L'égalité des sexes : un passage de la Bible qui en parle

Par Alexandre Sarranle 15 novembre 2009

Introduction

Il y a cinq ans, la ministre déléguée à la parité et à l’égalité professionnelle (Nicole Ameline) remettait au Premier Ministre un document intitulé « Charte de l’égalité – Pour l’égalité des hommes et des femmes, la France s’engage ». Dans l’introduction de cette charte, qui est censée orienter la législation de notre pays pour les années à venir, on peut lire les affirmations suivantes : « La réalisation de l’égalité entre les sexes signifie que les droits et possibilités auxquels aspire tout individu ne sont pas tributaires du fait d’être un homme ou une femme. » Ou encore : « L’idée de parité est, au sens strict, l’expression de la volonté de représentation, à nombre égal, dans les lieux de décision, des femmes et des hommes. » Le document propose quatre axes d’action, dont le premier consiste à réaliser « la parité ou l’accès des femmes à la prise de décision ». Cette charte ne concerne pas seulement la vie professionnelle, la vie politique et la vie scolaire, mais aussi la vie associative. Tout cela paraît très juste et très logique : non au sexisme, non à la discrimination, oui à l’égalité des droits et des chances ! Le problème, c’est que les Chrétiens doivent prendre en compte un paramètre supplémentaire, la révélation spéciale, infaillible et objective de Dieu qui, par endroits, nous livre des affirmations telles que : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre autorité sur l’homme mais qu’elle demeure dans le silence » (1 Tm 2.12). Alors quel doit être notre regard de Chrétiens, sous le règne de Christ, sur le principe de la parité, notamment là où le règne de Christ se déploie en tout premier lieu, c’est-à-dire dans nos familles et dans l’Église ? Le texte que nous avons lu va nous apporter des éléments de réponse. Les Corinthiens ont voulu connaître l’avis de Paul concernant une situation dans l’Église, où des hommes et des femmes, sous prétexte de liberté, estimaient qu’ils pouvaient renoncer à ce qui était propre à leur sexe, notamment en termes d’habillement et de rôles. Mais nous allons voir que pour Paul, cela consiste en un genre de désordre ou de confusion qui ne convient pas aux Chrétiens. Et la leçon que nous pourrons en tirer, c’est que la parité des sexes telle qu’elle est communément prônée aujourd’hui entre en contradiction avec l’ordre que Dieu compte restaurer, par Jésus-Christ, dans les rapports entre hommes et femmes, notamment dans le cadre de la famille et de l’Église.

Une dignité égale mais des rôles distincts

La première affirmation que nous pouvons tirer du texte, c’est que la différenciation des sexes répond à un ordre créationnel en vertu duquel les hommes et les femmes ont une dignité égale mais des rôles distincts. En bon pédagogue, Paul souligne tout d’abord la bonne volonté de ses lecteurs, qui ont désiré lui soumettre cette question (v. 2). Ensuite, la première chose qu’il fait, c’est d’affirmer un principe fondamental concernant la différence entre les hommes et les femmes : il dit que cette différence ressemble à celle qui existe entre Dieu et Christ (v. 3), et ce n’est pas une différence de valeur, mais une différence de rôle. Il va rappeler un peu plus loin que l’homme et la femme ont été créés dans des circonstances quelque peu différentes (v. 8-9), mais que néanmoins, ils sont totalement interdépendants et complémentaires (v. 11-12). Une dignité égale, mais des rôles distincts ; c’est inscrit dans notre ADN.

Imaginez que vous devez enfoncer un clou dans un mur, et qu’on vous présente un marteau et une clé à molette. Si vous choisissez le marteau, est-ce parce que le marteau est supérieur en dignité à la clé à molette ? Et si le marteau et la clé à molette sont égaux en dignité, pourquoi ne pas choisir la clé à molette ; n’arriveriez-vous pas à enfoncer le clou avec ? La clé à molette ferait sans doute très bien l’affaire, mais la logique même veut que vous choisissiez le marteau, car un marteau, c’est fait pour enfoncer des clous, tandis qu’une clé à molette, c’est fait pour serrer des écrous. Les deux outils valent la même chose en termes de prix, mais ils ont été conçus pour des rôles différents.

