Comment faire confiance à Dieu ?

Par Alexandre Sarranle 2 mai 2021

Ce serait trop bien de pouvoir faire confiance à Dieu, n’est-ce pas ? Ce serait trop bien de pouvoir lui faire confiance, parce que si Dieu existe, ça veut dire qu’il est le maître de l’univers, et donc, qu’il contrôle tout ce qui se passe dans l’univers et a fortiori dans ma vie.

Et donc ce serait juste super rassurant, si on pouvait lui faire confiance. Ce serait génial de pouvoir se dire : « Quoi qu’il arrive dans ma vie, je sais que je suis entre de bonnes mains. Il y a quelqu’un qui contrôle complètement cette situation et il est digne de confiance ! Donc même si je ne comprends pas ce qui se passe, eh bien j’ai quand même du courage pour avancer. » Vous aimeriez pouvoir dire ça ?

Par exemple. Vous traversez quelque chose de très, très difficile : une rupture amoureuse, un licenciement, une maladie grave, un accident, un échec personnel… Vous ne comprenez pas pourquoi ça vous arrive, mais vous savez au moins que vous êtes entre de bonnes mains. Ce serait bien, non ?

Ou bien vous vous posez des questions sur votre avenir, vous vous inquiétez de ne peut-être jamais pouvoir trouver de conjoint, ou de travail, ou de logement (ou de local adapté à la croissance de l’église et à ses projets !), ou bien vous vous demandez si un jour vous allez pouvoir surmonter votre dépression ou votre addiction… Vous vous sentez impuissant, désorienté… mais au moins vous n’êtes pas en panique parce que vous savez que vous pouvez faire confiance à Dieu. Il maîtrise la situation, et il est digne de confiance.

Si on pouvait dire ça, ça changerait tellement de choses, n’est-ce pas, à la façon dont on va réagir au malheur et à la souffrance et à l’injustice, quand ces choses vont arriver dans notre vie, ou quand on va les observer autour de nous dans le monde. Ah, ce serait trop bien de pouvoir faire confiance à Dieu !

Et le texte qu’on va regarder ensemble dans un instant va nous donner des arguments pour nous aider à voir qu’on peut faire confiance à Dieu—quelle que soit la situation qu’on traverse, si troublante, si douloureuse, si décourageante soit-elle.

C’est la suite du livre de Job, du nom de cet homme de l’Antiquité, qui était extrêmement intègre et qui en même temps a été extrêmement affligé. Et pour vous résumer l’histoire : Job a tellement souffert qu’il a vraiment été poussé à bout ; et du coup, dans ses lamentations, il a dit des choses qui pouvaient être mal interprétées. Il a dit des choses qui pouvaient mettre Dieu en cause !

Et donc il y a un autre gars qui s’appelle Élihou, et il est très préoccupé par l’honneur de Dieu, et il ne peut pas laisser passer les choses que Job a dites, ou du moins les questions qu’il a soulevées ! Il ne peut pas laisser passer des propos ambigus qui pourraient laisser entendre des choses pas vraies sur Dieu—même si ces propos ont été tenus sous le coup de l’émotion, même si Job n’a jamais ouvertement, explicitement, insulté Dieu. Mais Élihou ne veut rien laisser passer qui pourrait discréditer Dieu.

Et donc il fait quatre discours à la suite, dans le texte (ch. 32-37), dont le but est de « justifier Dieu » : Élihou veut défendre la cause et l’honneur de Dieu, qui ont peut-être été mis à mal par Job. Et ce qu’on va regarder aujourd’hui, c’est le quatrième et dernier discours, un discours un peu plus long que les autres, où Élihou va généraliser un peu plus son propos pour établir un principe vraiment fondamental, en conclusion de ce cycle.

C’est un principe fondamental, et même essentiel pour Job dans ses souffrances et dans sa perplexité, et essentiel pour tous les humains : c’est que si on y réfléchit un peu, on a, en réalité, toutes les raisons de faire confiance à Dieu, quelles que soient les circonstances qu’on traverse. Mais est-ce qu’on est prêt à y réfléchir ?

Eh bien en tout cas vous n’avez pas le choix ce matin, et je vais même vous infliger une prédication en six points, mais rassurez-vous, on ne va pas s’éterniser sur chaque point !

