C'est par la foi !

Par Alexandre Sarranle 28 novembre 2021

Depuis quelques jours, on n’arrête pas d’entendre parler de cinquième vague, de troisième dose, de douzième variant, de multiplication des cas, de nouvelles restrictions… Et peut-être que vous en avez un peu marre. Peut-être que tout ça, ça commence vraiment à peser sur votre moral, et que vous commencez à être vraiment découragé : encore le masque, encore des tests, encore des privations de liberté… Quand est-ce que ça va s’arrêter ?

Et mine de rien, peut-être que cette lassitude se répercute dans votre relation avec Dieu. Si vous êtes croyant, vous vous dites peut-être, au fond : « Mais pourquoi est-ce que Dieu laisse faire tout ça ? Est-ce que vraiment il est tout-puissant ? Est-ce que j’ai envie de suivre un Dieu qui laisse partir le monde en cacahuète ? Est-ce qu’il y a même un Dieu, finalement ? »

Eh bien écoutez-moi. Je vous assure que Dieu existe, et qu’il a un projet qu’il est en train de réaliser, et qui consiste à faire du monde entier un paradis qu’il va donner en héritage aux croyants pour toujours. Si, si !

Je vous assure que l’histoire avance dans cette direction. Je vous assure que le jour vient, où il n’y aura plus de coronavirus, plus de masques, plus de restrictions sur nos libertés, et en fait, plus de maladie, plus de mort, plus d’injustice, plus aucune tristesse, plus aucune inégalité, plus aucune pollution ; et la terre entière ne sera peuplée que de gens qui aiment Dieu de tout leur cœur et qui aiment leur prochain comme eux-mêmes, et qui vivront éternellement dans un bonheur indicible en profitant parfaitement de la création de Dieu, pour leur plus grande joie et pour la plus grande gloire du Créateur !

Alors admettons que ce soit le projet de Dieu—de complètement réparer ce monde et de nous le donner pour qu’on en profite pour toute l’éternité. Admettons. Et admettons que vous en ayez envie, comme moi, ce matin. La question que ça soulève logiquement, c’est la suivante : qu’est-ce qu’on doit faire pour que ça se passe ?

Qu’est-ce qu’on doit faire pour que ce truc se réalise et pour qu’on puisse en profiter ? Est-ce qu’il y a des règles à suivre, une religion à pratiquer, des rites à accomplir—peut-être de l’argent à payer, des connaissances à acquérir, des objectifs à réaliser ? Parce que là, on n’en peut plus. On aimerait bien faire avancer les choses ! Si on savait ce qu’on pouvait faire, déjà, ça irait mieux, on supporterait mieux tout ce qui se passe ! Alors qu’est-ce qu’on doit faire ?

Eh bien voici la réponse du texte qu’on va lire dans un instant : pour que le paradis arrive et qu’on entre dedans, on doit faire confiance à Dieu. Ça peut sembler très simpliste comme idée, et pourtant c’est vraiment l’enseignement de ce texte.

Notre tendance à nous, c’est de sous-estimer l’importance capitale de la foi comme moyen que Dieu a établi pour réaliser son projet en faveur des croyants. Et dans le texte qu’on va lire dans un instant, l’apôtre Paul veut vraiment insister sur cette idée, c’est que la foi—le fait de faire confiance à Dieu—c’est un truc absolument essentiel pour nous. Dieu nous appelle à lui faire vraiment confiance, et c’est par ce moyen qu’on va aller mieux. C’est par la foi qu’on doit vivre et avancer. C’est toute la leçon du texte qu’on va lire dans un instant.

Ce texte, c’est la suite de la lettre que l’apôtre Paul a écrite à la communauté chrétienne de Rome au premier siècle. On en est au chapitre 4, et comme on l’a vu la semaine dernière, Paul vient d’expliquer à ses destinataires que Dieu présente aux humains un moyen d’être réconcilié avec Dieu par sa grâce, en vertu d’un truc que Jésus a réalisé, et par le moyen de la foi. Et on a vu que cette façon de retrouver la paix et la communion avec Dieu a toujours été la même depuis les tout premiers hommes jusqu’à aujourd’hui.