Ce texte affirme que cela est vrai pour les hommes et les femmes aussi. La charte de l’égalité affirme que les possibilités auxquelles aspire tout individu ne doivent pas être tributaires du fait d’être un homme ou une femme ; mais vous voyez que cela contredit le principe fondamental de la différenciation des sexes selon la Bible. Les hommes et les femmes ont une dignité égale mais des rôles distincts qui répondent à l’intention créatrice de Dieu, et qui reflètent un ordre qui existe même "théologiquement" entre Dieu et le Christ.

Acceptons-nous de croire à ce principe ? Quelqu’un dira que ce n’est pas juste, parce qu’on ne choisit pas d’être un garçon ou une fille. Peut-être auriez-vous préféré avoir le rôle du sexe opposé. Mais Paul précise que le sexe d’une personne vient de Dieu (v. 12) ; il nous faut donc accepter avec joie la condition que Dieu nous a donnée, et la vocation spécifique que Dieu nous adresse. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, vous êtes égaux en dignité, mais Dieu vous a conçus, selon votre sexe, pour des rôles différents. Quels sont ces rôles ?

Une question d’autorité et de responsabilité

En réponse à cette question, le texte n’entre pas dans tous les détails, mais il y a au moins une affirmation claire que nous pouvons en tirer, c’est que c’est à l’homme que Dieu a confié la responsabilité d’exercer l’autorité de sa part, dans les structures sociales que sont l’Église et la famille en particulier. Encore une fois, ce n’est pas une question de valeur ou de dignité, mais une question d’ordre, un ordre voulu par Dieu, qui reflète l’ordre qui existe entre le Père et le Fils incarné. Dans les versets 4-5, Paul exhorte les hommes et les femmes à « honorer leur tête », c’est-à-dire à respecter la place que Dieu leur a attribuée, selon leur sexe, dans la structure de la famille et de l’Église en particulier ; et Paul précise que dans cette structure, ici-bas, c’est l’homme, et non la femme, qui est conçu pour exercer l’autorité de la part de Dieu (v. 10). Voilà quelle est la différence déterminante entre les rôles de l’homme et de la femme.

Pour bien comprendre quel est le rôle que Dieu confie à l’homme par rapport à la femme, Calvin propose une illustration. Il dit que l’homme est comme un lieutenant auquel le prince a confié une autorité à exercer de sa part. Le lieutenant est soumis au prince, mais cette soumission exige du lieutenant qu’il assume courageusement, dignement et fidèlement son rôle de représentant. Le lieutenant n’est pas supérieur aux autres en termes de qualité ou de valeur intrinsèque. Et pourtant, il a un rôle particulier parce que le prince l’a décidé. Faire semblant d’être un lieutenant alors qu’on ne l’est pas, c’est une usurpation d’autorité. Mais agir comme un simple sujet alors qu’on est lieutenant, c’est déshonorer le prince.

Paul appelle donc les hommes et les femmes à assumer courageusement, dignement et fidèlement la place que Dieu leur a donnée selon leur sexe. Je crains qu’il y ait une idée mensongère qui circule, selon laquelle la valeur d’une personne dépend de l’autorité qu’elle est en position d’exercer. Le principe de la parité des sexes se nourrit de cette idée, mais cette idée est fausse bibliquement parlant. Si Dieu a conçu les hommes pour exercer l’autorité de sa part, ce n’est pas parce qu’il est macho, mais parce qu’il est ordonné.

Je vous pose une question : votre tête vaut-elle davantage que votre corps ? Si quelqu’un vous donnait le choix, vous préféreriez qu’on vous coupe la tête, ou qu’on vous coupe le corps ? Votre personne peut-elle plus facilement se passer de l’un, ou de l’autre ? Paul compare la relation entre l’homme et la femme à la relation entre la tête et le corps (cf. Ép 5.28) pour nous faire comprendre quelle est l’égalité, l’unité et la complémentarité entre les sexes, mais aussi quelle est la différence en termes de rôles. Cela veut dire notamment que c’est le mari, et non la femme, qui est conçu pour être le chef de famille. Cela veut dire que ce sont les hommes, et non les femmes, qui sont conçus pour être pasteurs et anciens (les responsables) dans les églises. Il n’y a pas de parité, selon la Bible, en ce qui concerne l’exercice de l’autorité, de la part de Dieu, dans ces structures notamment. Mais Paul ne se limite pas à la question de la place de l’un ou de l’autre dans ces structures, il aborde aussi la question du comportement des hommes et des femmes, notamment en ce qui concerne le port du voile dans les assemblées chrétiennes. Il nous faut nous arrêter là-dessus un moment.

