener une bête amputée, aveugle et chétive en cadeau au gouverneur perse qui administrait la région. C’est pourquoi Dieu ironise :

«Offre-la donc à ton gouverneur ! Te recevra-t-il bien, te fera-t-il bon accueil ? » (v. 8)

Dieu leur pose cette question pour qu’ils réalisent que c’est offensant de recevoir un cadeau pourri.

Ça ne vous viendrait pas à l’idée d’amener des restes de savons d’hôtel en cadeau à des amis. Ça ne vous viendrait pas à l’idée d’offrir une boîte de chocolats à moîtié vide aux amis qui vous accueillent pour un repas. On préfère ne rien recevoir en cadeau que recevoir un cadeau insultant. Gilles et Yvette amènent parfois des fruits de leur jardin pour les partager avec l’église : imaginez s’ils amenaient seulement les cerises pourries, ou à moitié mangées par les moineaux : comment est-ce que l’on prendrait la démarche ? On se dirait que c’est l’intention qui compte ou est-ce qu’on serait un peu blessé ?

Cette illustration fictive correspond à la situation de notre texte. Par leur attitude, les sacrificateurs méprisaient le nom de l’Éternel (v. 6). Les gestes visibles témoignent de la foi intérieure. Offrir une bête malade, c’était montrer que sa foi était malade.

La foi, la confiance en Dieu et en sa parole, faisaient défaut aux sacrificateurs. Ils se comportaient même avec hypocrisie. Ils acceptaient de la part du peuple des bêtes de second choix et ils se plaignaient que la part du sacrifice qui leur revenait de droit en tant que Lévites était nulle, au verset 12 : « Ce qu’elle rapporte est un aliment méprisable ». Évidemment, puisque le produit était pourri, ce qu’ils en retiraient était donc pourri, mais c’était de leur faute car ils auraient dû avoir un saint respect pour la loi de Dieu, et ils n’auraient pas dû accepter de telles offrandes.

Ils finissaient même par se lasser de leur service : Quelle fatigue ! (v.13). Ils voyaient leur ministère comme ennuyeux et comme un fardeau au lieu de le voir comme saint et élevé. Vous imaginez si notre pasteur Alex montait sur scène et prenait la parole chaque dimanche en traînant les pieds et en poussant un profond soupir ! Notre enthousiasme dans le culte doit être visible. On ne peut pas venir à l’église et célébrer Dieu avec indifférence (comme si on allait au cinéma, au concert ou au supermarché), sans réaliser qui Dieu est.

Ces versets nous invitent à nous approcher de Dieu avec crainte, à obéir à sa parole avec joie, à lui rendre un culte fidèlement, (et pas seulement quand il n’y a pas mieux à faire le dimanche matin dans notre agenda), et à le célébrer avec enthousiasme.

Nous n’apportons plus à Dieu des animaux pour les sacrifices, mais nous pourrions appliquer les principes de l’époque à l’offrande financière faite à l’église. Elle fait partie du culte parce qu’elle manifeste notre désir de contribuer à l’œuvre de Dieu, et de l’honorer par les revenus dont nous bénéficions. Dans ce domaine comme dans tous les autres, Dieu ne veut pas et ne peut pas se contenter des restes, il désire le meilleur car il est un grand roi, et il demande de notre part une consécration totale, tant dans les dispositions de notre cœur que dans les gestes visibles qui en découlent. Dieu demande en fait à ce que toute notre vie rende gloire à son nom.

2/ Glorifier Dieu dans nos vies (2.1-9)

Et nous allons nous poser les deux mêmes questions, pourquoi et comment glorifier Dieu.

Pourquoi glorifier Dieu ?

Nous voyons déjà que Dieu s’adresse directement aux sacrificateurs et qu’il les interpelle personnellement au verset 1, parce que glorifier le nom de Dieu était quelque chose qu’ils auraient dû prendre à cœur (v. 2), car c’était finalement le but de leur vie, la mission attachée à leur ministère. Et on peut même dire que rendre gloire à Dieu était un devoir pour chaque Israélite et que c’est le principe fondamental de l'alliance conclue entre Dieu et son peuple. Et le prophète Malachie va déplorer la violation de ce fondement dans ces 9 versets.

Vous connaissez probablement par cœur la réponse à la première question du petit catéchisme de Westminster :

« Le but principal de la vie de l'homme est de glorifier Dieu et de trouver en lui son bonheur éternel. »

Le but principal de la vie d’un sacrificateur était de glorifier Dieu. Toute sa vie, tout son travail devait encourager le peuple à glorifier Dieu, à le craindre, à le respecter et à maintenir la relation d’alliance avec lui, et à l’aimer. Que ce soit lorsqu’ils opéraient le sacrifice d’expiation qui communiquait l'amour, le pardon et la grâce de Dieu envers les pécheurs, mais aussi lorsqu’ils bénissaient le peuple au nom de Dieu (v. 2, voir Nombres 6.23-27), lorsqu’ils l’instruisaient, qu’ils lui enseignaient la loi ou qu’ils rendaient la justice (v. 7 et 14), les sacrificateurs glorifiaient Dieu. Leur rôle était si important que Malachie nous dit même au verset 7 que le sacrificateur était un envoyé de Dieu, un messager, un intermédiaire, un médiateur entre Dieu et le reste du peuple. Il devait représenter Dieu auprès du peuple, et on comprend donc mieux pourquoi il devait être si exemplaire et si saint.