1/ Une super info (36.1-4)

Donc le texte veut nous montrer qu’on a toutes les raisons de faire confiance à Dieu, parce que premièrement, il y a une super info à notre disposition, que Dieu nous donne pour qu’on le connaisse mieux. Dieu ne nous laisse pas dans le noir.

Vous allez voir qu’Élihou commence ce dernier discours en défendant son rôle en tant que médiateur d’une révélation de la part de Dieu. En gros, Élihou est en train de dire à Job : « Je sais que tu es tout perplexe dans ta souffrance et que tu te poses des questions sur Dieu ; mais écoute-moi bien parce que justement, j’ai des choses à dire de la part de Dieu, qui vont répondre à tes questions. »

(Lecture de Job 36.1-4)

Donc Élihou rappelle qu’il est en train de défendre « la cause de Dieu » (v. 2). Il veut « rendre justice » à Dieu (v. 3), c’est-à-dire le justifier alors que Dieu a été mis en cause par Job dans ses lamentations. Mais Élihou veut que Job soit attentif à ce qu’il va dire, donc il veut le convaincre qu’il est lui-même (Élihou) intègre et fiable dans ses propos. Pourquoi est-il fiable ? Parce qu’il tire sa science « de très loin » (v. 3).

C’est une manière de dire que les connaissances qu’il va partager (et qu’il a déjà partagées) avec Job viennent d’ailleurs, d’un endroit assez inaccessible, sous-entendu… de Dieu ! C’est une forme de litote, en fait : « J’ai un truc à te dire qui vient de loin—de très loin, si tu vois ce que je veux dire ! »

Dieu ne nous laisse pas dans le noir. Il a envoyé Élihou à Job avec une connaissance surnaturelle—ce qu’on appellerait en théologie une « révélation spéciale », quelque chose que Dieu veut spécialement révéler, une super info, une info incontournable, indispensable pour qu’on ait un peu de lumière ici-bas, dans un monde enténébré, où on est entouré de problèmes, de souffrance, d’injustice et de toutes sortes de malheurs.

Ça me fait penser à ma chambre la nuit. Avec la porte et le volet fermés, on est dans le noir quasi-absolu. Mais il se trouve que sur l’interrupteur du plafonnier, près de la porte, il y a une toute petite LED qui reste allumée quand la lumière est éteinte—c’est pour qu’on puisse facilement trouver l’interrupteur dans le noir. Mais vous savez ce qui est incroyable : c’est que dans le noir, justement, une fois que les yeux se sont habitués, cette toute petite LED semble éclairer toute la chambre ! Il suffit d’une toute petite lumière pour déjà arriver à mieux s’orienter dans le noir.

Heureusement que Dieu lui-même nous donne des infos pour qu’on puisse y voir un peu plus clair dans la vie. Dans notre texte, Élihou intervient comme un prophète de la part de Dieu, et il éclaire la situation de Job.

Mais nous qui vivons après l’époque de Jésus et des apôtres, on a mieux encore. On a la Bible tout entière pour nous éclairer. On a une science qui vient « de très loin », qui est plus complète encore, et qui éclaire bien mieux qu’une toute petite LED dans le noir. Dieu a voulu se faire connaître en inspirant Élihou et tous les autres prophètes et les apôtres, dont les écrits ont été consignés dans ce grand livre qu’est la Bible. Ce n’est pas une petite LED mais plutôt un projecteur halogène !

Dans les difficultés de la vie, on se demande si on peut faire confiance à Dieu, c’est vrai, mais on peut déjà se tourner vers la Bible pour en savoir plus sur Dieu, sur le monde et sur nous-mêmes. On peut faire ça chaque dimanche à l’église, et même chaque jour chez soi.

« Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » (Psaume 119.105)

2/ Une super assurance (36.5-15)

Donc premièrement, Dieu ne nous a pas laissés dans le noir. Il y a une super info à notre disposition : une révélation qui nous vient de sa part, la Bible ! Deuxièmement, il y a une super assurance à avoir en face du malheur. On peut être sûr que Dieu est juste.