Mais maintenant, Paul veut vraiment insister sur un aspect de ce qu’il vient de dire, c’est la question de l’instrumentalité de la foi. C’est-à-dire que c’est vraiment par le moyen de la foi qu’on entre au bénéfice de ce que Dieu nous présente dans sa grâce. Ça a toujours été comme ça, et c’est encore le cas aujourd’hui.

La foi, c’est croire en Dieu et croire Dieu. C’est lui faire pleinement confiance. C’est nous appuyer sur ses promesses plutôt que nous appuyer sur nos performances. Est-ce qu’on se rend compte que c’est ça qui devrait vraiment fonder notre vie aujourd’hui, et que c’est ça qui peut vraiment faire une différence dans notre perception des circonstances qu’on traverse, y compris les circonstances qui nous sont les plus désagréables ?

C’est ce qu’on va essayer de voir aujourd’hui.

1/ Qu’on peut hériter du paradis (v. 13-15)

Dieu nous appelle à lui faire vraiment confiance, et c’est par ce moyen qu’on va aller mieux. C’est par la foi qu’on doit vivre et avancer, aujourd’hui, tous les jours, et jusqu’à la fin !

Pourquoi est-ce que la foi, c’est si important ? Premièrement, parce que c’est par la foi qu’on peut hériter du paradis. Et par aucun autre moyen. Regardez le texte (v. 13-15). Paul nous fait comprendre que c’est par le moyen de la foi qu’on peut être rendu juste aux yeux de Dieu, et en étant rendu juste à ses yeux, on est aussi rendu digne de recevoir son héritage.

Rappelez-vous que dans le contexte, Paul s’adresse notamment à des gens d’arrière-plan juif, qui ont une grande expérience de la religion et des règles (morales et cérémonielles) auxquelles les Juifs devaient se plier. Paul appelle ça « la loi » dans ces quelques versets. Et donc il suppose que certaines personnes pourraient imaginer que c’est par le moyen de l’obéissance à la loi qu’on peut obtenir l’héritage promis par Dieu à Abraham.

Mais pas du tout. Paul dit que ce n’est « point par la loi », mais « par la justice de la foi ». Ce que Paul veut dire, c’est que pour être en position de recevoir cet héritage, il faut être juste, et qu’on peut essayer d’être juste par la loi, mais qu’on ne va pas y arriver, parce que la loi révèle nos transgressions [nos fautes] et qu’elle produit la colère (v. 15).

Or Dieu a promis de rendre juste, par sa grâce, les coupables qui lui font confiance (c’est ce que Paul vient d’expliquer). Donc cette justice qui nous rend digne de recevoir l’héritage, ce n’est pas par la loi mais par la foi qu’on l’obtient. C’est à des gens qui lui font entièrement confiance, que Dieu veut donner son héritage, parce que c’est ceux-là que Dieu considère comme justes—c’est ceux-là qu’il approuve.

Imaginez que vous soyez très riche et que vous vous demandiez à qui vous allez léguer votre fortune. Vous allez certainement vouloir transmettre cet héritage à quelqu’un de digne à vos yeux—quelqu’un que vous approuvez. Parfois, on entend parler de parents qui déshéritent un ou plusieurs enfants parce qu’ils considèrent que tel ou tel enfant s’est montré indigne de figurer parmi les héritiers. En revanche, on a une grande joie et une grande satisfaction à léguer sa richesse à quelqu’un qu’on approuve complètement.

C’est un peu ça dans le texte. L’apôtre Paul nous dit que Dieu a promis de donner l’héritage à des gens dignes, mais ce ne sont pas des gens qui s’en montreraient dignes par leur obéissance à la loi, ce sont des gens qui auront été rendus justes par le moyen de la foi. On n’est pas héritier par la justice de la loi, impossible à atteindre, mais par la justice de la foi, que Dieu impute par sa grâce.

