L'expiation limitée

Par Alexandre Sarranle 23 juin 2019

Est-ce qu’il est possible d’avoir vraiment l’assurance d’être sauvé ? C’est une question que beaucoup de chrétiens trouvent très difficile. On en a parlé un peu hier, mais on va y revenir un peu plus en détail aujourd’hui.

On aimerait pouvoir être sûr qu’on est en bons termes avec Dieu, et que ce sera comme ça pour toujours. Le problème, c’est qu’on a des sentiments fluctuants, et on sait trop bien que notre propre volonté est fluctuante. Tous les chrétiens un brin lucides se disent : « Je ne peux pas compter sur ce que je ressens, ni même sur ce que je veux en ce moment précis ! Je ne suis pas fiable ! Je pense croire que Jésus est mort sur la croix, et ressuscité. OK, il s’est offert comme sacrifice pour sauver des gens. Mais comment savoir si j’en fais partie, et si mes péchés sont pardonnés ? Comment savoir si ce que Jésus a fait s’applique vraiment à moi ? Est-ce que ma réponse à ce qu’il a fait est suffisante ? »

Laissez-moi vous aider : je vous présente la doctrine de l’expiation limitée ! Bon, c’est un terme un peu bizarre, et on va voir qu’il y a peut-être une meilleure façon de l’appeler, cette doctrine. Mais en tout cas l’idée générale, c’est la suivante : Jésus a donné sa vie pour sauver un groupe précis de personnes, et pour cette raison, ces personnes sont indubitablement sauvées.

Jésus n’a pas donné sa vie de manière générale, ou universelle, ou indéfinie, et ensuite ce serait à nous de rendre ce sacrifice actuel ou efficace par le pouvoir de notre foi ou de notre volonté. Jésus est mort pour les gens que Dieu a voulu sauver, et sa mort est efficace pour ces gens, non pas sur la base de leur réponse, c’est-à-dire en vertu de leur pouvoir ou de leur volonté, mais en vertu du pouvoir et de la volonté de Dieu. Autrement dit, la rédemption accomplie par Jésus n’est pas une rédemption qui reste à définir par notre réponse, mais c’est une rédemption particulière, attribuée.

Tout simplement : le bon berger a donné sa vie pour ses brebis ; et pour avoir l’assurance de faire partie de son troupeau, ne regardons pas à nous-mêmes, mais regardons à notre berger et fions-nous à sa voix.

Le pacte du salut

Mais pour bien comprendre tout ça, il faut remonter très loin dans le temps. Avant l’apparition de l’univers. Dans l’éternité passée, quand il n’y avait que Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit. C’est évidemment impossible à imaginer pour nous. Mais la Bible nous donne des indications qui nous aident à comprendre que dans l’éternité, Dieu avait déjà prévu et projeté tout ce qui allait arriver à partir du moment où il allait créer l’univers et ensuite les hommes.

Avant de créer le monde, Dieu avait tout prévu : comment il allait façonner l’univers, comment l’homme allait pécher et tomber sous sa malédiction, et comment un grand nombre d’hommes seraient sauvés et comment la création serait finalement réparée (Ép 1.9-11). Mais voici le point qui est très important à comprendre : c’est que quand Dieu a décrété que des humains seraient sauvés, il a aussi décrété les moyens de leur salut. Il n’a pas juste fixé un objectif, il a préordonné tous les moyens de l’atteindre.

Dans Éphésiens 1, on voit que les trois personnes de la Trinité ont chacune un rôle particulier dans le salut des élus. On dit donc en théologie que les trois personnes de la Trinité ont conçu ensemble ce projet, chacune s’engageant à « accomplir sa part », si j’ose dire. Le Père arrête (ordonne) le salut, le Fils accomplit le salut, le Saint-Esprit applique le salut. On appelle ça parfois le « pacte du salut », ou « l’alliance de rédemption ».