Et s’ils ne remplissaient plus cet office, ils devenaient aussi inutiles qu’une voiture qui ne roule plus, qu’un ordinateur qui ne s’allume plus, ou qu’un stylo bille qui n’a plus d’encre. Et un objet qui ne remplit plus sa fonction, si on ne peut pas le réparer, on le jette. C’est la situation dans laquelle se trouvent les sacrificateurs.

Dieu avait conclu une alliance avec la tribu de Lévi, qui avait été choisie pour le sacerdoce, et Dieu leur demande donc des comptes, comme on peut demander aujourd’hui des comptes à un président ou à un maire que l’on a élu. Le fait qu’ils avaient été choisis leur donnait une responsabilité. Et puisqu’ils manquaient à cette mission, et qu’ainsi ils profanaient le nom de Dieu, ils devaient en subir les conséquences, car on ne se moque pas de Dieu impunément.

L’alliance conclue entre Dieu et le peuple d’Israël dans le livre du Deutéronome prévoyait une série de bénédictions si le peuple était fidèle, et une série de malédictions si le peuple se montrait infidèle à l’alliance (voir Deutéronome 28). Les sacrificateurs étaient prévenus, et ce sont donc ces malédictions annoncées qui viennent sanctionner leur infidélité. Dieu les menace de détruire leurs semences (v. 3) ce qui peut à la fois désigner des biens matériels, tout comme leur progéniture, leur descendance.

Et Dieu utilise aussi un langage fleuri qui est là pour choquer au verset 3 : quand il évoque la possibilité de leur jeter des excréments au visage. Les excréments faisaient partie des éléments impurs des animaux sacrifiés qui devaient être brulés hors du camps, et pas sur l’autel (voir Exode 29.14, Lévitique 4.11-12, 8.17, 16.27). L’idée de leur jeter au visage témoigne que Dieu les considère comme impurs, et que le peuple devrait en faire autant. Dieu cherche à les secouer par cette image choquante, par cet avertissement, pour qu’ils réalisent la gravité de leur attitude.

Une autre raison qui aurait dû les inciter à accomplir fidèlement leur sacerdoce, c’est qu’ils pouvaient y trouver un intérêt personnel. Ils bénéficiaient personnellement d’une partie des bêtes sacrifiées, et puis l’alliance avec Lévi était une alliance de vie et de paix, elle allait dans le sens de leur intérêt, mais ils négligeaient cette alliance et ils la profanaient. Ils violaient l’alliance de Lévi (v. 8). Et c’était même pire que ça, car ils entraînaient avec eux le peuple tout entier : « Vous avez fait de la loi une occasion de chute pour plusieurs » (v. 8). Ils n’avaient pas gardé les voies de l’Éternel (v. 9), ils avaient même fait preuve de favoritisme dans les jugements qu’ils rendaient (v. 9).

Leur infidélité personnelle avait eu une influence désastreuse sur le reste du peuple, ils avaient fait trébucher des gens, en autorisant ce qui est interdit (1.7-8 et 1.12-14a). Ils avaient faire croire que la religion n’était qu’une farce, que leur office n’était qu’une mascarade, et qu’on pouvait faire ce qu’on voulait avec la loi de Dieu. Cette attitude leur vaudrait la pire honte et le pire déshonneur, comme recevoir des excréments au visage (v. 3), ou être rendus « méprisables et vils aux yeux de tout le peuple » (v. 9).

Ça doit être une mise en garde pour nous aussi. Déjà en premier pour les responsables d’église, les anciens qui devront rendre des comptes de la manière dont ils ont géré l’église de Jésus Christ (priez pour eux, pour qu’ils aient la sagesse, la fidélité et l’humilité nécessaires à cette fonction). Mais les anciens ne sont pas des prêtres, il ne sont pas des intermédiaires, car il n’y a, à présent, qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme (1 Timothée 2.5), et je vous rappelle aussi que dans la nouvelle alliance, Dieu a fait de tous ses enfants des sacrificateurs (Apocalypse 1.6 : Il a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen ! Voir aussi 1 Pierre 2.5-9, Apocalypse 20.6).

Nous sommes tous des sacrificateurs, ce qui veut dire que nous rendons un culte à Dieu dans notre vie à chaque instant. Et nous sommes aussi sacrificateurs dans le sens que nous sommes tous appelés à cette fonction de faire connaître Dieu autour de nous, d’être ses ambassadeurs.

