Marchez dans l'amour

Par Alexandre Sarranle 23 juillet 2022

Comment est-ce qu’on peut bien s’entendre, quand on est si différent ? On est tous très différent les uns des autres, n’est-ce pas ? On a tous reçu une éducation différente, on a une culture différente, une personnalité différente, des goûts différents, des convictions politiques différentes… Mais on doit tous cohabiter sur une même planète, et on doit vivre en communauté, que ce soit dans notre pays, dans notre ville, dans notre quartier, dans notre Église (si on est croyant), et bien sûr, dans notre propre maison.

Mais comment est-ce qu’on peut bien s’entendre, quand on est si différent ? La question se pose, en général, pour nous tous, mais elle se pose de manière très spéciale pour Tom et Laetitia qui inaugurent aujourd’hui la mise en commun permanente de leurs vies respectives ! Tom et Laetitia, issus de familles différentes, avec un parcours de vie différent, et des personnalités, des goûts, et sûrement même des avis différents sur certaines choses. Comment donc vivre en communauté de manière harmonieuse et durable, quand il y en a une qui aime siroter tranquillement son petit matcha (thé vert moulu) dans une douce mélancolie, et l’autre qui aime se mettre le feu au visage avec de la sauce piquante de contrebande ?

C’est la question qui est sous-jacente dans le texte biblique qu’on va lire dans un instant, et que Tom et Laetitia ont choisi pour ce moment d’exhortation (ou d’instruction), où en fait, je vais essayer de tirer de ce texte quelques enseignements et quelques applications pratiques pour nous tous, et pour Tom et Laetitia en particulier.

C’est un passage écrit par un apôtre de Jésus-Christ—l’apôtre Paul—et destiné à l’origine à des croyants qui rencontraient des difficultés pour vraiment faire l’expérience de la cohésion et de l’unité au sein-même de leur propre Église. Et la raison, c’était justement parce que les gens qui rejoignaient cette communauté de foi venaient d’arrière-plans tellement différents. Et du coup, il y avait des problèmes de rivalité, de discrimination et de discorde. Et donc un des soucis de l’apôtre Paul en écrivant à ces gens, c’est de les aider à bien s’entendre, alors qu’ils sont si différents ! Et donc ce qu’on va lire dans un instant, c’est justement un conseil très, très important qui contient à lui seul la clef, en fait, de la bonne entente entre les humains—et a fortiori la clef de la bonne entente dans un couple.

On va examiner ça dans un instant, mais voici déjà toute la leçon de ce passage : Tom, Laetitia, rappelle-toi toujours comment Dieu aime, et aime toujours comme lui. Voici ce que dit l’apôtre Paul :

« Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu ‘pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur.’ » (Ép 5.1-2)

La clef, donc, pour bien s’entendre alors qu’on est si différent, c’est : rappelle-toi toujours comment Dieu aime, et aime toujours comme lui. On va développer un peu cette idée, en trois points très simples, vous êtes prêts ? 1/ Pour imiter Dieu, il faut bien le connaître, 2/ pour bien connaître Dieu, il faut connaître Jésus, 3/ quand on connaît Jésus, on est en position de reproduire son amour. Et donc c’est ça, en bout de chaîne, qui fait qu’on va pouvoir bien s’entendre alors qu’on est si différent.

Premièrement, pour imiter Dieu, il faut bien le connaître. Vous avez vu ce que dit l’apôtre Paul : « Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés. » Les comparaisons de Paul dans ce petit passage sont super importantes. Il nous invite ici à imiter Dieu, mais pas comme un humoriste qui imite une célébrité ou une personnalité politique. Pas comme Nicolas Canteloup ou Laurent Gerra qui imitent Jacques Chirac ou Johnny Hallyday, c’est-à-dire qui les caricaturent, ou qui font semblant d’être eux. Non, la comparaison que fait l’apôtre Paul est importante pour comprendre ce qu’il veut dire.

« Soyez les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés. » L’apôtre Paul est en train de dire qu’on doit imiter Dieu comme des enfants qui se savent aimés de leur père ont envie de lui ressembler.