Et dans cet accord, en même temps que le Père inscrit le nom des élus dans le livre de vie, le Fils s’engage à accomplir leur salut en s’incarnant, en souffrant, et en mourant pour payer la dette de leurs péchés. (C’est déjà là une réalité qui nous aide beaucoup par rapport à la question de l’apparition du mal. On ne sait pas exactement pourquoi Dieu a décrété la chute d’Adam, mais on sait au moins qu’en même temps, Dieu a aussi décrété la rédemption et les moyens de la rédemption, à savoir, principalement, les souffrances du Fils incarné ; c’est-à-dire qu’en décrétant l’apparition du mal, il s’engageait en même temps lui-même pleinement dans ses conséquences.)

Et c’est en raison de cet accord en Dieu dans l’éternité que la Bible fait allusion aux non-croyants comme étant « ceux dont le nom n’a pas été inscrit sur le livre de vie de l’Agneau immolé dès la fondation du monde » (Ap 13.8).

L’idée, c’est que dès la fondation du monde, avant que Dieu ne pose la première pierre de l’univers, Dieu (Père, Fils et Saint-Esprit) avait déjà tout prévu, y compris le salut des élus, et les moyens précis de leur salut. On l’a dit hier : Dieu a pensé à nous dans l’éternité ; mais ce n’était pas une pensée romantique, c’était une pensée engageante, coûteuse, il a pensé à nous en Christ sacrifié, l’Agneau immolé. Wow, Dieu avait tout prévu avant que tout ça ne commence !

Ça me fait penser un peu à quand j’ai demandé à Suzanne de m’épouser. J’avais prévu tout un scénario pour la journée. Suzanne ne se doutait de rien. Je l’ai récupérée à la sortie de ses cours et je lui ai proposé une balade. On a fait une heure et demie de route, puis on s’est garé dans les bois, puis j’ai proposé qu’on marche, puis j’ai sorti un gros sac à dos du coffre et des combinaisons de ski… C’était bizarre pour Suzanne, mais en même temps, elle a compris que j’avais tout prévu. Et encore plus, quand j’ai sorti du sac à dos un lecteur de cassette avec sa musique préférée, un bouquet de roses, des chocolats, du champagne, une carte avec un poème, et un écrin avec une bague ! Suzanne s’est dit : « Wow, il avait donc tout prévu avant même qu’il ne vienne me chercher à la sortie des cours. C’est donc qu’il est sérieux. »

Et de même, quand on devient chrétien, et qu’on lit la Bible, on découvre que Dieu avait tout prévu pour le salut de ses élus ! Avant même que l’univers n’existe, il avait conçu un scénario où lui-même s’engageait à grand prix pour ses élus. C’est donc qu’il est sérieux !

Et l’histoire commence, l’univers est créé, les hommes tombent dans le péché, les prophètes prédisent la venue d’un Sauveur, et Jésus arrive et il dit :

« Je suis descendu du ciel pour faire non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or, voici la volonté de celui qui m’a envoyé : que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. » (Jn 6.37-39)

Jésus arrive pour accomplir sa mission, comme prévu dans l’éternité. Il est venu sauver les gens que Dieu lui a donnés dans l’éternité. (Si j’ose dire, il a attendu toute l’éternité ce moment !) Un peu plus tard, Jésus dit qu’il est venu comme le berger des brebis de Dieu. Il dit :

« Moi, je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jn 10.14-15)

Jésus est venu accomplir une mission précise : donner sa vie pour les brebis qui lui appartiennent. Il est venu accomplir le salut des élus par son sacrifice.

Une expiation suffisante pour tous, efficace pour les élus

Et c’est là l’idée centrale de cette doctrine qu’on appelle « l’expiation limitée ». Jésus est mort précisément pour les personnes que Dieu a voulu sauver.

Pourquoi est-ce qu’on dit « expiation limitée » ? L’expiation, c’est l’idée de payer le prix d’un péché (un peu comme quand on dit qu’un criminel doit « payer sa dette à la société », sauf que nous, nous devons payer notre dette à Dieu). Donc l’expiation, c’est l’action par laquelle on règle sa dette envers Dieu. Puisqu’il est impossible de régler soi-même sa dette envers Dieu, Jésus est venu la régler à la place de ses brebis.

