On peut lever la tête

Par Alexandre Sarranle 2 janvier 2022

Est-ce que vous avez une joyeuse assurance dans la vie ? C’est-à-dire est-ce que vous êtes en général plutôt confiant et optimiste, de bonne humeur comme on dit, ou bien est-ce que ça fluctue énormément ? Ou bien est-ce que vous êtes carrément caractérisé par l’inverse, par l’absence de joie et d’assurance dans la vie ?

Imaginez deux scénarios différents. Le premier : vous suivez depuis plusieurs semaines la progression de votre équipe préférée, dans votre sport préféré, dans une compétition mondiale. Arrive la finale, l’épreuve ultime, et au bout du suspense, votre équipe remporte le titre. Yes ! Quel triomphe, quelle joie ! Vous exultez !

Essayez d’identifier le sentiment qui vous habite à ce moment-là, et qui vous habitera sans doute pendant quelques jours après. Qu’est-ce que c’est ? Une espèce de satisfaction profonde, peut-être une sorte de joie de vivre ? Une envie de lever la tête, de bomber le torse et d’être gentil avec les gens ? Il s’est passé un truc positif qui vous réjouit pour quelque temps, qui met de la couleur dans votre quotidien.

Maintenant imaginez un autre scénario. Depuis le début de la semaine, vos nuits sont courtes et vous manquez de sommeil. Votre to-do list est beaucoup trop longue, vous vous sentez submergé, et surtout, vous êtes en retard dans la préparation de votre prédication. Et cette nuit-là, vers 1h30, un de vos enfants vomit dans son lit, et une fois que vous avez fini de nettoyer, c’est au tour d’un autre, et le bal des vomissements va durer jusqu’au petit matin. Et vous savez pertinemment que la « fidèle gastro », très certainement, va faire le tour de la famille dans les prochains jours.

Quel est le sentiment qui vous habite à ce moment-là ? Un genre d’abattement, une sensation de défaite, un stress et une angoisse qui montent ? Dur de sourire, dur de voir le bon côté des choses, dur d’avoir du courage et de l’entrain !

Et la question que je veux soulever aujourd’hui, c’est la suivante : est-ce qu’il est possible de traverser le deuxième scénario avec les sentiments du premier ? Est-ce qu’il est possible de garder la tête haute ici-bas, dans les bons et dans les mauvais moments ?

Eh bien le texte qu’on va voir aujourd’hui, justement, va nous parler de la joyeuse assurance qu’on peut avoir, si on est chrétien, en toutes circonstances. C’est sûr que c’est un texte qui nous dresse un tableau un peu idéaliste, mais n’empêche que par la grâce de Dieu, on est vraiment invité ce matin à progresser dans cette direction, si on est chrétien.

Alors on est toujours dans la lettre que l’apôtre Paul a écrite à la communauté des croyants de la ville de Rome au premier siècle, et on va reprendre là où on s’était arrêté il y a plusieurs semaines. Dans un premier temps, l’apôtre Paul a vraiment insisté sur l’idée que tous les humains avaient un gros problème, c’est qu’ils sont moralement coupables devant Dieu, et qu’ils doivent donc, logiquement, être punis par Dieu qui est juste.

Mais dans un deuxième temps, l’apôtre Paul a vraiment insisté sur le fait que Dieu proposait aux humains un moyen d’être pardonnés. Comment ? Il faut qu’on place notre foi (notre confiance) en Jésus qui s’est offert lui-même pour payer à notre place notre dette morale envers Dieu. Et comme ça, si on a foi en Jésus, on est justifié, c’est-à-dire que Dieu ne nous considère plus comme coupables mais comme justes. On a un gros problème, mais il y a une grosse solution en Jésus. C’est ce qu’on a vu jusqu’ici.

Et maintenant, l’apôtre Paul va nous expliquer que si on est justifié de cette manière, si on est devenu juste aux yeux de Dieu, alors ça veut dire qu’on est en paix avec Dieu pour toujours, et si on est vraiment en paix avec Dieu pour toujours, alors ça devrait changer radicalement notre attitude dans la vie, dès maintenant. Oui, les chrétiens peuvent vivre avec une joyeuse assurance, en toutes circonstances, parce qu’ils sont en paix avec Dieu.