Vous avez déjà remarqué l’influence que les parents pouvaient avoir sur leurs enfants, n’est-ce pas ? Assez naturellement, quand des enfants ont une mauvaise relation avec leurs parents, ils n’ont plutôt pas envie de leur ressembler, et en grandissant, ils vont chercher à rejeter ou à se distancer de l’influence de leurs parents. Mais quand les enfants ont une bonne relation avec leurs parents, ils vont recevoir assez volontiers leur influence.

Tom et Laetitia, si Dieu un jour vous accorde la grâce d’avoir des enfants, et si Dieu vous accorde la grâce d’avoir une bonne relation avec vos enfants de façon à ce qu’ils se sentent bien-aimés de votre part, eh bien il serait assez naturel qu’ils reprennent à leur compte certains de vos goûts et certaines de vos habitudes. Peut-être qu’un jour on verra un petit Tom de quatre ans et demi se promener en Doc Martens et écrire ses devoirs en typographie médiévale (pour sa classe de moyenne section). Parce qu’il imitera son père, comme un enfant bien-aimé.

Bref, dans notre passage, c’est pareil. L’apôtre Paul nous invite à imiter Dieu comme des enfants bien-aimés, c’est-à-dire, au fond, comme des gens qui ont une bonne relation avec lui. C’est pour ça que j’ai dit que ce premier point, c’était : pour imiter Dieu, il faut bien le connaître. Il faut le connaître comme un enfant qui s’entend bien avec son père.

Comment faire pour bien connaître Dieu ? Il y a peut-être des gens ici aujourd’hui qui trouvent intrigante cette spiritualité chrétienne qui a une place si importante dans la vie de Tom et Laetitia, et qui se sentent interpelés, et qui aimeraient en savoir plus sur Dieu. Et si Dieu existait ? Comment est-ce que je pourrais le savoir ? Et comment est-ce que je pourrais savoir comment il est, ce Dieu ?

Eh bien, ce que je vais dire s’applique aussi bien à Tom et Laetitia qu’à nous tous. 1/ Lisons et étudions la Bible, ce livre millénaire et indémodable qui a laissé une empreinte spectaculaire sur le monde, et qui continue d’offrir des réponses précises à nos questions existentielles, et de projeter sa lumière sur la vie des humains. 2/ Entourons-nous d’amis croyants, discutons souvent avec eux, partageons nos expériences et nos questions, stimulons-nous mutuellement dans notre démarche spirituelle. 3/ Rapprochons-nous d’une Église chrétienne, une Église qui croit à la Bible et qui enseigne la Bible, et assistons fidèlement aux réunions de l’Église, où on va apprendre des choses sur Dieu, sur qui il est, comment il est, et comment il agit.

Ce sont des choses assez ordinaires, finalement. Mais quelle grâce de Dieu, justement, qu’il ait voulu se faire connaître par des moyens ordinaires ! Il s’est rendu accessible et connaissable, et il n’est pas loin de chacun de nous (Ac 17.27). On n’a pas besoin de faire Sciences Po pour connaître Dieu—il est à notre portée, si j’ose dire, comme un père bienveillant qui se laisse approcher par ses enfants.

Donc ça c’était le premier point : pour imiter Dieu, il faut bien le connaître. Mais ça nous amène au deuxième point : pour bien connaître Dieu, il faut connaître Jésus.

Vous avez vu comment l’apôtre Paul poursuit sa phrase, dans notre passage, en disant : « Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés… » Il y a beaucoup d’amour dans cette phrase : des enfants bien-aimés, marchez dans l’amour, le Christ nous a aimés. En fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que quand l’apôtre Paul nous invite à imiter Dieu, il pense particulièrement à l’amour de Dieu. L’apôtre Paul nous invite à imiter la façon dont Dieu aime. Autrement dit, dans la logique de Paul dans ce passage, imiter Dieu, ça consiste à marcher dans l’amour.

Mais ce terme d’amour est précisément défini dans l’esprit de l’apôtre Paul. C’est pourquoi il ajoute juste après, une deuxième comparaison. « Marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés. » La définition, donc, de l’amour de Dieu dans la tête de Paul, c’est la manière dont le Christ (c’est-à-dire Jésus) a aimé. Vous avez suivi ?