Et donc on dit que ce qu’il a fait, c’est une expiation limitée, parce que la portée de cette expiation se limite aux élus. J’insiste sur ce point, parce que l’adjectif limitée ne désigne pas la valeur du sacrifice de Jésus. Ce n’est pas un sacrifice d’une valeur limitée. Combien vaut, à votre avis, le sang de Dieu incarné ? Paul dit aux responsables de l’église d’Éphèse : « Faites paître l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang » (Ac 20.28). À votre avis, ça vaut combien ? La moitié de l’univers ? L’univers entier ? Quinze mille univers ? À quel prix Dieu s’est-il acquis son Église, c’est-à-dire le peuple des élus ? En fait, il se l’est acquis à un prix infini.

Il faut distinguer la valeur du sacrifice de Jésus (le prix qui a été payé), de l’objet de ce sacrifice. Donc l’expiation limitée, ça ne sous-entend pas que le sacrifice de Jésus pourrait valoir moins que ce qu’il vaut.

Il y a un document très important du xviie siècle qui a été rédigé pour réfuter les thèses d’un théologien qu’il s’appelait Arminius et qui s’opposait au calvinisme. Et le but général de ce document était de rappeler la souveraineté totale de Dieu dans le plan du salut (l’homme ne contribue rien à son salut ; c’est ce qu’on appelle du monergisme [de ergon, action] plutôt que du synergisme). C’est ce document, en fait, qui, le premier, a expliqué cette théologie du salut en 5 « points de doctrine » ou « canons » (de Dordrecht). Mais bref, tout en expliquant la doctrine de l’expiation limitée, ce document veut vraiment qu’on comprenne qu’il ne s’agit pas de diminuer la valeur du sacrifice de Jésus. Il dit :

« Cette mort du Fils de Dieu est l’unique et très parfait sacrifice et satisfaction pour les péchés, d’une valeur et d’un prix infini, qui suffit abondamment pour expier les péchés de tout le monde. »

Mais bien que Jésus ait offert un sacrifice suffisant pour sauver tout le monde, il n’a pas offert ce sacrifice pour tout le monde.

Imaginez une partie de poker. La personne en face de vous en est à 10,000 euros de mise. Mais vous, à votre tour, vous misez 10,000 milliards d’euros parce que vous êtes sûr de gagner, et vous êtes déterminé à gagner. (Je ne connais pas très bien les règles du poker) L’autre est forcé de s’incliner, mais ce n’est pas parce que vous misez l’infini que vous allez remporter plus que ce qui était sur la table. Il n’y a pas forcément une corrélation entre la valeur de la mise et l’effet de la mise.

Imaginez encore une prise d’otages. Un méchant retient 15 personnes en otages dans une banque. Il veut bien les libérer en échange d’un policier. Et là quelqu’un s’approche, c’est Emmanuel Macron ! « Je veux bien prendre la place des otages ! » Il vaut beaucoup plus qu’un policier ! Mais ce n’est pas parce qu’il accepte de se sacrifier que tous les otages de la terre vont automatiquement être libérés. Ce sacrifice d’une valeur énorme a un objet défini : les 15 otages.

Et de même, Jésus s’est présenté pour se substituer aux élus. Il s’est offert en sacrifice d’une valeur infinie, mais c’est le nombre exact des élus qui était sur la table. C’est le nombre exact des élus qu’il est venu délivrer. C’est la dette exacte et complète de ces élus qu’il est venu régler. Et sur la croix, où le sang de Dieu incarné a coulé, au moment de rendre l’âme, Jésus s’écrie : « Tout est accompli ! » (Jn 19.30) en employant un terme commercial qui veut dire littéralement : « La transaction a été finalisée. » Mission accomplie. Il a fait ce qu’il était prévu dans l’éternité qu’il fît : il a donné sa vie pour les élus.