C’est toute la leçon du passage qu’on va lire dans un instant. Et en lisant ce texte, je veux que vous remarquiez deux choses. D’abord, la façon dont Paul dit, à plusieurs reprises, que si on est croyant, on « se glorifie » dans certaines choses. La traduction Segond 21, ou la Semeur, parle de « placer notre fierté » dans quelque chose. Le terme veut dire lever la tête, se féliciter, se réjouir de quelque chose. Dans certaines traductions, on trouve le verbe « exulter ». Donc notez bien, d’abord, la façon dont Paul considère que si on est chrétien, on peut vraiment « lever la tête » à cause de certaines choses.

Et la deuxième chose que je veux que vous remarquiez, c’est l’utilisation par Paul de certaines expressions comme : « bien plus », « à plus forte raison », ou « plus encore ». Ce qui montre que pour Paul, il y a vraiment quelque chose qui doit découler ou résulter de la position ou du statut qu’on a en tant que croyants, et qu’on a obtenu par la grâce de Dieu par le moyen de la foi en Jésus.

Alors est-ce qu’on peut lever la tête en toutes circonstances dans la vie, si on est chrétien ? Lisons le texte pour le découvrir !

1/ On avance vers la gloire (v. 1-2)

Oui, les chrétiens peuvent vivre avec une joyeuse assurance, en toutes circonstances, parce qu’ils sont en paix avec Dieu. On peut lever la tête, dès maintenant et tous les jours.

Premier point : puisqu’on est en paix avec Dieu, on peut lever la tête, parce qu’on est destiné pour sûr à entrer un jour dans sa gloire. C’est la première chose que l’apôtre Paul veut nous faire comprendre (v. 1-2).

Il faut bien comprendre que ces deux versets, c’est en quelque sorte le dénouement de tout ce que Paul a dit dans sa lettre jusqu’ici. Vous vous rappelez qu’il a beaucoup insisté sur le fait que les humains étaient séparés de Dieu à cause de ce truc qu’il a appelé le péché. Paul a beaucoup insisté sur la gravité de cette situation. Il a vraiment voulu nous faire comprendre qu’on avait désespérément besoin que Dieu fasse quelque chose pour nous.

Et rappelez-vous comment il a résumé ce gros problème qu’on avait :

« Il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Rm 3.23)

Mais après ça, Paul a dit que malgré le fait qu’on avait péché, on pouvait être rendu juste aux yeux de Dieu, par la grâce de Dieu, par le moyen de la foi en Jésus. Et qu’est-ce qu’il dit maintenant ? Il dit que si on a placé notre foi en Jésus, si par conséquent on a été justifié, et si par conséquent on a la paix avec Dieu, alors maintenant, on se glorifie dans l’espérance de la gloire de Dieu ! On était privé, séparé de la gloire de Dieu, on était interdit de la gloire de Dieu, mais maintenant on y a droit ! Il y avait un truc qu’on ne pouvait pas avoir, et maintenant on va l’avoir, et c’est un sujet de grande joie.

On dit parfois que l’évangile c’est une bonne nouvelle parce qu’elle est précédée d’une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle, c’est qu’on est privé de la gloire de Dieu à cause de notre péché. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut avoir l’espérance de la gloire de Dieu grâce à Jésus. L’évangile, c’est le renversement de la mauvaise nouvelle, et donc c’est un motif de joyeuse assurance pour tous ceux qui sont attachés à Jésus par la foi. Dès maintenant, tout de suite, et tous les jours, on peut lever la tête et se féliciter du fait qu’on avance vers la gloire.