Élihou poursuit son discours, et il va tout simplement rappeler une vérité essentielle : c’est que Dieu n’approuve pas les coupables, et qu’il n’abandonne pas les victimes. En gros, Élihou va dire à Job : « Écoute, on ne comprend peut-être pas exactement comment Dieu agit avec les humains ici-bas, pour l’instant. C’est vrai qu’il s’occupe de tout le monde en même temps, il est patient, il veut amener les orgueilleux à la repentance, il veut instruire les fidèles—c’est complexe de notre point de vue ! Mais ce qui est sûr, Job, c’est que le méchant ne sera jamais approuvé par Dieu, et que le juste ne sera jamais condamné par Dieu. Dieu est immuablement, indéfectiblement juste, par nature ! Et ça fait du bien de se le rappeler, quand on souffre. »

(Lecture de Job 36.5-15)

On ne comprend pas tout, mais on peut être sûr que Dieu est juste. Ce qui est sûr, c’est que Dieu est contre le mal, et pour le bien. Il est contre ceux qui pratiquent le mal, et pour ceux qui s’humilient et qui se détournent du mal. Et c’est une super assurance à avoir quand on observe le monde autour de nous.

Parce que notre expérience ici-bas, c’est quoi ? On dirait que le mal, ça paie bien, en fait ! On dirait qu’on peut s’enrichir par le mensonge, et qu’on peut acquérir du pouvoir en exploitant les faibles, et qu’on peut se faire plaisir en pratiquant l’immoralité. On dirait parfois que Dieu récompense ceux qui font le mal, et qu’il laisse souffrir ceux qui sont intègres.

Mais Élihou est en train de dire à Job : « Ne te laisse pas avoir ! » On ne comprend pas tout, mais il y a un truc qui ne change pas, c’est que Dieu est juste.

C’est comme les lois de la physique. Des fois, on peut observer des phénomènes très bizarres dans la vie, comme par exemple : « Tiens, j’aurais juré avoir vu passer un éléphant rose devant ma fenêtre, qui planait dans le ciel. » Bon. Puisqu’on connaît quelques lois de la physique, on ne sait peut-être pas exactement ce qui vient de se passer, mais on peut au moins exclure certaines hypothèses ! Comme par exemple qu’un véritable éléphant vivant ait pu planer tout seul dans le ciel. Vous comprenez ?

De la même façon dans notre texte, Job est perplexe parce qu’il est très intègre et sincère devant Dieu, et pourtant le malheur s’est abattu sur lui. Il ne comprend pas ! Mais Élihou lui dit : « On ne comprend pas ce qui se passe, mais au moins on peut exclure certaines hypothèses, comme par exemple que Dieu puisse commettre l’injustice. »

Est-ce qu’on a tous cette conviction ce matin ? Même quand le malheur s’abat sur nous, quand on connaît la souffrance, quand on traverse un désert, Dieu n’est pas en train de se montrer injuste. Il est peut-être en train de nous instruire, de nous avertir, d’éprouver notre foi, il veut peut-être nous faire grandir, produire quelque chose de beau dans notre vie pour sa gloire à la fin, et donc pour notre bien—quoi qu’il en soit, Dieu est juste !

On se demande si on peut faire confiance à Dieu ? Eh bien quelle super assurance à avoir en face du malheur : quoi qu’il arrive, on peut être sûr que Dieu est juste.

3/ Une super destinée (36.16-21)

Troisièmement, puisque Dieu est juste, il y a une super destinée pour notre monde. Il y a une justice à venir qui peut motiver notre persévérance maintenant.

Vous allez voir ce que dit Élihou dans la suite de son discours. Il va tirer la conclusion logique de ce qu’il vient d’affirmer concernant la justice de Dieu. « Job, écoute-moi bien. Dieu est juste et c’est une réalité immuable. Donc un jour où l’autre, pour sûr, la justice prévaudra dans tout l’univers, puisque Dieu ne peut pas laisser une situation d’injustice perdurer éternellement—ce serait une offense à sa nature ! Donc Job, ça vaut infiniment le coup de continuer, toi-même, de te détourner du mal et de t’attacher à Dieu. »

(Lecture de Job 36.16-21)

Vous voyez l’avertissement d’Élihou ? « Job, c’est normal d’être perplexe, et même désemparé, vu toutes les souffrances que tu traverses. Mais pour autant, ne te détourne pas de Dieu. Il est juste, donc si toi-même tu t’attaches à Dieu par la foi, si tu continues de te détourner du mal et de chercher sa face, pour sûr le jour vient où tu seras relevé et consolé ! »