Saint Augustin a dit, concernant l’expiation accomplie par Jésus, qu’elle était « suffisante pour tous, efficace pour les élus ». Et encore une fois : efficace non pas en vertu de la réponse à venir des croyants, mais efficace en vertu du décret d’élection de Dieu. Jésus a offert un sacrifice attribué. Ou pour le dire encore autrement, le sacrifice de Jésus avait une visée particulière. C’est pourquoi certains théologiens préfèrent utiliser l’expression d’expiation définie, ou de rédemption particulière.

Imaginez encore : vous voulez acheter une guitare électrique. C’est cette guitare que vous voulez acheter et nulle autre. Vous vous présentez au vendeur et vous lui remettez dix valises remplies de diamants : « Je veux cette guitare ». Le vendeur va vous dire d’accord ! Mais ce que je veux que vous compreniez, c’est qu’en donnant ces valises, vous n’avez pas dit au vendeur : « Donnez-moi une guitare, n’importe laquelle. » En donnant ces valises de diamants, vous visiez cette guitare-là, très précisément, à laquelle vous pensiez depuis toute l’éternité. Et Jésus en offrant sa vie, visait ses brebis auxquelles il pensait depuis toute l’éternité.

Pourquoi c’est important ?

Pourquoi c’est important ? D’une part, pour comprendre pourquoi l’universalisme est une erreur. L’universalisme, c’est l’idée que Jésus a offert sa vie non seulement de manière suffisante mais encore efficace pour toute l’humanité. Si c’est le cas, alors toute l’humanité est sauvée, et la bonne nouvelle consiste à annoncer aux gens tout autour de nous qu’ils sont sauvés (et maintenant ils vont pouvoir vivre dans la reconnaissance et la paix). Il est impossible qu’ils ne soient pas sauvés, puisque si Dieu a fait payer à Jésus la dette de leurs péchés, il ne va pas leur faire payer une deuxième fois—ce serait injuste !

Mais la Bible dit assez clairement qu’il y aura des gens en enfer :

« Quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. » (Ap 20.15)

Il y a des gens qui diront : « Oui, mais la Bible dit aussi que Dieu veut que tout le monde soit sauvé ! 1 Timothée 2.4 : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Comment Jésus a-t-il pu mourir seulement pour certains, si Dieu voulait que tous soient sauvés ? » Eh bien il faut distinguer entre la volonté morale ou préceptive, et la volonté décrétive de Dieu. Dieu veut qu’on lui obéisse, et pourtant on ne lui obéit pas et pourtant Dieu est la cause première de tout ce qui arrive ! Ce n’est pas une contradiction. Le théologien Paul Wells dit que « Dieu peut, sans se contredire, désirer ce qu’il n’a pas décrété. »

Donc cette doctrine permet de comprendre pourquoi l’universalisme est une erreur. Elle permet aussi de comprendre pourquoi l’arminianisme est une erreur. L’arminianisme, c’est la théologie de ce fameux Arminius qui s’était opposé au calvinisme sur la question de la prédestination. Cette théologie dit 1/ que le salut d’une personne est conditionné par la réponse de cette personne ; donc 2/ que Jésus est venu mourir sur la croix pour rendre possible le salut de tous ; ce qui veut dire 3/ que n’importe qui peut être sauvé à condition d’être aidé par le Saint-Esprit pour avoir la foi ; mais 4/ n’importe qui peut aussi résister au Saint-Esprit et ne pas être sauvé ; et 5/ la possibilité pour des gens sauvés de déchoir de la grâce demeure ouverte.

L’idée en gros, c’est que l’expiation accomplie par Jésus n’est pas particulière, elle serait générale. Jésus aurait établi « une potentialité universelle de salut », il aurait ouvert la porte du paradis, maintenant les gens auraient le choix d’entrer ou non. Il aurait fait une partie du chemin, peut-être la plus grande partie du chemin, mais ce serait à nous de faire le reste du chemin. Ce serait une offre ouverte, et notre salut dépendrait maintenant de la sincérité de notre foi.