La foi, c’est donc l’instrument de notre justification. Vous voyez comment Paul insiste sur l’importance du rôle de la foi dans notre vie ? Parce que c’est par le moyen de la foi—c’est-à-dire quand on place notre confiance en Dieu—que Dieu nous approuve. Qu’il nous regarde, et qu’il se dit : « Voilà quelqu’un à qui je veux léguer mes richesses. »

Et de quelles richesses est-ce qu’il s’agit ? L’apôtre Paul emploie une expression vraiment frappante dans le texte : c’est « l’héritage du monde qui a été promis à Abraham ou à sa descendance » ! Je ne vais pas entrer dans tous les détails, mais il suffit de comprendre que c’est une expression qui désigne le paradis. C’est ce que j’ai décrit dans l’introduction. C’est ce monde renouvelé, réparé, glorifié, où il n’y aura plus de problème, et où des gens vont vivre pour toujours en harmonie les uns avec les autres, avec la nature, et avec Dieu qui habitera au milieu d’eux.

Et le premier point de notre texte, donc, c’est que c’est par la foi qu’on peut hériter du paradis. Vous voyez déjà quelle est l’importance de la foi pour nous ? Parce que c’est par la foi qu’on est rendu juste aux yeux de Dieu et qu’ainsi, on va aller au paradis.

Dans son commentaire sur l’épître aux Galates, le théologien et réformateur Martin Luther dit ceci :

« [Cet évangile de la justification par la foi, c’est] l’article principal de toute la doctrine chrétienne, et où repose la connaissance de toute piété. Il est donc très nécessaire que nous connaissions bien cet article, que nous l’enseignions aux autres et que nous le leur fassions continuellement rentrer dans le crâne. »

On a vraiment besoin d’être persuadé que c’est par la foi qu’on est justifié aux yeux de Dieu et qu’on va aller au paradis. C’est par la foi ! C’est en faisant confiance à Dieu. Et déjà si on est persuadé de cette réalité, on ne va pas voir nos problèmes d’aujourd’hui de la même manière. On n’a pas besoin de s’inquiéter. On n’a pas besoin de s’affairer, de s’agiter. On peut souffler. On est héritier du paradis à venir, par la justice de la foi. Réjouissons-nous !

2/ Qu’on peut faire partie du peuple de Dieu (v. 16-18)

La foi, c’est donc super important, vous voyez ? Mais ce n’est pas tout. Deuxièmement, la foi c’est super important parce que c’est par la foi qu’on peut faire partie du peuple de Dieu. C’est la deuxième chose que l’apôtre Paul veut nous faire comprendre (v. 16-18).

La foi, c’est important, parce que c’est ce qui permet à n’importe qui d’intégrer la communauté des gens qui ont une relation avec Dieu. Dans le texte, l’apôtre Paul dit que si ce n’était pas par la foi qu’on pouvait hériter du paradis, mais par la loi, alors ça voudrait dire logiquement que seuls les gens qui avaient la loi pouvaient espérer aller au paradis (et encore, il faudrait qu’ils arrivent à pratiquer la loi suffisamment bien pour devenir justes aux yeux de Dieu, ce qui est impossible).

Mais la réalité, c’est que Dieu a voulu intégrer plein de gens dans son peuple, y compris des gens qui n’ont pas la loi. Alors pour Paul et pour les gens à qui il s’adresse, les gens qui n’ont pas la loi, ce sont tous les peuples non-juifs. Ils sont appelés dans notre texte « un grand nombre de nations » (v. 17), et ce grand nombre de nations avait été promis comme « descendance » à Abraham (v. 18). Tout ça, ce sont des références aux textes de l’Ancien Testament, qui nous rapportent la manière dont Dieu s’est révélé à Abraham, et lui a fait des promesses de grâce—des promesses comme quoi il voulait sauver Abraham et sa famille, et à travers eux, présenter un moyen d’être sauvé à tous les humains.

Ce qu’il faut surtout comprendre ici, c’est que Dieu a toujours eu pour projet de sauver une grande diversité de gens, et pas seulement des Israélites. Et le moyen de les sauver, ça a toujours été, pour les Israélites comme pour les non-Israélites—ça a toujours été par la foi et non par la loi.