On est de plus en plus nombreux à avoir fait une expérience similaire, si on a déjà été isolé pendant un temps à cause d’une infection au Covid. Catastrophe, le test est positif, et les SMS de l’assurance maladie commencent à tomber : vous devez vous isoler, vous devez rester chez vous, vous êtes impur et vous êtes privé de la vie en société. Je cite : « Restez dans une pièce séparée. Limitez les contacts avec les autres membres de la famille. En présence d’une personne, portez obligatoirement un masque chirurgical, respectez une distance de plus de 2 mètres et limitez les discussions à moins de 15 minutes. »

Vous êtes privé de quelque chose de bon et d’agréable, quelque chose de bien, quelque chose de vital même. Certains ont été privés de fête de Noël, de réunion de famille, de visite chez les grands-parents ou chez les petits-enfants. Certains ont été privés de voyage à l’étranger, privés de vacances. Privés de sport, privés d’église. Mais quelle joie et quel soulagement, quand on vous annonce que vous allez pouvoir retrouver ces choses ! Vous allez pouvoir rejoindre tel ou tel endroit qui vous a manqué, et revoir telle ou telle personne que vous aimez.

Et dans notre texte, l’apôtre Paul nous dit que la situation naturelle des humains est encore plus grave, parce que notre péché nous prive de la gloire de Dieu—mais quelle joie et quel soulagement d’apprendre que si on a placé notre foi en Jésus, on a la paix avec Dieu, et donc, on va pouvoir rejoindre Dieu, on va pouvoir voir Dieu, on va pouvoir entrer dans sa gloire !

Et Paul, vous avez remarqué, insiste sur la certitude de cette grâce—on est vraiment en paix avec Dieu, et on « demeure ferme » dans cette grâce (v. 2), c’est-à-dire qu’on est fermement établi dedans, on est ancré dedans, on se tient solidement dans sa grâce, pourquoi ? Parce que cette grâce ne dépend pas de nous ! « C’est à Jésus-Christ que nous devons d’avoir eu accès à cette grâce » (toujours au v. 2).

Si ça dépendait de nous, ça serait inquiétant, et on pourrait se demander si ça ne serait pas possible, en fait, d’être de nouveau privé de la gloire de Dieu. Mais non, notre statut devant Dieu—nous qui avons la paix avec lui—notre statut est tellement certain en vertu de ce que Jésus a accompli une fois pour toutes, qu’on peut lever la tête, avec une joyeuse assurance, dès maintenant et tous les jours de notre vie. On peut bomber le torse, on peut être de bonne humeur, on peut considérer l’avenir avec optimisme, on peut se féliciter (se réjouir) d’avoir la paix avec Dieu, parce qu’on était privé du truc le plus important de notre existence, et maintenant on ne l’est plus. On avance vers la gloire !

On peut être content, et même, dans toutes les circonstances. Vraiment ?

2/ On apprend dans les épreuves (v. 3-4)

Eh bien ça nous amène au deuxième point. Puisqu’on est en paix avec Dieu, on peut lever la tête, parce que même les difficultés en fin de compte, c’est quelque chose de positif pour nous. C’est un peu dérangeant comme idée, mais c’est bien ce que l’apôtre Paul veut nous faire comprendre, si on regarde bien ce qu’il dit (v. 3-4).

Il dit : « Bien plus », c’est-à-dire : « On se réjouit, on se glorifie dans l’espérance de la gloire de Dieu, et on se glorifie tellement dans ce truc-là, que bien plus, nous nous glorifions même dans les tribulations. » (v. 3) Autrement dit : la joyeuse assurance qu’on peut tirer du fait qu’on a la paix avec Dieu est telle qu’elle va s’exprimer même quand on traverse les difficultés. On peut vraiment lever la tête, rester optimiste et positif, même dans les difficultés.

Et Paul nous explique plus précisément pourquoi. Il nous dit que puisqu’on a la paix avec Dieu, ça veut dire que les difficultés, en fin de compte, ça produit quelque chose de bien pour nous. Regardez le texte. La tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée l’espérance.

Ce que Paul nous explique ici, c’est qu’à travers les difficultés, premièrement, on gagne en expérience et en résistance. Après chaque difficulté, après qu’on en est sorti, on est mieux préparé pour la prochaine difficulté. Il y a une certaine logique à ça, en fait : quand une difficulté a pris fin, la fois d’après on sait qu’on est capable d’en sortir de nouveau. On ne sait pas pour sûr qu’on va en sortir, mais au moins on est un petit peu moins intimidé par la difficulté. C’est notre persévérance, ou notre patience, qui est en train de grandir.