C’est un peu comme quand la famille Sarran va passer un après-midi tous ensemble chez quelqu’un d’autre. Dans la voiture, en y allant, on briefe nos enfants : « Bon, écoutez bien les loulous. On compte sur vous pour être sages. Soyez polis, discrets, ne vous disputez pas. Et si ça se passe mal, on règlera ça le soir quand on sera rentré à la maison ! »

Autrement dit, il va y avoir une période où on va avoir l’impression que le « juge souverain de la maison » va laisser faire ! On ne va pas pouvoir observer le déploiement de sa justice. On va peut-être penser qu’il n’est pas juste, après tout ! Or en réalité, le moment vient où la justice sera rétablie. (Bien sûr, très imparfaitement en ce qui me concerne !)

Mais Élihou est en train de dire que Dieu, pour sûr, exercera la justice un jour, et de manière absolument parfaite. Et c’est une bonne nouvelle ! Parce que ça veut dire que toute injustice dont on fait l’expérience aujourd’hui, sera un jour parfaitement corrigée.

Et si c’est vrai, alors on veut être du bon côté de cette justice qui vient, non ? Peut-être que pour l’instant, on a l’impression que Dieu ne se préoccupe pas de nos problèmes, de nos souffrances, de nos luttes, des injustices qui nous arrivent—bref, de notre malheur—mais c’est faux ! Rien de tout cela ne sera pas parfaitement corrigé un jour. Dieu observe tout ce qui arrive, il en tient compte, et il s’en occupera un jour de manière parfaitement satisfaisante.

Et donc malgré les difficultés qu’on traverse, qui peuvent nous sembler incompréhensibles et insurmontables, ça vaut quand même infiniment le coup de continuer de se détourner du mal et de s’attacher à Dieu. La justice à venir peut motiver notre persévérance maintenant.

Alors oui, c’est dur, ce que tu traverses. C’est une épreuve douloureuse, c’est un profond découragement, ce sont peut-être des doutes. Mais ne commence pas à juger (à penser ou parler) comme le méchant (v. 17). Que la colère ne te conduise pas au cynisme (v. 18). Que le coût de la persévérance à faire le bien ne te décourage pas (v. 18). Ne désespère pas de ton existence (v. 20). Ne bascule pas du côté obscur (v. 21).

Il y a une super destinée pour notre monde, et donc pour toi, si tu demeures attaché à Dieu (on va y revenir dans un instant, pour voir ce que ça veut dire de rester attaché à Dieu).

4/ Une super compétence (36.22-25)

Mais d’abord, quatrièmement, il y a une super compétence, à l’œuvre dans tout l’univers. On doit se rappeler combien Dieu est sage.

Élihou poursuit son discours, et il y a comme une petite transition. Il a parlé de la justice de Dieu, mais maintenant il élargit son propos : « Non seulement dans sa manière d’exercer ses jugements, mais dans tout ce qu’il fait, Dieu est infiniment sage. Il est tellement supérieur à nous, Job ! Même quand on traverse le malheur, il faut qu’on se rappelle combien Dieu est grand ! On n’a pas de conseils à lui donner, nous ! Il sait parfaitement ce qu’il fait. »

(Lecture de Job 36.22-25)

Tiens, tiens. Il y a quelque chose que les hommes peuvent voir « de loin » (v. 25). Élihou avait dit que sa science venait « de loin » (v. 3), c’est-à-dire de Dieu. Et maintenant, dans le sens inverse, les hommes peuvent distinguer quelque chose « de loin ». Il y a quelque chose que les hommes peuvent entrapercevoir concernant Dieu, quelque chose qu’ils peuvent discerner un peu. C’est son œuvre (v. 24). C’est-à-dire certaines choses que Dieu fait.

Si vous allez dans un musée des beaux-arts, vous allez pouvoir contempler « l’œuvre » de tel ou tel artiste. Mais ce n’est pas toute son œuvre. C’est un certain nombre de tableaux, peut-être, qui sont exposés ce jour-là dans ce musée-là. Mais en contemplant ces tableaux, vous allez quand même savoir certaines choses sur l’artiste, en observant « son œuvre ». Vous allez avoir une bonne idée, quand même, de sa compétence.