Ça veut dire qu’il y a dans le peuple de Dieu (dans la descendance promise à Abraham) des gens qui ont la loi et qui sont sauvés par la foi, et des gens qui n’ont pas la loi et qui sont sauvés par la foi. Vous suivez ?

C’est comme si je vous invitais tous dans un grand restaurant ce midi après le culte. Un très grand restaurant, où vous, personnellement, vous n’auriez jamais les moyens d’aller. Mais moi je suis très, très riche et très, très généreux. Et donc vous vous asseyez tous à table, et les serveurs vous apportent les menus. Mais voici que certains d’entre vous, vous recevez des menus où il y a marqué les prix—et d’autres, non, il n’y a pas marqué les prix. Ce sont les mêmes menus, et ça ne va pas coûter plus cher aux uns qu’aux autres. Mais certains peuvent voir le prix que ça leur coûterait s’ils devaient payer eux-mêmes.

Et la différence entre ceux qui ont la loi et ceux qui n’ont pas la loi, c’est un peu pareil dans notre texte. Ceux qui ont la loi ont le menu avec le prix. Et le problème, c’est qu’en voyant le prix, on se dit intuitivement que c’est pour nous ! Il faut sortir la carte bleue, c’est presque un réflexe. Mais non : Paul nous rappelle ici qu’on a été invité par grâce, et que c’est par la justice de la foi qu’on peut manger à la table de Dieu.

Et parce que c’est par la foi, et pas par nos propres moyens, eh bien peu importe si on connaît le prix du menu ou non. Peu importe si on a la loi ou non, parce que ce n’est pas par la loi qu’on est héritier.

« C’est par la foi, pour qu’il s’agisse d’une grâce, afin que la promesse soit assurée à toute la descendance. » (v. 16)

La foi, c’est super important, parce que c’est le moyen par lequel Dieu rend accessible son royaume à tout le monde. C’est important l’accessibilité, n’est-ce pas ? On parle pas mal de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite pour les établissements recevant du public, par exemple. Et la foi, c’est ça : c’est la rampe pour entrer dans la famille de Dieu. Et tout le monde doit passer par là—et ce qui est cool, c’est que tout le monde peut passer par là !

J’espère que personne ici ce matin ne se dit qu’il n’est pas assez beau, fort, intelligent, cultivé, riche, expérimenté ou discipliné pour faire partie de l’Église Lyon Gerland. Parce que ce ne sont pas des conditions pour faire partie de la communauté des gens qui ont une relation avec Dieu. C’est par la foi qu’on peut faire partie du peuple de Dieu. C’est par la foi ! Il n’y a pas de test à l’entrée, il n’y a pas d’entretien d’embauche, il n’y a pas de billet à acheter. Détendez-vous et venez. Faites confiance à Dieu, c’est lui qui vous accueille.

3/ Qu’on peut être fortifié dans les difficultés (v. 19-22)

Qu’est-ce que c’est important, qu’est-ce que c’est fondamental, la foi, vous comprenez ? C’est tout ce que Paul veut nous faire comprendre dans ce passage. C’est par la foi qu’on peut hériter du paradis, et c’est par la foi qu’on peut faire partie du peuple de Dieu. Mais c’est aussi par la foi, troisièmement, qu’on peut être fortifié dans les difficultés.

Revenons encore au texte (v. 19-22). L’apôtre Paul continue en nous décrivant maintenant l’exemple de la foi d’Abraham. Paul vient de dire qu’Abraham était « notre père à tous », c’est-à-dire le père de tous ceux qui ont la foi—c’est-à-dire qu’il est notre ancêtre dans la foi et donc un modèle pour nous. Paul veut qu’on apprenne de l’exemple d’Abraham, pour comprendre à quoi ça devrait ressembler dans notre vie, d’avoir la foi.

Alors c’est quoi, l’exemple d’Abraham en matière de foi ? Paul nous dit que la foi, chez Abraham, c’est qu’il a cru à la promesse de Dieu malgré des circonstances qui lui semblaient totalement contraires à l’accomplissement de cette promesse.