L’application culturelle d’un principe universel

Pour bien comprendre ce que Paul est en train de dire, je crois qu’il faut considérer la place de ce passage dans le contexte global de la lettre aux Corinthiens. Paul est en train de répondre à des questions qui lui ont été posées par l’intermédiaire d’une lettre que nous n’avons pas, et il a traité successivement de questions précises qui portaient sur le mariage (7.1), sur les vierges (7.25), sur les viandes sacrifiées aux idoles (8.1) et maintenant, sur le culte. Tout au long de ses réponses, Paul a martelé un principe de base, c’est celui de la bienséance et de l’intérêt du plus grand nombre (6.12, 10.23, 10.31-33). Juste avant d’aborder la question de la tenue des femmes dans le culte, il dit : « Ne soyez une pierre d’achoppement [pour personne], comme moi aussi je me rends agréable en tout et à tous, cherchant non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu’ils soient sauvés. Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » (10.32-11.1). Au moment d’aborder la question épineuse du port du voile, Paul va donc énoncer un principe universel, mais quant à la mise en pratique de ce principe, il en appelle au bon sens de ses lecteurs et à la bienséance propre à leur culture. C’est pour cela qu’il dit à ses lecteurs d’en juger eux-mêmes (v. 13), et de considérer ce qui leur paraît naturel et normal (v. 14-15).

Essayons d’illustrer ce point. Nous insistons souvent auprès de nos enfants qu’ils nous regardent dans les yeux lorsque nous leur parlons, afin qu’ils montrent leur respect. La Bible dit aux enfants de respecter leurs parents : c’est un principe universel. Mais au Japon, si vous regardez quelqu’un dans les yeux, cela veut dire que vous le méprisez et que vous cherchez à l’intimider ! L’application d’un principe biblique, absolu, universel, dépend concrètement de la bienséance propre à chaque culture.

De la même façon, Paul insiste sur un principe absolu, non-négociable : c’est que c’est l’homme, et non la femme, qui a été conçu pour occuper une position d’autorité et de responsabilité dans la famille et dans l’Église. Dans la culture des Corinthiens, le voile était un habit de femme, qui exprimait très visiblement la différence de rôles entre les sexes. Paul dit qu’il est important de maintenir visiblement cette différence de rôles dans les assemblées publiques afin d’honorer publiquement l’ordre établi par Dieu. Pour insister sur ce point, Paul rappelle à ses lecteurs, que même les anges assistent à leurs réunions (v. 10) ! À combien plus forte raison l’ordre voulu par Dieu doit-il être manifestement maintenu et honoré, sans oublier de prendre en considération les circonstances propres à chaque culture.

La question qui se pose, c’est donc : « À quoi ça ressemble aujourd’hui, en France, d’honorer publiquement l’ordre établi par Dieu entre les sexes » ? Serait-ce que les hommes se découvrent la tête à l’église, et que les femmes se la couvrent (v. 4, 5, 10) ? Ou bien serait-ce plutôt que les hommes cherchent plus courageusement et plus fidèlement à assumer publiquement les responsabilités que Dieu leur a confiées, et que les femmes acceptent plus joyeusement de montrer publiquement leur respect et leur soutien de leur mari ? Jugez vous-mêmes de ce qui est convenable (v. 13), selon vos circonstances particulières, mais compte tenu de l’ordre universel que Dieu a établi entre les sexes, et qui ne change pas. Mais nous touchons du doigt un dernier point, et un problème fondamental lié à toute cette question : c’est qu’au fond, nous rejetons l’idée que nous sommes tributaires d’un Créateur qui nous a façonnés et qui est en position de nous dire ce pour quoi il nous a conçus, hommes d’une part et femmes d’autre part.

Christ restaure l’ordre créationnel

Le dernier point que je veux relever de ce passage, c’est que l’œuvre rédemptrice de Jésus a notamment pour effet de restaurer l’homme à sa vraie masculinité, et la femme à sa vraie féminité. Est-ce que je vous apprends quelque chose si je vous dis que toute personne a en elle le désir de définir elle-même les normes de son existence ? La Bible appelle cela le péché ; c’est cette quête d’indépendance qui nous destine à être séparés de Dieu pour l’éternité. Mais la Bible nous dit que Dieu nous a tellement aimés qu’il a fait porter à son propre Fils, innocent etparfait, le poids de nos fautes afin que nous en soyons libérés, que nous puissions être pardonnés de nos péchés, et que nous soyons destinés à la vie éternelle. Tout cela, Dieu l’offre gratuitement à tous ceux qui placent leur confiance en Jésus à cause de ce qu’il a accompli. Jésus n’est pas resté sur la croix, ni dans le tombeau, mais il est ressuscité pour le bénéfice de tous ceux qui se confient en lui, et il compte maintenant nous restaurer, nous réparer de tous les dégâts que le péché a occasionnés dans notre existence.