Vous connaissez sûrement cette parole bien connue du philosophe Nietzsche :

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »

Nietzsche n’était pas du tout un chrétien, mais il a observé quelque chose d’assez vrai, en fait. Et ça va à peu près dans le même sens que ce que dit Paul.

Mais il poursuit, deuxièmement :

« La persévérance produit une fidélité éprouvée. »

La traduction Segond 21 et la Semeur disent : « la victoire dans l’épreuve », mais ce n’est pas génial comme traduction. Le mot en grec veut dire : « le résultat de l’épreuve », ou encore « la valeur qui résulte de l’épreuve. » L’idée, c’est que la persévérance dans les difficultés, ça va tout simplement forger le caractère, comme on le dirait aujourd’hui.

C’est-à-dire que quand on persévère malgré les difficultés, on est en train de faire un apprentissage. L’expérience de la difficulté nous livre des leçons sur notre fragilité, sur notre dépendance de Dieu, sur sa providence, sur l’existence du mal dans notre monde, et sur ce qui est vraiment important à la fin. Mon confort personnel n’est pas la priorité numéro un de Dieu dans la gestion de l’univers. Vous voyez : les difficultés forgent notre caractère parce qu’elles nous rappellent notre condition et elles nous apprennent à faire confiance à Dieu.

Et troisièmement, cette fidélité éprouvée, nous dit Paul—cette maturité qui augmente en nous par les difficultés—elle produit l’espérance (v. 4). Parce que en étant dépouillés de notre confort temporaire par les difficultés, nos désirs vont se porter vers la délivrance ultime que Dieu nous a promise. La souffrance, en fait, augmente en nous le désir du paradis.

Et donc vous voyez ce que dit Paul ? Si on a la paix avec Dieu, ça ne va pas nous faire arrêter de souffrir, ça ne va pas éloigner de nous les difficultés (et même, le fait d’être chrétien, ça va bien souvent attirer sur nous des difficultés supplémentaires). Mais si on a la paix avec Dieu, on ne va plus souffrir pareil.

Tenez-vous bien : nos difficultés vont nous faire apprécier davantage le fait qu’on a la paix avec Dieu—et ça c’est très bon pour nous. Les tribulations, c’est l’école de l’espérance ! Les difficultés, ça nous apprend l’espérance. Et si c’est vrai, si vraiment on apprend dans les épreuves, alors effectivement, on peut s’en glorifier, c’est-à-dire traverser curieusement les épreuves avec une certaine joyeuse assurance.

Vous savez, parfois on traverse des choses désagréables, ou des choses qui font peur, mais on le fait volontiers—ou au moins avec une certaine confiance—parce qu’on est convaincu qu’on va en tirer quelque chose de bien.

Il y a quelque temps, Suzanne a reçu en cadeau un bon (pour elle et pour moi) pour une séance-découverte de cryothérapie. La cryothérapie, ça consiste à se mettre en slip dans une cabine où vous allez passer 3 à 4 minutes à moins 160° Celsius. Donc on arrive dans le bureau de la responsable, et la première chose qu’on doit faire, c’est remplir un long questionnaire médical et signer une décharge comme quoi si on meurt, on ne va pas se retourner contre les organisateurs. Ensuite, on a attendu une bonne demi-heure qu’on vienne nous chercher pour la séance, et on a compris que si ça avait pris aussi longtemps, c’était parce que la personne avant nous avait fait une crise d’angoisse pendant qu’elle était dans la cabine !

Mais vous savez quoi, on a fait notre séance quand même, l’un après l’autre, et en fait, ça faisait un peu peur, ce n’était pas forcément super agréable (surtout vers la fin quand on avait l’impression de commencer à brûler), mais ça nous a vraiment fait du bien ! On serait même prêt à recommencer si ça ne coûtait pas super cher !

De la même façon, si on est chrétien, eh bien les difficultés, en fin de compte, ça produit quelque chose de bien pour nous.