Bon, on ne va pas passer en revue toute l’histoire d’Abraham. Il faut juste comprendre que Dieu a fait des promesses assez dingues à Abraham concernant sa descendance qui serait aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel, et concernant le fait qu’il serait le père d’une foule de nations ; et il se trouve que Abraham et sa femme Sara sont devenus pratiquement centenaires sans avoir eu d’enfants. Ça semblait assez mal engagé !

Mais finalement Abraham et Sara ont eu le petit Isaac, un enfant miracle, l’enfant de la promesse ! Et là, qu’est-ce que Dieu demande à Abraham de faire ? Quelques années plus tard, Dieu lui dit de tuer son fils, pour l’offrir en sacrifice ! Heureusement, ça ne s’est pas passé, mais on se dit : « Ouah, c’est dingue. Abraham a vraiment été en position de choisir s’il allait croire ou non aux promesses de Dieu alors que les circonstances paraissaient toutes contraires à l’accomplissement de ces promesses ! »

Et Abraham a cru. Il a fait confiance à Dieu. Il a avancé par la foi. Dans la lettre aux Hébreux, il est écrit ceci :

« C’est par la foi qu’Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac. C’est son fils unique qu’il offrait, lui qui avait reçu les promesses et à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une descendance qui porte ton nom. Il comptait que Dieu est puissant, même pour faire ressusciter d’entre les morts. C’est pourquoi son fils lui fut rendu. » (Hé 11.17-19)

Donc Paul est en train de nous montrer l’exemple d’Abraham. Et il veut qu’on voie comment Abraham a été « fortifié par la foi » (v. 20) dans ces circonstances qui semblaient vraiment contraires à ce que Dieu avait promis. Comment, donc ? Comment est-ce qu’il a « espéré contre toute espérance » ? Paul nous le dit. C’est qu’Abraham avait une conviction : si Dieu a promis quelque chose, il a la puissance de l’accomplir (v. 21).

Vous savez, moi des fois, je fais des promesses à mes enfants, et des fois je ne peux pas les tenir, parce que des fois, les circonstances sont plus fortes que moi. Je n’ai pas les moyens de toujours pouvoir accomplir ce que je promets. Mais si j’ai les moyens, il va arriver parfois que je vais rappeler à mes enfants ce que j’ai promis, quand j’ai l’impression qu’ils doutent de moi, ou quand je pense qu’ils ont besoin de cet encouragement. « Tu passes une mauvaise journée, je sais, c’est dur. Mais rappelle-toi que ce soir, j’ai dit qu’on allait manger des pizzas ! Tu vas voir, ça va être bien ! Allez, courage ! »

À combien plus forte raison, si c’est Dieu qui fait une promesse, on devrait pouvoir tenir bon et avoir du courage quand on rencontre l’adversité. Qu’est-ce qu’il nous faut alors, pour être fortifié par la foi ? Il nous faut nous rappeler que oui, Dieu nous a bien fait ces promesses.

Abraham avait besoin d’être sûr que Dieu avait bien promis ce qu’il avait promis. Et il en était sûr. C’est pourquoi Paul dit qu’Abraham n’a pas « douté, par incrédulité » (v. 20). De la même façon, nous aussi, si on veut marcher par la foi, et si on veut être fortifié par la foi, quand on traverse des choses difficiles, et qu’on a une grande lassitude, et qu’on est tenté par le doute, et que notre relation avec Dieu elle-même est atteinte—on a besoin d’être sûr que Dieu a bien promis ce qu’il a promis.

Et comment est-ce que Dieu nous rappelle ses promesses ? Il nous les rappelle dans sa Parole, la Bible. Il nous les rappelle par la prédication, à l’église. Il nous les rappelle par les encouragements de nos amis chrétiens, après le culte ou dans la semaine. Il nous les rappelle de manière tangible par les sacrements que sont le baptême et la sainte-cène.

Voilà pourquoi la meilleure chose qu’on puisse faire, quand on en a marre des circonstances de notre vie, quand on est découragé et quand on est en proie au doute—la meilleure chose qu’on puisse faire, c’est continuer de fréquenter les réunions de l’assemblée chrétienne. C’est comme ça que notre foi sera soutenue, et que par la foi, on sera nous-même fortifié.