Ce que je veux dire, c’est que si on vous dit : « Faites comme Dieu, et aimez les gens », vous allez comprendre ça en fonction d’idées et de modèles que vous avez déjà en tête—mais Paul veut qu’on ait une certaine idée en tête.

Nous, on se dit peut-être : « Ah ben oui, aimer comme Dieu, ça veut dire qu’il faut être gentil. Il faut être sympa, ouvert et décontracté. Marcher dans l’amour, ça veut dire sourire à la vie, rester cool, garder la zen attitude, et transmettre ça aux autres. » C’est du Stevie Wonder, peut-être : « Don’t you worry ‘bout a thing » (ne t’inquiète de rien). Ou du James Brown : « I feel good » (je me sens bien). Ou du Bobby McFerrin : « Don’t worry, be happy » (ne t’inquiète pas, sois heureux). Ou du Louis Armstrong : « What a wonderful world » (comme ce monde est merveilleux). Ou peut-être encore du Bob Marley : « One love, one heart, let’s get together and feel all right » (un seul amour, un seul cœur, on n’a qu’à tous se retrouver ensemble et on va se sentir bien).

Quand on parle d’aimer les autres, et de marcher dans l’amour, ça peut évoquer de bons sentiments comme ça, parce que c’est à des choses comme ça qu’on associe ce concept d’amour dans notre tête. Et ce ne sont pas forcément de mauvaises choses ! Mais l’apôtre Paul veut clairement qu’on associe le fait d’imiter Dieu et de marcher dans l’amour à quelque chose de précis, à savoir, à la personne et à l’œuvre de Jésus.

C’est pourquoi j’ai dit que ce deuxième point, c’était : pour bien connaître Dieu, il faut connaître Jésus. C’est la logique-même de l’apôtre Paul dans ce petit passage.

Et ce que ça veut dire pour nous tous, et pour vous Tom et Laetitia, c’est qu’il ne suffit pas de s’intéresser à Dieu en général pour arriver à bien le connaître, et arriver ensuite à imiter son amour. Il ne suffit pas d’avoir une spiritualité générale, pleine de bons sentiments et de moments de méditation autour d’un petit matcha—il ne suffit même pas de lire la Bible, de connaître des chrétiens et d’aller à l’Église.

Ce qu’il faut, c’est s’intéresser en particulier à la personne et à l’œuvre de Jésus. C’est vraiment Jésus qui nous fait connaître le caractère et le cœur-même de Dieu. On peut savoir plein de choses sur Dieu grâce à la philo, l’art, les mathématiques, les sciences physiques ou les sciences humaines, certes ! Mais pour connaître Dieu personnellement, pour comprendre sa personnalité, si j’ose dire, il faut connaître Jésus.

Et donc il faut se rendre compte qu’au cœur du message de toute la Bible, il y a Jésus. Au cœur de la vie de l’Église, il devrait y avoir Jésus. Au cœur de la vie de tout croyant, il devrait y avoir Jésus. Et a fortiori dans la vie d’un couple chrétien et d’une famille chrétienne, il devrait y avoir Jésus—la particularité de sa personne et de son œuvre—et pas juste une spiritualité générale, ou une religion de surface, ou du ritualisme.

Pour faire simple : ça ne sert à rien d’être des gens très religieux si on ne connaît pas Jésus. Et je dis à vous, Tom et Laetitia, et je le dis aussi à tout le monde ici, notamment si vous êtes aujourd’hui en recherche spirituelle. Si ça vous intéresse de connaître Dieu, vous devez vous intéresser à Jésus. Parce que c’est en considérant la personne et l’œuvre de Jésus qu’on peut vraiment comprendre l’amour de Dieu. Pour bien connaître Dieu, il faut connaître Jésus. Et c’est ce qui nous amène justement au troisième et dernier point : quand on connaît Jésus, on est en position de reproduire son amour.

Regardez de nouveau la fin de notre petit passage. C’est un peu bizarre ce que dit l’apôtre Paul. « Marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu ‘pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur.’ »

Vous vous rappelez que j’ai dit que les comparaisons étaient très importantes dans ce passage. On doit imiter Dieu comme des enfants bien-aimés. On doit marcher dans l’amour de même que le Christ nous a aimés. Et maintenant, en fait, on a une troisième comparaison qui est destinée à nous faire comprendre comment le Christ nous a aimés.