De la même façon, Élihou est en train de dire à Job qu’il a déjà sous les yeux (comme tous les humains d’ailleurs) suffisamment de choses qui lui parlent « de loin » de Dieu. Il peut déjà contempler l’œuvre de Dieu, même si ce n’est pas toute son œuvre. Mais il en voit assez pour se faire une bonne idée de la compétence de Dieu dans la gestion de l’univers.

Et donc Élihou exhorte Job, dans sa souffrance, à « se souvenir d’exalter l’œuvre de Dieu » (v. 24). C’est-à-dire à s’incliner devant la super compétence de Dieu, qui se voit clairement quand on observe son œuvre, même si c’est « de loin ». Vous comprenez ?

Dans un instant, Élihou va illustrer ce point avec un exemple de quelque chose qu’on peut observer qui nous parle de l’incroyable compétence de Dieu dans la gestion de l’univers. Mais d’abord, est-ce qu’on est prêt, nous, dans nos souffrances, quand on se demande si on peut faire confiance à Dieu—est-ce qu’on est prêt à visiter le musée, c’est-à-dire à regarder « de loin » l’œuvre de Dieu ? C’est-à-dire à regarder ailleurs qu’à nous-mêmes ?

On dirait bien qu’Élihou sous-entend que Job est devenu tellement préoccupé par son malheur qu’il ne réfléchit plus vraiment à comment est Dieu. Élihou lui suggère de prendre le temps d’y penser. « Réfléchis un instant, et rappelle-toi combien Dieu est sublime par sa force, combien il nous est supérieur par ses connaissances et par sa puissance—bref, combien il est qualifié pour gérer l’univers, et donc ta vie. »

Même dans nos malheurs (et peut-être surtout dans nos malheurs), on doit se rappeler combien Dieu est sage. Il y a une super compétence à l’œuvre dans l’univers.

5/ Une super stratégie (36.26—37.13)

La preuve ? Cinquièmement, il y a une super stratégie qu’on peut deviner dans la manière dont Dieu gouverne le monde. On est incapable de comprendre tout le projet de Dieu, mais Dieu sait ce qu’il fait, et ça se voit.

Et donc Élihou va illustrer la compétence de Dieu en attirant l’attention de Job sur un truc facilement observable autour de lui. La météo. Mais ce qu’il va falloir surtout remarquer, c’est la façon dont Élihou souligne l’ambivalence des événements météorologiques. Comme s’il disait : « Job, est-ce que tu as déjà réfléchi au fait que Dieu contrôlait la météo ? Et quand toi, tu observes le temps qu’il fait, est-ce que tu sais exactement pourquoi Dieu envoie le soleil ou la pluie ? Dieu est tellement fort qu’un même événement peut produire un effet positif ou négatif ou les deux en même temps, et indépendamment de l’expérience que toi, tu en fais. »

(Lecture de Job 36.26—37.13)

Bon, vous avez vu ? Élihou, c’est Monsieur Météo ! Il parle de la pluie, des nuages, du soleil, du tonnerre, des éclairs, de la neige, du vent chaud et du vent froid, des tempêtes, du gel et de l’évolution des saisons ! Ça doit être le personnage biblique préféré de ma femme, Suzanne, qui a quinze applications de météo sur son smartphone !

Mais qu’est-ce qu’Élihou veut montrer à Job, surtout ? Il veut lui montrer que Dieu exerce sa puissance de manière à accomplir ses bons projets, mais sans qu’on puisse toujours comprendre sa façon de faire. En l’occurrence, non seulement nous, les humains, on ne peut pas contrôler la météo, mais en plus, on ne peut jamais savoir si le temps qu’il fait (qu’il a fait ou qu’il fera) est une bonne chose ou non !

La pluie, c’est bien ou ce n’est pas bien ? C’est bien pour abreuver la terre et faire pousser des légumes, mais ce n’est pas bien pour un pique-nique d’église à l’extérieur. Et le soleil, c’est bien ou pas ? C’est bien pour le pauvre homme qui a passé la nuit dehors dans le froid, mais ce n’est pas bien si ça dure longtemps et que ça entraîne une sécheresse et la famine.

C’est pour ça qu’Élihou dit que Dieu est grand, mais qu’on ne sait pas « le reconnaître » (v. 26). C’est-à-dire qu’on n’arrive pas à analyser Dieu et à déchiffrer comment il agit. Mais sa gestion de la météo, par exemple, témoigne que Dieu a une incroyable stratégie pour gérer infailliblement l’univers—une stratégie insondable pour nous.