4/ Qu’on peut avoir une grande assurance (v. 23-25)

Et cela d’autant plus que les promesses que Dieu nous fait et nous répète et nous renouvelle, dimanche après dimanche et jour après jour, sont tellement plus précises encore et mieux attestées qu’à l’époque d’Abraham, que par notre foi en tant que chrétiens, on peut avoir une grande, très grande assurance. Et c’est le quatrième et dernier point.

On revient au texte une dernière fois (v. 23-25). Dans ces derniers versets, l’apôtre Paul fait le rapprochement entre l’exemple de la foi d’Abraham, et la situation des chrétiens auxquels il s’adresse au premier siècle, c’est-à-dire 1800 ans à peu près après Abraham.

Il leur dit : « Vous voyez la foi d’Abraham, c’est parce qu’il a fait confiance à Dieu que Dieu l’a approuvé. Il a été considéré comme juste par Dieu. Et c’est pareil pour nous, les croyants du premier siècle ! Nous aussi on peut être considéré comme juste par Dieu, si on se confie en lui. » Sauf que Paul ajoute quelque chose.

Il ajoute une précision concernant quelque chose que Dieu a fait—ce Dieu en qui on doit avoir confiance. Qu’est-ce qu’il a fait ? Il « a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos offenses, et ressuscité pour notre justification. » (v. 24-25)

L’apôtre Paul est tout simplement en train de nous dire : « Non mais vous vous rendez compte de ce que notre Dieu a fait ? Notre Dieu qui nous invite à lui faire confiance, vous avez vu ce qu’il a fait ? Vous avez vu ce qu’il a réalisé ? Abraham croyait que Dieu pouvait donner la vie aux morts (v. 17), mais nous, on ne le croit pas, on le sait ! On sait que Dieu donne la vie aux morts, parce que Dieu l’a fait, il a ressuscité Jésus notre Seigneur ! »

Dieu nous invite à lui faire confiance, comme il a invité Abraham à lui faire confiance, et par la foi, on peut être sauvé. Mais à la différence d’Abraham, nous on voit beaucoup mieux comment Dieu réalise le salut de tous ceux qui lui font confiance.

Dieu s’est approché de nous par Jésus-Christ. Il nous a rejoints dans ce monde hostile, tout près de nous et de notre condition déchue et abîmée. Et Jésus, le seul humain à avoir vécu sans jamais commettre le mal, a été livré sur la croix en sacrifice, pour prendre la place des croyants et régler à leur place le prix de leurs fautes—il a été livré pour nos offenses. Et le troisième jour, il est ressuscité des morts en vainqueur. Tout ce qu’il a fait et promis a été validé par un événement incomparable dans toute l’histoire : il est revenu de la mort !

Et ça, c’est la confirmation suprême de notre salut, si on place notre foi en lui. C’est un peu comme une caution qui a été versée par Dieu pour nous garantir que si on s’attache à Jésus par la foi, on sera pour sûr sauvé—on sera pour sûr pardonné pour nos fautes et rendus justes aux yeux de Dieu, de façon à être en paix avec lui pour toujours. C’est sûr et certain, parce que Jésus est ressuscité.

Et donc l’apôtre Paul nous invite à penser à ça. Voilà ce que Dieu a fait en plus, qu’il n’avait pas encore fait à l’époque d’Abraham. Voilà ce que Dieu a fait dans le cadre de la mise en œuvre de son projet qui consiste à sauver tous ceux qui lui font confiance.

Alors franchement : ce que Dieu a promis, est-ce qu’il a la puissance de l’accomplir ? Qui oserait en douter, maintenant que Jésus est mort et ressuscité ? Par notre foi en tant que chrétiens, on peut avoir une grande, très grande assurance. Notre Dieu en qui on a confiance, ce n’est pas n’importe qui : c’est « celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos offenses, et ressuscité pour notre justification. »

C’est comme si on vous demandait de miser de l’argent sur un sportif avant un match—peu importe le sport. Mais vous hésitez, parce que vous ne connaissez pas vraiment le gars qui va jouer. Alors ce que vous allez faire pour vous rassurer, c’est que vous allez consulter le palmarès de ce sportif. Et quand vous découvrez que ce gars, il est 12 fois champion du monde et qu’il détient tous les records de sa discipline depuis 20 ans et qu’il est encore franchement tout seul dans sa catégorie, ça va vous donner une grande assurance.