En tant que chrétiens, nous représentons Christ. Nous sommes donc tous concernés par ses mises en garde, et invités à prendre à cœur de donner gloire à Dieu dans tous les aspects de notre vie, à l’église mais aussi dans notre travail, notre famille, à l’école, au collège, au lycée, en cours de récréation… À chaque instant, nous sommes des disciples de Christ, et notre mission sur terre en tant que chrétiens est toujours de glorifier Dieu. Après le pourquoi, nous allons passer à : comment peut-on glorifier Dieu ?

Comment glorifier Dieu ?

Pour répondre à cette question nous pouvons regarder le témoignage qui est rendu à Lévi dans les versets 5-6, dans le sens que Lévi représente les sacrificateurs fidèles à leur office, à leur mission et à l’alliance.

Voici ce témoignage (v. 5b-6) :

« Il a eu pour moi de la crainte, il a tremblé devant mon nom. La loi de la vérité était dans sa bouche, et l’iniquité ne s’est point trouvée sur ses lèvres. Il a marché avec moi dans la paix, et il a détourné du mal beaucoup d’hommes. »

Et on peut commenter rapidement chacune de ces phrases qui ressemblent presque à un poème en 6 vers (un sizain). C’est un très beau programme pour nos vies.

- Il a eu pour moi de la crainte, il a tremblé devant mon nom.

Dans son cœur, il craignait l’Éternel, il avait conscience de qui était Dieu, de l’honneur qui lui était dû. Et j’en ai déjà bien parlé dans la première partie. Dieu nous invite à avoir envers lui de la révérence comme devant un grand roi (v. 14), le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. Et pas seulement dans notre cœur, mais aussi dans la manière dont on parle de lui.

- La loi de la vérité était dans sa bouche.

Dans ses paroles, Lévi était juste et droit. Il dispensait un enseignement correct, conforme à la vérité. Au verset 7, il est dit qu’il devait « garder la science », ce qui veut dire la connaissance, car « c’est à sa bouche qu’on demande la loi ».

On cite souvent la première question du petit catéchisme de Westminster, mais voici la deuxième :

« Comment Dieu nous fait-il connaître la façon de le glorifier et de trouver notre bonheur en lui ? La Bible, Ancien et Nouveau Testament, qui est la parole de Dieu, nous indique la façon de le glorifier et de trouver en lui notre bonheur. »

 Pour transmettre des connaissances, il faut avoir les connaissances. La Bible est la source de connaissance concernant Dieu. Mais une connaissance académique ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée d’une connaissance intime de Dieu, une connaissance personnelle, une relation avec lui.

Par la louange (les chants), nous proclamons les vérités de la Parole de Dieu, et nous rendons ainsi gloire à Dieu (voir Psaume 22.24), et nous faisons donc très attention à ce que le contenu des chants soit conforme à l’enseignement de la Bible.

- L’iniquité ne s’est point trouvée sur ses lèvres.

Il n’est pas seulement question de transmission de connaissances mais d’une vie qui met en pratique ces connaissances. Et ce vers nous indique que nous rendons gloire à Dieu lorsque nous fuyons le péché, lorsque nous donnons l’exemple de la sainteté que l’on prêche.

Si on pense que le péché est si grave que Jésus a dû mourir pour cela (c’est la Bible qui le dit), alors pourquoi tolérons-nous certains péchés dans notre vie : la colère dans certaines discussions, une fierté orgueilleuse, les pensées impures, une dépendance à la pornographie, le mensonge ou un arrangement avec la vérité, la cupidité, le manque de générosité… Il y a un combat à mener dans chacune de nos vies et il ne faut pas baisser les bras car nous glorifions Dieu lorsque nous luttons contre le péché dans nos vies.

- Il a marché avec moi dans la paix et dans la droiture.

Quant à sa marche, il était droit. Mais ce qui est remarquable c’est que Dieu dit qu’il a marché avec lui. Marcher avec quelqu’un, ça veut dire aller dans la même direction et être proche de la personne, ce qui veut dire qu’il était proche de Dieu et qu’il l’aimait fidèlement avec persévérance.

- Il a détourné du mal beaucoup d’hommes.

Et enfin, quant à son ministère, Lévi a amené le peuple à se détourner du mal. Par notre conduite, par l’amour que nous manifestons, nous pouvons amener nos contemporains à la connaissance du salut et de la bonne nouvelle de l’Évangile, et Jacques 5.20 nous dit que :

« Celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. »

Pour conclure, on peut dire à partir de ce passage que Dieu ne veut pas juste de notre part un engagement du bout des lèvres, il veut une vie qui se soumet entièrement à lui et qui met en pratique sa parole. Pas juste une profession de foi ou une connaissance théorique mais une mise en pratique dans la vie personnelle, et une consécration totale de notre être et de notre vie pour glorifier son nom. Il veut des disciples qui offrent joyeusement le meilleur de leur vie et de leur temps.

Quel est le moment de notre journée que nous offrons à Dieu pour passer du temps avec lui en lisant la Bible ou en priant (ce qu’on appelle parfois le culte personnel) ? Le meilleur moment ou celui du second-choix ?

Je nous invite à réfléchir à comment nous pourrions davantage honorer Dieu et glorifier son nom dans nos vies.

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