Mes amis, c’est vrai que c’est un véritable apprentissage dans la vie chrétienne, mais si on a la paix avec Dieu, eh bien même les difficultés en fin de compte, c’est quelque chose de positif pour nous, et donc on peut traverser les difficultés avec une certaine joyeuse assurance. Je ne parle pas d’être maso, mais je parle d’apprendre à discerner par la foi les bons fruits que Dieu veut produire en nous à travers les difficultés qu’il nous fait traverser.

Je parle d’acquiescer à la providence de Dieu, qui parfois est horriblement difficile voire douloureuse pour nous, certes !—mais d’acquiescer avec une bonne attitude. De souffrir positivement, si j’ose dire. De souffrir comme un croyant, c’est-à-dire comme quelqu’un qui sait pour sûr qu’il a la paix avec celui qui gouverne ses circonstances.

Qu’est-ce qui peut nous aider à progresser dans ce domaine ? Qu’est-ce qui peut nous aider à lever la tête dans les difficultés et à traverser les difficultés avec un peu plus de confiance, d’optimisme, et tout simplement de joyeuse assurance ?

3/ On accueille l’amour de Dieu (v. 5-8)

Le troisième point de cette prédication. Voilà ce qui peut nous aider ! Et voici ce troisième point : puisqu’on est en paix avec Dieu, on peut lever la tête, parce qu’on est certain, à chaque instant, que Dieu nous aime. On accueille à chaque instant son amour. C’est ce que l’apôtre Paul veut nous faire comprendre maintenant (v. 5-8).

C’est vraiment intéressant, parce que l’apôtre Paul, tout de suite après nous avoir parlé des tribulations dans la vie des croyants, nous parle maintenant de l’amour de Dieu pour les croyants. Je trouve ça hyper frappant. On voit que pour Paul, c’est super important qu’on sache, dans nos souffrances, que Dieu nous aime. C’est peut-être le truc le plus important à savoir. Parce qu’on peut croire qu’il y a un Dieu, et on peut croire que Dieu est souverain dans tout ce qui nous arrive, mais ça, en soi, ça ne va pas nous rassurer. Ce qui va nous rassurer, c’est de savoir que ce Dieu qui gouverne tout l’univers nous aime.

Alors comment est-ce qu’on peut le savoir ? On le sait parce que si on est un vrai croyant, on a reçu le Saint-Esprit (l’Esprit de Dieu) qui répand l’amour de Dieu dans notre cœur (v. 5). L’apôtre Paul décrit quelque chose ici qui relève de l’expérience très personnelle et intime des croyants. Moi, je ne peux pas savoir ce que le Saint-Esprit répand dans ton cœur, mais toi, tu peux le savoir.

Si on est un vrai croyant (si vraiment on a le désir sincère de suivre Dieu, de lui faire confiance et de le laisser gouverner notre vie)—si on est un vrai croyant, on a reçu le Saint-Esprit en nous, et il répand l’amour de Dieu dans notre cœur. Mais comment est-ce qu’il le fait ? Il le fait en nous rappelant l’évangile, qui est la preuve que Dieu nous aime.

« En ceci, Dieu prouve son amour envers nous : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. » (v. 8)

Alors si je vous demandais, à ce moment précis, là maintenant tout de suite, si vous considérez qu’il y a des gens dans votre vie qui vous aiment, il est possible que vous me répondiez : « Je ne sais pas », ou peut-être même : « Je ne pense pas ». Mais beaucoup d’entre nous, on répondrait : « Oui, voici au moins une ou deux personnes—celles-là, je sais qu’elles m’aiment. »

Comment est-ce que vous savez qu’elle vous aime, cette personne, à ce moment précis, à cet instant T, alors qu’il n’y a rien qui vous l’indique, là, immédiatement ? Peut-être qu’elle n’est même pas dans la pièce avec vous en ce moment ? Eh bien vous savez qu’elle vous aime à cause de paroles qu’elle a dites, et de choses qu’elle a faites—peut-être des choses qu’elle a sacrifiées pour vous, des moments où elle a clairement placé vos intérêts au-dessus des siens. Et à cause de ce qui s’est passé, vous êtes persuadé maintenant que cette personne accorde de la valeur à la relation qu’elle peut avoir avec vous. Elle s’est attachée à vous, et clairement, vous le savez, cette personne vous veut du bien.