Vous allez pouvoir miser sur lui sans aucune inquiétude. De la même façon, l’apôtre Paul nous invite à « miser sur Dieu » sans aucune inquiétude, parce qu’il ne fait aucun doute que ce que Dieu a promis, il a aussi la puissance de l’accomplir. Il suffit de regarder son palmarès. Il donne la vie aux morts, comme quand il a ressuscité Jésus. Il appelle à l’existence ce qui n’existe pas, comme quand il a créé l’univers à partir de rien.

Et regardez : alors qu’il avait fait une promesse qui semblait impossible à Abraham, celle de faire de lui le père d’une foule de nations et de lui donner une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel—regardez autour de vous, ces Français, ces Coréens, ces Américains, ces Chinois, ces Brésiliens, ces Suisses, ces Canadiens, ces Colombiens, ces Congolais, ces Britanniques… ici à l’Église Lyon Gerland, et en communion avec d’innombrables autres nationalités dans le monde—tous ces gens qui font confiance au Dieu d’Abraham, et à qui cela est compté comme justice !

Dieu est fidèle, et il est en train de réaliser ses promesses, et il les réalisera jusqu’au bout. Si on en doute, il suffit de regarder ce que Dieu a déjà fait jusqu’ici, et surtout à songer à ce qu’il a fait pour nous par la venue de Jésus-Christ, sa mort et sa résurrection.

Par la foi en effet, on peut avoir une grande, très grande assurance.

Alors au début, on disait que quand on regarde un peu les circonstances qu’on traverse, qui peuvent être difficiles et décourageantes, comme c’est le cas en ce moment avec la dégradation de la situation sanitaire, qui entraîne une dégradation de nos conditions de vie, qui entraîne une dégradation de l’économie et de la vie en société—bref, quand on regarde les circonstances qu’on traverse, on peut se sentir abattu, et même notre relation avec Dieu peut être affectée.

Et bien sûr, il y en a qui traversent des choses pires encore. Le chômage, l’isolement, la maladie, le handicap, une rupture amoureuse, un échec personnel, une agression, un burn-out, un deuil… Et on se dit : est-ce qu’un jour ça va s’arrêter ? Est-ce qu’un jour, ça ira mieux ?

Et on peut être tenté, soit de baisser les bras et de sombrer dans le désespoir, soit de se retrousser les manches, et de commencer à s’agiter dans tous les sens pour essayer de régler tout ça par soi-même, en multipliant les efforts et les expériences, jusqu’à l’épuisement. Mais ce que Dieu nous invite à faire surtout, c’est lui faire confiance.

Tout ce que Paul a voulu nous montrer, dans ce passage, c’est qu’on ne doit surtout pas sous-estimer l’importance de la foi comme moyen que Dieu a établi pour nous conduire jusqu’au paradis. Dieu nous appelle à lui faire vraiment confiance, et c’est par ce moyen qu’on va aller mieux. C’est par la foi qu’on doit vivre et avancer.

C’est par la justice de la foi que Dieu nous a promis l’héritage du monde. Un jour, Dieu va complètement réparer ce monde et nous le donner en héritage, à nous qui avons été rendus justes par le moyen de la foi. Si on va hériter du paradis, alors par la foi, on peut relativiser les souffrances du temps présent (cf. Rm 8.18). Les circonstances d’aujourd’hui sont passagères ; on peut regarder plus loin, par la foi, comme Abraham qui « attendait la cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. » (Hé 11.10)

C’est par la foi qu’on peut faire partie du peuple de Dieu, qu’on peut intégrer sans aucune autre condition la communauté des enfants de la promesse. Dieu a rendu son royaume accessible à tous ceux qui placent leur confiance en lui. Il n’y a rien d’autre à faire, alors mon ami, si tu n’as pas encore placé ta foi en Dieu, fais le tout de suite ! Il n’y a rien qui t’en empêche sinon ta propre incrédulité. La porte est ouverte, la rampe d’accès est là, et Dieu te dis : « Viens, il n’y a rien à payer, aucun effort à fournir. Fais-moi confiance et cela te sera compté comme justice, et tu seras héritier du monde ! »