Ça pourrait être vrai si la Bible ne disait pas, par exemple : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Ép 2.8), dans le même passage qui dit qu’on était mort par nos fautes et par nos péchés (Ép 2.1) et que si on est sauvé, c’est parce qu’on a été « élu » et « prédestiné » avant la fondation du monde (Ép 1.4-5).

Non seulement ça, mais si l’arminianisme est vrai, si mon salut est suspendu en partie à ma réponse, à mon choix, à la sincérité de ma foi, alors je vais toujours avoir au fond de moi un petit doute. Est-ce que j’étais vraiment sincère quand j’ai prié pour recevoir Jésus dans mon cœur ? Est-ce que je vais être assez fort pour rester attaché à Dieu ? Et maintenant que je me sens tout sec spirituellement, si ça se trouve je ne suis pas sauvé !

Mais c’est là qu’on voit que la doctrine de l’expiation limitée est un puissant remède à la fluctuation de notre assurance. Le bon berger a donné sa vie pour ses brebis. Ce n’est pas ma réponse qui rend son sacrifice plus ou moins efficace. Je ne dois surtout pas regarder en moi-même pour trouver l’assurance d’être sauvé, mais je dois regarder à Christ.

Pour conclure. Est-ce que vous voulez savoir si Christ est mort pour vous, et ainsi recevoir l’assurance que rien ni personne ne pourra jamais annuler cette rédemption particulière dont vous avez fait l’objet, avec tous les élus ? Paul Wells dit ceci :

« Normalement, le chrétien raisonnera ainsi : 1/ Christ est mort pour tous ceux qui croient ; 2/ je suis venu à Christ et je crois ; 3/ donc Christ est mort pour moi aussi. La foi consolatrice [croire que Jésus est mort pour moi] ne peut pas être présentée comme une raison de croire; elle n’est qu’une conséquence de l’acte de la foi. Renverser cet ordre est l’erreur de l’arminien. De la même manière qu’il affirme au pécheur : « Dieu vous aime », il sollicite sa foi personnelle et lui demande de croire que Christ est mort pour lui personnellement. Or, l’Évangile ne nous demande pas de croire que « Christ est mort pour vous », mais de croire en Christ. [Charles] Spurgeon, comme d’habitude, a visé juste. En croyant que Christ est mort pour vous, dit-il, vous pouvez croire ce qui n’est pas vrai. C’est ainsi qu’on pourrait aller en enfer parce qu’on n’est pas venu à Christ conformément à l’Évangile, tout en croyant que Christ est mort pour nous ! L’essence de la foi qui sauve ne réside pas dans cette assurance. La foi qui sauve est celle qui se confie en Christ et qui se repose sur lui pour la délivrance. Etre assuré que Christ me sauve est le fruit de la foi qui sauve, c’est-à-dire la confiance mise en Christ pour être sauvé. »

Je ne sais pas si vous avez bien suivi, mais l’idée, c’est que la foi qui sauve, ce n’est pas se confier en une hypothèse, mais se confier en une personne. C’est Christ qui sauve, ce n’est pas ma conviction qui me sauve, ni la force de ma foi (ce n’est pas ce que je crois, ou la force avec laquelle je le crois). Ce n’est pas en choisissant de croire que Christ est mort pour moi que Christ est mort pour moi ; c’est en faisant confiance à la personne de Christ, que je suis sauvé et que je peux recevoir l’assurance de mon salut. Parce que Jésus a donné sa vie pour sauver un groupe précis de personnes, celles qui croient en lui, celles qui lui ont été données par le Père, celles qui reconnaissent la voix du bon berger parce qu’elles lui appartiennent ; Jésus a donné sa vie précisément pour ces personnes, et pour cette raison, ces personnes sont indubitablement sauvées.

C’est vrai que je ne peux pas compter sur ce que je ressens, ni même sur ce que je veux en ce moment précis ! Je ne suis pas fiable ! Mais Christ est fiable, et tout est accompli ! La transaction a déjà été finalisée.

Les autres exposés de cette série : 1/ La dépravation totale ; 2/ L'élection inconditionnelle ; 4/ La grâce irrésistible ; 5/ La persévérance des saints

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