Jésus est comparé ici à une offrande et à un sacrifice qui génère une odeur agréable. Ça peut nous sembler très, très bizarre, sauf si on a déjà lu la Bible en entier, et notamment la première partie de la Bible qu’on appelle l’Ancien Testament, qui date d’avant la naissance de Jésus. Parce que cette expression « en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur », ça vient directement de là. Et ça désigne quelque chose de très particulier qui était pratiqué par les croyants de cette période-là, avant la venue de Jésus.

Je vais vous expliquer simplement. (Écoutez bien parce que c’est important.) La Bible dit que la relation entre les humains et Dieu a été rompue à cause des humains qui ont voulu vivre indépendamment de Dieu. C’est donc notre situation, par nature, à nous tous. On est séparé de Dieu, on n’est pas en paix avec lui, on n’est pas en bons termes avec lui—et ça, ce n’est pas bon pour nous, ce n’est pas bon pour le couple, ce n’est pas bon pour le monde.

Mais Dieu, lui, continue d’aimer les humains, et donc il a donné aux humains un système où ils pouvaient s’approcher de Dieu quand même, pour le connaître, pour recevoir sa faveur, et pour vivre dans l’espérance de son paradis. Ce système, dans l’Ancien Testament, était basé sur le fait d’offrir des sacrifices d’animaux, qui représentaient en fait le prix à payer pour pouvoir s’approcher de Dieu. Comprenez bien : c’était un système assez horrible, mais justement, ça montrait aux gens qu’il y avait un prix fort à payer pour que la relation avec Dieu puisse être réparée—cette relation qui avait été gâchée par les humains. Vous suivez ?

Et c’est de là que vient cette expression : « en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur ». Parce que le sacrifice qui était normalement brûlé sur un autel générait une fumée et une odeur qui montait vers le ciel comme quelque chose d’agréable à Dieu—dans le sens où Dieu était satisfait de ce geste accompli par les croyants, et donc répondait de manière favorable aux croyants.

Et vous vous dites : mais pourquoi est-ce que le pasteur, il parle de sacrifice d’animaux dans un mariage ? Eh bien précisément à cause de là où l’apôtre Paul veut en venir. Et là où il veut en venir, c’est que Jésus a manifesté l’amour de Dieu en se donnant lui-même en sacrifice pour que les croyants puissent être réconciliés pour toujours avec Dieu.

Toute la Bible est centrée sur la personne de Jésus qui est venue de la part de Dieu et qui s’est « livré lui-même à Dieu » (comme dit l’apôtre Paul), qui s’est offert lui-même en sacrifice sur la croix pour payer le prix fort pour que notre relation avec Dieu puisse être réparée.

Rien n’obligeait Jésus à faire ça—il l’a fait volontairement, et vous savez pourquoi il l’a fait ? Il l’a fait par amour. Par amour ! C’est ainsi, précisément, que le Christ nous a aimés, et qu’en nous aimant, il a manifesté la nature particulière de l’amour de Dieu.

C’est pour ça que je parle de sacrifice d’animaux dans votre mariage, Tom et Laetitia. C’est parce que c’est la comparaison qu’utilise l’apôtre Paul pour nous faire comprendre le sacrifice de Jésus et donc l’amour de Dieu. Cet amour de Dieu, que vous êtes invités à reproduire dans votre vie chrétienne et dans votre couple en particulier, ressemble à un sacrifice.

Vous voyez, l’amour selon l’apôtre Paul, l’amour selon la Bible, l’amour véritable, l’amour de Dieu, c’est quelque chose de précis qu’on ne doit pas définir selon des idées reçues qu’on a déjà en tête. Ce n’est pas un concept vague rempli de bons sentiments. C’est plutôt comme la couture très précise et détaillée qui relie le superbe carnet de cérémonie que vous tenez entre vos mains—une couture réalisée par Laetitia. Ou c’est comme les titres soigneusement calligraphiés par Tom, toujours dans votre petit carnet de cérémonie. C’est beau, c’est précis, ça mérite votre attention et votre admiration.