Et c’est comme ça que le Saint-Esprit répand l’amour de Dieu dans notre cœur si on est un croyant. Il nous rappelle ce que Dieu a fait pour nous, par amour pour nous. Il a fait un truc incroyable. Nous, on était coupables devant sa justice, et donc on était, à ses yeux, impurs et repoussants, et on était destiné à recevoir sa colère, c’est-à-dire la punition pour nos fautes. Quoi de plus normal ! Mais au lieu de nous punir, c’est lui qui a pris la condition d’un homme, en Jésus-Christ, et qui a accepté de prendre sur lui notre punition !

La preuve de l’amour de Dieu, c’est que Jésus est mort, non pas pour des gens sympas, bien élevés—des gens avec du potentiel, vous savez—mais il est mort pour des criminels. Des gens mauvais. Des impies, comme dit Paul (v. 6). Des pécheurs (v. 8). Des gens tout-à-fait coupables aux yeux de Dieu, des gens qui ne méritaient pas du tout que le Roi du ciel depuis toute l’éternité, environné d’un éclat indicible, le créateur des cieux et de la terre, s’humilie sous la forme d’un bébé parmi nous, vive parmi nous, souffre parmi nous, et meure parmi nous, sur la croix, dans une agonie atroce.

Est-ce que ça vous touche ? Si oui, c’est parce que le Saint-Esprit est en train de répandre l’amour de Dieu dans votre cœur, en vous rappelant ce que Dieu a fait pour vous, par amour pour vous. Accueillez cet amour. Si vous ne l’avez jamais fait, répondez à cet amour en vous ouvrant à Dieu, en plaçant toute votre confiance en lui, en recevant son pardon et en le laissant prendre les commandes de votre vie désormais.

Et ensuite, revenez sans cesse à cette fontaine pour vous abreuver. Revenez sans cesse à l’évangile—la bonne nouvelle de Jésus mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, parce que Dieu nous aime. Revenez aux Écritures, revenez à l’église le dimanche, revenez au groupe de maison en semaine, pour vous rappeler perpétuellement ce que notre grand Dieu a fait pour vous sauver. Et c’est comme ça que le Saint-Esprit va perpétuellement répandre l’amour de Dieu dans votre cœur.

Et en faisant l’expérience personnelle et intime de l’amour de Dieu, c’est votre espérance qui va devenir plus solide. Dieu nous fait connaître son amour maintenant, par le Saint-Esprit qui nous habite (et qui transforme la connaissance de l’évangile en l’expérience de l’amour de Dieu)—Dieu nous fait donc connaître son amour maintenant, et par cet amour dont on fait l’expérience maintenant dans notre cœur, c’est notre espérance qui est authentifiée à notre esprit, comme le dit l’apôtre Paul :

« L’espérance ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs… » (v. 5)

Vous avez suivi ?

Tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour dire que si on est un vrai croyant, eh bien puisqu’on est en paix avec Dieu, on peut lever la tête, parce qu’on est certain, à chaque instant, que Dieu nous aime. Et ça, ça va vraiment nous aider à progresser dans notre attitude, et à faire l’expérience d’un peu plus de joyeuse assurance dans toutes les circonstances qu’on traverse.

4/ On attend notre salut (v. 9-11)

Et cela, d’autant plus—ou plus encore, comme dirait Paul—d’autant plus qu’il y a un quatrième et dernier point : puisqu’on est en paix avec Dieu, on peut lever la tête, parce qu’on n’a rien à craindre de la mort et de l’au-delà. C’est ce que Paul veut nous faire comprendre à la fin de ce passage (v. 9-11). On attend avec confiance notre salut.

Même la mort, le dernier ennemi, ne nous empêchera pas de lever la tête et d’être confiant et optimiste, parce qu’on n’a pas du tout peur de rencontrer Dieu, si on est un croyant.

Alors comme on l’a dit tout-à-l’heure, pendant quatre chapitres, l’apôtre Paul a vraiment insisté sur le fait que les humains avaient un gros problème, et ce problème, c’est qu’ils font l’objet de la colère de Dieu. (Encore une fois, la colère de Dieu, ce n’est pas un sentiment chez Dieu, mais c’est simplement la rencontre de sa justice avec nos péchés).