C’est aussi par la foi qu’on peut être fortifié dans nos difficultés. Pour qu’on soit fortifié par la foi, il faut que notre foi elle-même soit alimentée et consolidée par le rappel des promesses de Dieu. Alors certes, ce n’est pas la religion qui nous rapproche de Dieu ou qui augmente nos chances d’accéder au paradis—c’est seulement par la foi—mais la religion ça aide notre foi. La bonne religion, bien sûr—la religion établie par Dieu. Dieu a donné la circoncision à Abraham pour lui rappeler ses promesses. Dieu nous donne aussi l’Église et les sacrements pour nous rappeler ses promesses. On en a besoin !

Et par ces moyens de grâce, on va se rappeler perpétuellement les attributs, les promesses et les œuvres de notre grand Dieu, et nos yeux vont se fixer surtout sur Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous garantir notre héritage. C’est comme ça que notre foi va être alimentée et consolidée, et c’est comme ça que par la foi, on va à notre tour avoir une grande, très grande assurance malgré les circonstances compliquées qu’on peut traverser aujourd’hui.

En étant ainsi fortifié par la foi, on va (comme Abraham) « donner gloire à Dieu » (v. 20) par une manière de vivre différente, qui va découler de notre foi. On va avoir des priorités différentes, on va avoir une attitude différente, on va avoir des attentes différentes.

Étant fortifiés par la foi malgré des circonstances qui parfois nous semblent contraires à l’accomplissement des promesses de Dieu, peut-être qu’on va moins râler comme ceux qui n’ont pas d’espérance, et qu’on va plus vivre dans la reconnaissance et dans la paix. Peut-être que ça va se voir, qu’on est moins en train de rouspéter face aux difficultés, et qu’on est plus souvent en train de diffuser une odeur de vie autour de nous. Peut-être que les gens vont être interpelés et que notre entourage va être béni par cette expression de notre foi.

Peut-être qu’on va s’investir courageusement dans la transmission de l’évangile—de ce message incontournable qui nous parle de la manière d’être réconcilié avec Dieu pour toujours. On va s’investir dans cette mission parce qu’il y a un monde à venir, qu’on attend par la foi, et dont on va hériter par la foi. Cette mission commence chez nous, par la transmission de la foi à nos enfants, et ça s’étend jusqu’aux extrémités de la terre. On va continuer, par la foi, malgré les circonstances contraires, parce qu’on est pleinement convaincu que ce que Dieu a promis, il a la puissance de l’accomplir.

Et enfin, peut-être qu’on va accorder une grande importance à la communauté de la foi. Ça semble bizarre de consacrer du temps à l’Église : d’aller au culte chaque dimanche, et de consacrer une soirée par semaine au groupe de maison, et de développer de bonnes relations avec nos amis chrétiens. Ça peut sembler bizarre… sauf si on a la foi ! Par la foi, au contraire, ça semble être une évidence !

Parce que par la foi, on fait partie de cette maisonnée de Dieu, on est ensemble les enfants de la promesse, on est la descendance d’Abraham, on va hériter ensemble du monde à venir, et on a besoin de se serrer les coudes et de s’encourager les uns les autres ; on a besoin de confesser ensemble notre espérance, et de veiller les uns sur les autres pour nous inciter à l’amour et aux œuvres bonnes, « et cela d’autant plus que vous voyez le jour s’approcher. » (Hé 10.23-25)

Voilà comment l’apôtre Paul a voulu insister sur l’importance capitale de la foi comme moyen que Dieu a établi pour réaliser son projet en faveur des croyants. La foi, c’est un truc absolument essentiel pour nous. Dieu nous appelle à lui faire vraiment confiance, et c’est par ce moyen qu’on va aller mieux. C’est par la foi qu’on doit vivre et avancer.

Copyright ©2022 Église Lyon Gerland.