L’amour de Dieu aussi, est beau et précis, et il mérite notre attention et notre admiration. Ce n’est pas à nous de le définir, c’est plutôt à nous de l’observer, de le comprendre, et de l’accueillir. Cet amour s’est manifesté, précisément, à la croix où Jésus a recherché notre intérêt par-dessus le sien.

Alors tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour revenir à ce que j’ai dit au début. Toute la leçon de ce petit passage, finalement, c’est la suivante : Tom, Laeti, et nous tous qui sommes réunis ici, la clef pour bien s’entendre alors qu’on est si différent, c’est : rappelle-toi toujours comment Dieu aime, et aime toujours comme lui.

Oui, on a tous reçu une éducation différente, on a une culture différente, une personnalité différente, des goûts différents, des convictions politiques différentes… Mais quelle différence ça ferait dans notre monde, si on imitait Dieu, comme des enfants bien-aimés, et si on marchait dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés ! Et la question la plus fondamentale, qui se pose à tout le monde ici aujourd’hui, c’est : est-ce que je suis prêt à chercher à connaître Jésus, en plaçant ma foi en lui, de manière à connaître Dieu et ainsi à reproduire son amour ?

Oui, Tom et Laetitia, vous êtes issus de familles différentes, vous avez un parcours de vie différent, et des personnalités, des goûts, et sûrement même des avis différents sur certaines choses. Et parfois ça va clasher, comme on dit ! Vous allez avoir du mal à vous comprendre parfois, du mal à communiquer, du mal à vous entendre, du mal à prendre des décisions communes, du mal même à garder patience et à respecter l’avis de l’autre et à avancer dans la paix. Oui, la vie commune c’est compliqué.

Mais quand on connaît Jésus, on est en position de reproduire son amour. Si Dieu vous a tant aimés que Jésus a payé le prix fort—alors que rien ne l’y obligeait—pour rechercher votre intérêt par-dessus le sien, alors vous aussi qui avez fait l’objet d’un tel amour, vous pouvez marcher dans cet amour, et vous offrir quotidiennement en sacrifice à l’autre en recherchant non pas votre intérêt, votre confort, votre justification, mais les siens avant tout.

Vous allez pouvoir grandir en patience, en bienveillance, en maîtrise de soi—parce que vous-même avez fait l’objet de la grâce merveilleuse et surabondante de Dieu en Jésus. Vous allez pouvoir demander pardon quand vous aurez mis les pieds dans le plat, et vous allez pouvoir pardonner avec empressement et avec joie—parce que Dieu lui-même vous a tout pardonné en Jésus. Vous allez pouvoir refléter la miséricorde et la tendresse de Jésus lui-même dans votre foyer, lui qui est « doux et humble de cœur »—parce que vous-mêmes avez fait l’expérience de cette compassion de Dieu envers vous.

Et donc, Tom, Laetitia, rappelle-toi toujours comment Dieu aime, et aime toujours comme lui.

Pour terminer, je voudrais juste citer un homme d’ici, un Annécien, dont la trajectoire de vie a été inspirante, puisqu’il est né par ici en Haute-Savoie, et qu’il est mort… à Lyon ! Le parcours d’un grand homme ! Bref, il a vécu pendant la réforme protestante, mais c’était un catholique romain. Son nom : Saint François de Sales. Il a été évêque de Genève notamment, et il est connu pour avoir tenté de ramener les protestants sous la coupe de l’Église romaine, mais non par les armes, la force, ou l’intimidation, mais par la bienveillance. Il n’avait pas tout compris à la théologie, puisqu’il est resté catholique romain toute sa vie, mais il avait au moins compris quelque chose d’extrêmement important dans la théologie, c’était le devoir qu’on a, si on est croyant, de reproduire l’amour que Dieu lui-même nous a manifesté. Voici ce qu’il a écrit en 1608 :

« Il ne se présente pas souvent des occasions de pratiquer la force, la magnanimité, la magnificence ; mais la douceur, la tempérance, l’honnêteté et l’humilité sont des certaines vertus, desquelles toutes les actions de notre vie doivent être teintes. » (Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, III.1 [1608])

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