Mais si on est visé par la colère de Dieu, on n’a pas du tout envie de rencontrer Dieu, n’est-ce pas ? Si on est visé par sa colère, on devrait avoir peur de mourir et de comparaître devant Dieu. On devrait avoir peur de ce qui nous attend dans l’au-delà.

Alors qu’est-ce qu’il a dit, Paul, jusqu’ici, au sujet de la colère de Dieu ?

« La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes… » (Rm 1.18)

« Par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu… » (Rm 2.5)

« Dieu rendra la colère et la fureur à ceux qui, par esprit de dispute, désobéissent à la vérité et obéissent à l’injustice… » (Rm 2.8)

« Dieu est-il injuste quand il donne cours à sa colère ? Certes non ! » (Rm 3.5-6)

« La loi produit la colère… » (Rm 4.15)

Alors vous avez compris le message ? Est-ce que vous êtes rassuré à l’idée de comparaître devant Dieu qui est saint et juste, et qui va rendre à chacun selon ses œuvres ?

Mais écoutez bien ce que Paul dit dans notre passage :

« Maintenant que nous sommes justifiés par le sang de Christ, nous serons sauvés par lui de la colère. » (v. 9)

Donc Paul insiste ici sur le fait que si on a placé notre foi en Jésus, on est justifié ; et si on est justifié, on a la paix avec Dieu ; et si on a la paix avec Dieu, ça veut dire qu’on est en bons termes avec lui ; et si on est en bons termes avec Dieu, alors le jour où on comparaîtra devant lui, ce sera pour nous un jour de salut et non un jour de châtiment.

On va se faire contrôler, mais nos papiers sont en règle. Imaginez que vous receviez une convocation à un tribunal pour un contrôle administratif. La date approche, et s’il y avait une irrégularité dans vos papiers, vous auriez peur de ce rendez-vous. Mais heureusement, vous savez que tout est en ordre. Et à plus forte raison, si le juge devant lequel vous allez comparaître s’était investi personnellement pour que vous papiers soient en règle, à plus forte raison, vous n’auriez absolument rien à craindre. C’est le juge qui va examiner votre dossier qui a déjà lui-même mis en règle votre situation.

De la même façon, si on est croyant, on va comparaître devant un juge qui a déjà lui-même mis en règle notre situation. Il l’a même fait à un très grand prix pour lui. Il n’y a aucun risque qu’il nous condamne.

Si on est vraiment croyant, si on est vraiment attaché à Jésus par la foi, c’est même quelque chose que Dieu, même s’il est tout-puissant, ne peut pas faire : il ne peut pas nous condamner. Parce que si on est vraiment croyant, on a été justifié par le sang de Jésus-Christ (v. 9), et Dieu qui est juste ne peut pas condamner quelqu’un qui a été justifié, autrement Dieu serait injuste, et s’il est injuste il ne serait pas Dieu ! Et puisque Dieu ne peut pas arrêter d’être Dieu, il ne peut pas condamner quelqu’un qui a été justifié par le sang de Christ.

Si on est croyant, on a été réconcilié avec Dieu par la mort de Jésus. Cette œuvre de grâce a été validée par sa résurrection. Et maintenant que Jésus est vivant, il nous prépare une place auprès du Père.

« Étant réconciliés, nous serons sauvés par sa vie. » (v. 10)

Les croyants n’ont pas peur de ce qui les attend après la mort. On se réjouit, on se glorifie même de comparaître devant Dieu un jour. Parce que ce sera le premier jour du reste de l’éternité, qu’on passera dans le paradis de Dieu en communion avec Dieu et avec les autres croyants.

Alors on peut lever la tête. On peut « se glorifier en Dieu », comme dit l’apôtre Paul (v. 11), en toutes circonstances, ici-bas et maintenant, parce qu’on a été réconcilié avec Dieu. On était ennemis, mais là, maintenant tout de suite, si je suis attaché à Jésus par la foi, regardez-moi : je suis un ami de Dieu. Et ça vaut pour tous ceux qui ont placé leur foi en Jésus, « par qui maintenant nous avons obtenu [cette] réconciliation » (v. 11).