Ça devrait nous faire penser à ce qui s’est passé plusieurs siècles plus tard à Jérusalem, vers l’an 30, lorsque les ténèbres ont recouvert le pays en plein milieu de la journée, de 12h à 15h (Mt 27.45). Quel étrange phénomène météorologique ! C’était bien ou pas ? Et cet homme innocent qui agonisait à ce moment-là sur le Mont Golgotha, suspendu à une croix romaine, c’était bien ou pas ? Vous voyez l’ambivalence, à nos yeux, de la manière dont Dieu accomplit infailliblement ses bons projets ?

Mais il faut qu’on reste un moment devant cette croix où Jésus est mort. Quel drame, et pourtant quelle bénédiction pour nous ! Aucun des disciples de Jésus ne comprenait à ce moment-là que c’était précisément par les souffrances et la mort du messie, et ensuite par sa résurrection, que leur salut serait accompli par Dieu.

Ce qui s’est passé sur la croix, c’est que Jésus, qui était Dieu incarné, a pris sur lui, par grâce, tous les péchés de tous les croyants de toute l’histoire, pour en régler le prix une fois pour toutes. Et de cette manière, par un événement spectaculaire et atroce, Dieu a triomphé du mal et de la mort, et il a garanti le salut à venir de tous les gens qui placent leur confiance en lui !

Mais qui l’eût cru, en voyant Jésus abandonné, humilié, torturé, cloué à la croix, et finalement mort et enterré ? Qui peut croire que la mort d’un innocent puisse servir les bons projets de Dieu ? Qui peut croire que les tornades, la fonte des glaciers, ou le gel après l’apparition des bourgeons sur les arbres fruitiers puisse servir les bons projets de Dieu ?

Comment Job pouvait-il croire que ses souffrances puissent servir les bons projets de Dieu ? Et comment nous, on peut croire que cet accident, cette maladie, cette rupture, cette précarité, cette dépression, cette lutte intérieure, cette angoisse puisse servir les bons projets de Dieu ?

Et pourtant. Regarde la météo. On est incapable de comprendre tout le projet de Dieu, mais Dieu sait ce qu’il fait. Il a une super stratégie pour gouverner l’univers, et on peut lui faire confiance. C’est ce qui nous amène au dernier point.

6/ Une super attitude (37.14-24)

Sixièmement et dernièrement, il y a une super attitude à avoir dans la vie. Elle consiste à faire humblement confiance à Dieu.

Élihou va donc en arriver à la conclusion de son discours. Et il veut terminer en disant à Job : « Arrête tout et replace-toi devant Dieu, réfléchis à sa grandeur, à sa majesté, à sa transcendance—réfléchis à combien il te dépasse dans sa sagesse, sa puissance, sa sainteté, sa justice, sa bonté… Tu comprendras assez rapidement que la bonne attitude à avoir, quelles que soient les circonstances qu’on traverse, c’est de s’attacher à lui, de s’attendre à lui, bref, de lui faire humblement confiance. »

(Lecture de Job 37.14-24)

Voilà donc où Élihou voulait en venir, finalement. La bonne attitude ici-bas, pour tout homme, quelles que soient les circonstances qu’on traverse, c’est « craindre Dieu », c’est-à-dire lui faire humblement confiance. Rester attaché à Dieu malgré tout.

Comment est-ce qu’on peut faire ça ? On l’a déjà dit, mais Élihou insiste :

« Job, prête l’oreille à ces choses ! Arrête-toi pour comprendre les merveilles de Dieu ! » (v. 14)

Quelles sont ces merveilles ? Ce sont les merveilles qui nous sont rapportées dans la Bible. Arrête-toi et regarde ! Dieu a pris la nature d’un homme en la personne de Jésus-Christ. Il s’est offert volontairement sur la croix pour régler à notre place la dette de nos péchés. Il est ressuscité le troisième jour en vainqueur, et il est monté au ciel, et il intercède pour les croyants auprès du Père, et il nous prépare une place dans son royaume !