Jésus veut déployer son règne bienveillant dans la vie de tous ceux qui se confient en lui. C’est pour cette raison que Paul réfère ses lecteurs à Christ (v. 3) et au « Seigneur » (v. 11) pour qu’ils trouvent (ou plutôt, qu’ils retrouvent) en lui le sens de leur masculinité ou de leur féminité originelles. C’est aussi pour cette raison que Paul dit que la gloire de l’homme, comme de la femme, se trouve dans le fait qu’ils assument, chacun selon leur sexe, le rôle auquel Dieu les appelle : l’homme à exercer l’autorité de la part de Dieu, la femme à honorer l’homme dans ce rôle, et à respecter ce rôle dans l’homme (v. 7, 15).

Imaginez un puzzle de 2,000 pièces toutes mélangées, dont vous avez perdu le modèle. Vous savez bien, en théorie, que ce puzzle représente une image magnifique, mais la beauté de cette image est perdue, et il vous est impossible de la retrouver sans le modèle. « Ichabod » : la gloire a disparu ! Mais la Bible dit que Jésus est venu de la part de Dieu comme le second Adam, le modèle retrouvé, celui qui seul a lacapacité de recouvrer pour le puzzle, ou plutôt, pour l’être humain, sa beauté et sa gloire originelles. Cette beauté et cette gloire, entre autres, sont liées à la restauration en nous les hommes, de notre vraie masculinité telle que Dieu l’a conçue, et en nous les femmes, de notre vraie féminité telle que Dieu l’a conçue.

Conclusion

Une dernière réflexion, pour terminer. Vous aurez sans doute compris que toute cette question des rôles différents conçus par le Créateur pour l’homme d’une part et pour la femme d’autre part est intimement liée, pour vous personnellement, à votre relation avec ce Créateur. Avez-vous, avant toute autre considération, déjà pris le temps de réfléchir au sens de votre existence ? Reconnaissez-vous en Jésus-Christ le seul capable de réaliser le pardon de vos fautes, et de redonner à votre vie sa raison et sa beauté originelles ? Toutes les autres questions sont dépendantes de celle-ci. Mais pour le sujet qui nous a intéressés, nous pouvons au moins retenir l’idée que nous avons formulée au départ, et qui est clairement exprimée dans le texte que nous avons lu : c’est que la parité des sexes telle qu’elle est communément prônée aujourd’hui entre en contradiction avec l’ordre que Dieu compte restaurer, par Jésus-Christ, dans les rapports entre hommes et femmes, notamment dans le cadre de la famille et de l’Église. Saviez-vous qu’en 2003, le Parlement norvégien a voté une loi qui impose un quota de 40% de femmes minimum dans les conseils d’administration des grandes entreprises, sous peine de dissolution ? L’Église et la famille ne doivent pas calquer leur modèle là-dessus, ni sur l’air du temps, ni sur les « chartes de l’égalité » qui circulent dans le gouvernement de notre pays, ni sur les bons sentiments véhiculés par nos médias, mais sur la révélation universelle, objective et infaillible de Dieu : la Bible. Nous n’aimons pas entendre ça ; l’idée que même la masculinité et la féminité sont définies par le Créateur. Nous préférerions définir nous-mêmes ces termes. Est-ce une simple coïncidence si la mère du féminisme (Simone de Beauvoir) était liée avec le père de l’existentialisme (Jean-Paul Sartre) ? Au-delà du féminisme et même de l’homosexualité, considérez le phénomène de la transsexualité : n’est-ce pas la manifestation extrême de la confusion des genres et des rôles qui règne en-dehors d’une relation de dépendance avec le Créateur ? En Jésus, Dieu veut nous faire faire le chemin exactement inverse ; celui, en Jésus, du retour vers la masculinité et la féminité authentiques et originelles, parce que c’est là, en Jésus, que se trouve la gloire de l’être humain, et en fin de compte la gloire de Dieu lui-même.

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