Alors il est temps de conclure, rapidement. Est-ce que vous avez une joyeuse assurance dans la vie ? L’apôtre Paul dans notre passage a voulu nous montrer que si on comprenait quel était notre gros problème en tant qu’êtres humains séparés de Dieu, et quelle était la grosse solution que Dieu nous présentait en Jésus, et si on recevait cette solution qui consiste à être justifié par la foi, eh bien alors—nous dit Paul—ça devrait changer radicalement notre attitude dans la vie, dès maintenant.

Oui, les chrétiens peuvent vivre avec une joyeuse assurance, en toutes circonstances. Pourquoi ? Parce qu’ils sont en paix avec Dieu.

Mes amis, si vous êtes croyants, écoutez bien : vous avez la paix avec Dieu. Ça veut dire 1/ que vous avancez vers la gloire, même quand vous traversez des choses difficiles ici-bas. Ça veut dire 2/ que les souffrances n’ont plus le même pouvoir dans votre vie, et que Dieu vous façonne dans les épreuves pour vous fortifier en espérance. Ça veut dire 3/ que vous faites constamment l’objet de l’amour de Dieu, un amour que vous accueillez dans votre cœur, sous l’effet du Saint-Esprit, par le rappel constant de l’évangile. Ça veut dire enfin 4/ que vous attendez votre salut : vous allez bientôt être accueilli par votre Créateur avec qui vous avez été réconcilié, et qui a envie de passer l’éternité avec vous dans la joie du paradis.

Voilà où on en est aujourd’hui, si on est un croyant. Voilà quel est notre statut et quel est notre destin. C’est tellement, infiniment mieux que la victoire tant espérée de notre équipe préférée, dans notre sport préféré, dans une compétition mondiale ! Et donc si on croit vraiment qu’on a la paix avec Dieu et qu’il en découle vraiment toutes ces choses, alors on ne va peut-être pas avancer dans l’abattement, en trainant les pieds, en râlant à la moindre contrariété, mais on va lever la tête, non ? On peut lever la tête !

On va pouvoir être un peu plus positif dans la vie. On va sourire un peu plus souvent. On va être un peu plus gentils et patient avec les gens. Un peu plus doux et généreux.

C’est vrai que des fois on va traverser des difficultés, mais on va les traverser avec une attitude différente. Bien sûr, Dieu ne nous demande pas d’aimer la souffrance et de sauter de joie quand les enfants vomissent dans leur lit à 2h du matin. Mais posons-nous la question : est-ce que la manière dont je traverse les difficultés, ça reflète mon espérance ? Est-ce que mon attitude, c’est celle de quelqu’un qui a la paix avec Dieu ? Est-ce que c’est l’attitude de quelqu’un qui a été justifié, qui est aimé de Dieu, et qui est gardé par sa puissante main ?

Est-ce que mon humeur habituelle dans la vie, c’est celle de quelqu’un qui se glorifie dans l’espérance de la gloire de Dieu, qui se glorifie dans les tribulations, qui se glorifie en Dieu par son Seigneur Jésus-Christ par qui il a obtenu la réconciliation ?

Ou bien est-ce que mon humeur habituelle, c’est plutôt celle de quelqu’un qui se glorifie dans ses propres capacités, dans ses réussites, dans son confort, et qui réagit très mal quand ces choses sont menacées ou détruites ?

Mes amis, en toutes circonstances, on peut lever la tête et bomber le torse—si j’ose dire—on peut être confiant et optimiste, on peut avancer avec une profonde et joyeuse assurance, et ce n’est pas parce qu’on est des gens extraordinaires, pas du tout ! C’est parce qu’on a la paix avec Dieu. Et donc, pour de vrai, la vie est belle.

Comme l’a dit le roi David dans un psaume, alors qu’il traversait les difficultés :

« Mais toi, Éternel ! Tu es pour moi un bouclier, tu es ma gloire, et tu relèves ma tête. » (Ps 3.4)

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