Mais les merveilles de Dieu, ce sont aussi les merveilles de sa création, qui se déploie tout autour de nous. Arrête-toi et regarde ! Est-ce que tu savais que la force globale déployée par un ouragan était égale à celle de 10 000 bombes atomiques ? Est-ce que tu savais qu’il y avait douze fois plus d’arbres sur terre que d’étoiles dans la voie lactée ? Est-ce que tu savais que la longueur cumulée des cheveux et des poils d’une personne atteignait en moyenne 900 kilomètres dans sa vie ? Est-ce que tu savais que les escargots avaient plus de 14 000 dents dans la bouche ? Est-ce que tu savais que les bébés girafes, quand il dorment, ils reposent leur tête sur leur propre derrière, dont ils se servent comme oreiller ? Est-ce que tu savais que les requins du Groenland atteignaient leur puberté à l’âge de 150 ans ? Est-ce que tu savais que les homards faisaient pipi par le visage, et que les tortues pouvaient respirer par les fesses ?

Les merveilles de Dieu ! Les merveilles de sa création, les merveilles de sa révélation, la merveille de son incarnation, la merveille de sa crucifixion et de sa résurrection, les merveilles de sa gloire à venir et de la super destinée qui est réservée aux croyants !

Comment pourrions-nous ne pas craindre Dieu, c’est-à-dire ne pas lui faire humblement confiance ? Tellement il est juste, puissant et sage, et tellement on lui est redevable !

Alors est-ce qu’on peut récapituler ce qu’on a vu ? On a dit que ce texte était là pour nous donner des arguments pour nous aider à voir qu’on peut faire confiance à Dieu—quelle que soit la situation qu’on traverse, si troublante, si douloureuse, si décourageante soit-elle.

Eh bien 1/ on a vu qu’il y avait une super info à notre disposition, que Dieu nous donne pour qu’on le connaisse mieux. Dieu ne nous laisse pas dans le noir. 2/ On a vu qu’il y avait une super assurance à avoir en face du malheur. On peut être sûr que Dieu est juste. 3/ On a vu qu’il y avait une super destinée pour notre monde. Il y a une justice à venir qui peut motiver notre persévérance maintenant. 4/ On a vu qu’il y avait une super compétence, à l’œuvre dans tout l’univers. On doit se rappeler combien Dieu est sage. 5/ On a vu qu’il y avait une super stratégie qu’on peut deviner dans la manière dont Dieu gouverne le monde. On est incapable de comprendre tout le projet de Dieu, mais Dieu sait ce qu’il fait. Et enfin, 6/ on a vu qu’il y avait une super attitude à avoir dans la vie. Elle consiste à faire humblement confiance à Dieu. Oui, on peut faire confiance à Dieu !

Imaginez que je vous pointe quelqu’un dans la rue que vous ne connaissez pas, et que je vous demande : « Est-ce que tu penses que tu peux faire confiance à ce bonhomme ? » Vous me diriez sûrement : « Je n’en sais rien ! Je ne le connais pas ! » Eh bien certains d’entre nous, on a de la peine à faire confiance à Dieu, parce qu’on ne le connaît pas assez.

Alors comment faire confiance à Dieu ? Certains d’entre nous, on a besoin tout simplement de nous incliner intérieurement devant Dieu et de l’inviter à prendre les commandes de notre vie. On a besoin de nous tourner vers Jésus pour nous attacher à lui par la foi. On doit le faire aujourd’hui, sans tarder.

Certains d’entre nous, on a besoin de lire la Bible. On a besoin de la lire avec attention. On a besoin de prier. On a besoin de passer plus de temps avec des amis chrétiens. On a besoin de se rappeler qui est Dieu, comment il est, comment il agit, pour pouvoir persévérer malgré les épreuves, malgré les doutes, malgré les luttes intérieures, malgré la souffrance.

Certains d’entre nous, on a besoin d’éteindre les écrans et d’aller dehors, dans la création de Dieu. C’est quand la dernière fois que vous vous êtes couché sur le dos dans l’herbe et que vous avez observé la lente métamorphose des nuages dans le ciel ? C’est quand la dernière fois que vous avez fait silence en plein cœur d’une forêt ? C’est quand la dernière fois que vous avez regardé de près les pétales d’une fleur sauvage ? Voilà un exercice hautement spirituel qu’on peut faire, dans nos souffrances.

On peut réfléchir à tout ça. Et en y réfléchissant, on verra qu’on a, en réalité, toutes les raisons de faire confiance à Dieu, quelles que soient les circonstances qu’on traverse.

Copyright ©2021 Église Lyon Gerland.